‹ Précis élémentaire des maladies réputées chirurgicales [electronic resource] (volume 2)Chapitre 45 sur 49 · DES DÉVIATIONS · texte numérisé non relu

DES DÉVIATIONS

Pour traiter dans ce chapitre de tous les changemens de direction qui peuvent entraîner quelque danger , ou nuire à certaines fouctions , nous devrions y comprendre une foule d'infirmités symptomatiques, qui doivent, pour être considérées méthodiquement et avec fruit, rentrer dans l'histoire des maladies essentielles dout elles dépendent. Ainsi, nous ne traiterons point, par exemple, des inflexions osseuses qui constituent les principaux symptômes du rachitis : ces affections locales ne doivent point

sujet

Céap. vin. être séparées de l'altération organique qui les prônes dévia- duit. Nous nous renfermerons donc dans les affections. ... .

lions qui consistent essentiellement dans le changement de position ou de direction de certaines parties. Nous comprendrons tous les objets qui doivent être considérés dans ce chapitre , sous les six chefs de division suivans; et nous traiterons Division du successivement : i°. du prolapsus de la paupière supérieure; 1°. du strabisme;' 5°. du trichiasis; 4° du prolapsus de la langue; 5°. des déviations des conduits éjaculateurs ; 6°. des pieds bots.

ARTICLE PREMIER

Du prolapsus de la Paupière supérieure.

Nous ne parlerons pas ici du prolapsus symptoman non tique dépendant d'une affection cérébrale. La seule réunie ( du cause capable de produire immédiatement cette dif-

niu.scle re- 1 L

îeveur. formité avec les caractères d'affection essentielle , est la section non réunie du muscle releveur de la paupière supérieure. Cet accident a rarement de -pareilles suites , parce que l'engorgement qui s'empare de la plaie, si les bords de cette dernière n'ont point été rapprochés, s'étend à tout le tissu cellulaire de la partie , et procure le plus souvent une réunion secondaire presque aussi exacte. Néanmoins, si ce dernier phénomène n'avait pas eu lieu, si les bouts du muscle divisé étaient restés isolés , et que cet organe eût perdu par-là les fonctions qu il doit remplir, nous n'hésiterions pas à pénétrer dans

DES DIFFORMITÉS. 64c)

la cicatrice , a. retrancher le tissu cellulaire intermé- Chap. vin, diaire, et à tenir la paupière suspendue pendant Des dévia-

1 1 tions.

tout le temps que la nature emploierait à la réunion. Du prolapsus

A V J~l» ' i' iv i- delapaapikrh

Au lieu de 1 opération que nous venons d indi- supérieure. quer, on conseille dans ce cas, aussi bien que dans celui de paralysie du même muscle, et dans l'engorgement permanent de la paupière, la rescision d'une portion des tégumens de cette même partie, afin d'obtenir une cicatrice avec perte de substance, qui tienne l'œil habituellement découvert. Mais d'abord , la paralysie du muscle releyeur est ordinairement un symptôme d'affection cérébrale, qui ne tarde pas à être suivi de strabisme , de cécité , et de phénomènes plus fâcheux encore; dans ce cas, l'opération dont il s'agit serait faite en pure perte. En second lieu , l'engorgement de la paupière est une affection passagère , que les résolutifs doivent dissiper. En troisième lieu, on ne doit pas se décider légèrement à priver le globe de l'œil du voile important dont la nature a voulu le recouvrir : l'exposition constante de là conjonctive au contact de l'air, est une des plus puissantes causes d'irritation pour cette membrane délicate , et les suites ordi-, naires de ce procédé opératoire sont une ophlhaîmie chronique et la cécité.

Chap. VIII.

ARTICLE IL

Des dévia-

tJOUS.

Du Strabisme.

Nous ferons également abstraction , dans cet article , du strabisme symptomatique qu'ont précédé de violentes douleurs de tête, et qui n'est que le précurseur ordinaire de l'amaurosis et de symptômes plus évidens d'une affection cérébrale. Nous ne parlerons pas non plus de celui qu'occasionent un foyer gastrique , la présence des vers dans les voies alimentaires, quelque affection convulsive , etc. Causes. On a cru qu'il suffisait de coucher les enfans en bas âge, de manière que la lumière tombât obliquement sur leurs yeux , pour leur faire contracter l'habitude d'uue attitude constante du globe, et pour donner lieu au strabisme ; mais rien ne garantit l'exactitude d'une semblable observation , et l'on sera très-porté à la considérer comme entièrement fausse, si l'on fait attention que dans les individus où l'on observe cette difformité dès le plus bas âge , ia déviation des deux yeux a lieu vers le même point : il est très-commun, par exemple, qu'ils soient inclinés l'un et l'autre en dedans.

On a attribué avec aussi peu de motifs l'affection dont il s'agit à un état convulsif de l'un des muscles moteurs des yeux : à moins que l'on n'ait entendu parler du strabisme symptomatique , et particulièrement de celui que peut occasioner la présence des vers intestinaux , la proposition est absolument

des difformités. 65i fausse. En effet, une affection spasmodique est Chap.vhï. nécessairement variable , et rien n'est plus constant .Des dévia"

1 tions.

crue le strabisme essentiel. Du strabisme t

Chez les individus où le strabisme est médiocre, inégalité de

c î ] • ! . r> • r longueur des

on peut en fixant leur attention sur leur infirmité, quatre mm-

■ • l tïii • « , î, > i des droits.

parvenir pour quelques instans a rendre égale et naturelle la direction des yeux; mais peu de temps après , et lorsque l'attention qu'ils donnent aux objets qu'ils veulent considérer l'emporte sur toute autre, la déviation se rétablit. Durant le sommeil, .le strabisme existe également : d'où l'on peut conclure que les quatre principaux muscles moteurs de l'oeil n'ont pas alors une longueur égale, et que celui qui correspond au côlé vers lequel l'œil s'incline , manque d'une partie de sa longueur naturelle. On trouve dans la structure des organes de> l'économie animale , d'autres exemples de cette variété ; et les observateurs ne doivent pas être étonnés, qu'un vice semblable se retrouve dans les . deux organes parallèles : de là , l'inclinaison habituelle des deux yeux vers le même point , et particulièrement en dedans.

Il est un autre cas de strabisme où la déviation Position dif. n'intéresse que l'un des deux yeux , et où elle aug- pSvis«S mente quelquefois en raison de l'attention avec laquelle les objets sont considérés. L'observation a constaté que dans ce dernier cas, ou le point visuel n'est pas le même dans les deux yeux, ou bien celui qui se dévie est beaucoup moins apte à Faiblesse de la vision , et ne se détourne que pour laisser à l'autre yëû'^ deUX

CHAt. vin. organe la liberté de percevoir des sensations plus

Des dévia- distinctes et plus exactes.

,'ons" « » - -1 > •

Du strabisme. On voit maintenant à quoi il faut réduire les

conseils de coucher les enfans en face du jour , de placer une mouche noire sur la tempe correspondante à l'œil qui se dévie en dedans, de tenir fermées les paupières de l'un des deux yeux , de placer à demeure des lunettes portant au lieu de Le trahisme Yerres 5 des cartons percés , etc. etc.; rien ne peut essentiel est r(ilablir ]a longueur de l'un des muscles droits de

incurable. °

.l'œil, restituer le parallélisme du point visuel dans les deux organes, égaliser leur force ; par conséquent , avouons que le slrahisme essentiel est une difformité incurable.

ARTICLE III

" ' Du Trichiasis.

Définition.

On appelle ainsi une telle disposition des paupières ou des cils , que ces derniers sont tenus habituellement en contact avec la membrane conjonctive ; d'où résultent une ophthalmic chronique permanente, et des récidives nombreuses d'ophthalmie aiguë.

Effets du tri- : Une irritation soutenue et aussi vive que celle qui peut être causée par de semblables corps étrangers, ne peut manquer d'entretenir une sensibilité vicieuse de ht membrane qui l'éprouve; et si la cause permanente d'irritation à laquelle cet organe est soumis , ne suffisait pas pour déterminer souvent

cliiasis

DES DIFFORMITES.

un état inflammatoire grave , on sent avec quelle fa- dur. vnr. cilité toutes les conséquences attachées au contact tj

Des dévia-

tions.

de l'air, aux conditions physiques et variables de l'aï- Du trichias,smosphère , aux constitutions épidémiques , etc. etc. doivent porter sur des parties déjà infirmes et aussi puissamment prédisposées. 11 suit de là , que nonseulement la conjonctive, mais encore l'œil tout entier, sont exposés à des dégradations progressives, qui peuvent altérer plus ou moins, et détruire enfin totalement les propriétés de l'organe. Ainsi, la conjonctive est rouge, injectée, épaissie,' fongueuse , couverte de vaisseaux dilatés ; elle est baignée habituellement de larmes acres , abondantes , et fournit une plus ou moins grande quantité de matière muqueuse. La rougeur s'étend aux bords libres des paupières, qui sont quelquefois ulcérés. La cornée se couvre souvent de phlyctènes , d'ulcérations plus ou moins profondes; elle est obscurcie dans plusieurs points ou daus sa totalité, soit, par des vaisseaux injectés, soit par l'épaississement du feuillet de la conjonctive qui la recouvre, soit par des taies plus ou moins profondes , qui résultent d'autant d'ulcérations précédentes. Ces dernières peuvent intéresser l'épaisseur toute entière de la cornée, et donner lion à fissue de l'humeur aqueuse, à celle du cristallin , du corps vitré, à la fonte complète de l'organe; et dans les cas les plus heureux , à l'issue d'une partie de l'iris , l'adhérence de celle dernière avec la cornée transparente , et à la difformité ou l'obliiéralion complète .de la pu-

Cs^.VÏÎÏ, pille. Enfin, il est difficile qu'une telle se'ric d'aç- Des dévia- cidens n'atteigne pas la réline,' et ne produise pas

tions. -, *•

Du trkhiasis. une sorte u amaurosis.

\ Causes. Des cicatrices difformes des paupières ou de leurs bords libres , peuvent changer la position des premières ou la direction des cils , de manière à établir le contact habituel de ces poils et du globe de l'œil. On a pensé que l'engorgement habituel du tissu cellulaire sous-cutané des paupières , qu'un excès d'étendue relative de la peau , par rapport à la conjonctive palpébrale, pouvaient produire le même effet : on a conseillé en conséquence , l'excision d'une portion de cette même peau. L'opération a été pratiquée , et les choses sont restées dans le même état ; ce qui peut servir à prouver que l'observation d'où l'on était parti manquait d'exactitude. Il est vrai, en effet , que l'irritation inflammatoire entretenue par le trichiasis , engorge les paupières , que cet état d'engorgement donne à la peau de ces parties les apparences d'un excès d'élendue ; mais cette circonstance est secondaire et symptomatique : que l'on fasse cesser le contact des cils avec la conjonctive et les conséquences qui en résultent, et bientôt l'engorgement de la paupière disparaîtra.

On ne peut pas dire , comme l'ont fait un grand nombre d'écrivains , que les cils soient quelquefois implantés sur plusieurs rangs, dout les plus intérieurs se dirigent vers le globe d'œil : mais l'observation apprend qu'au lieu d'être rangés sur une

même ligue tracée le long de la partie superficielle c«a*. vm. du bord libre des paupières, ces poils sout quel- Des déviaquefois disséminés sans ordre sur toute l'épaisseur vTlichiasis. de ce même bord , et qu'un plus ou moins grand nombre est alors dirigé en arrière, et par consé- i quent vers le globe de l'œil. '

La caroncule lacrymale est recouverte de poils vicedespoils très-fins qui, quelquefois, acquièrent un volume caroa" et une longueur extraordinaires , et dont les pointes recourbées vers la conjonctive, peuvent causer des accidens de la même nature que ceux qui dépendent du trichiasis, mais toujours beaucoup moins graves.

Il est évident que la guérison radicale de l'affec- Traitement, tion qui nous occupe est de la plus grande importance ; mais elle est en même temps accompagnée de grandes difficultés. Nous avons démontré que la rescision de la paupière , opération proposée par presque tous les écrivains, est absolument sans effet ; quand bien même ou changerait la direction des cils dans leur longueur , il resterait assez de contact vers leur racine pour entretenir une forte irritation; l'arrachement des poils ne procure qu'un soulagement momentané , et lorsqu'ils se reproduisent ils sont bien plus capables d'irriter de nouveau la conjonctive; l'arrachement expose d'ailleurs à la rupture des cils , et dans cet état ils font l'office d'une brosse extrêmement rude. Le seul procédé qui ait réussi complètement , et par lequel nous ayons obtenu nous-même un succès durable, est la cautérisation du bord libre de la

Cuir. vin. paupière par le feu , après un arrachement très-sol-' Des dévia- gneux. Si pendant cette opération préparatoire quel-

Du trichiasù. ques cils sont rompus , le cautère actuel peut les détruire en même temps que leur bulbe. Il est possible qu'une seule cautérisation ne suffise pas; mais partout où elle aura été assez profonde pour détruire totalement l'organisation des bulbes , la maladie sera guérie sans retour. Nous croyons le feu préférable , comme le seul moyen de cautérisation susceptible d'être porté avec précision, sur le seul point nécessaire.

ARTICLE IV

De la déviation de la langue , ou prolapsus

linguœ.

Peu de bons écrits existent encore sur la difformité qui va nous occuper ; mais il a été recueilli un assez grand nombre de faits , pour édifier <me Description doctrine toute fondée sur l'observation. La langue

rie la maladie. , - ,

augmentée peu a peu de volume , et ne pouvant être contenue dans la bouche , se précipite devant le menton , «en renversant la lèvre inférieure et la rangée dentaire correspondante , et en détruisant même celte dernière.

Elle ne dé- Cette difformité a été observée , mais à un degré

Tjeuil pas d'un , T • J„

vice .le con- médiocre , à 1 époque de la naissance. La suite des faits de celte espèce a prouvé que le fœtus avait dû contracter dans le sein de sa mère, quelqu'une des affections capables de la produire ; en sorte

que , quoiqu'elle ait été congénitale, on ne peut Gatt vnr. pas dire qu'elle ait dépendu d'un vice de confor- B«* dévia, mation. ,

• De la lunette.

Une fluxion aiguë prolongée , une inflammation Causes et chronique et fort ancienne, ont souvent augmenté phèB0Wènw' le volume de la langue au point d'interposer cet organe entre les mâchoires , et de lui faire dépasser le niveau des dents incisives. Si la résolution ne s'accomplit pas, l'intumescence ne peut que s'accroître , et avec elle la saillie de la langue hors de la Louche. Les muscles moteurs de cet organe et ceux des mâchoires doivent favoriser ce premier degré de déplacement : la respiration ne pourrait avoir heu, si la partie engorgée occupait l'arrière-houche ; en transportant la langue en devant , les muscles destinés à ce mouvement dégagent l'isthme du. gosier. Mais la contraction de ces derniers organes ne saurait être permanente; et l'abaissement dé la mâchoire inférieure , en fournissant un plan incliné à la langue, favorise, son déplacement an-r térieur. Aussitôt qu'une certaine quantité de la partie tuméfiée est portée au-delà des dents incisives, son poids doit déterminer une inflexion vers la partie inférieure : dès-lors la circulation devient plus difficile dans ce point , et l'engorgement doit augmenter , par le même mécanisme qui déterminé l'œdème des jambes à l'occasion des veilles ou de la station prolongée. Le poids de la portion inclinée augmente chaque jour, et ce nouveau motif attire à chaque instant une plus grande quantité de la

Chai-, vin. langue hors de la bouche. La résistance des mus- Des dcvia- cles moteurs met seule des bornes au déplacement ;

lions. . 1 >i j ., » -Vff

De la langue, niais en partie par les progrès de ce dernier phénomène , en partie par ceux de l'intumescenee de la portion précipitée , cette dernière peut acquérir un volume tel , qu'on Ta vue s'étendre jusque sur la partie antérieure de la poitrine : quelques observateurs l'ont comparée en cet état , au volume d'un cœur de veau. La surface supérieure de la langue exposée de la sorte au contact de l'air , est desséchée ; les mucosités dont elle est recouverte prennent l'apparence d'écaillés brunes ; les insectes y déposent quelquefois leurs oeufs, et l'on y trouve alors des larves ; l'on y observe aussi , mais rarement, de légères ulcérations.

Déviation Le premier effet du poids de la langue et du TXtwl, gisement insensible qui l'entraîne au-dehors , est

inférieure. ^e jeter la lèvre inférieure en devant et successivement en bas. Ce changement dedirectiou produit dans la lèvre les mêmes phénomènes que sur là langue : la circulation y devient plus difficile; le volume de la partie renversée augmente progressivement par les effets d'un véritable œdème , et quelquefois au Altérations point (3e devenir énorme. La langue altère égalece iarc.de t ^ <J'une manière étrange , l'arcade dentaire

dentaire infe- î j

rienre. inférieure et le rebord alvéolaire : les dents sont d'abord déjetées en devant , luxées j et celles qui résistent à l'effort progressif qui tend à les déplacer, en sont usées et détruites; le rebord alvéolaire luimême disparaît ainsi successivement, quand les-

ises occa-

DES DIFFORMITÉS. 65g

dents ont cédé, et quoiqu'il ue cesse d'être recou- cUap. \nr. vert de la membrane des gencives. A son tour , ht Des dévia Jaugue est entamée par les parties dures sur les- d^u langue, quelles elle appuie par sa face inférieure : aussi cette région présente-t-elle souvent des ulcérations profondes, qui se cicatrisent et se renouvellent tour à tour. On observe aussi , et presque constamment, un repli ou bourrelet transversal qui règne sur la face inférieure de l'organe déplacé, immédiatement au-devant du point comprimé par la lèvre. Ce phénomène a été pris pour une tumeur particulière ; mais l'observation démontre que c'était une erreur.

Toutes les causes capables d'augmenter le volume cau et le poids de la langue , et surtout de sa partie sioadJes antérieure , peuvent entraîner la difformité dont il s'agit : cette dernière peut , dans tous les cas, être portée aussi loin que nous venous de le dépeindre , du moment que le déplacement a pu commencer. . Ainsi l'ou a vu des tubercules scrophnleux , une affection cancéreuse de l'extrémité de la langue , etc. , donner lipu à un semblable résultat.

Il n'est pas douteux que les mouvemens de la Les ra0ure. succion, et par conséquent l'allaitement , ne soient TOens tiesuc"

1 ' •j^K-in. cion peuvent

très-propres à favoriser les progrès de celle diflbr- a,c^'oi"e, lil

• difformité.

mite ; mais rien ne prouve que celle circonstance seule puisse jouer le rôle de cause.

Malgré l'ahération énorme qu'oui éprouvée la si- Fonctions tualion cl les rapports des organes , un tel état

go.

nées.

Chat. vni. des choses ne nuit pas beaucoup à la déglutition ? ries dévia- a ja succion ; il gêne davantage l'articulation des

lion*. , ...

ûcia langue. Sons , qui , néanmoins , est encore possible. La seule mastication est rendue très-difficile , et quelquefois même impraticable. Aucune autre fonction ne paraît altérée : les individus ainsi déformés , jouissent d'ailleurs de la meilleure santé. La diffor-. mité peut subsister ainsi très-long-temps , et il n'y a pas d'exemple de guérison spontanée-.

Opérations Quelques praticiens se laissant tromper par les mutiles. appal>ences • olU cru que ce volume extraordinaire de la langue dépendait d'un véritable accroissement de sa substance , et en ont retranché une partie. L'observation avait pourtant démontré dans des temps très-reculés , et depuis elle a souvent confirmé , que cette opération , qui d'ailleurs n'est , pas sans danger , est entièrement inutile , lorsqu'il n'existe pas en même temps d'affection orga-, nique; et que la difformité peut être guérie par des moyens bien plus simples, snecès des On à souvent réussi à réduire peu à peu la langue SSS à son volume naturel , par des immersions freV quentes dans le suc de laitue : on peut donc fonder, de grandes espérances sur les applications résolutives , stimulantes , acres , etc.

Réduction de Dans d'autres cas, on a refoulé la langue- de vive Geforce. force dans ]a bouche , et on l'y a maintenue par un rapprochement exact des mâchoires. La compression que les parois de la cavité ont dû exercer sur la périphérie de l'organe replacé , et plus que

cela , sans doute , le rétablissement de la situation Ch vp. vnr. naturelle , ont suffi pour faire disparaître Pengof- t;oi^s dévia' geiuent de la langue, et quelquefois même en assez Du la langue. peu de temps.

Ce dernier procédé serait très-admissible dans des 9as ou 1,1 re/

1 • (lucîiou est

cas où la difformité serait encore peu avancée; et praticable im-

1 meuiateiucnt.

's'il s'agissait d'un jeune enfant , il serait nécessaire d'y joindre la précaution de renoncer à l'allaitement par le sein d'une nourrice : les mouvemeus de la succion sont tellement propres à favoriser le prolapsus linguœ , qu'il paraît important de les éviter. On peut verser du lait très-avant dans la bouche , au moyen d'un tube ; pratique à la faveur de laquelle on évite sûrement les mouvemens dangereux de l'organe.

Mais il ne serait peut - être pas toujours saus Cas où les

, • i r -, ' -, , topiques et

inconvénient , de refouler avec violence et de i« compres.

11*. l.iil 1 a sion doivent

oger de suite dans la bouene une Jangue extre- être employés

mement volumineuse : dans un jeune enfant, sur- auParuviinttout , la respiration pourrait en être uotablement gênée. Il paraît plus convenable , en pareil cas , de commencer par réduire autaut que possible, le volume *de la langue par des applications convenables. Rien n'empêcherait même de pratiquer la compression au moyen d'un appareil.

Quant aux affections organiques qui peuvent Traitement exister en même temps , elles nécessitent avant deaaffectîoM tout des soins particuliers , après lesquels on doit 0IS,,UKlliesprocéder à la réduction de la langue comme dans les cas simples,

GÔ2 SECTION IV.

Chai-. VIM.

Des dévia- ARTICLE V.

lions.

Déviation des conduits éjaculateurs.

Causes. A la suite de l'opération de la taille, à l'occasion

Elut varié des iivn • i/t ii,

parties. de 1 inflammation prolongée du col de la vessie ou de la portion membraneuse du canal de Turètre , ces conduits excréteurs peuvent contracter une direction vicieuse et contraire à celle qui leur est naturelle. Il en résulte que l'humeur qu'ils sont chargés de transmettre dans l'urètre, au lieu de parcourir la suite de ce même canal et d'être élancée au - dehors , est forcée de rétrograder, qu'elle est versée dans la vessie , où elle séjourne avec l'urine , et dont elle est chassée plus tard avec ce même excrément. Il n'y a donc plus d'éjacu-

I a Lion séminale , et le sujet est frappé de stérilité.

II arrive quelquefois , après "une continence prolongée , que le sperme se partage , qu'une partie est éjacnlée au-dehors, tandis que le reste passe dans la vessie. 11 est encore des cas dans lesquels , même sans cette circonstance, une partie de l'humeur spermalique sort par l'urètre , mais en bavant et sans être élancée avec force. Ces différences portent à croire que la déviation des conduits spermatiques n'est pas toujours portée au même point : il est sans doute des cas , dans lesquels les orifices de ers mêmes conduits sont dirigés totalement eD arrière; et d'autres où ils répondent à la paroi supérieure du canal. GipcndaDt , ces circonstances variables

ne sont pas constatées par l'anatomie. La diflor- Cbap. vnr. mité elle-même est seule hors de doute. tioa)se!' deV1"'

Si les conjectures que nous venons de présenter ^J^f sont fondées , il s'ensuivrait que Ton pourrait es- Traitement, pérer de rétablir la direction uaturelle des conduits éjaculateurs, dans les cas où leur déviation n'est pas extrême , par l'usage prolongé, des corps dilatans du canal de l'urètre. Il s'ensuivrait aussi que cette difformité serait incurable , lorsque les conduits éjaculateurs seraient dirigés totalement en arrière. Du reste , nous avons employé ce procédé sans succès , même dans des cas où l'éjaculalion avait lieu en partie au-dehors dans quelques circonstances.

ARTICLE VI

Des pieds bots.

On appelle ainsi une difformité qui consiste Définition, dans une déviation plus ou moins considérable des pieds ', de manière que la progression se fait sur toute autre partie que sur la face plantaire. Les La- Différences, tins ont désigné par la dénomination de vari, ceux dont le pied est dévié en dedans , et par celle de valgi , ceux dans lesquels celte même partie s'incline en dehors ; mais ces deux expressions ne désignent que quelques-unes des difformités de cette espèce : nous avons vu deux pieds déviés en devant , et dont le point de repos était Le contact du dos du pied et de la face antérieure de la jambe-,

Chai.. viii. on observe Je cas contraire ; ou voit quelquefois

iio!" dCVia' le Pletl vmU en dessus i en dessous , et tantôt Desfhdsbots. dans le sens de sa longueur, tantôt dans celui de sa largeur , tantôt diagonalement. Il n'est pas rare encore de voir le pied dévie vers l'un ou l'autre côté , et un ou plusieurs orteils inclinés du côté opposé ou dans tout autre sens.

t£SsopS ,LeS dlfformile's do"t ^ s'agit sont toujours congcniuies. génitales. Lorsqu'elles sont peu marquées d'abord , elles peuvent n'être pas aperçues dans la première jeunesse; et les premiers essais dans la progression servent à les rendre plus évidentes, et même à les accroître ; on a pu penser qu'elles étaient dues à quelque erreur de l'éducation physique ; juais l'anatomie a dissipé tous les doutes à cet égard , ainsi que nous allons l'exposer.

Causes. L'attitude naturelle des membres dépend de la conformation des surfaces articulaires , et de l'exactitude des rapports entre les muscles et les os. Un vice quelconque dans une ou plusieurs de ces circonstances doit entraîner des difformités : c'est en cela que consistent celles dont il s'agit ici. Que la poulie articulaire de l'astragale soit inclinée en dedans ou on dehors ; que le tibia ou le péroné ne soient pas d'une longueur égale , le pied s'inclinera vers l'un ou l'autre côté. La déviation aura lieu dans d'autres sens , selon l'inclinaison des surfaces articulaires. On sent bien que la forme du pied pourra être altérée de diverses manières , selon les déformations des pièces qui le composent , et

celles de leurs points de contact. De même l'ob- Chap-VHL servation démontre que les muscles peuvent avoir . Des dévia-

, , 1 lions.

ete conformes avec u»e longueur moindre que Despieds bots. celle qui serait nécessaire , par rapport aux proportions ; qu'ils peuvent avoir une aptitude de développement insuffisante : d'où l'inclinai^bn constante des parties auxquelles ils s'insèrent. Ces deux circonstances vicieuses concourent assez constamment dans les difformités dont il s'agit : ont-elles été simultanées ? laquelle des deux a eu l'antériorité et a pu devenir ainsi cause occasionelle de l'autre (1) ?

Quoi qu'il en soit , ou observe assez ordinairement que le membre qui présente une telle difformité est grêle , moins nourri , souvent plus court , et toujours plus faible. On ne peut même pas présumer que la difficulté des mouvemens et la suppression de l'exercice, fonction puissamment favorable à la nutrition , soient les causes de ce pbénomène , puisqu'on l'observe dès l'âge le plus tendre et avant l'époque où la progression peut avoir lieu.

(1) Nous avons vu des médecins soutenir que les difformités dont il s'agit dépendent d'un vice des forces toniques dans la partie charnue des muscles , en vertu duquel ces organes sont, les uns dans un état de tension, les autres dans un état de relâchement; et proposer sérieusement des applications relâchantes pour les uns et des topiques contraires pour les autres : l'étude altontive des faits suffit pour renverser une supposition aussi gratuite, et pour faire sentir la futilité d'une semblable thérapeutique.

Chat. A'iir. Mais, à cette époque, l'amaigrissement des memr Des dévia- j)res est encore très-peu marqué ; il est pourtant

Des pieds bois, incontestable que cette différence augmente dans la suite, si, faute des secours convenables, les mouvemens ne sont rendus également possibles dansles deux membres parallèles , et s'ils ne sont

exerces.

Progrès de la Si les choses sont laissées en cet état , la difformite ne peut que s accroître : la contormation de nos membres est telle , que le moindre changement ne saurait avoir lieu dans le rapport des parties qui les composent , sans rompre l'harmonie , et sans changer totalement le mécanisme selon lequel le poids du corps est supporté et transmis au sol. Si le pied se dévie en dehors ; si celte partie cesse de former au-dessous de la jambe une voûte au sommet de laquelle se trouve placé l'astragale ; si le poids des parties situées au-dessus passe au côté interne de cette voûte , la résistance des lirîramcns internes de l'articulation tibio-tarsienne , cl celle des muscles fléchisseurs, supporteront seules l'effort qui en résultera : ces parties sont susceptibles d'extension , et cette propriété donnera beaucoup plus d'étendue à la difformité. Cette dernière n'aura d'autre terme que le point où l'extrémité inférieure du tibia appueira sur le sol par où l'on sent combien la progression pourra devenir difficile. On sent bien aussi que toutes les difformités de celte espèce ne sont pas susceptibles d'aller aussi loin ; parce que certaines parties du pied

peuvent supple'er aux fonctions de sa totalité : Cbap. vnr. ainsi , dans celle où le pied est comme roulé en Des dévia-

J • lions.

dessous dans Je sens de sa largeur, la progression Despieds bots. peut avoir lieu sur le côté externe et la face dorsale de cette partie ; et l'effort se trouvant partagé entre un plus grand nombre de ligamens , la déviation en est plus promptement bornée.

Pour bien fixer les indications à remplir dans Le diagnostic l'intention d'effacer des difformités de celte espèce, mT avec^ie il importe de bien connaître l'étendue et la nature £j™ Krand de ces dernières, et de ne point s'en laisser imposer par les apparences de quelque conséquence accidentelle. Ainsi, la déviation du pied en dehors est ordinairement accompagnée de la flexion des orteils, phénomène qui ne dépend que du tiraillement des muscles fléchisseurs de ces parties,, et qui disparaît par la restitution de l'attitude naturelle du pied. Néanmoins, ces circonstances ne peuvent point être préjugées , quelque probables qu'elles paraissent , attendu que plusieurs difformités peuvent exister à la fois dans la même partie. Ainsi , la déviation considérable du pied en dedans est ordinairement accompagnée de l'extension habituelle des orteils, et surtout du premier; phénomène qui reconnaît pour cause, l'allongement des muscles extenseurs. Cependant, nous avons vu un cas de celle nature , où il n'a pas suffi de redresser le pied *. le gros orteil est resté fixé dans l'extension , et gêne encore considérablement la marche. 11 importe donc, pour l'exactitude du diagnostic,

Cha-f. vin. de chercher à ramener ensemble dans leur attitude Des dévia- naturelle: toutes les parties qui paraissent s'en être

tions, . .

Des pieds bots, écartées, et d'examiner attentivement les causes et la nature de la résistance que l'on éprouve. L'extension L'expérience démontre qu'il est des cas dans

permanente f

des muscles lesquels , à la faveur a un moyen mécanique qui

trop courts', ." ,

réussit dans contrarie constamment I attitude vicieuse des parles jeunes . ' j 1 . ui t i

sujets. lies, on peut espérer de changer notablement la forme des surfaces articulaires , et de rétablir les proportions naturelles des muscles. On ne peut espérer des résultats aussi heureux que lorsque la difformité est médiocre et sur de très-jeunes sujets. Conditions 11 paraît qu'il faut pouvoir mettre à profit les pro-

des .ipnareils , , , , , i r • 1

extenUfs. gres du développement ultérieur des parties , pour réussir par de semblables procédés. On ne peut agir que d'une manière insensible et progressive ; on ne doit développer que successivement l'effort capable de ramener les parties à leur situation naturelle : à l'âge le plus favorable au succès des manœuvres dont il s'agit , les organes sont extrêmement excitables, et l'irritation est le plus grand obstacle que le praticien puisse rencontrer. L'appareil dont on doit faire usage, devra agir à la fois sur tous les points de la difformité , de manière à la combattre dans toute son étendue. Il doit n'exercer sur aucune partie, de compression douloureuse: 1^ peau est extrêmement facile à ulcérer, et cet accident pourrait rendre pour jamais toute entreprise impossible. Enfin, et cette dernière condition <est des plus importantes, la construction du moyen

employé doit être telle , qu'elle n'interdise pas, dur. vm. qu'elle favorise même l'exercice : les membres af- .J^ déviafeetés de ces difformités sont manifestement amai- Despiedslou. gris; ils ont une tendance marquée à l'atrophie; le repos aurait le très-grand inconvénient de favoriser cette même tendance.. L'exercice est d'autant plus nécessaire , que le traitement dont il s'agit doit être emplové pendant plusieurs années , et qu'un repos aussi durable aurait les plus grands inconvéniens, sous tous les rapports.

Il est impossible,- vu la grande variété de l'af- Les appareils

. , , 'exteusifs doi-

fection dont nous parlons, d assigner un procède vent être Va-

, , . , .. ] . ries selon la

applicable a tous les cas : le génie du praticien doit nature du cas. suppléer ici aux préceptes positifs; mais nous indiquerons les appareils du professeur Scarpa comme des modèles de perfection, où l'on trouvera l'application la plus ingénieuse des règles générales que nous venons d'établir.

Il est démontré que dans quelques cas d'extrême ' Section des

, 1 , - , . . tendons et

difformité, les procèdes de réduction que nous des ligamens. venons d'indiquer , ne peuvent suffire. C'est surtout sur des sujets qui n'étaient plus dans la première enfance, que de" pareilles observations ont été faites : la déformation des surfaces articulaires a paru plus avancée; les tendons, les ligamens op-. posaient un« résistance qui a été trouvée invincible. On a jugé à propos dans ces occasions, de faire la section plus ou moins complète, des org.-uies qui s'opposaient le plus manifestement à la restitution des fuî mes naturelles : les tendons , les ligamens

c«ap. vnr. ont été divisés en tout ou en partie. Nous avons eu Des dévia- connaissance de quelques-unes de ces opérations

tions. . 1 \

Despieds bots, qui ont obtenu tout le succès que l'on pouvait s'en promettre : on ne peut espérer que difficilement T dans des cas de cette espèce, de rétablir totalement la conformation naturelle des surfaces articulaires; mais on peut faire cesser la résistance d'un tendon , et réparer ainsi une partie de la difformité du membre. Tel a été le succès des cas que nous avons pu observer , et dans lesquels il n'a pas toujours été nécessaire de diviser complètement le tendon, dont la brièveté paraissait faire l'obstacle principal.

Effets de ces Du reste, on serait dans l'erreur, si l'on pensait

opérations. , . -, A -, , ,

que celte opération dut détruire sans retour les mouvemens exécutés par l'organe que l'on divise : si l'on procède lentement, dans la restitution de l'altitude naturelle, les bouts du tendon coupé peuvent contracter une union médiate , à la faveur de laquelle cet organe peut recouvrer encore une partie de son utilité.

Quant à la section des ligamens , nous n'avons pas eu occasion d'en observer les effets; mais. lorsqu'on réfléchit à l'innocuité de la rupture de ces organes dans les luxations , on ne peut guère s'empêcher de penser que cette opération est praticable, pourvu qu'elle soit faite avec précaution , et de manière à prévenir le contact de l'air. Cas oh la Les difformités dont il s'agit sont évidemment

difformité est 11 1 J 1' . 1

iucu.abie. au-dessus de toutes les ressources de J art , Joisque les) sujets ont atteint l'âge adulte, et après l'entier développement du corps.

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