‹ Précis élémentaire des maladies réputées chirurgicales [electronic resource] (volume 2)Chapitre 7 sur 49 · DU FLEGMON PAR RAPPORT A SA SITUATION · texte numérisé non relu

DU FLEGMON PAR RAPPORT A SA SITUATION

Nous examinerons dans ce Chapitre ce que le flegmon présente de particulier près de divers organes et dans les différentes régions du corps.

Développé dans le tissu cellulaire qui unit la A l'extérieur

1 , . , . . , . . de la plèvre

plèvre ou le péritoine aux muscles voisins , le fleg- et du périmon a pour premier effet d'augmenter considérablement l'épaisseur et la densité de ces deux membranes séreuses , et même de déterminer leur adhérence avec les parties flottantes de la cavité voisine.

La pleurodynie, les violentes contusions, les fractures et la nécrose des côtes en sont les causes les plus familières à la poitrine. .

On reconnaît aisément l'existence d'une inflammation grave dans les parois du thorax , mais il n'est pas facile de déterminer positivement son siège, de reconnaître la suppuration dès le moment quelle a lieu, et de savoir. si le pus est dans la cavité de la plèvre ou au dehors de cette membrane : quand la collection purulente fait saillie au-dessous des tégumens, il est seulement probable que le tissu cellulaire sous-séreux a été le siège du fleginon ; après que l'ouverture de l'abcès a été faite , l'étendue de la cavité et la lenteur de son oblitération, l'abondance de la suppuration et les symptômes colliqualifs qui

5i SECTION PREMIÈRE.

Cha.p. iv. l'accompagnent, rendent le siège du foyer très-

Du Flegmon <]ouleux.

par rapport a

sa situation. j)e même aussi , le siège de la douleur , la saillie de la tumeur , ne suffisent pas pour attester qu'un abcès qui se manifeste à la surface de l'abdomen est le résultat d'un flegmon qui résidait à l'extérieur du péritoine. L'issue des matières fécales avec le pus doDne une démonstration contraire; mais il ne faut pas perdre de vue que le seul voisi- , nage peut communiquer au pus une odeur stercorale très-propre à en imposer.

Il est inouï que le pus résultant d'un flegmon ai<m formé dans l'une ou l'autre de ces deux régions , ait pénétré dans la cavité voisine : constamment le pus se dirige vers l'extérieur, "ta raison de ce phénomène est évidente d'après ce que nous avons dit plus haut. Cependant un grand nombre d'auteurs ont donné le précepte puéril d'ouvrir ces abcès de très-bonne heure , pour éviter le danger de l'épancbement. On sait maintenant tout ce qu'un semblable conseil a de blâmable.

Dans le relu Le rein, le foie, peuvent être la source d'un fleget le foie. dont pabcès se manifeste dans l'épaisseur des

parois de> l'abdomen. Dans le premier cas, c'est presque toujours une ou plusieurs pierres urinaires arrêtées dans le rein ou dans le bassinet, qui causent le flegmon et l'abcès qui lui succède. Les violences extérieures peuvent accélérer la formation du pus. Une douleur plus ou moins vive , fixe , répondant à la région du rein , se propageant dans la direction

DE l'inflammation, 35

de l'uretère , accompagnée de rétraction du testi- Chap. iv. cuie correspondant , d'altération de l'urine , et de Dû P^gmon

; , ^ , par rapport à

vomissemens , caractérise 1 inflammation de l'oreane sa situation, dont il s'agit. La diminution de la douleur, la fièvre hectique accompagnée de frissons vagues , sont de fortes raisons de présumer que l'inflammation s'est terminée par la suppuration , mais ne suffisent pas pour le prouver jusqu'à l'évidence , et ne font pas connaître le siège de l'abcès. Le pus peut être éva- eue par les voies uriuaires , ou se montrer sous les légumens dans fa région lombaire , et se faire jour au dehors. Quelles que soient les ppésomptions que l l'on a sur la formation d'un abcès, dans ce cas • il n'est pas permis d'aller à la recherche du pus , à moins qu'une tumeur ne se montre au dehors, et qu'on n'y sente une fluctuation évidente. Le pus ne peut prendre la direction de la région lombaire qu'autant qu'il s'établit une -adhérence accidentelle entre le rein et les parois de l'abdomen ; les pierres urinaires, à la faveur de cette disposition, peuvent être expulsées par la voie de l'abcès ; ainsi , ce dernier élant ouvert spontanément ou artificiellement , on peut introduire- une sonde, chercher à reconnaître les corps étrangers, et les extraire s'ils sont à portée. Mais rien ne peut autoriser des recherches profondes , dans l'intention d'aller saisir une pierre unnaire jusque dans le rein : on- ne connaît ni la situation ni l'étendue des adhérences du rein , et l'on risquerait de les détruire.

Les flegmons qui proviennent du foie sont bien

ChAp iv plus équivoques. Il n'est pas de notre sujet d'expo- Du^iegn-n ser ici tout ce qui est relatif à l'inflammation de cet rSlS organe; nous dirons seulement que dans le cas où elle se termine par suppuration , on ne doit toucher à la tumeur qui peut se manifester extérieurement, qu'autant que la fluctuation, l'oedème local et la rougeur de la peau démontrent que celte dernière partie recouvre seule la collection purulente. Le médiastin ou le tissu cellulaire environnant st™.rele peuvent être le siège d'un flegmon, et la suppuration lui succède rapidement. On a souvent observe cette maladie à. la suite des contusions violentes, des fractures ou des coups de feu sur le sternum. On peut bien observer les signes d'une inflammation grave à la suite de ces accidens, et reconnaître même qu'elle a son, siège derrière le sternum ; mais on ne peut savoir à quelle profondeur existe le foyer purulent , ni à quelle hauteur du sternum il répond. Cependant plusieurs auteurs ont conseillé de perforer l'os avec le trépan pour atteindre l'abcès ; mais on voit qu'un diagnostic certain est impossible. On doit attendre que le foyer se montre sous la peau vers un point du contour du sternum , ou aux dépens de sa continuité , pour donner issue au pus. L'oblitération de la cavité qui le renferme est une conséquence nécessaire de son évacuation, à moins de lésion organique.

Autour du Le tissu cellulaire qui enveloppe le muscle psoas . musciepsoas t êlre ie siège d'un flegmon , et le pus qui en résulte est poussé hors de l'enceinte abdominale

DE l'inflammation. 5f

par les mouvemens de la respiration , et à la faveur chak iv. des progrès de l'ulcération ou des ouvertures na- Du Fiegmon

r 0 . . . , par rapport à

turelles. L'abcès peut se manifester ainsi, a une sa situation, époque plus ou moins éloignée , aux lombes , à l'aine ou vers l'arcade crurale. Le tissu cellulaire du bassin et celui de la fosse iliaque interne peuvent être le siège de la même maladie et se prêter aux mêmes phénomène^. Dans ces deux derniers cas, c'est le plus souvent vers le périuée, à la vulve i devant le trou ovale , à l'hypogastre , ou devant la fosse iliaque, que l'abcès se manifeste.

II importe de distinguer ces cas de ceux de carie superficielle de la colonne vertébrale , ou de destruction des corps des vertèbres, où il arrive quelques pliénomènes semblables. Mais quoique la matière purulente se déplace de la même manière dans ces derniers , la marche nécessairement aiguë du fiegmon , l'inflammation évidente qui accompagne'la portion apparente et extérieure de l'abcès, suffisent pour empêcher de confondre ces maladies différentes. On doit, dans ces abcès profonds, ouvrir avec beaucoup de circonspection, à cause de l'étendue toujours fort grande de leur cavité, et du danger du .contact de l'air : il faut faire une simple ponction et laisser cicatriser l'ouverture , réitérer la même opération dès que la cavité paraîtra se remplir de nouveau, et sans attendre que les parois soient sensiblement distendues ; le foyer de labcès s'oblitérera peu à peu , et la tumeur extérieure cessera de reparaître.

Ciu-p. iv. On a cru qu'en se développant autour des ari)u Fiegmon tères , le flegmon pouvait ulcérer ces vaisseaux ,

parrapportà ,., . - , . -i „„„

fa situation., et qu il importait de ne pas laisser séjourner le pus ; Près des de là le précepte d'ouvrir au plus tôt les abcès qui en résultent. L'expérience a prouvé que ces craintes étaient sans fondement , et le précepte déplacé (i). Il faut en dire autant du flegmon développé au voisinage des os ou de leurs articulations , sur lequel on avait conçu les mêmes craintes : elles sont vaines si le flegmon est aigu , et une ouverture prématurée a partout les mêmes inconvéniens.

Sous les muscles larges et forts, ou dans l'in-

Sons les , , ,, r

muscles lar- tervalle des muscles enveloppes d une aponévrose Çonévrosï. commune , qui forme des cloisons particulières pour chacun d'eux, l'abcès qui résulte du flegmon a pour effet de se propager au loin en détruisant le tissu cellulaire , faute de pouvoir soulever lés parties qui le recouvrent. Il importe, dans ces cas , de reconnaître la présence du pus , pour lui donner issue dès qu'il est formé , afin d'éviter de grandes dévastations et des cicatrices difformes et gênantes. Près des Autour des tendons qui opèrent leur glissement tendons. aij m^eu d'un tissu cellulaire abondant , le flegmon n'a aucun inconvénient qui exige des règles particulières de pratique. Mais auprès de ceux dé ces organes qui glissent dans une "gouttière osseuse, et qui sont enveloppés d'une membrane synoviale,

(i) Nous avons vu l'oblitération d'une artère principale, qui ne pouvait guère être attribuée qu'à un vaste flegmon.

de l'inflammation. 39 le flegmon peut avoir les conséquences les plus fa- CHAr- IV-

• i a ^ 1 1 a Du Flegmon

cheuses : il parait que cette membrane elle-même parrapPortà peut être le siège principal de l'inflammation ; que sa Sltuatl0ales symptômes en sont d'autant plus graves , que la membrane synoviale en est promptement mortifiée , et qu'il en résulte l'exfoliation du tendon , son adhérence avec la cicatrice , et la perte des mouvemens. Il paraît aussi que l'incision la plus prompte des parties affectées , est ce qui réussit le mieux pour arrêter les progrès de l'inflammaliou : il faut donc se hâter d'inciser dans toute l'étendue de la maladie , dès qu'on est parvenu à la reconnaître.

La membrane synoviale des articulations est sou- ^^1^"" vent le siège d'une inflammation , qui , malgré son étendue en surface , mérite par ses symptômes d'être rangée parmi les flegmons. Le rhumatisme est une cause très-familière de cet accident; la goutte le produit aussi fréquemment; mais la suppuration survient plus rarement dans ce "dernier cas , si ce n'est lorsque des tophus arthritiques nécrosés , et jouant le rôle de corps étrangers, doivent être expulsés hors de l'articulation. Les violences extétérieures produisent souvent aussi le même effet , . et les suites en sont bien plus graves.

La suppuration n'a point ici pour siège le tissu cellulaire : c'est une sécrétion de la membrane synoviale , qui ne s'écarte pas beaucoup d'abord des caractères de la*syuovie, mais qui devient, ensuite et successivement sanguinolente , floconneuse , et enfin purulente, si l'inflammation .est assez intense.

4o SECTION PREMIERE.

Chap. rv. L'épanchement , même considérable, d'une syno» Du Fiegmon vie altérée et sanguinolente, peut n'avoir aucun fâ-

pav rapport à . '" . . * * • ...

»a situation, cheux résultat , s'il occupe une seule articulation, et s'il se forme avec lenteur : il ne produit pas , comme on l'avait pensé, le déplacement des surfaces articulaires; il peut se résoudre plus ou moins promptement, et l'emploi successif des résolutifs , de la compression, des exutoires , du cautère transcurrent, peut aider son absorption. L'épanchement purulent est plus grave : s'il intéresse une ou deux grandes articulations, l'ouverture extérieure est inévitable ; elle se fait spontanément si l'art ne la pratique , et aux accidens inflammatoires violens qui l'ont précédée, succède une série de symptômes colliquatifs. La guérison peut cependant avoir lieu, mais c'est à la faveur d'une ankylose plus ou moins complète , et quelquefois d'une déformation considérable de la partie. L'épanchement purulent qui affecte à la fois la plupart des articulations , ce qui arrive dans le rhumatisme très-aigu, est presque constamment mortel.

Il importe extrêmement de ne'pas confondre ces affections, même à l'état chronique, avec la maladie connue sous le nom de tumeur blanche des articulations.

Il est indispensable , quand il existe un épanchemer» t purulent , de lui donner issue par une ou plusieurs ponctions. Elles doivent être très-petites . et obliques selon l'épaisseur des parties j de manière à permettre la réunion immédiate. 11 y a des exem-

dk l'inflammation. 4l

pies de succès obtenus par le moyen d'un selon Chap. iv.

i passé à travers l'articulation; mais ce procédé est JJJ^J"

iplein dé dangers, et nous ne pouvons l'approuver. sa?ituauon.

On ne connaît point la marche naturelle du fleg- Dans les os. mon essentiel dans les os : on ne peut pas prendre pour tel, en effet, le travail de la nature dans la séparation d'un séquestre.

L'aponévrose épicranienne est du nombre de celles Sous vapo

n j r * névrose épi-

qui ne permettent pas au tlegmon de iaire une craniennef grande saillie , et qui l'obligent à s'étendre beaucoup en largeur : en pareil cas l'abcès s'étend rapidement à tout le crâne , et le dépouille de ses parties molles. Il faut de l'habitude pour reconnaître la fluctuation dans cette région , et l'on doit s'empresser d'ouvrir une issue au pus , dès que sa formation est manifeste. Une seule ouverture , placée avec intelligence , suffit pour obtenir l'oblitération de toute la cavité , quel que soit le délabrement des parties : il n'y a peut-être pas de région du corps où la disposition mécanique soit plus favorable au recollement.

Dans les flegmons de la face il importe d'éviter A la fat», la difformité des cicatrices : ainsi , toutes les fois que la suppuration aura eu lieu , on ouvrira de préférence , s'il se peut , par l'intérieur de la bouche, etc. On choisira aussi , avec beaucoup de soin , le moment propre à l'opération , et l'on se souviendra que pour avoir trop attendu , la peau se désorganise et doit être scarifiée, ce qui laisse des cicatrices otenducs et difformes. Il faut encore avoir soin de

Chap. iv. se contenter d'une simple ponction , de la placer Du Fiegmou et de la diriger de manière que la cicatrice puisse

jMir rapport à > i i 1

sasituaiio». se confondre avec les plis naturels de la peau.

Dans l'orbite. Quelque étendu et profond que puisse être un • abcès de l'orbite qui se montre à l'une des paupières , la plus petite ponction suffit ; la solidité des , parois de l'orbite assure le retour du tissu cellulaire sur lui-même , l'évacuation complète du pus , et l'oblitération facile de la cavité.

Dans l'œil. L'inflammation flegmoneu.se des membranes intérieures de l'œil se termine souvent par la sécrétion d'une matière purulente ou puriforme, qui s'épancbe dans les cavités de l'organe , en se mêlant avec l'humeur aqueuse. Un peu d'attention suffit pour distinguer une espèce de sédiment blanchâtre ou jaunâtre , se déposant à la partie déclive des chambres antérieure et postérieure, qui, dans le commencement , affecte la forme de la lunule d'un ongle, changeant de situation selon l'attitude du malade, dont le niveau s'élève successivement, et qui finit par cacher entièrement l'iris et la pupille. Quand cet épancbement n'est pas très-copieux , et qu'on est parvenu à calmer l'inflammation, on peut l'abandonner à lui-même : il arrive presque constamment que la matière suspendue dans l'humeur aqueuse, disparaîtavec elle par l'absorption. Lorsque l'épanchement est considérable au point dedistendre douloureusement lesmembranes de l'œil, on ne peut se dispenser de donner issue à la matière ainsi qu'à l'humeur aqueuse. Une pouclion pratiquée avec la

DE L' 1.N FLAMMATIONi 43

lancette, ou tout autre instrument analogue , peut Chat. iv. ; remplir cette intention : niais l'inflammation precé- Dl1 Fiegmon

r 7 1 par rapporta

i dente est entretenue , et même accrue par l'opéra- sa situation, tiou ; les membranes de l'œil éprouvent une altération de plus en plus profonde ; la suppuration se reproduit et les îiccidens se renouvellent; enfin la maladie finit le plus souvent, après une série d'accidens graves et nombreux , par une ulcération de toute l'épaisseur de la cornée transparente , à travers laquelle l'œil se vide, pour se réduire ensuite à un"1 bouton sphérique et mobile. Cette terminaison spontanée de la maladie indique la méthode curative : l'œil est profondément altéré et ses propriétés sont perdues ; il s'écoule quelquefois bien du temps avant Ja terminaison de la maladie , et l'art peut rapprocher le terme des souffrances. Il faut faire alors à la cornée transparente une ouverture avec perte de substance : bientôt on obtient les mômes résultats que ceux de l'ulcération spontanée. Reste à placer un œil artificiel , lequel peut encore recevoir certains mouvemens , et. faire une illusion complète.

Le flegmou dont la conjonctive est le siège i et a la eon. qui est connu sous le nom $ ophlhalmie , produit J0UUlve' souvent des phlyctèncs à la surface de la cornée* transparente, d'où résultent de petites ulcérations et des cicatrices opaques , ou bien une exlravasion albunnneuse entre les lames de la cornée, qui fait perdre à cette dernière sa transparence : c'est l'origine de la laie et de Yalbugo, maladies le plus souvent incurables , et contre lesquelles on ne peut

Chap. rv. guère employer qué les collyres secs , à liire de S.ÏP à topiques résolutifs.

S" Aux UOn' "^es genc^ves sont souvent le siège de petits flcgcives. mons dont la cause la plus commune est la carie de quelques dents , la suppuration et la perforation latérale de l'alvéole correspondante. L'abcès s'ouvre promptement , mais l'ouverture reste fistuleuse jusqu'à l'arrachement de la dent.

A la langue. Le flegmon peut être lrès-violent à la langue : la salivation mercurielle en est la cause la plus ordinaire. L'organe s'engorge quelquefois au poiut de ne pouvoir être contenu dans la bouche , de tenir les mâchoires écartées et de gêner la respiration. Malgré l'intensité delà fièvre , la violence des douleurs , la dureté de l'organe affecté , et tous les autres signes d'une inflammation des plus aiguës , l'expérience a prouvé que le moyen le plus propre à la faire avorter , consiste dans des incisions nombreuses et profondes , placées sur la face supérieure de la langue.

Aux glandes Les glandes amygdales contractent aisément J'inamygddks. flammalion flegmoneuse , et cette dernière tourne rapidement à la suppuration. Les scarifications profondes que l'on peut pratiquer sur les enveloppes de la glande au moyen du pharyngolome , sont encore le parti le plus avantageux lorsque l'intumescence est considérable : si l'abcès existe déjà , on donne de la sorte issue au pus ; dans le cas contraire , on procure un dégorgement utile, et la tuméfaction disparaît bientôt.

DE l'inflammation. '45 Il faut se garder de prendre pour un flegmon , Ciur. iv. la tumeur que peut former à l'extérieur la salive Du Flegmon

-Il , . , par rapport a

rrelenue dans le canal de Warton , dont l'extrémité sa situation, serait oblitérée. Nous en parlerons ailleurs.

Le tissu cellulaire qui entoure et qui pe'nètre la A la glande

A parotide.

.glande parotide, est souvent le siège du flegmon. Les épidémies catarrhales ,' le typhus , en offrent de nombreux exemples. La suppuration se forme rapidement -, elle est accompagnée de douleurs trèsaiguës , de fièvre violente , et même de délire que l'on attribue à la distension du nerf facial. La grande densité de l'enveloppe celluleuse de la glande ne permet pas de distinguer facilement et de bonne heure la fluctuation. L'issue du pus peut seule soulager le malade. On cro>it avoir observé que la potasse caustique est un moyen préférable- pour faire l'ouverture , lorsque l'abcès a le caractère critique.

L'exposition du sein au conlact de l'air froid , à Ausein> la suite de l'accouchement ou pendant l'alaitement 3 détermine le plus souvent un flegmon dans le tissu cellulaire qui entoure la mamelle , et cette inflammation se termine d'ordinaire par plusieurs points successifs de suppuration. Pour ne pas dégrader les légumensde cette partie , on doit, autant qu'il est possible , livrer à la nature le soin d'ouvrir ces abcès. Mais si la peau paraît s'amincir , il ne faut plus tarder de faire une ponction avec l'instrument tranchant.

Les fluxions inflammatoires dont le leslicule est Au testicule

Chai», iv. Je siège , se terminent souvent par un ou plusieurs ?£Ïp|£a points de suppuration. On a observé qu'après Tousa situation, verture de l'abcès il se présente des flocons blancs ou grisâtres , qui ont l'apparence d'escares du tissu cellulaire , et qui ne sont autre chose que les vaisseaux séminifères. Si l'on saisit ces masses, on les fait suivre aisément ', mais l'on vide en même temps la membrane àlbuginée du testicule : en effet , on déviderait ainsi jusqu'au dernier canal séminifère. Il faut donc s'abstenir de toucher à ce qui se présente à l'ouverture ; avec le temps ces masses floconneuses et comme inertes, se couvrent de bourgeons charnus , lesquels se confondent dans la cicatrice commune.

A la -vulve. Les contusions de la vulve , et un grand nombre d'autres causes , peuvent occasioner un flegmon dans l'une des grandes lèvres , lequel se termine presque constamment par la suppuration. Le tissu cellulaire de toute la longueur de la grande lèvre participe alors à cette dernière affection , et l'abcès n'a d'autres bornes que celles de la partie elle-même. La laxité des tégumens nuit au recollement après l'évacuation du pus : la petite Ouverture se cicatrise , mais il reste une cavité cachée dans laquelle il se fait un nouvel épanchement de pus. Cette succession d'abcès peut être nombreuse et accompagnée de périodes de douleurs très-aiguës. Peut-être préviendrait-on ces suites fâcheuses en ouvrant Je premier abcès de très-bonne heure , et sans lui douner le temps de s'accroître autant qu'il peut le faire ; mais

de l'inflammation. 4/ lorsque la dégradation de la peau et du tissu cellu- chap. iv. laire est opérée , ou ne peut plus se dispenser, pour Du Fkgmoa obtenir une cicatrice solide , de fendre la totalité ^skuaK.3 du sinus.

Rien n'est plus favorablement disposé pour le flegnion, et sa terminaison par des abcès très-vastes, que la marge de l'anus et le contour de l'inleslin

, ni- • Autonr de

rectum : le tissu cellulaire graisseux y est très- Tintestiarecabondant ; cette masse n'a point de limites invariables vers la partie supérieure; le contour du bassin est très-ample, et toutes les parties qu'il contient peuvent être déplacées avec facilité ; enfin la peau qui borne cet espace inférieurement a plus de densité que toutes les parties environnantes. Un grand nombre de causes est propre à développer J'inflammationdans ce tissu cellulaire. Les unes proviennent de l'intestin , les autres ont une autre origine : les corps étrangers injectés peuvent , en perforant l'intestin , se perdre dans le tissu cellulaire , y entraîner les humidités stercorales , et déterminer une inflammation qui pour lors a plus d'un motif. Toutes les violences extérieures exercées aux environs de l'anus , ou vers l'extrémité du sacrum , peuvent produire le même effet.

Quoique la suppuration survienne très-promptement , il est rare qu'on puisse avoir à temps la cerutude de son existence. L'abcès est déjà fort étendu, lorsqu'une très-petite tumeur se "manifeste sous la peau , à la marge de l'anus.

Quelquefois l'abcès s'ouvre spontanément dans

Chai-, iv. l'intestin rectum ; le pus s'e'coule en partie avec les Du Fiegmou matières fécales ; mais celte ouverture ne peut em- LasimSnà pêcher le séjour d'une grande quantité de matière purulente , la tumeur extérieure fait des progrès et la peau s'ulcère. Dans ce cas , comme dans celui où l'on donne issue au pus par une ponction , la grande étendue de la cavité permet au pus de séjourner ; la perforation de l'intestin , si elle a eu lieu primitivement ou secondairement, laisse pénétrer des humidités stercorales dans le foyer , et ces deux raisons s'opposent à l'oblitération de la cavité de l'abcès, et rendent l'ouverture extérieure fistuleuse.

Si quelque chose peut faire éviter ce dernier résultat , 'dans les cas seulement où l'intestin n'a point élç perforé , c'est l'ouverture de l'abcès dès le moment qu'il existe. Cependant cette précaution ne réussit pas toujours, et il est probable que l'amaigrissement du malade et la mobilité de l'intestin suffisent pouf convertir en fistule la cavité de l'abcès. C'est pour de semblables raisons qu'on en était venu à fendre toute la paroi de l'intestin rectum qui correspondait au foyer de l'abcès , immédiatement après l'ouverture de ce dernier. Mais ces abcès sont si profonds, qu'il est rare que lorsqu'on les distingue , ils ne soient pas déjà devenus trèsamples; ordinairement ils ont beaucoup affaibli le malade : fendre l'intestin dès le premier moment , c'est mettre en contact les parois eucore enflammées de l'ahcês avec les matières fécales , par conséquent provoquer de nouveau une abondante sup-

DE L'INFLAMMATION. 4cj puration. Ces derniers motifs ont enfin dicte' le pré- çHAp. iv cepte d'onvrir d'abord par une simple ponction la Da Fiegmon partie déclive de l'abcès , d'attendre que les parois TtoStl* du foyer soient revenues sur elles-mêmes , et qu'il soit re'duit par-là à un trajet cylindrique plus ou moins e'tendu , et de finir par fendre l'intestin à une époque plus ou moins éloignée de la première opération, et lorsque le malade a bien repris ses forces.

Quelquefois ces abcès sont compliqués de la nécrose du coccix qui en est même alors la cause principale, ainsi que nous l'exposerons ailleurs.

Nous terminerons cet article par quelques mots sur les épanchemens purulens des cavités, des plèvres, du péricarde et du péritoine; et nous ferons connaître ce qui est relatif à la suppuration des méninges en traitant des plaies de tête.

L'effet de l'inflammation des membranes séreuses Dans i« est constamment une exsudation dont le produit se plivres' le

j / t i pC* i carde tt

dépose a leur surface. La matière exsudée est se- le i)ëlitoiQ€- Ion le degré de l'inflammation , tantôt de la sérosité sanguinolente , tantôt de l'albumine pure , quelquefois de la sérosité albumineuse, ou des masses d'albumine mêlées à diverses proportions de sérosité, d'autres fois du pus plus ou moins consistant. Le pus et les grandes masses d'albumine ne paraissent pas susceptibles de résorption dans les grandes cavités séreuses. Il est difficile de reconnaître l'existence de l'une des collections dont nous venons de parler; il est encore plus difficile de les distinguer entre elles. De plus, l'expérience a prouvé qu'il est

Chap.iv. extrêmement dangereux de permettre l'introduc- DuFiegmon t\on de l'air dans quelques-unes de ces cavités, irs!'tuPaPti>onà dans les conditions où elles se trouvent lorsqu'elles renferment un e'panchement de cette nature.

Les palpitations étendues et fréquentes du cœur, la petitesse et l'irrégularité du pouls , les syncopes fréquentes , l'oppression , la suffocation et tout l'ensemble des symptômes que l'on a donnés comme propres à caractériser les épanchemens dans le péricarde , peuvent exister indépendamment de cette affection, et se rapporter à toute autre. La douleur et la pesanteur de tout un côté de la poitrine , l'oppression , la suffocation imminente , la toux légère, sèche et presque continue , la respiration rendue plus facile par l'attitude du malade sur son séant, le décubitus plus supportable sur le côté affecté , insupportable sur le côté sain , l'élévation des côtes, l'œdème des lombes , etc. , ne sont pas plus démonstratifs par rapport aux épanchemens dans la cavité des plèvres. Au bas-ventre la chose est moins douteuse à cause de la fluctuation que la structure de la partie permet de chercher et de distinguer. Cependant les adhérences partielles que les intestins ou l'épiploon contractent le plus souvent avec divers points des parois abdominales, peuvent rendre équivoque, ce symptôme lui-même.

On a de tout, temps conseillé l'évacuation des matières épanchées dans les membranes séreuses à l'occasion de l'inflammation. Cependant il existe très-peu. d'exemples bien authentiques de succès.

DE L'INFLAMMATION. 5l

Quand il s'agit du péricarde, par exemple, il est Chap.iv. évident que le diagnostic est trop obscur pour qu'on Du Fiegmon puisse rien entreprendre. Selon quelques observa- Mshu^tkm.* teurs on aurait vidé l'épanchement purulent des plèvres , ou aurait remplacé la matière par une injection qui aurait séjourné durant l'intervalle des pansemens , et le succès aurait été complet. Mais les observateurs eux-mêmes ne peuvent point affirmer s'il s'agissait d'un épanchement dans la plèvre ou .d'un grand abcès à l'extérieur de cette membrane. La simple ponction avec un trois-quarts, suffisamment réitérée, nous paraîtrait le parti le plus prudent , si l'on pouvait être bien assuré de l'existence de l'épanchement et de son siège. Au reste, quoique l'introduction de l'air doive être bien plus difficile par ce procédé , il est évident qu'il ne peut avoir qu'un effet palliatif : la mort paraît inévitable. Il faut en dire autant des épanchemens purulens dans le péritoine : une opération ne pourrait qu'aggraver l'état du malade, et rapprocher l'événement funeste.

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