‹ Précis élémentaire des maladies réputées chirurgicales [electronic resource] (volume 2)Chapitre 8 sur 49 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DE l'ÉRYSIPÈLE FLECMONEUX.

On" a appelé érysipèle flegmoneux une affection Définition, singulière et très-grave , composée de la teinte rosacée propre à l'érysipèle , et d'une altération profonde du tissu cellulaire sous-cutané et inter-musculaire.

53 SECTION tREMIBRE.

Chap. v. L'invasion de cette maladie locale est tantôt sou- De l'Erysi- daine, tantôt, comme l'érysipèle , précédée de malâxflegmOS alse, de dégoût, de céphalalgie et même de fièvre. Diagnostic. La teinte rouge de la peau est très-légère ou brune , mais jamais du rose pur qui caractérise l'érysipèle proprement dit. En même temps que la surface de la peau se colore , le tissu cellulaire s'engorge ; mais ilne présente point l'élasticité qu'on lui trouve dans l'érysipèle : il est consistant , pâteux et crépitant. La maladie s'étend rapidement à de trèsgrandes surfaces , et en même temps on voit paraître tous les symptômes d'une fièvre nerveuse grave. Cette dernière parcourt ses périodes accompagnée d'un plus ou moins grand nombre de symptômes alarmans, et paraît jugée lorsqu'une ou plusieurs escares se sont manifestées sur la peau dans l'étendue de la maladie locale. On observe alors nue rémission sensible des symptômes généraux ; niais bientôt après le contour de l'escare cutanée se sépare , tandis qu'elle conserve son union avec les parties subjacentes ; les bords de la peau séparés de l'escare s'isolent à leur tour du tissu cellulaire sous-cutané ; en comprimant les environs de cette ulcération on exprime du pus , et chaque jour on , l'amène en plus grande quantité et d'une plus grande distance ; enfin l'escare de la peau qui était restée en place se sépare , et entraîne avec elle des quantités très-considérables du tissu cellisMve sous-cuiané ét inter-musculaire, qui a été mortifié dans une étendue proportionnée à celle de l'engorgement. Après la

de l'inflammation. 55 chute de ces escares celluleuses oii trouve la peau Chxp v. isolée, les muscles séparés et comme disséqués, ^ ^''^ en un mot un délabrement effrayant.. neux-

Il ne se déclare pas toujours d'eseares gangréneuses à la peau : tandis que celle-ci conserve son intégrité, la partie affectée se ramollit, la couleur de la peau s'efface ; si l'on manie la partie malade avec légèreté, on croit sentir la fluctuation ; mais si l'on appuie l'extrémité des doigts avec un peu de force , on laisse une impression durable comme dans l'œdème. Si l'on incise alors les téguniens, on ne trouve point de collection , mais, seulement une infiltration purulente. Plus tard il se forme une ou plusieurs collections de pus , la fluctuation est manifeste ; et si l'on incise la peau il s'écoule des quantités énormes de matière purulente , et l'on voit se détacher dans la suite des lambeaux très-étendus de tissu cellulaire mortifié.

On sent qu'un pareil désordre ne peut avoir que Pronostic, des conséquences très-graves : la fièvre hectique s'établit , des symptômes cdlliquatifs s'annoncent , et les malades qui ont résisté à l'orage primitif, périssent de consomption.

On ne sait rien sur les causes de cette maladie Causes, terrible ; il est seulement remarquable qu'elle est commune dans la classe malheureuse du peuple , chez les sujets qui ont beaucoup souffert par la misère, par les chagrins, ou par des maladies antérieures , dans les grands hôpitaux et dans les lieux malsains M surchargés. S'il nous fallait embrassât-

CniP. V. une opinion sur sa nature , nous serions portés à De l'Erysi- penser d'après ses phénomènes , qu'il s'agit d'un pèie^ flegmo- ërysipèle dont k cause male-rielle s'est trouvée tellement abondante , ou active , qu'elle n'a pu s'épuiser sur la peau , et qu'elle a exercé son action destructive sur le tissu cellulaire.

Traitement. 0n ne connaît pas de méthode de traitement qui puisse arrêter les progrès de cette maladie ; seules ment des procédés empiriques ont été mis en usage avec quelque succès : nous avons vu dans un des grands hôpitaux de la capitale le vésicatoire et le cautère actuel employés avantageusement par notre savant ami le professeur Dupuytren (1).

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