accomnaenès
seuls capables de pénétrer dans les ariiculalious aux de fracas d n- , dépens de la continuité des os, et d'y rester enga- uon"'"""'"' gés. D'après ce que nous avons dit touchant les effets du séjour de ces corps étrangers , il est évident que l'on emploierait vainement des manœuvres incertaines et doulourenses pour procéder à leur extraction : le plus souvent elle serait très-difficile, ou même impossible; et quand bien même elle pourrait être accomplie, les déscfrdres qui accompagnent un pareil état de choses couslilueraient en-
Chap. II. core une affecilon très - ^M-ave , que la suppression étrangerr^' ^^'T^ étranger ne peut pas simplifier au point conveuaLle pour laisser l'espérance de conserver le naenibre. Les accidens de ce j^enre indiquent inévitablement l'amputation , à moins que la résection des extrémités articulaires des os intéressés ne soit praticable. p
§. XVII. Des corps étrangers solides ^ engagés dans la substance des os ou entre ces mêmes organes.
' Siège ordi- Lcs OS plais et larges , les os spongieux , sont suscepubles d être perfores par des corps solides qui restent engagés dans leur substance : on en a vu des exemples à l'omoplate, au bassin, au calcaneum, dans les extrémités des os longs près de leurs articulations , et particulièrement aux condyles du fémur, à la partie supérieure du tibia, etc.
Corps étrang. La coDsistaiïce Ordinaire des os plats n'adnîet pas
engagés dans , , , c .• ' V ' 11
iti os plats, dans leur substance une perforation régulière, quelle que soit la foruie du corps vulnérant ; mais ce mode de lésion est difficile, surtout, par l'action des balles et de tout autre corps obtus, qui ne peuvent évidemment perforer un os compacte qu'à la faveur de la comminution du point intéressé : aussi , une jointe d'épée rompue et' engagée dans l'omoplate , peut-elle y êire fixée très-s61idement, quoiqu'elle ait éclaté l'os dans sa surface profonde; une balle, au contraire , brise toute l'épaisseur de l'os dans lequel elle s'engage, et si elle est retenue, elle se trouve placée au milieu d'un grand nombre d'es-
DES CORPS ÉTRAÎ3GERS. 1j3
qaïUes. Dans l'uu et daas l'aulre cas , rexlracliou du Chap. il corps étranger est ne'cessaire , à cause de l'irritalion et de l'inflammation que devront e'prouver les par- f^'f^f'"^'''" lies sous-jacentes ; mais dans le premier , lorsqu'il ladicaiions. <s'agit d'un corps étranger aigu engagé et assujetti idans un os plat, on ne peut se dispenser d'enlever, au moyen du trépan ou de tout autre procédé, la portion d'os que le corps étranger pénètre; dans le setcond, on peut, eu snpprimaut les esquilles, faire une ivoie suiîisanle pour enlever la balle sans diffijicullé. . ;
Il est rare que des corps étrangers aigus poussés Corps étrang.
, ? . , engages dans
dans le tissu des os spongieux y restent engage^ as- les os spousez solidement pour n être soustraits qu avec peine : ordinairement ils y sont encore assez libres pour qu'on puisse. les extraire sans violence; ils ne laissent qu'une perforation proportionnée à leur volume; il ne reste pas d'esquilles dont on puisse craindre le séjoiir; quelques lames fracturées, et que le corps étranger a écartées pour se loger, tiennent encore aux raembrauules médullaires qui les tapissent , et : peuvent se prêter à une réunion immédiate ou secondaire. Le seul, soin que ces blessures exigent, est l'extraction du corps étranger f et l'emploi des moyens propres à prévenir ou modérer l'inflammation.
Une balle ou tout autre projectile obtus , en s'en- l'engageant dans les os spongieux , se pratique un espace proportionné à son volume. Les parties que le corps étranger a violentées pour pénétrer dans l'os, ont n. 8
Il4 SECTION V.
CbAp. ir. bien subi une sorie de comminution ; mais ce dés- ^ Des corps ordre n'a pu Se propager que dans un espace égal Engagés dans à l'étenduG des pctitcs lames oijseuses qui se sont trouvées sur les Imiites de l'espace nécessaire. Le corps étranger est assez libre , mais il n'est pas logé dans un espace beaucoup plus grand que ce que nécessite son volume ; il est bien entouré de très-petits débris , mais jamais de grandes esquilles. L'extraction L'cxtraction d'un semblable corps ne peut qu'être
c*t difficile. , j-^r -1 1
très -avantageuse ; mais elle est dimcile, et quelquefois impossible. Si le projectile qui s'est introduit de la sorte est en fer , ou de tout autre métal difficile à entamer, on ne peut user que de leviers dont l'extrémité doit êtrè très-mince. Ces instrumens ne peuvent être utiles, dans certains cas, qu'autant que l'on prend d'abord le soin d'augmenter l'étendue de l'ouverture extérieure de l'os, ce qui peut être fait alors avec le couteau lenticulaire, ou avec tout autre instrument analogue. Mais ces moyens eux - mêmes peuvent être inutiles dans le même cas ; on pourrait alors tirer parti dés tire-fond , pourvu toutefois que la balle eût un point d'appui solide dans le fond de la blegsure. iVous préférerions en pareil cas le tire-fond à cylindre denté , tel qu'il est représenté dans l'ouvrage de Fabricius Hildanus : il a l'avantage d'assu-' jettir la balle pendant l'introduction de la vrille qui fait partie de l'instrument. Cet avantage peut être grand dans les cas dont il s'agit , attendu que rien n'empêche la balle de tourner, et que ce seul in-
DES CORPS ÉTRANGERS. Il5
convénient suffirait pour mettre dans l'impossibilité Chap. n.
I • Des corps
le 1 extraire. étranges.
Une balle ne saurait en aucun cas pe'nétrer dans f^"^"/^"^"'"
le corps d'un os cylindrique : la consistance de l'or- ç,^^^^^^^^^^
sane dans cette partie de sa longueur, ne permet pas arrêtés par
^ . * les fragmotis
lune perforation ; et si la balle y fait une solution de d'un os cy- (contmuite , ce ne peut être qu en 1 écrasant. Si le corps étranger s'arrête dan^cette partie de la blesisâre, il y est le plus souvent libre, comme la plupart (des fragmens osseux. Cependant . on a vu des. cas «dans lesquels il a été assujetti dans cette position ( d€ manière à ne pouvoir être extrait immédiatement: un fragment considérable , s'étendant fort au loin , n'étant isolé que par celle de ses extrémités qui répondaient à la blessure , présentant dans ce même lieu une pointe très-aiguë , a pu pénétrer et traverser la totalité de la balle, à la faveur du mouvement dont elle jouissait encore après avoir produit la fracture. Pour extraire le corps étranger , il aurait fallu le dégager , ou rompre la pièce osseuse à laquelle il tenait , ou bien extraire cette dernière avec lui; ces trois partis étaient également impraticables , le corps étranger a été abandonné , et la nature l'a expulsé dans la suite , en frappant de nécrose la portion d'os à laquelle il était assujetti. Cette conduite serait encore, en pareil cas , la seule que l'on pût adopter ; mais il serait important d'enlever toutes les esquilles qui pourraient être détachées , surtout celles qui se trouveraient autour du corps étranger : en se réunissant entre elles, elles pourraient le ren-
Il6 SECTION V.
Cnir. II. /ormer daus une cavilé plus ou moins complète , Des corps d'où il Serait inipossiblc de l'extraire dans la suite.
étraugcrs.
E,igeii;cs clans Enfin uue ballc , OU tout autre corps étranger volumineux, peut être enyaf'é entre les deux os de la
v.orpsetratig. * <j o
cnciavës eu- jambe, ceux de l'avant-bras, ceux du carpe , ou du
tre deux Os ' .... .
paiiUiéies. tarse. Daus cette situation , il violente les ligamens des articulations mutuelles des deux os entre lesquels il se trouve plac(?*', il ne pèut manquer d'irriter les parties molles environnantes, et de, déterminer des.accjdens très-graves. Il est ordinairement possible, en pareil cas, de dégager le corps étranger en le chassant avec une certaine force , soit dans le sens de son introduction , soit en sélis rétrograde. Dans l'un et l'autre cas , une contr'ouverture est nécessaire^ soit pour agir sur le corps étranger, soit pour prévenir les suites des lésions qu'il a produites, Gorpsétrang. jj circonstance dans laquelle l'extraction
euclaves en-
Ire deux os , est impraticable , où elle ne doit pas mênje être ten-
«t lésant une . . i • i i>
articulation, téc, ct oùilue restcd autreparti que celui de 1 amputation , ou de la résection des extrémités articulaires , des os : c'est celle où le corps étranger s'est engagé delà sorte enti-e deux os tout près d'une granfle articulation et en intéressant cette dernière. Ainsi , iTT-o balle engagée de cette manière entre le radius et le cubitus, et qui aurait pénétré dans l'articulation du coude , ne pourrait être extraite que par des manœuvres très - pénibles ; et l'extraction du corps étranger étant accomplie , il resterait encore une blessure très -grave , qui rendrait l'amputaliou indispensable.
Chap. II.
ARTICLE II. , Dis coip»
étiMiigers.
b ,7 . 7 - 7 7 7 Liquides iiur.
es corps étrangers liquides , introduits du deliors . ^iu dehors.
Cet article aura fort peu d'c'iencliie : les observations touchant l'introduction de corps étrangers liquides , sont fort rares ; et quelques exemples sufllfiront pour l'exposition des conside'raiions principales qui leur sont applic£ibles.
Il paraît que l'introduction de celle espèce de ^^^^^^ corps étrangers est moins nuisible par la masse qu'ils [peuvent former, que par leurs propriétés chimiques : on a souveniintroduit à dessein de grandes quhnliiés de liquides dans les cavités intérieures , d'où elles Absorption. L n'ont pas tardé à disparaître par l'action du système ; absorbant , toutes les fois qu'elles ont été dépour- ^ vues de propriétés irritantes. L'expérience a rais I hors de doute que l'eau , par exemple , pe-ut être in- I troduTle impunément , et en très-grande quantité , même dans les voies de la circulation , pourvu qu'elle soit poussée avec ménagement, et qu'elle ne contienne aucune substance capable d'altérer la constitution des humeurs vivantes. Sous celte forme, en effet , un corps étranger est disposé le plus favorablement possible pour se prêter à l'action du système lymphatique et pour entrei* en combinaison avec les humeurs , pourvu toutefois, que rien ne puisse altérer la mixtion de ces dernières, ou produire une irritation sur les solides. Sous ce dernier "^ariéiés rda-
1 1 vcs à la di-
rapport , il est remarquable que la constitution par- versii.; des
^ oigan«s.
Il8 SECTION V.
CflAP. II. ticulière des divers organes peut produire de grandes Des corps différences relativement aux cffcts d'un corps étrau-
etrangers. .... ■
d''^d-f" '"^'^ ^'^^ liquide : ainsi, on entreprend de vider peu à peu la sérosité d'une hydrocèle énorme; l'ouverture que le trois-quarts a faite à la tunique vaginale du testicule reste perméable au liquide épanché , lorsque celle de la peau ne peut plus l'admettre; ce corps étranger, qui auparavant était renfermé sans inconvénient dans la cavité de la membrane séreuse , passe dans le tissu cellulaire du scrotum ; et tout ce qui est mis en contact avec lui est frappé de mortification. Nous déterminons tous les jours , et sans inconvénient , l'absorption du mercure ; et ce même métal introduit dans le tissu cellulaire , à la faveur d'une solution de continuité , y a produit des abcè nombreux. D'un autre côte , la décoction de quin quina a pu être introduite impunément dans la cavité de la poitrine , la plèvre étant même dans uq état morbifique ; et ce corps étranger, loin deaiuire, a paru produire de très-bons effets, et favoriser l'oblitération de l'espace qui résultait de l'écartement du feuillet costal et du feuillet pulmonaire de la plèvre. Ainsi, d'après l'observation, l'innocence d'un liquide introduit , par rapport à certains organes , ne peut rien faire préjuger de positif par rapport à tous les autres.
Inoculations. Mais il est des corps étrangers liquides qui , sous de très-petites masses , sont capables des plus grands effets; soit qu'ils se Combinent avec les humeurs, et qu'ils introduisent quelque grande différence dans
leur constitution , soit que leur action se passe toute Çp^r. ii. entière sur les solides. Tel est le fondement de h ^t^^^ge^^'^' doctrine des inoculations fortuites, et de celles que I l'on pratique à dessein. La rage communiquée , les §uites de la morsure des animaux venimeux , celles ' de l'inoculation de la variole et du virus vaccin , l<?s ; açcidens qui résultent des blessures faites par des armes empoisonnées , ne sont autre chose que les résultats de l'introduction d'une humeur, animale Qu de toute autre nature, d'un véritable corps étrarig^er, dont les effets peuvent être prévenus par sa prompte destruction , ou par la mortification d,es parties capables d^en ressentir les effets. . Nous ajouterons quelques considérations particur lières touchant la rupture de l'œsophage et l'épançhement des alimens ou dies boissons que cet ?ic,ci- ^ent détermine ; sur l'introduçtjion du mercure à travers une solution de continuité ; sur la morsure des animaux enragés, et sur cqlle de la vipère. Nous nous renfermerons à dessein , en choisissant nos exemples , dans les cas que l'observation a présentés; et nous nous bornerons à ceux que nous venons d'indiquer, parce que les considérations qu'ils présentent sont applicables à tout auM'e analogue.
%.\.' De l'épancliement des alimens et des boissôns dans la plèvre, à t occasion de la rupture de î œsophage.
Quelques individus giccouturaés à surcharger leur estomac vomissent avec jracihlé;^ et ne se pré-
Chap. II. servcnl que par-là des indigestions auxquelles ils Des corps seraient fréquemment expose's. Ouelciues-uns ont Rupture de abusé de ccttc heureuse faculté , et en ont fait un
l'œsophage.
Ciinses et mé. moycn de favoriser leur gourmandise. 11 est pro-
Cduisme. i i i j i, i '
bable que , dans ces cas, 1 œsophage, et surtout sa partie inférieure, participe à la distension que l'estomac éprouve ; et que la masse des matières rejetées par ce dernier organe s'engage dans le conduit en plus grande quantité qu'elle ne peut s'échapper parle pharynx , lequel n'a pas subi la même altération. 11 résulte de ces dispositions, pendant le vomissement , une distension violente de l'œsophage, proportionnée à la masse chassée de l'estomac, et à la résistance de l'extrémité supérieure du.' canal alimentaire. L'effort peut être porté jusqu'à produire la rupture de l'œsophage; et l'on seut pourquoi c'est dans la partie de sa longueur qui répond au thorax que cette rupture est le plus à craindre. 11 doit s'ensuivre aussitôt un épanchemenl de la totalité ou de la plus grande partie des matières coalenuGS dans l'estomac , gui passent alors dans la cavité de la plèvre.
Effets. Cet accident a été mortel dans les cas où il a pu être observé ; et comme cette funeste conséquence n'a pu résulter de l'importance des parties intéressées daus la rupture , il est évident qu'elle n'a pu dépendre que d'une irritation générale ét terrible de la plèvre , produite par l'action des substances aliindieatioDs. mentaifcs. Nous sommes loin de croire que la prompte évacuation de la matière d'un tel épanche-
DES CORtS ÉTRANGERS. 121
meut pût sauver le malade : l'impression que les ma- Chap. ii. lières é{)aucfiées sont capables d'exercer sur les or- ^ji^i^ers"'^* ganes doit être prompte ; la rapidité' avec laquelle la y^^J'^^^f^^lf^ mort est survenue eu pareil cas , porte à croire que les parties intéressées n'ont point eu le temps d'être mortifiées, et que la mort est produite par la violence extrême d'es sensations , excitées à la fois sur des surfaces membraneuses d'une très-grande étendue. Cependant , si quelque tentative pouvait être permise , dans l'intenilon de prévenir les funestes conséquences d'un semblable événement , on ne pourrait entreprendre (}ue l'ouverture la plus prompte de la plèvre , du côté où les symptômes indiqueraient la présence de l'épanchement.
^. II. De V introduction du mercure coulant dans le tissu cellulaire.
Une blessure récente intéressant les tégumens et causes, le tissu cellulaire , ayant été mise en contact avec le mercure coulant , ayant même été soumise à la pression d'une colonne de ce métal assez élevée, ce dernier a pénétré dans les alvéoles du tissu cellidalre, et y a provoqué autant de phlegmons isolés qu'il a pu y former de petites masses distinctes. La lenteur avec laquelle ces accldens se sont développés, Tordre successif dans lequel les abcès se sont manifestés, ont rendu très-longues et très-douloureuses les suites de celte espèce de blessures; partout, à l'ouverture d'un nouvel abcès , on a retrouvé et donné issue- à une nouvelle masse de mercuie
Effets.
Cha». II. coulant ; en sorte qu'il est évident que ce corps èt^ngcM étranger a été la cause des accidens , et que ces der- Infiltration xxxei's u'out ccssé quc lorsouc l'expulsion a été com-
«« mercure x s
coulant. plète.
Il est probable que, peu de temps après l'introduction de celte substance métallique , l'irritation , les premiers degrés de l'inflammation qu'elle excite autour d'elle, ferment les voies par lesquelles elle a été introduite : sans un semblable phénomène , la forme coulante et liquide du corps étranger , son extrême divisibilité , sa pesanteur, rendraient son expulsion facile, même à la faveur d'une position convenable. Dans l'historique des faits de cette espèce, on trouve des circonstances qui auraient dû favoriser cet heureux événement , et qui ne l'ont pourtant pas déterminé : Jamais le mercure introduit n'a été expulsé que lors de l'ouverture d'un abcès. Il est probable aussi que le métal ne pénètre pas de suite aussi loin qu'il peut aller, mais que les altitudes variées qui jOnt lieu peu de temps après lui fournissent l'occasion de' se diviser et d'occuper successivement tous les espaces voisins. Sans doute aussi, le terme , de ce dernier phénomène ne peut pas s'étendre fort au-delà du jour de la blessure ; car l'inflammalipn doit le rendre bientôt impossible.
Traitemeat. Ccs cousidéralious portent à penser que, s'il est un moyen par lequel on puisse prévenir les acçideps qui doivent sucpèder à de semblables blessures, c'est la cautérisation du tissu cellulaire découvei't par la division de la peau. Si ce procédé est mis en
usage peu de temps après l'accident, si l'on em- Chxp. ir. ploie un caustique capable de faire une escare sèche , é^ngerr^' imperméable , tel que le muriate d' antimoine ; si ^/"-^Jf;;;^" l'on fixe ensuite l'altitude de la partie de manière <^oulant. que la blessure se trouve dans un point de'clive du membre , il est probable que le mercure introduit sera surpris dans les loges les plus superficielles du tissu cellulaire , qu'il sera tout compris dans l'escare, qu'il y sera maintenu jusqu'à la chute de cette dernière , et que , si la cautérisation avait dans ses limites oijvert seulement quelques cavités où le corps étranger aurait pénétré , il serait expulsé lors de la .séparation des parties mortifiées. A la vérité , la présence d'un corps étranger de cette espèce ne peut être constatée à priori. Les accidens inflammatoires et l'issue du métal à l'ouverture des abcès peuvent seuls donnerla certitude de son introduction; mais en prenant en considération l'extrême facilité avec laquelle le mercure coulant pénètre dans les moindres ' cavités, elles circonstancesdeFaccidentlui-même, on peut acquérir des probabilités qui approchent beaucoup d'une démonstration. On ne peut donc tomber dans une grande erreur, et les avantages que l'on peut se promettre sont quelquefois d'une grande importance : si un corps étran^r de celte nature a pénétré dans des parties très-susceptibles d'irritation phlegraoneuse, la main, les doigts, par exemple , il est à craindre qu'une série nombreuse d'abcès ne provoque enfin une inflammation grave et fort étendue , qui n'aura d'autres rapports avec le corps
Chaï. 11. étranger que l'exlension de l'inflatnmalîon irn- Des corps niétliate qu'il a délerminée dans les parties nui
etraa°;ers. ^ ' i
Infiltration \q contiennent. Gn .sait avec quelle (i\c\Y\\.é la plus
de mercure , ^ ■* i
cmdant. simple piqûre aux doigts peut donner lieu à des phlegmons considérables à la main , au poignet , à l'avanl-bras , au bras, et jusque dans l'aisselle.
§. III. De la morsure des animaux enragés.
On ignore à que-Iles conditions tient la fuDestc propriété de la salive dans les animaux affectés de La salive cou- la rage ; niais il est bien démontré qu'il» su Hit de
tient la cause . i • i i i
matérielle de SOU lutroduction daus uue blcssure récente pour
]a maladie. . , i v i
communiquer cette terrible malaciie, et que la morsure de l'animal lui-même peiU n'avoir aucune conséquence, si la salive contagieuse n'a point élé introduite. Ainsi, une morsure à nu est infailliblement suivie de la rage, si rien n'altère les conditions de la blessure ; mais si celte dernière a été faite à travers un vêtêment assez épais, ou assez dense pour avoir retenu la nialiqre contagieuse et pour l'avofr écartée de la solution de continuité , l'accident peut n'avoir aucune suite fâcheuse. 11 n'est pas aussi bien prouvé qu'il suffise de l'application de la salive sur la surface de la peau , même sur les parties où celle envelopjj^ commune est le j)lu8 minCe el le plus délicate ; il paraît au contraire qu'il est indispensable que la matière soit déposée dans une solution de continuité ; mais il paraît aussi que la moindre division du derme suffit pour en favoriser ^'inoculation.
Une erreur consolante, mais dangereuse dans Chap. n. ses consc'quooces , a élé soutenue , même dans ces ^^^^"J"'"^* derniers teni|)s i par des bonimes d'ailleurs très-re- inoculation
I ' • de la ra^e.
cominaudables : riiomme ne pourrait contracter la
. , ^ Erreur dan-
rage par voie de contagion j et les symptômes que gerease.
i on a vus succéder à la morsure H'un animal enragé seraient attribuables à toute autre maladie connue , ou aux effets de la frayeur et de la prévention. Mais les terribles conséquences de celte espèce de blessures oût une marche et des formes ^ trop constantes , et trop analogues à celles que présente la même maladie dans les animaux chez lesquels elle se développe spontanément ; pour ne pas y reconnaître les caractères d'une affection particulière et tout-à-fait ideuiiqne. D'un autre côté, il est impossible de tout attribuer à 1 effroi et à la prévention , dans les conséquences de cette sorte de blessures , chez les enfans en bas Age. L'o{)iniou dont il s'agit conduirait à l'incurie, dans des acçidens dont les suites funestes ne peuvent être prévenues que par les soins les plus empressés, et fondés sur la certitude du développement prochain d'une affection contagieuse inoculée.
Les blessures .faites par les dents d'un animal ^'-"ctie et
' pueaomene.»
enragé présentent régulièrement les phénomènes ja^io,'"'*'"^'^" du travail que la nature établit pour leur guérison; et celle-ci peut être complète avant qu'il ne survienne aucun accident dépendant de l'inoculation. Ainsi les simples piqûres , provenant de l'iiisinualion des dents laniaires, s'oblitèrent pronjple-
Chap. II. ment , si d'ailleurs aucun organe important ne se itZngers."^^ trouvc inle'ressé ; les divisions que peuvent faire <iI"araZ'°" incisivcs , les de'chirures qui peuvent être produites à la faveur des unes et des autres , suppurent pendant un temps proportionné à leur étendue ; mais elles ne présentent rien de particulier et que l'on puisse rapporter aux circonstances de la blessure.
Ce n'est qu'au bout d'un temps variable entre le trentième et le soixantième jour que l'on observe quelques phénomènes remarquables locaux ou généraux , et propres à présager la scène d'horreur qui va succéder. Ce terme est rarement plus court; mais il existe des observations authentiques qui prouvent qu'il peut être beaucoup plus long. Oa a vu un enfant à la mamelle n'éprouver les symptômes de la rage qu'après le onzième mois. On pourrait citer des faits plus étonnans sous ce rapport j mais ils paraissent entachés d'inexactitude, particulièrement en ce qui concerne le caractère de la maladie.
Peu de jours avant le développement des premiers symptômes, la plaie, si elle est encore ouverte , se boursouflle , devient pâle , douloureuse ; elle fournit un pus abondant et séreux • si la plaie est déjà guérie , la cicatrice' se gonfle , devient douloureuse, et quelquefois même s'ulcère. Dans quelques cas rares, la cicatrice ne présente aucune altération. Le malade éprouve des pressenlimens affreux; soa sommeil est troublé par des songes sinistres; il est
triste, distrait, préoccupé, et il soupire fréquemment; ch*.p. il il survient des Vertiges , des douleurs de tête fixées Des corps
, , . j n • étrangers.
à la tempe ou à la région frontale. Une sorte d agi- inocniadon
, . , . «1111 de tarage.
tation convulsive s empare par mtérvalles de la plupart des muscles, sous la forme d'un fourmillement, d'un frémissement plus ou moins marqué , ou d'une sensation de froid. Ces • phénomènes commencent aux extrémités ou dans la cicatrice de la blessure, et viennent se terminer autour des mâchoires. Il survient du dégoût ; la langue devient blanche , mu- <jueuse ; la déglutition devient pénible , douloureuse , mais elle s'accomplit encore , en laissant une douleur plus ou moins vive aupharynx. Le pouls devient fréquent, irrégulier; la température du corps est légèrement élevée, particulièrement à la tête ■tel aux mains.
Le second jour , la fièvre a lieu plus manifestement ; le pouls est plus fréquent et plus vif, mais toujours irrégulier : la face est rouge; les yeux sont brillans, humides, injectés , inquiets; les lèvres sont colorées, d'un rouge vif; l'intérieur de la boucJje est dans un état d'excitation extrême , sinon d'inflammation légère ; la salive est abondante , et la déglutition devenant plus difficile, cette sécrétion est une sorte de tourment : le malade fait involontairement des efforts pour avaler ce liquide , et chacun devient J'occasion d'une douleur des plus aiguës , qui fait pousser -des cri^ de désespoir. Il survient par intervalles des secousses spasmodlques qui roi- ' dissent- le corps > et qui paraissent dépendre des
Chap. II. mouvemens de déglmiilon. Les accès de douleur Des corps produisent aussi des sortes de fureur , dans les-
p|ranf;ers.
Inoculation qucllcs le malade paraît être hors de lui , el prêt à
de la rage. . i • i
commettre quelque acte de violence (i). La soif
(i) Après avoir observe très-a*tentlvenient un assez grand nombre de malheureux atleints de cette affreuse maladie, nous sommes resté convaincu qu'il n'y en a peut-être aucune dont la prévention ait plus dénaturé l'historique : nous n'avons jamais rien vu qui ressemblât aux aboiemens du chien , ni qui démontrât l'envie démordre; nous n'avons jamais vu les malades marcher sur leurs quatre membres, etc. Nous avons vu des hommes doux et. paisibles , des femmes douces de beaucoup de raison , être effrayés des soins que l'on prenait pour s'assurer de leur personne, être tourmentés de la crainte d'être étranglés vivans , supplier qu'on leur laissât la liberté, prostester qu'ils n'étaient nullement portés à faire du mal, témoigner dans les termes les plus touchans leur reconnaissance des soins affectueux qu'on leur donnait , parler avec calme de leur fin prochaine , et ne pi'ésenter rien d'extraordinaire dans leurs actions ou dans leurs attitudes , que les contorsions que pouvaient déterminer les symptômes spasraodiques de leur maladie. Un phénomène produit par l'abondance de la salive peut avoir été pris pour des aboiemens : ce liquide; devient tellement abondant, que la bouche et le gosier en sont perpétuellement remplis, surfout §i le jnalade est couché sur le dos , attitude qu'on leur donne ordinairement pour s'assurer d'eux. Il parait que le moindre con- ^tact de cette humeur et le mouvement involonlairede dégluti- -lioti qu'il. détermine, causent les douleurs les plus -^ives. Pour . se délivrer de ce tourment , le malade ést forcé de se livrer .à des efforts presque continus de rascation ; ce qui produit .une espèce de cri d'autant plus extraordinaire, que la voix
est iutense, et cepeadaut le malade reppusse avec cnAr. ir. horreur et même avec emportement , les boissons , '•o'i"
' étrangers.
qu'on lui préseule : la seule vue d'un liquide le fait
^ I ■* inoculation
ff émir ; ce phénomène paraît dépendre de la cou- de ta rage. ^science des douleurs intolérables que la déglutition 'entraîne; car des hommes courageux ont employé toute la force de leur raison pour vaincre cette ré-i pugnance , et n'ont pu avaler deux gorgées de suite. I L'aspect des métaux et des autres corps polis leur inspire la même horreur. La sensibilité de la surface exlérieuredu corpsdevienttelle, quela moindre agitation de l'air cause des sensations très-douloureuses. La salivation devient extrême ; la malade est occupé perpétuellement à rejeter des flots d'une salive li^apide et plus fluide que dans l'état naturel , et il est véritablement baigné dans une quantité prodigieuse de cette humeur (1).
: ne tarde pas à devenir rauque. La 4)révention , la frayeur, le désespoir , sont capables d'altérer beaucoup les phéno»jnènes de cette maladie : c'est particulièreineiît sur les enfans en bas âge, qu'ils devraient être étWiés avec soin.
' • (^i) On a dit que les malades étant liés , et ne pouvant nuire autrement , cherchaient à souiller dfe leur salive les pefsonnea qui les entourent : nous pouvons assurer qu'il n'entre aucun dessein de leur part dans les accidens decçtte espèce; ne pouvant être quelques secondes sans rejeter la salive , ne pouvant
I surtout parler sans avoifr débarrassé leur gos'er , cette hu-
I meur est élancée de toutes parts avec indifférence , et sans autre intention que celie de débarrasser le plus prompteraent possible , des parties qui paraissent extrêmement fatiguées
j par cette sécrétion.
lÔO 6 E CT I O N V.
CiiAr. iT. Il est rare que la maladie dépasse le troisième ctraugers"'^^* jouF. Lcs l'orces s'épuïscnt , la voix s'éteint , l'œil , . perd son éclat , la température du corps diminue , du lu rage, la respiration devient plus pénible , le poids extrêmement; fréquent et de plus en plus irrégulier, les idées deviennent confuses , la tête se perd , il Survient dés mouvement convulsifs plus fréquens et plus violens ; enfin le malade tombe dans une agoiiie qui duré plusieurs heures , et meurt quelquefois dans un dernier accès de convulsions , et datis un éfât de roideur tétanique. , ftisuitat des L'ouVeriuré des cadavrts a fait reconnaître à peiuft sLumomiques. quclqucs légèrcs iraccs d'inflammation, ou plutôt d'injection des parois de l'oesophage , él dans quelques sujets seulement. Ces résultats , la n^ure des Symptômes , et la marche extrêmement rapide de la maladie , caractérisent une affection nerveuse des plus violentes, occaslonée par l'inoculation d'un poison animal d'une 'activité extraordinaire. Tiaitenaent. L'effroi qu'uu semblable tableau est capable d'inspirer, est bien propre à faire sentir vivement l'importance des procédés préservatifs constatés pai' i'expérience : du raoïHent que les premiers symptômes de l'affection générale se sont manifestés, tout espoir est perdu ; aucun moyen n'est capable d'arrêter l'impulsion terrible que le système nerveux vient de recevoir , et le malade est irrévocablement voué à la mort la plus affreuse. C'est sans raisons suffisantes que l'on a soutenu le contraire : les ïnoyens préservatifs c^ù peuvent obtenir des succès
non
DETS CORPS ÉTRANGERS. ï3l
si éclatans lorsqu'ils sont employés peu d'inslans Chap. ir. aDrèsHuoculalion , restent alors sans efficacité ; des ^ ï'^» cori«
I ' elraugers.
«fforlsde toute autre espèce ont été faits vainement , inocuU par des praticiens éclairés et de bonne foi. deiaragc.
Les méthodes préservatrices capables de prévenir les effets de l'inoculation , sont donc les seules praticables et véritablement utiles. Nous n'avons aucun moyen de neutraliser le poison introduit , en altérant ses propriétés chimiques ou vitales. Mais Lescautéri
, f , .... salions son
nous pouvons isoler le corps étranger au milieu des les seuls mo
>•» '.'1 ' ^ r • • -yens Utiles.
parties vivantes ou il a ele place , et préparer ainsi ^on expulsion prochaine : frapper de mort les organes qui récèlent le poison , QeuK qui peuvent en avoir déjà éprouvé l'activité , ceux qui pourraient l'éprouver incessameut , c'est arrête^ son influence par la voie la plus sûre. Les cautérisations étendues sont donc les procédés qui offrent le plus de garantie; et l'expérience a prou^ qu'en effet, c'étaient ^ aussi les seuls efficaces. On ignore si le corps étranger séjourne sans altération dans les parties quil'but reçu , depuis le moment de l'inoculation jusqu'à celui du développement de? l'affeciiou générale; ou ne sait si , au contraire , l'absorption se fait eu peu de temps, et si celui qui s'écoule ensuite est consacré à une sorte d'incubation propre à cette maladieî en supposant exacts tous, les fViits que l'on possède à ce sujet , il y aurait de grandes variations sous ce rapport. Le ragultat commud et le plus utile dans la pratique, est qu'on ne saurait trop s'empresser de renfermer dans une escare formée par une canié-
Chkv. II. l isadon exacte el profonde , le terrible virus qui Des coips vient d'être introduit. On ne doit point négliger ce jnçcniation mêuie uioycn lorque déjà il s'est écoulé quelque
de ia rage. i • n • i • j-i
temps depuis 1 accident ; mais on sent qu il ne peut plus inspirer la même confiance, fuir également démontré, que chacune des
blessures doit être atteinte par le caustique , dans toute son étendue; et que si la forme des morsures n'est pas favorable au soin avec lequel ce procédé doit être employé, il est indispensable de la changer. Ainsi , les dents angulaires , par exemple, peuvent faire des piqûres plus ou moins profondes ; il est à craindre que la i^iatière contagieuse ait été introduite jusque dans le fond de ces blessures extrêmement ét|jpiles ; une cautérisation pratiquée sur la surface extérieure pourrait ne pas s'étendre suffisamment; il est inévitable d'inciser sur ce point, d'atteindre le fond la morsure , et d'y porter le caustique. Il est possible qu'une grande plaie faite par la déchirure ou l'arrachement des parties mordues , n'ait pas été infectée dans toute son étendue ; mais l'impossibilité de i^connaître le siège positif de l'infection , .impose la loi de cautériser la totalité de la surface découverte , de sacrifier même des lambeaux considérables des parties molles, mâchés, profondément contus , et jcertainement alors fort imbibés de la matière contagieuse. On ne doit avoir aucun égard en pareil cîis , aux diflormités qui pourront résulter de l'application sévère de ces principes : ce but important est le seul qui doive oc-
Chap. IT.
cuper le praticien , sauf à réparer ensuite par les ^^^.^^ moveiis convenables , les cle'sordres que l'on aura pù ^'rangers.
* Inoculation causer. • • delà rage.
11 est des cas où l'amputation d'un memhre est un Cas où l'am-
. pntalion est
'parti plus simple, et quelquefois même lé seul qui mdiquée, ofTre quelque certitude de succès : qu'une main , qu'un pied, etc, aient été lacérés , comme dévorés par des morsures nombreuses et profondes ; il est évide^nt que l'on ne pourra jamais être certain d'avoir porté l'action d'un caustique sur toutes les parties avec lesquelles la salive contagieuse a pu être Elise en contact. D'ailleurs la dégradation de la partie sera extrême ; soit par les suites de l'accident , soit par les effets du procédé curatif. Si l'amputation était pratiquée sur le champ , et loin du lieu oii était la blessure , ce moyen pourrait suffire. S'il s'était ^ déjà écoulé quelque temps , il serait prudent de cautériser la surface du moignon , mais on sent toute l'incertitude d'un semblable procédé.
Un nerf principal , une grosse artère peuvent se indication» trouver à découvert par les effets immédiats de la fô^rni^s par morsure. La cautérisation peut être alors accom-
1 ou un nert
pagnée des plus grands dangers. Cependant la nalure de l'accident autorise les partis exuêmes : si la destruction de ces organes , qui peut faciliter ensuite la cautérisation , devait n'entraîner que quelqu'infirmité , il n'y aurait pas à balancer : nous n'hésiterions pas à faire l'excision d'une portion du nerf, à comprendre une certaine longueur del'ar-. lèrc entre deux ligatures , et à cautériser ensuite
l54 SECTION V.
Chap. II. avec tonte l'exactitude nécessaire. Mais si l'alléétr?n"ers°'^' «'îïlion de CCS orgaucs devait compromettre l'exisinocuiathn lf"ce du membre, nou» préférerions de beaucoup de ia rage. Y -^^^^xiiaûoxx la plus prompic. ; L'expérience semble avoir prouvé que les mor-
sures faites par des animaux enragés sont d'autant plus à craindre qu'elles ont lieu près de la tête ou des organes salivaires : cette remarque suffit pour rendre bien plus attentif dans l'emploi des moyens préservatifs, dans des cas de cette espèce (i),
§. IV, De la morsure de la vipère.
On connaît l'organisation particulière à la faveur de laquelle ce reptile insère dans les morsures Matière con- qu'il fait, un poison Capable de mettre à mort les
tàsieuse. .....
petits animaux destinés à lui servir de proie , et de causer des accidens plus ou moins graves aux animaux d'une plus grande stature. Ij est démontré que le venin de la vipère n'est pas mortel pour le cheval , le bœuf, l'homme , à moins qu'un grand nombre de ces reptiles n'ait introduit une grande quantité de cette matière contagieuse; mais l'insertion de ce poison cause toujours des accidens locaux et généraux, dont la forme et l'intensité sont alarmantes.
(i) Rien ne prouve que les lotions salines , alcalines, etc. dont on a recommandé de laver d'abord la morsure; «les •vésicatoires qu'on a proposé , d'appliquer après la cautérisation ; la longue suppuration de la plaie qu'on entretient après la chute des escares , etc. aient eu une véritable utilité.
DES COR?8 ETRAIiGERS. 10i>
A rinslant de la morsure , le blesse' éprouve une ir,
, j Des corps
douleur aiguë qui se repaud avec uue grande ra- ^iraugcis. pldité , du point mordu à tout le reste du membre. Morsure de la
r ' I vipère.
Aussitôt on voit commenoer uu engorgement qui ph^^o^-,,^^ peut devenir e'norme , qui se borne quelqucfois au- j'à^^orrule"*^ tour de la blessure , et qui peut s'étendre fort au loin. En même temps qu'elle augnlente^e volume, la partie mordue change de couleur et de température : c'est une espèce d'œdème accompagné d'une injection passive des vaisseaux ; un membre tout entier devient très-volumineuK , mais sa consistanc« n est pomten rppport ^||Jpc son mtumescence, il prend une couleur marbrée , violacée , bleuâtre , en même temps il devient froid , ou sensiblement moins chaud que dans l'état naturel. Tandis que ees phénomènes locaux se manifestent , et lorsqu'ils «ont pai-veuus à leur plus haut développement , le malade éprouve des vertiges , des tinlemeps d'oreille , des cardialgies , des syncopes , des vomissemens. Les symptômes se soutiennent en cet. état pendant un ou deux jours ; mais le troisième ils diminuent ; les vomieseraens cessent , les car" dialgies et les -vertiges disparaissent, le sommeil ^ rétablit , il survient des sueurs abondantes , l'engorgement et les douleurs de la partie blessée se dissipent plus lentement , et la santé se rétablit,.
Les symptômes locaux et généraux ne sont pas towjçurs aussi prononcés : il est commun que tout se borne àl engorgemenletà la douleur delà partie, et que ces phénomènes ne s'étendent mêijie pas
lo6 «SECTION V.
Chap. II. beaucoup , et se dissipent en peu de temps. Quant
Des corps . , , , l -v
étrangers. aux accidens gcncpaux , ils joe ,se manifestent Morsure de la qu'autant que la morsure a été faite par une vipère
vipère. I • • • /
volummeuse / irritée , ou par un certain nombre de ces animaux. Du reste , l'intensité des efifets est encore relative à la st«ture , à la vigueur , à la consli- ^ tution de l'individu mordu , et à quelques circonstancefs propres à l'animal quia fait la blessure : si ce dernier était engourdi , mal portant , s'il avait déjà fait, et depuis peu, d'autres morsures , l'inser- ,lion du venin serait moins abondante , et les efifets beaucoup moins marchés. L'expérience adémontré également , que les individus les plus robustes , les moins irritables sont les moins exposés à l'activité de ce poison.
Traitement. Un grand nombre de méthodes de traitement ont été vantées tour à tour ; et à Texception de celles qui consistent à détruire la vie dans les parties qui ont reçu l'inoculation , durant l'emploi de tout autre traitenient la maladie a présenté la même marche , 'la même durée , les mêmes phénomènes , la même terminaison. 1\ est facile de conclure de semblables faits , que l'efficacité de ces prétendus spécifiques , est toute fondée sur l'innocuité ordinaire de la maladie. Le seul emploi des caustiques a sur tout autre moyen une supériorité manifeste , et constatée par l'observation. En détruisant par le muriate d'antimoine , par la potasse pure , elc , les propriétés vitales dans Jes organes au milieu desquels le venin a été déposé , on arrête sûrement les effets de ce
DES CORPS ÉTRANGERS. l37 dernier : on voit en pareil cas , disparaître avec une ^"^^v
. • / 1 1 1. i> 1 corps
grande rapidité , la doufbur , 1 engorgement , les i
trangers
cardialgies, etc. , etc. Si ces symptômes ne sont pas encore survenus , on est certain de les pré- '^'>«"^venir. Peut-être l'ammoniaque appliquée avec soin, n'aurait-elle des résultats semblables, qu'à la faveur de l'y-ritation qu'elle peut exercer , et même de sa propriété légèrement caustique.
On peut se contenter d'appliquer un caustique sur la surface extérieure et vis-à-vis le point de la morsure , lorsque celle-ci n'est pas profonde , et lorsqu'il n'en est résulté aucun symptôme grave ; mais dans les cas contraires , pour être certain du succès , il est nécessaire de pénétrer d'aibord dans le fond de la morsure avec le bistouri , afin de porter le caustique partout où le venin a pu pénétrer.
La débilité profonde dans laquelle le malade paraît plongé , lorsque les symptômes généraux se sont ^ dév.eloppés, justifie et paraît indiquer l'emploie des slimulans diffusibles qu'on amis en usage ; mais rien n'est propre à démontrer qu'ils aientété d'une grande utilité.