‹ Précis élémentaire des maladies réputées chirurgicales [electronic resource]Chapitre 16 sur 43 · II. Les causes qui déterminent la précipitation Concréiion · texte numérisé non relu

II. Les causes qui déterminent la précipitation Concréiion

1 1 1) • • T 1 • 1 << uvinaiies.

des sels que 1 urine tient en dissolution et Ja lormalion des concrétions uriuaires , sont totalement inconnues. Les conjectures que l'on a formées à cet égard, louchant les influences des aliniens, des boissons, de l'air, etc. ne sont fondeéssur aucun fait positif.. Les seules observations exactes que l'on ait à ce sujet, sont les suivantes.

i". Si un corps étranger est introduit dans l'un observations des réservoirs où l'urine séjourne , dans l'ordre chaut les ou

1 • • 1 111 SCS de la for-

naturel , quelle que soit Ja nature de la substance mation des soumise à l'immersion , elle ne larde pas à être in- ualres^ " ' crustée de sels urinaires , ^fbs néanmoins que sa constitution soit altérée. On voit que, dans ce phé* nomène , il n'y a point de combinaison chimique, mais seulement précipitation confuse des molécules salines, par l'effet de l'attraction des masses.

2°. Il est des pays où les calculs sont fort communs : d'autres où la formation de ces corps étrangers est très-rare, sans que l'on puisse indiquer aucune circonstance géographique constante , ni aucune particularité remarquable de la constitution des habitans.

5". Les caleuleux peuvent d'ailleurs jouir d'une II. i5

igi SECTION V.

Chip. III. fort bomie sauté, sous tout autre rapport, si les Des corps ^{YQig proclults par le corps étranî^er sur les voles

<;lrang. prov. *• *■ ,

«lu iiétiiius. urinaires , n'ont pas notablement altéré ces or-

Calculs un- ogn 6 S .

naires. ^

4**. Les sujets doués de la constitution la plus rohusle sont exposés à la formation des concrétions urinaires, indépendamment des effets de l'introduction de tout corps étranger dans les réservoirs de l'urine.

5°. On a cru saisir quelques rapports entre la goutte , la formation des concrétions urinaires , les hémorroïdes; en sorte que ces affections se seraient succédées, et pour ainsi dire remplacées mutuellement. Ces observations ne sont pas assez nombreuses , elles ne présentent pas assez d'uniformité dans leur marche et dans leurs résultats, pour qu'on en puisse rien conclure d'avéré, ni même de probable ; elles prouvent seulement la coïncidence de ces affûtions sur le même individu. D'ailleurs, cette prétendue analogie paraît plus foni| dée -sur un rapprochement forcé des tophus arthritiques et des concrétions urinaires, que sur l'observation directe ; mais l'analyse démontre une constitution totalement différente dans ces divers produits.

6°. On a dit que le sexe féminin était moins sujet aux calculs" urinaires. Les recherches à ce sujet n'ont point assez d'exactitude , pour que l'on puisse dire si c'est un privilège heureux attaché à la constitution de ce sexe, ou si la rareté de

DES CORPS ÉTRANGERS. igS

ces concrétions est chez lui un résultat pur et Chap. in. simple de la structure des voles uriualres , beau- J«J coup plus favorable à l'expulsion spontanée de ces du détritus, corps étrangers, même déjà parvenus à un cer- calculs wi-

T / \ ' naires.

lain volume (ij.

7°. L'enfance et l'âge le plus tendre présentent un grand nombre d'exemples de concrétions urinaires ; mais il est rare que l'on observe des récidives à cette époque de la vie. Le plus souvent, on peut s'assurer par le court intervalle au bout duquel les symptômes se reproduisent, et surtout par l'examen attentif du calcul , que ce dernier s'est formé autonr d'un fragment qui avait été omis dans une première extraction , ou qu'il existait déjà tout entier à cette même époque.

8°. On voit rarement des calculs urinaires chez , les sujets adolescens ou adultes, même lorsqu'ils en ont éti affectés dans l'enfance.

9". Les vieillards sont bien plus exposés à cette affection ; et chez eux la disposition inconnue à la faveur de laquelle ces corps étrangers sont formés, se maintient pendant le reste de la vie : aussi les récidives sont-elles communes à cet âge.

10". L'analyse a fait reconnaître dans les calculs urinaires, outre diverses sels à base de chaux, d'am-

(1) Dans ce cas , comme dans tant d'autres, on s'est empressé d'expliquer avant de savoir; et l'on n'a pas manqué de citer la menstruation, comme une voie propre à l'expulsion d'un prétendu excédent des sels urinaires.

CuAP. in. mon'uiqae , de magnésie , de soude et de silice , et Des corps acidc particulier qu'on a uommé urique ou lidu détritus, tliique, une matière animale qui en fait la base. Il

Calculs itri- , -, , . . . ,

naires. u j a pas Qc concretiou urioaire ou 1 on ne trouve ce tissu animal , avec les circonstances de volume et de forme qui appartenaient au calcul avant sa dissolution. ,^ Conjectures Dépareillés données rie peuvent certainement ^ pas suffire à tout homme versé dans Tétude des

sciences naturelles, pour arrivera une conclusion certaine touchant les causes de la formation des concrétions urinaires. Cependant, s'il fallait tirer de ces observations des conséquences plausibles, sans rien accorder à des conjectures hasardées, nous proposerions les suivantes, avec la défiance que doit inspirer une question encore peu approfondie.

1°. Il paraît certain que, dans la plupart des cas l'introduction d'un corps étranger dans «les réservoirs naturels de l'urine, n'a pas besoin d'une prédisposition constitutionnelle , pour déterminer la précipitation des substances salines et la formalion des concrétions urinaires.

2°. Dans tout autre cas, il est très- probable que la formation de ces corps étrangers tient à une diathèse inconnue.

5°. Cette disposition vicieuse delà constitution, paraît être surtout le partage de l'enfance et de l'âge avancé : mais il semble que les changemens rapides qu'éprouve la constitution dans le premier cas , l'accroissement continuel des forces sur lequel se fonde

le développement du corps, peut effacer les condi- Ch^p. m. lions de celte diathèse; taudis que le dépérissement

ctrang. prov.

successif des forces, dans le second cas, la caducué dudeintus.

~ , f ' Calculs un-

progressive des fonctions et des organes, laisse „a,>.,,^. subsister cette disposition vicieuse dans son entier.

4°. La précipitation de la matière animale contenue dans l'urine , paraît précéder celle des sels urinaires , puisque cette substance forme colfttaniment la base des calculs , et que c'est dans ses aréoles que sont contenus confusément les sels précipités.

5°. On pourrait présumer» que l'existence et la vitalité de cette substance animale, sont les condi ditions principales de la parfaite disoiution des sels " urinaires dans leurmenstrue naturel; et que sa décomposition ou son altération , entraînent la précipitation de ces mêmes sels. En effet , tant que l'urine n'exhale que son arôme propre , elle est limpide, et teinte légèrement par une matière colorante particulière ; mais du moment qu'elle exhale le gaz ammoniacal , combinaison nouvelle dont la "matière animale de l'urine peut seule fournir les matériaux , la précipitation des sels urinaires à liea.

6". ]N 'est-il pas probable que des conditions vicieuses et inconnues de la part de la matière animale urinaire des calculeux , la rendent impropre à rester suspendue dans le menstrue urinaire , déterminent sa séparation d'avec le liquide; et que de ce changement dans la constitution esseniielle de ruri|ic, ausslbien que deraKractlou rjuc celle masse

ig8 SliÇTION V.

CiA^r. m. peut exercer sur les molécules salines, vient la prééti^np p°ov* cipilaiion de ces dernières ? Si celle conjecture , du détritus. ]g ^qixIq quc Ics faits paraissent autoriser jusques

Calculs uri- •• r • n ' m . • \ , i>

naires. 1^1, pouvait être verinee , il resterait a «rouver 1 espèce d'altération qu'éprouve, dans les calculeux, la matière animale des urines , et les moyens d'y remédier.

Poilt exposer méthodiquement tout ce qui nous reste à dire sur les effets des concrétions urinaires, sur leur diagnostic et le traitement des affections qu'elles occasionnent , nous distinguerons les calculs urinaires conlenuÉ; dans les reins , et ceux qui sont renfermés dans la vessie ou dans son conduit excréteur.

Calculs mi - (A). Il est très-probablc que toute concrétion uri-

nair. rénaux. . p > -\i i ^ ^ i • 7 n

nair« est formée a abord dans les rems, et que de Ja viennent la plupart de celles que Pon trouve dans la vessie ; à moins que la formation de ces dernières ne soit déterminée par l'introduction d'un corps étranger.

lieux où ils C'cst dans les évasemens supérieurs du conduit

se lormeut. / i • i i ■..

excréteur du rem , connus sous le nom de calices , et dans le point de réunion commune désigné sous le nom de hassinet , que se forment ordinairement les premiers noyaux des calculs urinaires. Leur nombre , leur volume et leur forme , varient beaucoup. On a vu des calculs solitaires et peu volunjineux, occuper un seul de ces espaces du conduit excréteur ; dans d'autres cas , une collection innombrable de concrétions urinaires occupe Ij^ to-

talité de ces cavite's, en a même distendu les parois, t ^'^r. m.

sert de filtre à l'urine , ou même retient ce liquide ^.^^^^ '^^Z

dans le conduit excréteur du rein ou dans le rein 'i^i-."us.'

lui-même , lequel se trouve converti viar-là en une C'jIcuIs uri

' ^ ' . nains.

enveloppe membraneuse plus ou moins ample. Enfin, un seul noyau peut s'accroître beaucoup dans cette situation ; un grand nombre de petits calculs peut être cimenté par l'interposition de nouvelles matières concrescibles, et former un agrégat de volume énorme , et dont la forme répond toujours à celle de l'espace dans lequel il a été moulé. Cette dernière circonstance donne aux calculs dont il s'agit des formes bizarres, irrégulières et comparables à certaines toufFfts de corail.

Des concrétions urinaires aussi volumineuses se c.iicnis ré sont trouvées assez souvent dans les reins sans qu'aucun phénomène extérieur ait pu les faire soupçonner, ou du moins sans avoir occasionné que des symptômes trop équivoques pour donner une idée de l'importance de leur cause. D'un autre côté, il est fort commun que des calculs médiocres causent des accidens graves et alarmans. Cette différence vient de ce que les concrétions de la dernière espèce se laissent facilement engager dans l'uretère par l'urine, et gênent le passage continu du liquide dans la partie étroite de ce conduit. Les calculs très-volumineux, au contraire , ne peuvent être contenus que dans la partie supérieure de ce même canal , lieu où scsparois sont bien pins extensibles ctrcspace beaucoup plus grand.

iiaux ci:or mes , sans ;u:

cidens gia ves.

Ciup. iir. j)gs calculs médiocres engagés dans l'urelère et étm[^^ prov" parcourant qu'avec peine ce conduit, causent iiii detnius. d'abord une pesanteur , un sentiment vague d'em-

Caiciihnri- Jjarras ou de douleur obtuse dans la réiiion du rein

naircs. "-'

correspondant ; sensations qui peuvent se dissiper

Syniptôines

tiu passage et sc reuouveller souvent, dans des périodes plus

des calcnis . i i i •

des reins ou moms lougucs. La doulcur devient plus pres-

daus les ure- , . i ii /

teies. santé et plus incommode ; elle est accompagnée de flatuosiiés , de cardialgies , de vomissemens fréquéns et plus ou moins violens, de rétraction douloureuse du testicule correspondant , et quelquefois de fièvre aiguë. Les urines sont rares, fréquentes, hautes en couleur, sanguinolentes, ou mêlées à une grande proportion de sfftag. Le malade ne peut se redresser : son corps est arqué en devant et vers le côté affecté. Ces symptômes peuvent durer pendant un temps plus ou,moins long et cesser toutà-coup ; ils peuvent aussi se calmer et reparaître plusieurs fois de suite , après quelques jours d'intervalle : dans ce dernier cas , la douleur se fait sentir chaque fois plus bas, dans le trajet de l'uretère. Lorsque enfin lesaccidens disparaissent et que le calme se rétablit complètement , les urines deviennent plus abondantes , moins colorées , leur émission est facile , et il n'est pas rare que le flot de ce liquide entraîne audehors la concrétion urinaire introduite dans la vessie, supparatîoii H est bien plus rare que des calculs urinaires désuinéepardcs vcloppes clans Ics Tcins, déterminent la suppui-ation .calculs. organe§ et la formation d'un abcès à la région

DES CORPS ETRANOEIIS. 201

des lombes. Ce cas est le seul de celle espèce dnns Chkt. iir. ecjuel les secours chirurgicaux puissent elre cie ^tra„„ piov, quelque utilité. On peut , on réunissant les clrcon- 'l^'ieinius.

/ . • 1 / 1 ' • 1 Cnlctds tiri-

stances aulerieures , eu considérant les périodes „nircs. irrégulières de . néphrétique qui ont eu lieu précédemment, prévoir de quelle nature sera un flegmon dont on observe 1% formation et les progrès à la région du rein. Néanmoins , quelle que soit la valeur des conjectures que l'on peut forjne^ à cet égard, on doit s'abstenir de toute entreprise tant ladications. que le pus n'est pas manifestement placé sous la peau; la suppuration du rein causée par un corps étranger, est fournie quelquefois seulement par les parois de la cavité qui renferme la concrétion , et peut suivre la voie des urines pour se rendre dans la vessie ; cependant un calcul urinaire peut gêner cette évacuation ; la matière retenue peut former une saillie extérieure; et si ce phénomène et les signes raiionels de la suppuration, paraissaient suffisans pour aller à la rencontre du foyer purulent placé dans une telle profondeur, on aurait à pénétrer dans la substance même du rein , et l'on s'exposerait aune hémorragie abondante. Lorsqu'au contraire , il est évident que le pus n'est plus contenu que par la peau , l'ulcération a fait une voie de la cavité intérieure du rein jusque soi^s les tégumens , et cette espèce de solution de continuité est exempte de dangers. Le pus et l'urine coulent au dehors par l'ouverture spontanée ou arlificiéllc d'un abcès rénal ; les concrélious uriuaires qui l'ont

CiiAr. III. déterminé peuvent se présenter en même temps à Des corps porificc OU à peu de profondeur : mais ce dernier

efraiif;. piov. ^

du détritus, phénomène, qui rend très -facile l'extraction des

nacres

Calculs uri- corps étrangers, n'est pas constant ; et il ne faut pas croire que lorsqu'il n'a pas lieu , il soit aisé , ou même praticable de fouiller profondément pour rechercher et faire l'extractipn des calculs urinaires; ces derniers peuvent être fort volumineux ; ils peuvent avoir une forme irrégulière ; leur disposition peut être telle , qu'il faudrait pour les obtenir , compromettre des parties importantes. L'ouverture des abcès rénaux peut se maintenir longtemps et rester fistuleuse; il est présumable que des corps étrangers placés plus ou moins profondément s'opposent à la cicatrisation ; mais un praticien prudent doit toujours attendre que les concrétions urinaires aient été portées par la nature près de l'extérieur, pour s'occuper de les extraire. Cil. iiin uri- (B.) La plupart des calculs urinaires vésicaux pro-

naucs vési- . ■. , . n ^ i i

eaux. Vient de concrétions lormees dans les rems , et Incrustation parvcnucs à la vessie par l'uretère ; cependant on y

d<; corps élr. • « <• i • • n

jutroduits. Irouvc aussi fréquemment des mcrustations lormées autour de corps étrangers portés dans la vessie par le canal de l'urètre , par les voies digeslives ou par quelque solution de continuité extérieure : Qn a trouvé souvent au centre de ces calculs des balles de fusil, des esquilles, des fragmens de bois, des épingles à friser, etc. Il n'est pas nécessaire,que ces corps étrangers soient volumineux pour produire un semblable effet : un caillot de

DES CORPS ÉTRANGERS. 2o3

sang, un letu, suffisent, s'ils ne sont promptenicnt Chap. iir. expulsés, pour déterminer la précipilalion des sels , <=o'p»

r ' r II ctrang. prov.

urinaires. ' détritus.

Le calcul vésical de celte espèce est toujours CakuU im-

solitaire , à moins que plusieurs corps étrani'ers

n'aient été introduits dans la vessie. Mais lorsque calculs vési-

caux.

les concrétions urinaires proviennent de la diatbèse capable de les produire , il n'est pas rare qu'il en existe plusieurs à la fois : plusieurs noyaux distincts peuvent descendre successivement des reins , et chacun d'eux peut attirer sur lui de nouvelles dépositions et s'accroître séparément. Quelquefois, cependant , plusieurs calculs qui existaient isolé ment, se confondent pour n'eu former qu'un seul.

Le volume des calculs vésicaux est ordinai- voinme n

poids des cal-

rement en raison inverse de leur nombre : on en a cols Vésic trouvé plusieurs centaines dans la même vessie , mais leur volume n'excédait pas celui d'un pois ; on en a vu d'assez volumineux pour avoir plus de six pouces dans leur plus grand diamètre. Leur grosseur la plus commune est comparable à celle d'un marron , d'une noix, on d'un petit œuf de poule. Leur poids, varie depuis quelques grains, jusqu'à plus de cinquante onces; les calculs vésicaux les plus ordinaires pèsent de deux à six onces. Leur poids n'est pas toujours proportionné à leur masse : des substances de nature diverse peuvent entrer dans leur composition , et faire varier leur densité. Ainsi ^ les sels à base de silice s'y rencontrent rarement; mais les calculs qui en contiennent sont beaucoup plus pc-

€iiAr. III. sans sous un même volume. D'un autre côté, quel- Des corps ques-uns des sels ui inalres cristallisent en se préci-

cii'iuif;. pi'ov. * '■

du (léiiittis. pilant : de ce nombre est le phosphate arnmoniaconufrJs"^'"^' riiogiiésien; et les cristaux de ce sel , s'ils forment une couche épaisse , interceptent des espaces que les précipitations subséquentes ne remplissent pas. ïï.irmo des La formc des calculs urinaires vésicaux est ordi-

calnils vt'si- . i i r \ t/v/

c^iiix.. nairement oblongue , avec quelque légère dme- Pi.iiTsobiou- rence dans le volume comparatif de leurs deux

gues in>liiiie.s. , . , .

extrémités , et un aplatissement sensible sur deux faces. Ces circonstances dépendent vraisemblablement , de ce que le noyau de la plupart de ces concrétions se forme dans les calices du rein et s'accroît durant son passage dans l'urètre ; et de ce que , pendant leur séjour dans la vessie, les calculs sont entraînés par. leur pesanteur vers le fond de cet organe , oia ils peuvent prendre pendant longtemps la même position , d'abord à cause de la pesanteur relative des divers points de leur étendiJe , puis à cause de leur forme : il s'ensuit que les nouvelles dépositions ne peuvent recouvrir pendant long - temps de suite, qu'une étendue limitée de leur surface. Cependant ces dispositions sont fréquemment altérées par la nature des matières salines dont les calculs sont formés, par le nombre de ces concrétions que la vessie contient , par le volume qu'elles ont acquis, par leur condition libre ou assujettie dans divers points de la vessie. Pierres rau- H parvient souveut daus la vessie par les uretères, loiiaces. des grauls spuenqucs , peu volnmincux -, qui ont

DES COTÎPS ÉTRANGERS. 2o5

une tendance singulière à s'unir entre eux ou avec Chap. m.

les calculs déjà existans : de là la formation des .^^^^^ ^^°^p* ip'ievres murales j mamelowiées, etc. dudeinius.

^ , . -Il Calculs un-

Lorsqiie plusieurs calculs sont contenus en- naires. semble et libres dans la vessie, ils s'enlre-toucbent Pienesàfararement tant qu'ils restent forts petits : agités par toutes l'es Secousses auxquelles le corps est exposé, trop peu volumineux pour que les effets de leur pesanteur spécifique soient bien marqués dans une grande masse de liquide, ils sont habituellement soutenus par ce dernier, et leur contact mutuel est ^ rare et peu durable ; aussi leur accroissement estil d'abord régulier et uniforme. Mais lorsque ces concrétions sont devenues volumineuses , ou forsque très-nombreuses elles forment une masse considérable , elles sont plus rarement déplacées , leur rapports mutuels sont plus permanens, etles surfaces habituellement recouvertes ne peuvent recevoir la matière des nouvelles précipitations; l'accroissement des calculs a lieu partout , mais ailleurs que dans ces points : de là , la formation des pierres à facettes , forme qui suppose nécessairement la présence de plusieurs calculs. Cependant , une disposition contraire n'exclut pas toujours la possibilité de l'existence de plusieurs pierres dans la vessie : il suffit qu'elles puissent être isolées fréquemment ou habituellement ; et nous verrons dans la suite que la "Vessie se prête quelquefois à ces conditions.

Une pierre volumineuse fatigue la vessie, surtout Picnes eû SI les matières salines dont elle s accroît encore sont

2o6 SECTION V.

Ch\p. III. susceptible de cristalliser et de hérisser sa surface Des corps poiutes , d'inéffalités capables de blesser ou d'ir-

éttang. prov. *■

du détritus, riter l'orgaue. Celui-ci embrasse d'autant plus exacnutres"^' tcment Ic corps e'tranger; c'est surtout dans le point correspondant à la ligne transversale qui règne entre les orifices vésicaux des uretères, point connu sous lenom de base dutrigone vésical, c'est-là, dis-je, que le contact est le plus exact : ce point des parois de la vessie paraît plus susceptible d'engorgement, et ce phénomène ajoute probablement aux effets de la force de contraction de la vessie, déterminée par l'irritation. Il résulte de ces dispositions , que la cavité de la vessie est presque entièrement effacée*; que l'urine n'y peut séjourner que très-peu de temps , et que , si le col ou le canal excréteur ne se prêtent pas à l'émission , le liquide est obligé de se répandre uniformément autour du corps étranger , surtout au-dessus et au-dessous de la base du trigone , parce que ce point se prête moins à la distension même passagère ; enfin , de là rérésulle que le calcul prend moins d'accroissement vis-à-vis l'orifice des uretères, et qu'il présente une rainure circulaire qui lui donne la forme d'une calle- Pierresénor- bassc. Dcs calculs alusi dlsposés sont Ordinairement très-volumineux , et quelquefois énormes; dans ce dernier cas , le corps étranger remplit la vessie avec une telle exactitude , que l'urine n'y peut nullement séjourner : alors qe liquide se ménage une rainure dans le lieu correspondant à une ligne que l'on tirerait de l'orifice vésical de l'uristère au col

CuAP. IIL

de la vessie , et il y a uue incoiuinence complète. ^.^^^^ Les calculs uriuaires ne sont pas toujours libres d" u/iur' et floltans dans la cavité de la vessie : ils peuvent Calculs nriêtre diversement assujettis dans un point quelconque ^^^^^ de l'enceinte de cet organe. J^"'*-

i". Un calcul parvenu au Las de l'uretère , et Pierres endans la partie de ce conduit qui rampe obliquement dans l'épaisseur des parois de la vessie, a probablement fermé l'orifice inférieur du canal et donné lieu à l'accumulation de l'urine. Celle-ci doit avoir opéré une disteniion , d'où est résulté l'écarlement des membranes qui composent la vessie , espace dans lequel le calcul s'est logé. II a été trouvé dans la suite , et tandis qu'il avait acquis un volume considérable , dans une cavité dépourvue des caractères d'ulcération , et communiquant avec la cavité de l'uretère , et avec celle du réservoir de l'urine par l'orifice vésical de ce même conduit. Le calcul soulevait la membrane interne de la vessie, mais il en était entièrement recouvert. On connaît celte disposition des concrétions urinaîres vésicales, sous le nom de pierres enilijstées: elles seraient peut être désignées plus exactement par la dénomination de pierres égarées. On a exprimé les cas suivans, sous la dénomination de pierres chatonnées .

«2'. Une pierre parvenue à l'orifice inférieur dé Pierres cL a-

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