‹ Précis élémentaire des maladies réputées chirurgicales [electronic resource]Chapitre 17 sur 43 · r t • 1 ■ ^ • t r toiinëes , aa · texte numérisé non relu

r t • 1 ■ ^ • t r toiinëes , aa

1 uretère et dégagée en partie de ce conduit , y a ete bas de l'urcreienue par une de ses extrémités , sans doute à cause d'un excès de volume, ou de quelque inégalité ; l'accroissement ultérieur de la portion engagée

CiiAr. III. ({ans le conduit et conlinuellemenl baignée dans

Des corps i, • i ' • t i m i

ciiiing. piov. 1 urine accumulée , a maintenu le défaut de rapports (lu detiiius. conséquences : en sorte que la pierre est

Cnicvisuii- ,»estée assujettie .dans le même lieu , continuant à

?iaircs. ' '

s'accroître par ses deux extrémités , ets'accroissant beaucoup moins dans le point correspondant au contour de l'orifice vésical de l'uretère , oii elle était saisie par une espèce de bride circulaire logée dans une sorte de collet, vierres ciia- 3°, Lg distribution irréeulière , la direction ex-

IniiuL-es, uans ^

1rs cellules trèraement variée des fibres musculaires de la ves-

tic la vcisie. . , . . -

sie , la distension excessive de cet organe par l'accuraulalion de trop grandes quantités d'urine , ont souvent disposé les rides de sa membrane interne en forme d'alvéoles plus ou moins profondes , et quelquefois très-nombreuses. De petits calculs introduits dans ces cavités y ont pris de l'accroissement ; et la membrane interne étant plus facile à distendre que les fibres musculaires à écarter , le fond de ces cavités s'est étendu , l'orifice restant le même; ce dernier, s'est même rétréci par un eflfetde l'engorgement delà membrane interne : en sorte que les pierres ainsi disposées , assujetties dans une espèce d'alvéole , n'étaient à nu dans la cavité de la vessie que par un point médiocre de leur surface , ou étaient même entièrement cacbées par une espèce de rideau mobile fourni par la mem-

Pierresreté- braUC muquCUSC.

nues dans le , „ ti j i • ^ • n •

haut de la 4°. U cst dcs obscrvations ibicn faitcs, qui prouvcut

vessie par ud , , , a ' 1 • . '

réu6cissem. que dcs calculs , ^ memc trcs -volumincux , ont cte

iinaulsirc.

assujettis dans une cavité formée par la partie su- Chxp. m.

périeure de la vessie, laquelle était séparée du reste ^t,,f^fg

par un rétrécissement annulaire de l'organe. Sur le dadcmius.

, 11- ' Calculs uri'

contour de cet- anneau, Ja membrane mterne pre- naires. sentait des rides rayonnantes : quelque difficile qu'il soit de concevoir le mécanisme d'une semblable

disposition , les faits sont irrévocables.

5°. L'espace triaueulalre du bas-fond de la vessie Pierres logée»

" derrière le Iri-

connu sous le nom de trigone vésical et surtout gonevésicai. la ligne transversale que représente le côté postérieur de ce triangle , est plus disposé que tout autre point de l'enceinte de l'organe, à l'irritatioa et à l'engorgement que le contact de la pierre peut produire. On a vu cette ligne transversale s'élever en forme de barrière , et partager ainsi en deux cavités la partie inférieure de la vessie. Des fougosités volumineuses se sont même développées souvent sur cette espèce de cloison , et ont augmenté d'autant la profondeur des cavités antérieure et postérieure qu'elle séparait. Des calculs ont été trouvés dans l'une et l'autre de ces dernières , et cette disposition les isolait complètement.

6°. Quoiqu'on ne puisse pas regarder comme dé- pierres adhémonstratifs tous les faits tendant à .établir la pos- 'membranJ" slbllité d'un état d'adbérence entre les calculs 1" Tir^ie!^ urlnalres et la vessie, on ne peut point douter que cette disposition ait été observée. On conçoit bien que le contact prolongé d'un calcul irrégulier détermine le développement fongueux de la membrane muqueuse de la vessie; mafs on ne comprend n. 14

CHip.iii. pas aussi bien comment de telles fongosltes eut Des corps pQ pénétrer dans l'intimité d'un calcul, dont la sur-

etrang. prov. ^ ^

du détritus, face ne présente jamais des cavités favorables à un ntUrls."'' tel phénomène : on pense bien d'ailleurs , qu'il ne peut exister que des rapports de cette espèce entre le développement morbifique d'un organe vivant , et un corps inerte. S'il était permis de hasarder des conjectures en pareille matière , nous demanderions s'il n'est pas probable que , dans ces cas , les vaisseaux lymphatiques contenus dans les fongosités vésicales ont absorbé une partie de la surface du calcul ; et que les proéminences de la membrane muqueuse se logeant dans ces excavations , l'absorption a augmenté l'étendue de ces dernières, et i*endu de la sorte les rapports d'autant plus intimes ? Nous possédons un calcul urinalre que nous avons trouvé adhérent par une surface assez étendue avec le fond de la vessie ; la surface d'adhérence est burinée , comme vermoulue , si profondément et d'une manière si remarquable , qu'elle donne une grande vraisemblance à notre conjecture.

Pierres rete- Comme nous le verrons dans la suite , la vessie

nues dans . . „ , . . . .

une hernie urmairc pcut lomicr uue hernie mgmnale : on a lesicaie. trouvé quelquefois des calculs urinalres dans cette portion de la vessie déplacée. Cette disposition produit les mêmes effets que le chatonnemeut d'une pierre ; car celle-ci se trouve assujettie , et ne peut être entraînée vers le col pendant l'émission de l'urine. Un phénomène de la même espèce^

et qui a les mêmes conséquences , a lieu clans les Chap. iir. autres déplacemens de la vessie : on a vu des pierres ^^^^^ ^°^p* logées dans le point le plus déclive de cet organe ^ détritus, entraînées dans la précipitation de l'utérus. Ces cas na^lT^^"^^' méritent d'autant plus d'attention , que l'expérience a démontré que de pareilles dispositions peuvent singulièrement simplifier le traitement , comme nous l'exposerons dans la suite. Quelques observateurs peu nombreux , parlent de calculs uriuaires qui auraient été trouvés libres dans la vessie , mais enveloppés d'une tunique complète, formée d'une sorte de mucosité épaissie. Ces faits sont détaillés avec trop peu de soin , pour qu'on puisse en inférer rien de positif.

L'analyse chimique , tout en démontrant que des Nature variée

. et disposition

substances très-différentes entre elles peuvent com- des sels uriposer le même calcul vésical , a fait connaître aussi les calcula, que l'ordre de position de ces substances salines , n'est point conforme à celui de leur pesanteur ou de leur densité comparative ; on ne peut même rapporter leur disposition à aucune autre loi physique ou chimique connue. Quoiqu'il soit assez commun que ces concrétions soient formées de couches superposées et concentriques , et que chacune de ces dernières soit composée d'un sel particulier ^ il est extrêmement rare que la même substance y soit seule et bien exempte de mélange. Enfin , il est ordinaire que la nature des*couches superficielles et les dernières formées d'un calcul vésical , soient aussi les moins denses , et analogues aux sels que

Ca\r. m. l'on peut recpnnaitre dans l'urine du calculeux ; Des corps mais il n'est pas rare de rencontrer précisément

étrane;. prov. , • i • i <

au détritus, tout le contraire. Les observations tendent a prouver Calculs uri- cjue Ics substances salines fournies par l'urine d'un même sujet, varient Irequeniment ; elles prouvent aussi que la précipitation de ces mêmes substances n'a pas lieu d'une manière toujours uniforme ; que j ce phénomène peut même être suspendu pendaijt quelque temps. Des observations qui semblent venir à l'appui des mêmes conséquences , sont la lenteur du développement de certains calculs ; les intervalles quelquefois très-longs de calme complet, après des souiFrances violentes , etc.

"Effets Ses Une concrétion urinaire de très-petit volume ,

Calculs VCSl" •

eaux. peut résider dans la vessie sans causer aucune altération dans les fonctions de l'organe; et l'on n'en pourrait jamais soupçonner l'existence , si n'étaient Jles accldens qu'elles occasionent ordiissnespon- uaircmcnt en parcourant l'uretère. Il arrive quelîubveïcaux qucfois , quc le canal de l'urètre étant fort amde l'urètre"^' pfc , et la vcssic pouvant être vidée promptement de l'urine qu'elle contient, le calcul est entraîné par le liquide vers le col de la vessie , engagé dans le canal de l'urètre , où il peut former un obstacle perm'anent ou passager à l'émission, selon qu'il est propre ou non à parcourir la totalité du conduit. Plus volumineux , et 4el qu'il ne puisse être engagé dans le col de la vessie , le calcul peut bien être amené sur cet orifice , y causer des sensations plus ou moins incommodes etmême douloureuses; mais

DES CORPS ÉTRANGERS. 2lîî

il ue peut guère nuire à l'exercice des fonctions.de Chai., iil

1» Des corps

1 organe. , étrang. piov.

Ce n'est guère que lorsque le volume et le poids du détritus, d'une pierre urinaire , sont tels qu'elle en soit ramenée le plus souvent dans le bas-fond de la vessie ,

-, . f rp •11 Plicnoiïiènes

qu elle commence à produire des eiiets sensibles : d une pierre

., - - Il » assez volunii-

il est pourtant quelques exceptions; elles concernent ^euse po»r lés pierres de volume médiocre , dont la couche précipiter, extérieure est,formée de sels cristallisés, et celles qui consistent dans des incrustations formées autour de corps étrangers irréguliers ou aigus , et mal enveloppés : dans tous les cas , le contact fréquent Altération d'un corps étranger sur la membrane muqueuse de ^rroi-ane"^ la vessie , détermine dans cet organe délicat une irritation dont Fintensité est relative à celle de la cause et au degré de sensibilité du sujet, et dont les premiers effets sont un sentiment de pesanteur au périnée , une sécrétion surabondante du mucus que la membrane fournit , l'augmentation de la sensibilité naturelle de cette même membrane ; et des contractions plus fréquentes de la couche musculaire avec laquelle elle a. des rapports si intimes. La vessie ne supporte qu'avec une sorte d'impatience l'accumulation de l'urine ; elle s'en délivre plus fréquemment et avec plus d'énergie. Cependant, le repos peut encore éloigner les douleurs , ou les rendre beaucoup moindres , aussi bien que les contractions fréquentes et désordonnées de la vessie : aussi, les calculeux commencent-ils, dès-lors, à supporter avec peine les mouvemens d'une voilure

noires.

2l4 SECTION V.

Ciii.p. iir. mal suspendue , le trot d'ua cheval dur , même la lies corps marclie sur un terrain inéeal . ou sur le pavé des

etrang. prov. ^

du détritus. vilIcs : ces exercices , qui sont propres à multiplier Calculs un- jgg mouvemeus du calcul et l'irritation qu il peut occasioner, amènent des douleurs nouvelles, l'hématurie , la dysurie ou une ischurie complète. Bientôt , le calcul ramené plus souvent au col de la vessie , assez volumineux pour recouvrir cette ouverture, s'oppose à l'émission de l'urtne, nécessite de plus grands efforts et des changemens d'attitude propres à lé détourner de la situation que le courant du liquide lui a donné.

Cependant , les contractions fréquentes et prolongées de la vessie multiplient et rendent plus intime le contact du corps étranger; celui-ci s'accroissant tous les jours , et fatigant d'autant plus le point de l'organe sur lequel il repose habituellement, s'en trouve embrassé à nu et pressé fortement contre le col de la vessie , surtout après l'évacuation de la cavité : de là, le tenesme vésical, l'émission d'urines sanguinolentes ou de sang pur, à la suite de l'excrétion; une douleur prolongée, plus ou moins vive , quelquefois intolérable , et qui ne se termine dans les cas les plus graves , que lorsqu'une nouvelle quantité d'urine a pu s'interposer entre la vessie et la pierre. L'irritation permanente ou croissante , produite par le corps étranger, détermine un état habituel d'inflammation chronique , d'abord dans la membrane muqueuse , puis dans la totalité des parois de la vessie : il en résulte l'alté-

DES CORPS ÉTRANGERS. 2l5

ration de la sécrétion naturelle que la membrane Chap. m. interne fournit , et qui devient opaque , très-vis- D« jo^p» queuse , maléolente , puriforme , mêlée de lam- da détritus, beaux membramdaires , et surtout très-abondante. ^^^Î!"^"""*" La membrane muqueuse devient épaisse , molle , fongueuse , saignante au moindre contact ; dans quelques points de son étendue , elle acquiert quelquefois un développement extraordinaire , ce qui constitue ce que l'on connaît sous le nom defongus vésicaux. Les fibres de la couche musculaire de la vessie prennent un développement considérable , que Voxx regarde communément comme le résultat d'un excès de nutrition provenant de l'exercice extraordinaire auquel cet ordre d'organes est soumis, et qui pourrait bien dépendre , du moins eu partie , d'un engorgement de leur tissu cellulaire intermédiaire : du moins est-il certain qu'il faut attribuer à celte dernière cause , l'épaississement du reste des parois de la vessie , qui devient quelquefois trèsconsidérable , et qui est toujours accompagné d'une réduction proportionnelle de la cavité intérieure.

L'irritation dont la vessie renferme une cause si Ulcération de

ff A , . , . la vessie.

emcace , peut être portée jusqu au point de déterminer le mode d'altération des propriétés et des fonctions , qui amène l'ulcération proprement dite des parties molles : ainsi peut se former une perte de substance au fond la vessie , qui n'intéresse d'abord que la membrane muqueuse , mais qui peut détruire successivement le reste des parois , Expulsion

* l tlu calcul par

de l'organe , et les parties euvirounautes. Ou a vu uicer^-

2i6 SECTION V.

Cbap. m. des calculs passer de la sorte dans le reclum , dans étran^ prov* vagin , être expulsés au dehors après avoir disdu détritus, tendu , mortifié la peau du périné.

Calculs uri- , ^ t r i r i-

naires. II cst rare que les desordres causes par la pierre

Effets des vésicalc soicnt portés aussi loin ; mais les moindres

calculs vésic. r • ii n

sur les orga- coUjSequences parmi celles que nous venons d ex- Mir \°ênsem- poscr , ne pcuvcut avoir lieu sans étendre leurs efstitmion'^"'^ fets sur les organes voisins , et quelquefois sur toute la constitution. Ainsi , les calculeux sont tourmentés d'érections douloureuses , d'une sorte de priapisme très-fréquent , qui a lieu surtout pendant lés accès de tenesme véslcal. Ils éprouvent aussi une douleur plus ou moins vive dont ils rapportent le siège dans le gland ou dans la fosse uaviculaire de l'urètre , et qu'ils cherchent à soulager par des tractions exercées sur la verge ; chez les enfans où cette manœuvre est très - commune , on observe un allongement remarquable du membre viril et du prépuce , qui ne dépend que de cette cause. Il n'est pas rare de voir survenir une fluxion inflammatoire de l'un des testicules , qui provient sans doute de l'irritation que le calcul peut exciter au col de la vessie , particulièrement dans les cas où il peut s'engager en partie dans cette ouverture. Ordinairement cet accident est accompagné d'une incontinence incomplète, qui souvent précède de quelque temps le développement de ' la fluxion : ce phénomène dépend alors de l'introduction du calcul dans le col de la vessie ; mais il n'y prpduit pas toujours des accidens ipflamma-

toiies ; daus ce dernier cas, riucontiuence est le Chap. m. seul symptôme qui annonce cette disposition. L'in- p^^v! lestin rectum éprouve un spasme plus ou moins du démtus. prononcé par les effets duquel les matières sier- Calculs nncorales et les gaz intestinaux sont expulsés involonlairement pendant les efforts de contraction de la vessie. La même cause détermine souvent le renversement de la membrane muqueuse du rectum , une gêne manifeste dans la circulation sanguine de l'extrémité de cet intestin , la dilatation passive des veines hémorroïdales , et quelquefois un véritable effort hémorragique dont ce même organe est le terme. Chez les femmes , on voit assez souvent un état d'irritation ou d'inflammation habituelle de la vulve ou du vagin , la leucorrhée , l'aménorrhée , déterminées par la même cause. Les douleurs violentes que le calcul vésical entretient , ne peuvent manquer de troubler ou d'empêcher totalement le sommeil , de détruire l'appétit , de dépraver les digestions , et d'enfanter une foule d'affections qui proviennent de ces effets secondaires. La fréquence des sensations douloureuses peut produire des affections nerveuses très-variées ou du moins un tel état de mobilité du système nerveux , que la constitution soit toujours prête à céder à l'in- ^uence des causes générales de maladie. Enfin , il est impossible que des ulcérations s'établissent dans la membrane muqueuse ou plus profondément dans les parois de la vessie, sans donner lieu à une fièvre hectique qui consomme 1;^ ruine du malade.

2lS SECTION V.

CiiAP. m. Les efFels locaux et généraux que peut produire éfran^ prov^ calcul véslcal , sont beaucoup moindres lorsdu détritus, jg corps étranger est assujetti dans un point

Calculs uri- - , .

naires. QC la vcssic , surtout S il cst cliatonne } on a vu les accidens produits par une pierre médiocre cesser

Les calculs as- ^ » . . , . .

sujettis dans to^^ 3 coup et pour jamais , a 1 occasion de son IeJt^"'reme"t P^ssage fortuit daus une loge particulière , où elle «es ^^el"' ii'^vait pourtant pas laissé d'acquérir un volume considérable. La sonde à quelquefois produit un semblable effet. On a pu connaître également l'énorme différence des effets d'un calcul libre et de ceux d'un calcul assujetti, lorsque, à l'occasion d'un effort , d'une secousse , une pierre volumineuse dont on ne soupçonnait pas Texisteuce , s'est échappée d'une loge particulière où elle avait été renfermée jusqu'alors, et a rendu bientôt son extraction indispensable.

Diagnostic Dcs circonstances que nous venons d'exposer vésicanxî'^"'* jusqu'ici , en indiquant les effets qui résultent d'un calcul vésical , on peut déduire une partie du diagnostic. Cependant plusieurs autres affections des voies urinaires peuvent présenter des phénomènes semblables : aussi les symptômes que nous venons d'exposer ne sont-ils considérés que comme des Le diagnostic sigites rationeîs ^ que l'on est loin de regarder

ne peut être ■■ , . -, \i • t • *

certain qu'a- commc demoustratits ; et 1 existence d une pierre du cathétel^ n'cst Suffisamment constatée , qu'autant qu'elle a été touchée par la sonde , dont l'emploi peut donner Casdontctix, scul siguc scnsible et caractéristique. II est même des cas où ce secours est impuissant , et où le diog-

nicine avec ce secours.

j DES CORPS ÉTRANGERS. 21C^

I uosllc des calculs urinaires vésicaux reste douteux.

, ■•• Des corps

i**. Un calcul peu volumineux mais irreguher , étrang. piov.

j . du détritus.

hérissé de cristaux aigus, peut causer de vives

... ' 1111 • Calculs urit

douleurs en se précipitant vers le col de la vessie toutes les fois que l'urine est évacuée avec pro^mptitude ; et cependant la sonde peut parcourir fréquemment la vessie sans le rencontrer : la cavité de cet organe contient-elle une masse de liquide , le corps étranger flotte dans ce dernier ; et quand bien même il serait choqué par l'instrument , le contact peut être si léger qu'il ne soit pas distingué, ou que d'une manière trop confuse. La vessie estelle vidée , le calcul peut être caché par quelque ride, et se soustraire ainsi à toutes les recherches.

2°, Une pierre chatonnée,soitpour être restée en-gngée à l'extrémité de l'uretère, soit parce qu'elle s'est logée dans une cellule de la membrane interne de la vessie, peut n'être à nuquedansune très-petite surface, et n'être presque pas accessible à la sonde. Lors même que dans cette disposition , les pierres sont à découvert dans une assez grande étendue, comme il peut arriver dans le premier cas , si la vessie est explorée pendant qu'elle renferme une certaine quantité de liquide, le corps étranger peut n'être pas atteint par la sonde.

5°. Les pierres enkystées sont impossibles à re- ^ connaître avec certitude : logées entre les membranes de la vessie , ou plutôt dans l'épaisseur de ses parois, elles communiquent à la main, lors du contact de la sonde , une sensation égale à celle

320 S. ECTION V.

Cu.LP,iir. que pourrait donner le contact d'une tumeur de- Des corps yeloppée daus les parties molles ; mais iamais elles

etr.ing, prov. .

du détritus, ne donucut licu à ce choc distinct et sonore,, qui n^res"^' caractérisc la percussioii d'un corps étranger solide, par un instrument métallique.

4°. Des pierres , même volumineuses , peuvent être logées dans la partie postérieure du bas-fond de la vessie géparée du reste par une cloison transversale , et n'être pas reconnues à la faveur du cathétérisme pratiqué avec le plus grand soin : rinstrument est soulevé par l'espèce de barrière qui couvre les corps étrangers -, il peut être porté au-dessus de ces derniers et ne pas les toucher. Conséquen- Il suit de ccs remarques , qu'il est des cas dans.

lesquels le cathétérisme est absolument nul et ne peut servir à la formation du diagnostic des calculs urinaires; qu'il en est d'autres où, pour rendre celte opération utile, elle doit être répétée plusieurs fois et dans des conditions variées.

Peut-on con- On a pensé que l'emploi de la sonde pourrait et le vo- faire reconnaître le nombre , le volume et même la

ces.

uie

luine d'une „ -, -, -, • • c* T 'J" l

pierre vési- formc dcs calculs uruian'cs. bi Ion considère la mobilité dont jouissent ordinairement ces corps étrangers dans la vessie ; que des calculs à facettes peuvent s'entretoucher avec assez d'exactitude par des surfaces étendues ; qu'une petite pierre fixée près du col de la, vessie, ou même engagée dans cet orifice , peut être touchée par la sonde pendant toute la durée de l'introduction et de l'emploi ■ de cette dernière , on seniii-a que cet instrument

ne peut servir qu'à constater dans quelques cas la Cuap. iir. présence d'uu calcul; mais qu'on ne peut en re- ^.^^.J^" tirer d'autres lumières louchant les conditions parti- du détritus.

, Calculs uri-

cuheres de ces corps étrangers. nabes.

D'après ce que nous avons exposé jusqu'ici sur P'ouost'"l'historique et les effets des concrétions urinaires vésicales , on peut pressentir le pronostic que l'on peut former touchant les affections que ces corps étrangers peuvent produire. Leurs effets sur l'appareil urinaire et sur la constitution sont toujours fort à craindre. On sent que chez les enfans , la continuité des douleurs doit nuire à la nutrition , entraver les phénomènes du développement y et rendre la constitution faible et délicate. Nous avons dit que l'inflammation chronique de la vessie, ou du moins un état d'irritation plus ou moins marqué, est un effet commun des calculs : il est La vessie pent

• ^1 . 1 . Il ,1- contracter ai-

aise de concevou* combien une telle prédisposition sèment une

doit favoriser le développement d'une inflammation ^gu™"*^"^" aiguë; lorsque surtout des causes nouvelles viennent se joindre à celle qui existait déjà. L'inflammation

habituelle se propage quelquefois jusqu'aux reins, Supp^^atioa

et peut donner lieu de la sorte à une abondante "

sécrétion puriforme et à une donsomption rénale. *

Le marasme et la mort peuvent résulter aussi d'un Abcès da

Il 1 • r '1 1 • 11 1 • bassinoudes

phlegmon chronique forme dans le tissu cellulaire lombes, du bassin ou des lombes , d'une ulcération des parois de la vessie , ou même de la persévérance /desdculeurs. Les catarrhes, le rhumatisme, lagoutle, Catarrhe véaffeciions si familières chez les vieillards , peuvent

CnAP. iii.^ être facilement attirées sur la vessie , à l'occasion Des corps ^'^^ calcul urinairc ; et ces complications sont au

elx-ang. prov.

du détritus, nombre des plus fâcheuses. Au reste, nous avons

Calculs wi- 1 r•^ T. T • 1 11 r • •

noires. cleja dit quc 1 urme des caiculeux ne précipite pas toujours une égale quantité de substances salines ; ce phénomène paraît même être suspendu dans quelques cas , et pendant un temps assez considé- Dimmntion rablc. Il peut douc arriver qu'une pierre médiocre,

passagère des ■ j ,.x , , . , il

symptômes, mais dcja coustatcc , s accroisse Jentement dans Ja / suite ; et si la membrane muqueuse de la vessie ne jouit pas d'une sensibilité excessive , elle peut s'habituer jusqu'à un certain point au contact du corps étranger, et celui-ci peut ne causer que peu d'accidens. Ainsi , on a vu une pierre constatée par le cathéter, subsister pendant plus de dix ans sans causer des accidens graves , et ne présenter ensuite qu'un volume médiocre.

On peut citer quelques exemples d'efforts médicatifs de la part de la nature , et quelquefois ils ont été heureux. Comme nous l'avons déjà dit, une pierre petite ou médiocre est entraînée le plus souvent vers le col de la vessie , lors surtout que l'urine peut être évacuée avec célérité. Il est arrivé • souvent que le corps étranger s'est engagé dans le canal de l'urètre , l'a parcouru avec plus ou moins de facilité , et a été expulsé avec l'urine.

Nous avons déjà cité des ulcérations produites Pierres rcje- ps"^" la picrrc , et à la faveur desquelles le corps vt^in^ie'rec'î étranger est passé quelquefois dans le vagin , dans tum ou le pc- l'imestiu rcctum , ou s'est fait une voie par le pé-

DES CORPS ÉTll ANGERS. 220

.Iné. Dans les faits de celle dernière espèce, qui C'^r i"-

5 A • ' • '1 * Des corps

a ont pas pu être examines avec soin , il est 1res- étrang. pioV. peu probable que le calcul soit parti du bas-fond <i«i"tus.

» ' , , , , . /. -1 Calculs ilri.

de la vessie pour s'échapper par le périné : il est nabes. bien plus vraisemblable qu'une pierre assez petite pour franchir le col de la vessie , mais pas assez pour parcourir le canal de l'urètre , aura été retenu dans la partie membraneuse de ce même conduit , en aura distendu lentement les parois , se sera accrue insensiblement dans cette position , et y aura acquis un volume tel, que les parties environnantes en. auront été distendues outre mesure, détruites ou mortifiées.

Nous avons également indiqué des faits d'après Absoi-jifioa

^ partielle des

lesquels il nous paraît très -probable que le sys- pierres vésitème lymphatique n'est pas incapable d'attaquer les calculs urinaires vésicaux ; mais rien ne prouve qu'une pierre dont l'existence avait été bien constatée , ait disparu complètement par l'effet de cette dernière cause. Rien ne prouve également, On n'a point

, • -, . observé de

que les propriétés de 1 urine puissent devenir spon- dissolution tanément telles qu'il doive en résulter la dissolution ruHne. d'un calcul.

De ces trois modes d'effort médicatif, le,premier est le seul que l'art puisse favoriser ou imiter : il est aussi le seul qui soit exempt de danger.

Un ou plusieurs accès de néphrétique, suivis des Calcul vésic.

«A n cneagéetar-

symplomes ordinaires du passage d un calcul rénal rêté dans ic dans la vessie, et plus tard de quelques difficultés rat"rc! ou de quelques douleurs dans l'émission de l'uriue.

Chap.iii. rendent très-probable l'existence d'un calcul vé- Des corps sical , trop pcu volumineux pour pouvoir être

èliang. piov. , - j x' v • • i

du déuitus. constate par la sonde. Le diagnostic peut avoir plus Calculs uri- de Certitude si l'on est assuré de l'introduction d'un

naires. corps étranger dans la vessie. Si dans ces circonstances, l'urine vient à être interceptée tout à coup, si des douleurs aiguës se font sentir dans un point quelconque du canal de l'urètre, il est probable que le corps étranger s'est engagé dans ce conduit

jndications. ' et quc la nature travaille à l'expulser. On peut en acquérir la certitude sur le cbamp par le moyen de la sonde. On peut augmenter l'efToBt qu'exerce la colonne de liquide et diminuer la résistance des parois du canal , par l'usage de boissons mucilagineuses et par celui des bains. On conseille en même temps l'insufflation ou la succion du canal , les injections huileuses , et lès tentatives d'extraction avec des anses de fil métallique , des cro- ALus dangc- gj^g^g (jgg pinccs , ctc. Nous nous sommes déjà,

reux des len- 7 s: ' } j

tatives d'ex- ^{3^5 autrc article , élev^ avec force contre

tractioa par

les voies na- l'abus trop commun des moyens mécaniques , toujours pleins de dangers et d'incertitude ; quant aux boissons , aux bains , etc. , ils n'ont d'autre inconvénient que leur inutilité fréquente ; on peut , on doit même en user , tant que l'accumulation de l'urine ne sera pas trop considérable ; Incision tiu mais lorsqu'il sera évident qu'un plus long retard

canal de l'u- • \ -ii • ^• •ii»*

lèire. pourrait exposer a 1 excessive distension de Ja veSsie, ou même à la rupture de ses parois ou à celle du canal de l'urètre, on ne devra pas balancera inciser

les parois de ce dernier sur le calcul lui - même , Chap. m. pour mettre un terme aux accidens et aux dan- p°j;P' gers qui les accompagnent. du déuitas.

Si lorsque l'existence d'un petit calcul ve'sical est connue ou très-probable, le corps étranger ne s'en- jjijaf.,,,^^ gage pas spontanément dans le canal de l'urètre , «^^n'"»' ''«^ l'^i-

o o l l ' retre, propre

on peut chercher à déterminer ce phénomène : ,à favoriser

^ . l'issue fie pe-

rien n'est aussi aisé que d'obtenir , même en peu tii» calculs de temps, une dilatation considérable de ce conduit, par l'introduction assidue de sondes de résine élastique. Lorsque l'augmenlation du diamètre du canal est jugée suffisante , on peut laisser accumuler une « certaine quantité d'urine dans la vessie , soit en l'y retenant seulement , soit en faisant user en même temps d'une boisson abondante. La sonde est ensuite retirée tout à coup, et les urines doivent être chassées avec force. Dans quelques cas, sans avoir même dilaté le canal, on a réussi à force de patience et de tentatives, à engager dans les yeux d'une sonde un# épingle tombée dans la vessie , et à l'extraire avec l'instrument. La simple dilatation du canal aurait peut-être obtenu le même résultat.

On sent bien que cette méthode , propre à favoriser l'expulsion naturelle des calculs uriuaires ou des corps étrangers qui peuvent en devenir le noyau, n'est praticable qu'autant que le corps à extraire est irès-petit , excepté chez les femmes , où l'on peut tirer un grand parti de ce moyen. Dans tout autre cas, il serait impossible de porter aussi loin qu'il le faudrait , la dilatation du canal de l'urètre : alors II. i5

'Chap. III. . 1,- • 1 -i-. ' J 1 ^• ■

r. même , 1 irritabilité de la vessie est ordinairement

Ues corps '

auT-MHur telle, que le se'jour d'une soude serait insupportable.

Calculs uri- L'art n'cst point arrivé jusqu'à la connaissance des "on ue cou- oioyeus propres à détruire la diathèse en vertu de naii p;is de Jaq^^Ug gels uriuaires sont précipités, et les cal-

I r.nitement i II'

]nopre à la ^.^\^ dévcloppés : Sa pulssaucc se borne à l'exlrac-

<liiirhc'se cal- ' ' '

ctiiaire. \\qxi de ccs corps étrangers contenus dans la vessie;

Opération de et l'opératlou par laquelle ce but important peut être rempli , est une des plus belles conquêtes de l'homme s'ur la nature- Mais il est des cas où elle n'est pas nécessaire , d'autres où. elle est urgente ,

C^soùTopé- il eu est où elle est conlre-indiquée.

ration n'est

pas uécessai- Nous avoDS, VU quc daus ccrtaiiis calculeux. ,

re, . . . •

après la formation d'une pierre qui peut être déjà plus ou moins volumineuse , les effets de la diathèse calculaire paraissaient se suspendre pour quelque, tenjps , et même pendant le reste de la vie ; ^ la précipitation des sels urinaires ne se fait plus ,

Ën qu'avec une extrême lenieur ; et le calcul n'augmenlant pas notablement de volume , la vessie peut s'accoutumer jusqu'à un certain point au séjour du corps étranger , si l'organe n'est pas affecté d'ailleurs , soit par les effets du calcul lui-même , soit ^ par quelque complication. Dans les cas de cette

nature , l'opération nécessaire pour l'extraction du corps étranger n'est pas indiquée : elle est rarement exemple de danger; on ne' peut juger de celui qui peut provenir du séjour du corps étranger , que par les symptômes qu'il bccasione ; l'expérience prouve que dans certains cas, vingt - ans n'ont pas suffi pour porter le volume d'une pierre au point

de rendre son extraction Indispensable ; l'obser- êihap.Iii, valion démontre éiialeraeut que des calculs énormes, , Des corps

^ ^ etranf!;. prov.

qui avaient certainement nécessité un temps très- détritus. loû£? pour se développer , ont été supportés sans Calculs uriaucun inconvénient ; enhn nous avons vu 1 operation de la taille faite sur des calculeux que leur pierre n'incommodait nullement , avoir les suites les plus funestes. Il faut donc conclure que , l'ancienneté des symptômes , ni toute autre donnée propre à faire pressentir le volume d'une pierre , d'ailleurs constatée , ne doivent influer sur la détermination à prendre ; et que l'opération de la taille ne doit être pratiquée , qu'autant que les effets du calcul ont déjà altéré les fonctions, ou qu'ils peuvent faire appréhender prochainement un semblable résultat. On ne peut pas se <lissimuler qu'une telle règle de pratique peut conduire quelquefois à l'inconvénient de laisser prendre un grand accroissement à certains calculs, qu'on aurait pu extraire avec moins de peine et- de péril quelque temps auparavant : mais qu'on ne perde jamais de vue les dangers de l'opération par laquelle on peut faire l'extraction du corps étranger ; que l'on considère aussi , surtout lorsqu'il s'agit d'un vieillard, l'incertitude si le calculeux vivra sufïisarnment pour atteindre le point ou l'extraction sera inévitable.

L'opération est urgente, toutes les fols que les Casoùl'opé-

/^ • 1 T •! • * 11 ration est ur-

lonctions^de 1 appareil urmaire sont notablement gente. altérées ou que les symplônieS locaux exercent sur

naires.

CHi.p.in. la constitution une influence dangereuse. Ainsi, les Des corps syinpiômcs ordinaires d'une irritation permanente

étran"». prov. . j, • n • 1 •

du détritus, de la vessie , ceux cl une inrlamniation chronique .Calculs uri- de sa membrane muqueuse , les douleurs vives qui peuvent accompagner l'émission fréquente de l'urine , l'insomnie , le dégoût , la fièvre passagère qui peuvent en résulter, sont autant d'indications de soustraire au plus tôt le corps franger d'où dépendent tous ces phénomènes.

Cas oni'opé- Un embarras gastrique , une fièvre , et toute maétrèTiffé.^ée!' ladle aiguë passagère et sur-ajoutée aux effets du Maladies corps étranger , sont autant de complications acci- Rignes. dentelles qui doivent être combattues et dissipées avant de songer à l'opération , quelque urgente qu'elle paraisse d'ailleurs. En aucun cas , ces circonstances ne peuvent dépendre du calcul. Il est une seule exception en faveur de certaine fièvres intermittentes opiniâtres, qui peuvent bien reconnaître cette cause, inflam- Quoiqu'il en soit autrement dans bien des cas, de

naation aiguë n • •••il " i •

de la vessie. 1 inflammation algue de la vessie que Ja pierre peut produire seule, ou de concert avec des causes générales ; le moment où cette complication se manifesterait serait le plus défavorable au succès de l'opération : il est évident que cette dernière ne pourrait qu'ajouter beaucoup à l'inflammation qui existerait déjà , malgré la soustraction du corps étranger. L'inflammation doit donc être traitée auparavant, et l'opération ne peut être entreprise que lorsque cet étatmorbifîque est entièreme*nt dissipé.

L'ulcération de la vessie est une complication Chap. m.

des plus fâcheuses, et qui comre-indique l'opération -.^^^^^

Des corps

prov.

da détritus.

de la taille , comme devant laisser subsister le plus

' . Calculs urt>

dangereux des deux principaux élémensmorbifiques. naires.

Ce précepte, dont l'expérience a bien démontré JL'«icéra»;on

L r ' l de la vessie

la solidité , n'a pu paraître douteux qu'à cause de doit faire re-

' r i .. noncer a l'o-

la di/Eoulté de reconnaître la complication dont il péraiion. s'agit. Bien d'autres causes qu'un calcul peuvent déterminer l'ulcération de la vessie ; on ne peut jamais savoir exactement quel rôle le corps étranger a dû jouer dans le développement d'une semblable affection ; quand bien même la constitution ne serait point viciée par une diathèse dont , les effets auraient pu être fixés sur la vessie par l'influence d'une pierre , quand bien même cette dernière aurait seule donné lieu à l'ulcération, l'expérience n'a jamais prouvé que la nature pût réussir à cicatriser ces solutions de coniiuuité. On cite cependant des exemples de sécrétion puriforme abondante entraînée avec les urines , et qui n'a point empêché le succès de l'opéralion de la taille. Mais les praticiens dont le pronostic a souvent été démenti par l'événement , à l'occasion de la phihisie pulmonaire , savent combien il est difficile de distinguer les suppurations et les sécrétions altérées des membranes muqueuses. D'un autre côté , l'étude attentive des faits , prouve que l'on a vu constamment périr les calculeux affectés de fièvre hectique bien caractérisée , et subsistant sans interruption depuis

naires.

Chap. m. quelque temps , quelle que fût d'ailleurs la quanétrfng prov! ^^^^ matière puriforme et sanguinolente évacuée dudémius. yygp ]gg urines. A l'ouverture des cadavres on a Caicuhuri- trouvé des ulcérations étendues et profondes : et lorsque le calcul avait été soustrait quelque temps auparavant, rien n'a présenté des traces des efforts que la nature aurait pu faire pour la guérlson. 11 est donc probable que les succès que l'on a obtenus dans des cas anelogues, ne concernaient que des aflections catarrhales graves de la vessie , complication à laquelle la présence d'un corps étranger avait dû puissamment contribuer, et dont la guérison avait pu être rendue plus facile par la soustraction du calcul. Il faut convenir que l'erreur est difficile à éviter : cependant il ne faut pas omettre de rappeler que les affections catarrhales sont sous l'influence la plus directe des conditions variées de l'atmosphère ; que la sécheresse de l'air allège les symplômes , tandis que l'humidilé les aggrave ; que ces influences sont très marquées dans les affections de celte espèce qui intéressent la vessie. Or, si en pareille circonstance , on voit par intervalles la fièvre disparaître , la sécrétion puriforme que les urines entraînent diminuer ou être supprimée ; des variations aussi remarquables, et tout-à fait incompatibles avec l'idée d'une ulcération , peuvent faire douter de l'existence de cette dernière. Le catarrhe L'affectiou catarrhalc, en elle-même, ne conlre-in- ° nu-rriadï- dique pas l'opération de la taille : si elle est légère, elle peut élre guérie, lors surtout qu'une cause

cont caliou

DES CORPS ÉT 11 AN GERS. s!)!

(rirritaiion des plus efficaces aura e'ie supprimée; GfA.r. iir. il est même probable que l'inflammadon aiguë que ««n'^ l'opération détermine, peut contribuer à changer du détritus, le mode vicieux des propriétés vitales. Si l'affection Calculs uri--

1, , . 1 . naires.

est grave ou ancienne , elle résistera sans doute a toutes les méthodes de traitement ; néanmoins c'est un avantage que de supprimer un corps étranger, tandis que la sensibihté de la membrane muqueuse de la vessie est prodigieusement accrue.. Mais un embarras inséparable des cas de cette espèce , consiste dans la distinction toujours très-difficile , du catarrhe proprement dit , et d'affections de toute autre nature que l'on confond avec lui , et dont les symptômes sont absolument les mêmes dans la plupart des cas. Le cancer , par exemple , affecte la le cancer

-, 11* 1 de la vessie

nienjbrane muqueuse de Ja vessie , comme le reste rend l'opéra-^ de cet ordre d'organfes. Tant qu'il n'est point ulcéré , caMe.""^"^*'^ il produit, comme le catarrhe, un accroissement singulier de la sensibilité de l'organe, des douleurs intolérables par le contact du corps étranger , une augmentation de la sécrétion muqueuse, qui d'ailleurs est altérée et puriforme , etc. Plus tard, et lorsque l'ulcération du cancer est survenue , on voit paraître les symptômes communs à toutes les ulcérations de la vessie. Dans ce dernier cas, quoique îe diagnostic ne puisse ])as être très-exact , on peut s'élever au moins jusqu'cà la connaissance d'une ulcération , et c'en est assez pour déterminer le parti convenable : mais dans le premier, il est impossible le plus souvent , de distinguer avec cxac-

iiaires.

î2Di».. SECTION V.

Chaï. m. t.iulde l'espèce d'affeclion qui complique le calcul; Des corps Cependant , il n'est pas douteux que s'il s'agit

ctrang. prov.

dudéirilus. d'uu «canccr, l'opération est non-seulement inutile, Calculs uri- mais eucorc dangereuse. 11 est un seul cas dans lequel on peut avoir au moins les plus fortes présomptions sur la nature de la maladie compliquante : c'est celui où le calculeux aurait eu précédemment un autre cancer , ou serait encore affecté d'une maladie de cette espèce , placée de manière à pouvoir être facilement reconnue.

Les pierres Si l'ou pouvait toujours reconnaître la condition

cliatonuées t, . • , ,

sont difïi- d uuc picrrc chatonnee , c en serait assez pour ne possibies°à pas entreprendre l'opération de la taille : il s'en faut

extraire, j i ' n • ' j . i

de beaucoup que 1 on soit assure, dans tous les cas de celte espèce , de dégager le calcul de la loge particulière qui le renferme , et de surmonter tous les obstacles qui peuvent s'opposer à son extraction. Si dans que](|ues occasions on a été assez heureux pour en venir à bout sans accident , bien plus souvent encore les manœuvres qu'un pareil état des choses a nécessitées ont été très-pénibles , infructueuses , pleines de dangers , ou même funestes ; et les ftiits de cette espèce seraient bien pins nombreux , s'ils avaient été tous publiés. Du reste , ces cas sont du nombre de ceux où le calcul produit rarement des accideus graves , à moins qu'il n'y ait en même temps un calcul libre; par con.séquent, les difficultés que présente au premier coup d'œil l'appllcalion du précepte , deviennent moindres , si l'on considère que l'opération ne doit être entre-

prise qu'aillant que le corps étranger produit des ^hap. iir. effets manifestes , et que l'on doit appréhender ^t,,"" "'J^v! quelque danger prochain. Ainsi , lorsqu'une pierre 'Jcuuns.

, , . . -, Calculs nri',

que I on ne touche qu avec peme et toujours clans naircs. la même situation , ne produit que des symptômes de peu d'importance, l'opération , que d'ailleurs rien ne reclame impérieusement, ne doit point êlre faite.

Les fongosités de la membrane muqueuse de la les fongosi-

1 1 A 1 tés de la ves-

vessie ne sont pas toujours de la même nature : les sie m penv. faits nombreux qui prouvent que ces excroissances connues! " ont pu êlre arrachées impunément à l'occasion de l'opération de la taille , et sans nuire au succès de cette dernière , démontrent aussi qu'il est assez commun que ces tumeurs dépendent uniquement de l'influence du corps étranger, ou de toute autre cause aussi peu importante. Mais il est incontestable aussi que des maladies bien plus graves , et notamment le cancer de la vessie , peuvent se manifester sous cette forme. Il est évident que si celte circonstance pouvait êlre connue , l'opératit^n serait contre-iudiquée; mais non-seulement cette distinction importante est impossible , mais encore l'existence des fongosités elles-mêmes est très-difficile à constater.

On apprécie toujours fort inexactement le volume On ne doit

, . Il- , pas entre-

dune pierre contenue dans- la.vessie ; cependant prendre l'ex-

di, ^ , , traclion de»

^ elle est énorme , on peut ne pas s écarter calculs éaor-

beaucoup de la vérité : la sonde ne peut pénétrer

que difficilement dan5 la vessie ; elle y est gênée et

CHiP. III. ue peut exécuter que très-peu de mouvement ; elle Des corps cesse de loucher la pierre flepuls le moment de

e.tranp;. prov. i '

du détritus. introduction; le doigt porté dans l'inieslin recmdlef^ ^^^V^ soulève une masse , qu'il faut bien distinguer de la tuméfaction de la glaude prostate, et que l'on peut reconnaître à l'hypogaslre , en portant plusieurs doigts réunis derrière la région des os pubis ; l'urine est rejetée à tout instant , ou bien même il y a une véritable incontinence. Dans de telles circonstances , il est probable que le volume du calcul est tel , que son extraction ne pourrait être faite qu'au prix d'un délabrement énorme , et probablement mortel : aussi sera-t-il prudent, eu pareil cas, de ne pas entreprendre l'opération. Destymptô- Dcs doulcurs coustautes et profondes dans la

mes des calculs dans les régiou dcs rcius , augmentant par intervalles , s'é-

reins çontre- i i i i • J r l

indiquent l'o- tendant le long du trajet de 1 un des uretères et

pération. . , . , in' <■

jusqu au testicule correspondant, tout toujours présager la présence de quelque nouveau calcul dans les reins , et son passage prochain dans la vessie. Si à de pareils symptômes se joignaient la fièvre hectique , le mélange avec l'urine d'une assez grande proportion de matière puriforme , fétide et sanguinolente, on pourrait craindre la suppuration de l'un des reins , ou toute autre lésion organique grave des mêmes organes. Dans l'un et l'autre cas, l'utilité de l'opération de la taille serait médiocre : dans le premier , ce serait en vain qu'on ferait l'extraction d'un corps étranger , s'il devait être remplacé au bout de peu. de temps ; dans le se-

DES CORPS ÉTRANGERS. 2^5 cond, quelque «granjde que fût d'ailleurs l'influence Cni.r.iii. d'un calcul vésical sur la consiilulion , les dangers , «^o^p»

» ' etrang. prov.

d'une lésion organique des reins seraient bien plus du détritus.

, , , !• • 1 11 1 1 Calculs nrî-

pressans et plus réels. Ainsi dans 1 un des deux cas, „aires. l'opération devrait être au moins ajournée jusqu'après le passage du calcul présunjé des reins dans la vessie ; elle devrait être absolument rejetée dans l'autre, à moins que des événemens subséquens ne vinssent démontrer quelqu'erreur importante dans le diagnostic.

Enfin , les enfans en bas-âge , parmi lesquels ou observe nn grand nombre de calculeux, sont aussi fort sujets aux vers intestinaux : il ne faudrait pas procéder à l'exlractiou d'un calcul t^jpdis qu'il existerait des symptômes propres à décélei' la présence de ces animaux parasites ; car l'expérience a dé^ montré que rien n'est plus propre que les suites de l'opération de la taille à favoriser le développement des affections vermineuses.

Des voies bien différentes ont été tentées pour Méthodes

- j 11'- 1' ' • 1 d'extraction,

1 extraction des caJcuJs vesicaux ; 1 expérience les a réduites à deux : celle qui consiste à parvenir à travers le périné jusqu'au col de la vessie, et à augmenter l'étendue de cêlte ouverture par une section convenable : celle qui consiste dans la division de la paroi antérieure de la vessie , à travers celle de l'abdomen. La première porte le nom àe»taille sous- ■puhiemie ; la seconde est connue sous celui de taille sus-puhier^e , ou hjpogaslrique. La première espèce d'operAion est «elle que l'on pratique le plus

CsrAP. m. conmiunément : elle suffît pour.l'extt-acliou des cal- Des corps ^yjg volumc Ic plus Ordinaire. La taille hypo-

ctranfj. piov. •

dn détritus, gaslriquc , à la faveur de laquelle on peut pratiquer nahlT^^ ""^^ ^^^^ beaucoup plus ample , est réservée pour l'extraction des calculs les plus volumineux : mais Dangers delà commc OU uc peut jamais connaître à priori et d une taille hypo- manière assez exacte , le volume d'un calcul à ex-

gastrjquc. '

traire ; comme d'ailleurs la section liypogasirique ne présente pas pour l'urine un écoulement commode et assez exempt de dangers , on ne peut jamais se dispenser de faire d'abord la section périuéale et de pénétrer dans la vessie par son col. Celte opération préliminaire , qui seule peut donner la certitude de l'iudispensabi^té d'une opération bien plus périlleuse , ajoute beaucoup elle-même aux dangers attachés à la taille hypogastrique , et dont les principaux sont l'extrême rapprochement du péritoine et de la section vésicale , et l'inflammation très- F.craseraent probable de ccttc membrane. Ccs cousidéralious out

des calculs , ■. . . i . ■■ ,

très-Toinmi- porte (les pralicicns du premier ordre a prelerer à la taille hypqgiastrique , l'écrasement de calculs trop volumineux pour être extraits sans danger par la voie du périnée. Quoique les manœuvres nécessaires pour meltrç en pièces *un calcul volumineux et consistant, ne soient pas exemptes de violence et de danger; lorsque l'on médite les faits dans lesquels la taille hypogastrique a été pratiquée pour extraire des calculs considérables, lorsque l'on réfléchit aux probabilités delà péritonite, ^e plus funeste de tous les accidens qwi puisseft; survenir à

neux.

la suite de celte ope'raiion , on ne peut se défendre CnAP. m;

. , ^ ' r' A,, Des corps

d une certaine répugnance ; et la prelerence au pj.^^ parti à la faveur duquel des calculs très-volumineux '^"^^îS^Jw. peuvent être extraits par le périné , paraît bien noires. naturelle. 11 est notoire , à la vérité , que l'opération de la taille liypogaslrique a été pratiquée fréquemment avec succès : mais il paraîtra peut-êtfe remarquable , que le bonheur des praticiens qui ont si souvent réussi , pourrait être attribué, sans beaucoup d'invralssemblance , à l'abus qu'ils semblent en avoir fait : on ne voit pas que la préférence qu'ils donnaient si fréquemment à ce mode opératoire f soit suffisamment justifiée par le volume du calcul ; on aurait lieu de s'étonner qu'ils eussent trouvé d'aussi nombreuses occasions d'opérer de la sorte, tandis que les pierres assez volumineuses pour ne pouvoir être extraites par le périné sont si rares. Il n'est pas indifférent de faire à la paroi antérieure de la vessie une incision plus ou moins étendue , et par conséquent de se rapprocher plus ou moins du péritoine et de faire courir à cette membrane des chances variables par rapport à l'inflammation : si , comme l'expérience paraît le démontrer , ou doit réserver cette opération comme une ressource dant les cas embarras- ' sans par le volume du calcul , elle doit être consi- (IKrée comme une des plus dangereuses de la chirurgie ; et. dès-lors, on ne doit plus compter la majeure partie des faits connus, comme rendant un témoignage exact de ses dangers ou de son innocuité.

2o8 SECTION V.

Cmap. m. Il s'est trouvé des circoustatices fortuites qui pa- Des corps paisscnt avoir singulièrement simplifie l'opération

él rang. piov.

du détrilus. Je la taille. Des calculs uriuaires ont éié trouvés

5'^'""'' dans nue hernie de vessie ; ce rfiême organe en-

Extraction traîné dans les déplacemeus de l'utérus et coudes calculs . . • • /> .1 I

coiiien. dans tenant uuc pierre , a pu être ouvert clans son bas- ■vélicaie.'^'"^^ fond cuiraîné hors du bassin , et s'est prêté de Taille vagi- sorte à l'extractiou du corps étranger. A l'égard du second cas, nous ferons remarquer que la nature a quelquefois usé de la même voie, pour rejeter spontanénieut un calcul vésical vers le vagin ; et que malgré la perte de substance que les parties avaient vraisemblablement éprouvée, l'otiverture ulcéreuse n'est pas toujours restée fistuleuse. La section méthodique du bas-fond de la vessie par le vagin serait peût-êire praticable dans un certaiu nombre de cas , surtout de ceux où la taille hypogastrique semble inévitable : cette opération nous paraîtrait bien moins dangereuse.

Emploi des Quclqucs praticiens n'ont pas totalement renoncé iniques. à l'espoir flatteur de substituer les réactifs chimiques aux opérations par lesquelles on extrait de la vessie les calculs urinaires : on est à peu près désabusé de l'efficacité de ces moyens administrés par les voies digesiives; mais on pense encore que leur introduciion imn)édiate dans la vessie peut être utile. Les principes constitutifs des pierres urinaires sont connus; les élémens des sels urinaires t>nl très-peu de cohésion ; il faut peu d'énergie aux réactifs convenables , pour détruire chaque combinaison ; ils

DES CORPS ÉTRANGERS. 25q

peuvent tous être étendus dans une assez grande ™-

I quanllié d'eau, sans perdre pour cela leur efficacité ; ^^^^^^ p°,^P*

ainsi affaiblis , ils sont incapables de nuire aux or- «î» 'letntus.

«anes ; l'analyse de l'urine du calculeux peut ap- Calculs uni

o ' J 11 naires,

prendre de quelle nature sont les sels précipités qu'il s'agît de décomposer : telles sont les propositions principales sur lesquelles repose un espoir aussi séduisant; mais tout en convenant de l'exactitude de la plupart de ces propositions , on peut objecter les réflexions suivantes ;

1°. H ne suffit pas de connaître toutes les sub- Objections, stances dont un calcul urinaire peut être formé ; il s'agit de connaître celles dont est composé le calcul à dissoudre.

2°. L'analyse de l'urine du calculeux, par laquelle on pourrait répondre à cette première objection , peut induire en erreur; parce que la déposition des sels urinaires peut être suspendue pendant quelque temps, que la nature de ces mêmes -sels varie selon des lois qui nous sont inconnues , et qu'il est possible C|ue les sels que l'analyse fera reconnaître dans l'urine , ne soient pas les mêmes qui se sont précipités les deruiers et accumulés sur la pierre.

3''. Quand bien même l'urine devrait donner des inductions justes sur la nature de la couche superficielle du calcul , ce qui pourra bien arriver quelquefois , de quel secours pourra être le même procédé , pour reconnaître la nature des couches subséquentes , lesquelles n'observent entre elles aucun ordre déterminé ?

naires.

24o ' SECTION V.

Chip. m. 4°. Expérinientera-t-on au hasard pour examiner •tr?" '^ro ' ^^^^ V^^^ grand soin quelles combinaisons a

c rang. piov. ^

du detnius. ^p^ouvé pendant sou séjour le réactif injecté ? Calculs iiri- ]y[ais si l'on se propose de conclure de cette épreuve

lires. *- *

la nature du principe dominant d'une seconde couche , en supposant qu'il soit possible de s'assurer qu'une première est dissoute , ne risque-t-on pas d'attribuer au calcul ce qui peut ne dépendre que de l'urine ? car il n'est pas possible d'isoler la pierre pour agir sur elle seulement.

5°. Quelque légère que soit la cohésion des sels iirinaires , ils ont enfin besoin de réactifs dont l'aclion soit marquée : il s'en faut de beaucoup qu'en cet état , on puisse être complètement rassuré quant à leur action sur la vessie , surtout dans l'état d'irritation ou même d'inflammation chronique où. cet organe se trouve le plus souvent.

6°, N'est-il pas à craindre que les combinaisons que les réactifs injectés peuvent contracter avec Ici principe contenu dans les urines , ne déterminent la précipitation de tel autre que le premier contribuait à tenir suspendu ?

y". Enfin , et cette objection est pour nous de la plus grande valeur : l'expérience n'a pas jusqu'àprésent justifié les espérances qu'on avait conçues à cet égard; et sans une semblable autorité , on ne saurait recommander dans la pratique un moyeu sur l'emploi duquel il reste encore des doutes aussi importans.

DIS CORPS ÉTRANGERS. a/j.!

Chap. III.

ARTICLE II. Des corps

étrang prov.

, . • 1 f > '■^^ J('tritus.

Des h xcr étions retenues , considérées comme Excrétions corps étrangers. *

Nous avons du considérer ailleurs les efFets de la matière de certaines excrétions retenues comme les symptômes de toute autre affection, parce qu il importe de fixer alors sur cette dernière l'attention du praticien , comme sur la source des véritables indications thérapeutiques. En efTet , qu'importe qu'on vide fréquemment ' les larmes retenues dans le sac lacrymal, à l'occasion de la coarctation du canal nasal? La violence que ce corps étranger liquide exerce sur les parois de l'organe distendu ne ce*sse-t-elle pas totalement dès que la fistule lacrymale est étdblie? Le rétrécissement du canal nasal ne persiste-t-il pas, malgré ce changement? Le plan thérapeutique repose donc en général sur la dilatation du conduit vicié : ainsi nous étions fondé à rapporter ce cas à la coarctation du canal nasal. Rien ne serait plus facile que de vider par une ponction la salive accumulée dans ses conduits excréteurs, ou le sang menstruel retenu dans la matrice; mais ce procédé n'empêcherait pas de nouvelles accumulations, et ne rétablirait pas surtout les fonctions impôt tantes de Vulérus. La coarctation, l'oblitération, l'irnperforation des conduits excréteurs sont les causes de ces états morbiliqueS;), et H. i6

StCTION V.

CiiAP. III. c'est sur elles qu'il importe de fonder les vues théë^aiig.prov! rapeutiques. Mais il est des cas dans lesquels les du aûtiitus. effets du corps étrani^er formé par la matière ex-

JExcretions * , . , ■'•

retenues. crémcntitiellc retenue^ acquièrent assez d'intensité pour constituer une affection essentielle : tel est le cas de l'urine accumulée dans la vessie. Il en est d'autres où les moyens chirurgicaux ne peuvent atteindre la cause de' la rétention d'une matière sécrétée, et où l'art ne peut qu'opérer l'évacuation du corps étranger qu'elle constitue : tel est le cas de la rétention de la bile dans la vésicule hépatique. Ces deux affections seront traitées, dans cet article, sous les simples rapports de corps étrangers.

§. I^"^. De r Urine j^etenue dans la vessie.

Cet excrément liquide est destiné, dans l'ordre naturel , à faire un certain séjour dans l'organe qui lui sert de réservoir j et pendant celte accumulation, qui paraît avoir pour objet de rendre périodique l'évacuation, il semble préservé de la décomposition par la présence d'une certaine quantité de matière animale encore pénétrée de Décompo- la vie. Lorsque l'excrétion a lieu, l'urine exhale

Bition spon- , . . m ' ' i"

tanée de Tu- une odeur particulière, qm a ete attribuée a 1 evaporation d'un arôme propre; elle est limpide, légèrement teinte en jaune, et la dissolution des sels qu'elle contient est complète. Mise en contact avec l'air atmosphérique, elle perd sa temi^éra- "tiire et se met en équilibre avec celle de l'air et

nne

les autres corps environnaiis ; elle se trouble, et

r . , . . Des corps

forme ù sa surface des pellicules qui se precipiteut amng.p.ov. uccessivement ; elle dépose un sédiment animal ^^^.,.p'j,„„j et des concrétions salines plus ou moins abon- retenues. dantes ; enfin elle fournit du gaz ammoniaque et successivement une odeur animale plus ou moins fétide. Ces phénomènes portent à croire que la Lamniière

' ^ , . aniuiale un-

vie ayant entièrement cesse dans la matière ani- naire paraît

maie de 1 urine, et le contact de 1 air accélérant dissolurtou ■sa décomposition, cette dernière détruit Tune des (Conditions de la dissolution des sels urinaires, et (détermine leur précipitation rapide. Peut-être que ceux-ci, cessant d'être unis au liquide, réagissant d'autant plus facilement sur la matière , animale, accélèrent sa décomposition et la formalion de l'ammoniaque.

Ces derniers phénomènes n'ont point, lieu pen- La matière

,. j ir • j 1 • ^ • animale uri-

dant le séjour de i urine dans la vessie, a moins naire peutse

7'i 1 ' • ^. f • décomposer

quil ne soit tres-prolonge ; mais cette condition pendant un existe lorsque l'évacuation est empêchée par un f'jo'»" p^o-

^ '■ lont;é de l u-

obstacle quelconque. L'époque de la décomposi- rine dans la tion spontvinée de l'uriue, dans ce cas, est variable pour les divers individus j mais il ne paraît pas déraisonnable d& supposer que , en général , elle correspond au terme de la durée des propriétés vitales dans la matière animale de l'urine. C'est sans doute à ces motifs qu'il faut attribuer l'état différent, et tantôt manifestement putride, tantôt absolument naturel , de quantités égales d'urine retenue pendant un espace de temps comparable,

vessie.

Chap. III.

Des corps étraug.prov.

du détritus.

Excfétions retenues.

Effets de cette diîcompositiou.

Effets mécaniques de l'uriue retenue.

Deux sortes de dangers attachés à la rétention d'urine.

Effets locaux de la rétention d'urioe.

mais dans divers individus. C'est pour la même raison , sans doute , que la rétention d'urine est accompaf^née de dangers plus ou moins pressans, abstraction faite des violences mécaniques qu'elle peut exercer sur les organes.

D'un autre côté, la sécrétion de l'urine est une fonction de tous les instans, et l'extensibilité de la vessie est bornée. Cet organe ne peut admettre des quantités excessives de liquide qu'en souffrant une distension douloureuse ; ce qui fait perdre plus ou moins complètement la propriété contractile à son appareil musculaire, expose ses parois à l'inflammation et même à la rupture.

Les dangers de la rétention de l'urine et de son accumulation dans la vessie sont donc en raison de la rapidité de sa sécrétion et de celle de sa décomposition.

Les effets de l'urine retenue et accumulée dans la vessie peuvent être considérés comme s'exerçànt sur l'organe lui-même, ou comme agissant sur la constitution.

La simple distension de la vessie expose cet organe à une cause d'irritation progressive, qui peut devenir extrême en quelques heures, si la sécrétion est abondante et si la rétention est complète , et qui peut être portée a.u point de développer riflflammation la plus aiguë et la plus re- . doulable. Cet effet est pourtant assez rare: il est plus commun qu'il n'en résulte qu'un léger état d'irritation , qui se dissipe en peu de temps après

ï'évacualion du licruide accumule. Il est bien plus

■l , Des coi-ps

ordinaire encore que, tout obstacle ayant cesse, ctr.mg.prov. l'excrétion des urines ne puisse avoir lieu , parce Excrétions que, dans leur extrême distension, les fibres mus- '«'«««e*culaires de la vessie ont perdu, pour un temps plus ou moins long, la propriété contractile.

Si la rétention de l'urine a été incomplète et Engorge-

, ment des pa-

qu'elle subsiste depuis long-temps, les parois de rois delà

k, ^ • ^ ' • V !• ^ • vessie, com-

vessien ont point ete soumises a une distension parable aux

extrême , mais à l'action d'une cause permanente ^^"^V '^^

/ ^ ^ tarrhc.

d'irritation ; les fibres musculaires de cet organe n'ont pas été affaiblies par un allongement outre mesure , mais elles ont lutté fréquemment contre l'obstacle qui s'oppose à l'excrétion. D'une part^ cet exercice violent et fréquemment renouvelé j de l'autre, le contact perpétuel d'une certaine quantité d'urine qui se décompose et de l'ammoniaque qu'elle dégage , augmentent l'épaisseur des parois de la vessie aux dépens de sa cavité : les fibres musculaires acquièrent d'autant plus de volume et d'énergie, qu'elles agissent plus souvent et avec plus de force ; sa membrane muqueuse, et successivement tout 1^'este des parois du réservoir, sont affectés d'inflammation chronique et de l'engorgement qui l'accompagne. Cet état, qui, sous le rapport des formes de l'organe et des phénomènes de la fonction, a quelque ressemblance avec le catarrhe vésical, ne doit pourtant pas être confondu avec cette dernière affection : il est rare que ces altérations pas-

CiiAP. III. saj^cres ne se dissipent pas par le seul fait du réëmmgprov! lablissement du cours naturel des urines, ou par du cl.'tiitiis. jg moyen de quelques résolutifs.

Axe relions •' -i

7-eicnues. L'extcusibili lé de la vessie est variable : on a Distension souvent retiré par l'aliralie des quantités énormes

et nipliire j o i ^

de la vessie.- d'nriue, dout l'accumulation s'était faite avec si peu d'inconvéniens, qu'elle n'était même pas soupçonnée. Ceci n'a guère été observé qu'à l'occasion de la paralysie de la vessie, genre d'affection qui favorise singulièrement la distension de cet organe. Dans tout autre cas ^ ordinairement la vessie peut être distendue par l'urine jusqu'au point d'atteindre la région ombilicale': il en résulte une irritation proportionnée aux violences qu'elle a dû subir , mais il est rare que la continuité de l'organe ait été altérée. Au-delà de cette limite, la rupture est à craindre : elle a eu lieu, Epanclie- en effet j et l'épancliement de l'urine dans le périiif dans le ritoiue a toujours ete suivi dune intlammation pcriiome. . jgg p]^^g rapides et d'une mort inévitable. Dans quelques cas, ce funeste événement a eu lieu, quoique la distension ne fût pas extrême; mais i alors la gravité des accidens qui accompagnaient la rétention de l'urine , a pu démontrer dès le principe combien la vessie se prêtait difTicile- Rnpturesi- ment à l'accumulation du liquide. Un fait sinla vessie et gulier et Qont 1 explicatioii n est pas lacile , c est derombihc. rupture simultanée de la vessie et de la cicatrice ombilicale : en sorte qu'au lieu d'un épancliement mortel, il en est résulté une excrétion

facile de riiriue par l'ombilic, laquelle a subsisté ^hap. lir,

. . A / 1 I • Des corps

jusqu'à ce que la voie uaturelle ait pu être rétablie. ,;trang.piov. Les anatomistes, jugeant avec leurs préventions , '^rcr!r)//'c!'/i4 ont pensé que, dans ces cas, la cavité de Vouraçue reienues. existait encore, ou que le ligament dans lequel ce conduit est converti, avait pu être développé parla rétention d'urine, Une telle explication, que l'anatomie elle-même ne garantit pas sulTisamment, n'est pas plus facile à concevoir que le mécanisme d'une adhérence entre l'ombilic et le point parallèle de la vessie , lequel ne peut pas être le même pendant deux instans de suite, à cause de la dilatation progressive de l'organe. Quoi qu'il en soit, le fait est incontestable ; mais on serait dans une grande erreur si l'on comptait sur une semblable ressource dans les cas où la rupture est à craindre : l'urine n'a pris que rarement cette voie extraordinaire, et nous ne connaissons pas assez les conditions de cet accident, pour le prévoir et pour y compter.

Il est impossible que la vessie soit soumise à de Effets gételles causes d'irritation, sans que le reste de la raen^k*^^^*

ion

constitution participe aux conséquences d'un semblable état : de là des douleurs plus ou moins violentes, qui , de l'bypogastre, se répandent dans tout l'abdomen, aux lombes, à l'épigastre. L'irritation symptomatique de l'estomac peut être portée au point d'amener des vomissemens pénibles et fréqucns; la fièvre ne tarde pas à s'ollur mer, et son intensité est relative à la gravité de?

ve

urtneuse.

Chap. III. symptômes immédiats de la réleniion d'urine. éh'anglMov* Iille prend des caractères alarmans et la forme du d.'intus adrnnmico-nerveuse lorsque l'urine est retenue retenues. dcpuis long-tcmps. La prostration des forces est lèvre gra- irrande , mais elle le paraîtrait davautai^e sans

, ap|jel(!e ' , . . ^ , .

ineuse. l'agitalion qui résulte des vains efforts de la vessie pour expulser l'urine accumulée, et sans les vomisse mens qui se renouvellent assez fréquemment. L'œil est éteint j la face devient plombée, livide, terreuse, et les traits s'allongent et se dépriment rapidement j la langue se dessèche; la soif est intense ; la chaleur de la peau est acre et la rend désagréable au toucher, malgré Yhalitus dont elle est environnée ; la respiration devient courte et pénible, autant par les eifets du spasme ou par ceux d'un véritable engorgement sjrnptomatique du poumon, que par les douleurs abdominales que cette fonction renouvelle ; le pouls est petit , profond , mais vif et fréquent ; le basventre semétéorise, devient uniformément douloureux au toucher, et cette tuméfaction générale qu'accompagne toujours un spasme trèsprononcé des muscles abdominaux ^ ne permet plus de distinguer la tuméfaction particulière de Odeur d'u- la vcssic. Le malade est entouré d'une atmo-

rine répan- , , . 1 a , i,

due auiour sphcrc unncusc , ou plutôt on reconnaît 1 arôme du malade. l'urine dans la matière de toutes les sécrétions.

Enfin, si un tel état persiste, le malade périt, soit par les conséquences de la rupture de la vessie, soit par celles d'une péritonite des plus

ntenscs, soit par les progrès de rafTcction Sféné-

» J <^ ^ jjes corps

•aie que nous venons de décrire, et à laquelle on ^trang.prov.

, , , 1 • <1" Jt'trilus.

L donne le nom de Jievre urineuse. Excrétions

On a cru que , dans ce dernier étéil , l'urine retenues. Lsorbée dans la ve.ssie était répartie entre tous to^'"i",°nt es appareils sécréteurs , et que c'étaient alors l'odeur un-

^ neuse des

utant de voies de secours que la nature s'ef- excrétions, orçait d'ouvrir. L'odeur d'urine répandue auour du malade, et reconnaissable dans toutes les xcrétions , semblerait donner quelque consisance à cette conjecture 5 et il paraît dliScile de :e pas admettre au moius que l'arôme de l'urine st contenu dans la matière de toutes les exhalaions, dans celle de toutes les sécrétions : mais ilya ncore loin de cette vérité à l'opinion que l'urine st rapportée tout entière, et avec ses caractères alurels, sur la membrane muqueuse de l'estolac , par exemple, qu'elle est exhalée dans la avité de cet orj^ane, et vomie sans altération. )n observe souvent, en pareil cas , des vomisseaens aqueux , séreux j mais de semblables évauations ont lieu pareillement dans bien d'autres irconstances, et l'odeur d'urine dont elles sont lénétrées dans celle-ci ne suffit pas pour prouver ue l'urine pure est rejetée par le vomissement, jes physiologistes sont encore loin d'avoir déaontré que la nature substitue tel organe à tel utre daus l'exercice de leurs fonctions respeciVes; on n'a pas mieux prouvé que la matière l'une sécrétion puisse être transportée au loiii

25o SECTION T.

Chap. III. sans subir aucune altération enfin , nous ne étraflg.prov! comiaissous aucun travail chimique fait avec le du tiétntus. g^j^ convenaLle , et propre à constater la pré-

•±,xc relions ■> i i i

menues. seucc réelle de l'urine dans les évacuations dont il s'agit. S'il fallait embrasser une opinion probable en pareille matière , nous serions porté à croire que l'urine est absorbée en partie pendant son séjour dans la vessie, dans l'état naturel comme dans toute autre circonstance ; que cette absorption, plicnomène commun sans doute à la matière de toutes les sécrétions, est sans inconvénient tant que l'urine conserve ses propriétés naturelles 5 que cette humeur éprom^e .une nouvelle élaboration propre à changer ses caractères, ou que les matériaux distinctifs , tels que l'arôme , etc. , sont reportés de nouveau dans l'appareil urinaire ; enfin , que dans les cas où l'urine est déjà décomposée lorsque son absorption a lieu, l'introduction d'une matière putrescente dans les voies de la circulation , phénomène auquel il est raisonnable d'attribuer l'affection adjnamique dont nous avons parlé , ôte à la nature les moyens d-assimilation, à la faveur de laquelle l'absorption se faisait auparavant sans conséquences fâcheuses.

Effets de la Daus Ics cas oii la rétention d'urine est incomd^^riM °in- plète, successive et dépendante d'une cause chrocomplète et \^[çj^q ges effets généraux sont moins marqués >

«hronique. T. o

moins tumultueux , et tout à la fois moins dan- ":gereux. La présence continuelle d'une certaine

DES CORPS ÉTRANGERS. 2Jl

quantité d'urine -, la fréquence des efforts de la ^"'^^''■JJ^p^ vessie, qui ne parvient jauiais à se délivrer com- lUrang.prov. pléteraentj le contact habituel ou fréquent des E^créUons gaz putrides qui résultent de la décomposition retenues. de l'urine , sont autant de causes qui entretiennent l'organe dans un état d'inflammation légère, dont le siège principal est la membrane muqueuse. Un tel état exerce une influence sensible, quoique lente, sur l'appareil alimentaire et sur ses fonctions : aussi observe-t-on en pareil cas que la langue est habituellement ou fréquemment blanche, muqueuse; que la bouche est pâteuse et fade j que l'appétit est peu décidé, inégal , capricieux ; les digestions sont lentes , troublées, accompagnées deborborjgmes; il survient parfois un dévoiement passager ou des vomissemens spontanés de matières muqueuses; les symptômes ordinaires de l'embarras gastrique et la nécessité des évacuations se manifestent par intervalles. Si la maladie en vertu de laquelle l'urine est retenue est déjà ancienne et avancée, l'embonpoint a disparu plus ou moins complètement, les chairs sont molles et fondues en partie , l'énergie musculaire est médiocre, la peau est pâle et flétrie : autant de phénomènes qui prouvent que la nutrition se fait mal. L'appareil respiratoire n'est pas à l'abri de cette influence d'une affection constante de la membrane muqueuse de la vessie : aussi observe-t-on fréquemment en pareil cas une propension remarquable

Chap. m. j^^^ rliume j circonstance dont il est aisé de tirer

Des corps , ^ i i /. .

ttrang.prov. dcs cousequenccs erronées dans la iormalion du ^Excrélions diagnostic des maladies des voies urinaires. Il retenues. f-^^^^ attribuer sans doute à l'absorption de l'urine putrescente un phénomène remarquable et fort commun dans les cas dont il s'agit : on voit survenir par intervalles un ou plusieurs accès de lièvre éphémère, qui se terminent par des sueurs plus ou moins fétides, et à la suite desquelles la santé est sensiblement améliorée , et les fonctions se font avec plus de régularité. La marche et les conséquences de cet incident sont propres à faire croire que c'est un effort de dépuration ou d'assimilation, auquel la nature se livre à des époques plus ou moins rapprochées. Enfin , l'irritation légère mais constante de la vessie entretient une sensibilité vicieuse, qui se manifeste par la délicatesse des sensations, par les inégalités du caractère, une faiblesse morale plus ou moins prononcée, l'influence marquée de toutes les variations de l'atmosphère, et quelquefois par des affections nerveuses plus ou moins graves. Paralysie Jusqu'ici uous avous cxposé aiUcurs la plupart

da la vessie. i i i ? ^ u ' •

des causes capables de s opposer a 1 excrétion libre et naturelle de l'urine : il ne nous reste qu'à dire quelques mots de la paralysie de la vessie, dont les effets sont les mêmes que ceux de l'inflammation du col de cet organe , des diverses tuméfactions de la glande prostate-, des eoarctations du canal de l'urètre, etc.

tiES COïlfS ÉTRANGERS.

Nous avons déjà indiqué la perte plus ou Chap. IIT-

, .,, "IJI corps

moins complète de la propriété contractile de la <îtiang.prov. vessie comme symptôme de la commotion de l'épine , des contusions plus ou moins violentes retenues. de cette même région, et des fractures des ver- Causes deU

" , , paralysie de

tèbresj plus tard, nous indiquerons le même la vessie- phénomène comme un symptôme très-commun de certaines lésions organiques* qui déterminent la destruction du corps d'une ou de plusieurs vertèbres, la tuméfaction du prolongement raçhidien des méninges, et la compression de la moelle épinière , ou des nerfs qui en proviennent : mais les mêmes effets peuvent résulter des progrès de la caducité, de l'habitude de retenir volontairement les urines, et des phénomènes ordinaires des maladies aiguës qui amènent la résolution des forces musculaires.

L'affaiblissement successif déterminé par les Paralysie

\ T -11 \ r ' T tle la vessie

progrès de 1 âge se lait remarquer surtout dans produite par les fonctions du système musculaire , et l'une , pros^^è*

'de 1 âge.

,des portions de ce même système où cette dégradation des propriétés vitales se manifeste le plus sensiblement est la couche musculaire de la vessie. Peut-être qu'à cet âge, où les phénomènes de destruction ont une prédominance si marquée sur ceux de nutrition , l'importance des fonctions de l'appareil urinaire fatigue particulièrement les organes qui le composent, par un exercice trop fréquent, et auquel la somme des forces ne peut plus suffire. Les vieillards qui sont

CnAp. III. Jans ce cas éprouvent des besoins d'uriner , dont ét^aug.prov^ la fréquence devient chaque jour plus grande, du clùtritus. uiais qui deviennent aussi de plus en plus dlfli-

■Jixcrvtions ... ■'■

retenues. cilcs à Satisfaire. Le malade se livre à des efforts considérables et prolonf,^és, pour n'expulser que quelques gouttes d'urine, qui ne forme point un jet continu, et qui ne s'élance plus à une certaine distance. Dans l'intervalle des besoins qu'il éprouve , il ne peut éviter de laisser aller involontairement et sans en être averti par aucune sensation , une plus grande quantité d'urine qu'il n'en expulse en se livrant à ses efforts. Plus la paralysie de la vessie est avancée, moins le malade peut rendre d'urine volontairement, et plus aussi l'incontinence devient considérable , en sorte qu'à une certaine époque l'excrétion ne se fait presque plus que de cette manière. Cependant la v.essie est distendue j elle forme une tumeur considérable et facile à distinguer, dans la région hypOgastrique ou dans une plus grande étendue de l'abdomen. Néanmoins, et quoique la dilatation de la vessie et la quantité d'urine retenue puissent être énormes , il est rare qu'en -pareil cas cet organe soit notablement irrité,- il est même inouï qu'il ait jamais éprouvé de rupture dans des circonstances de cette espèce : c'est que sans doute la progression insensible de la maladie , et l'évacuation facile et presque habituelle du trop plein, ne soumettent la vessie qu'à un effort de dilatation extrêmement lent, et lui

cssie ar

liou

laissent la faculté de se prêter peu à peu à cette Chap. lit

^ Ues corps

violence lôi^'ère, mais permanente. ctraiig.prov.

, 1 1 i „ A 1« du détritus.

Les littérateurs , les personnes adonnées a la jr^^,.^uons vie sédentaire et aux travaux de cabinet , les 011% retenues. vriel-s exerçant des arts qui exigent une grande J^^J^^'^^^j t)atience et une application soutenue, ne sont produiièp

■T ^ ^ . la n fi iUic

que faiblement avertis par leurs sensations du volontaire besoin de vider la vessie , ou relardent volontai- '^^ ^ rement le moment d'y satisfaire. L'accumulation de l'urine qui en résulte fait perdre insensiblement son action à la vessie par le seul fait de sa distension , et peu à peu cette cause peut suffire pour déterminer la paralysie complète de l'organe. L'observation démontre que la distension violente et passagère de la vessie peut avoir le même résultat que l'accumulation successive et lente de l'urine. Des jeunes gens robustes, jouissant d'une parfaite santé, n'ayant jamais éprouvé la moindre altération dans les fonctions des organes urinaires, ont contracté une paralysie plus ou moins complète de la vessie , pour avoir résisté pendant plusieurs heures, par pudeur ou par tout-autre motif, au besoin d'expulser les urines. Comme on possède un grand nombre de faits de cette espèce, où l'on peut acquérir la certitude qu'il n'existait pas de maladie antérieure dans les organes urinaires, il est évident que la seule distension passagère de la vessie par l'urine accumulée , suffit pour détruire la contractilité dans ' ses fibres musculaires.

Chap. iir. Dans les Cas de distension j)rogressive de la

^î^ng-prov! ^^^^^^ P^^" rétention volontaire de l'urine, du détritus, tandis que l'organe perd peu à peu sa contractilité.

Excrétions . .

retenues, jl sc vide tous les jours plus imparfaitement et plus difficilement : les besoins sont fréquens, «lais ils ne sont pas durables ; l'urine ne paraît qu'au bout d'un certain temps, elle coule lentement et Complica- à plusieurb reprises ; de temps en temps le malade denteûe de cst dans l'impossibilité d'en expulser une seule tilTn'X^a' SO'^^ttSj et celte ischurie complète, qui peut durer vessie, et de plusieurs lieurcs OU plusieurs jours, amène des ^ ^ accideus que l'on peut rapporter à l'irritation ou à l'état inflammatoire de la vessie : ainsi des douleurs plus ou moins aiguës à l'hypogastre, aux reins, à tout l'abdomen^ le hoquet, le vomissement, une fièvre violente, etc., peuvent faire courir au malade des dangers plus ou moins pressans. Ces symptômes proviennent de la distension violente et rapide de la vessie j cette dernière circonstance aggrave la maladie primitive , ajoute à celle-ci une inflammation plus ou .moins grave et toujours redoutable, et peut exposer à la rupture de Torgane distendu et à un épancliement de l'urine. 11 est rare cependant que ces orages, toujours plus ou moins fréquens lorsque la vessie a éprouvé un premier degré d'affaiblissement, soient aussi dangereux : il est plus ordinaire que la contraction des muscles abdominaux surmonte la légère résistance du col de la vessie, et que le cours de l'urine se rétablisse avec les défectuosités

sion énorme.

DES CÔRPS ÉTRANGERS. 2^7

qui existaient aiipara-^nl: afors les accidens ne Chap. m. tardent pas à disparaître. étiangiJiov.

Un fait qui peut paraître sini^iilier, Tnais qui '^^^^^^'^if^^'^ est bien constaté par l'observation et qui n'eu est retenues. que plus intéressant à connaître, c'est que, mal£,'ré LYcoule-

. . I • 1 ment de l'u-

que la paralysie de la vessie subsiste dans sou ri„e devient •entier; quoiqu'elle soit devenue même complète ^^("'^nj'^la et auela distension de l'organe soit devenue ex- y^^;;''' P^^a-

■1 . iysce a subi

treme, le cours des urines paraît se rétablir et une distense faire avec l^eaucoup plws de liberté qu'avant les accès d'iscluirie qui ont mis les jours du malade en danger. Si l'on pensait que la violente secousse que la vessie doit avoir éprouvée dans ces occasions , l'irritation qu'elle a subie, ont réveillé dans cet organe les pr-oprùétés vitales dont il était privé, et que l'expulsion de l'urine est le produit de sa contraction, on serait .dans l'errei^r : tout démontre au contraire que l'action de la vessie est perdue , quelquefois piour jamais; qu'elle ne contribue'iiullempît à l'évacuatiou des urines ; que la dilatation de cet organe peut être portée au point de s'étendre à la totalité des parois antérieure et latérales de l'abdomen, et de recouvrir en entier la masse intestfnale; que l'évacuation n'est déterminée que par la contraction des musclas du bas-ventre çt du diaphragme, lesquels agissent aloi« sur une plus grande masse de liquide, et^ur ifih viscère exposé Iplus hntnédiatement à leus action que lorsqu'il était contenu dans la cavité pelvienne; enfin, que II. ly

Chap. III. quels que puissent être les Rapports entre la qnanéf?ang.prov! ^ité de boisson et celle de l'urine expulsée dans le du détritus, ijiême temps , unè quantité bien plus t^rande est

hxcrctions ; ^ ^ 10

retenues. rctcnue et séjourne habituellement daiitla vessie. Danger de Celte dernière circonslance ne peut avoir lieu

confoudrela , ,

distension saus déranger notablement la. santé, mais les *îa"vMsie^ uriues coulent en quantité suffisant^; et si Ton ne avecl'iiy- ^Qj^aît l'iiistorique des évéuemens antécédens,

dropisie. ^ ^ ^ '

rien ne fixe l'attention du praticien sur cet objet. Le ventre est tumé^é , il présent* une fluctuation manifeste; mais l'on ne peut y reconuaître ujjie tuméfaction circonscrite , partant de l'iiypogastre et se confondant avec le bassin. La gêne que l'énorme distension de la vessie peut apporter dans la circulation du bassin et des membres abdominaux peut donner lieu à une infiltration de ces derniers : aussi des praticiens, d'ailleurs ^abilés, ont-ils cru reconnaître dans ces cas les symptômes d'une hydropisie ascile, et ont-ils donné le. funeste conseil de vi'deF le liquide qu'ils supposaient épanché, par l'opération de la paracenthèse. La seule circonstance de l'excrétion d'une quantité d'urine comparable aux boissons que le malade consomme dans un temps donné , peut préserver d'une erreur aussi dangereuse : ce phénomène serait fort extra*ordinaire dans la supposition d'une hydropisie; d'ailleurs, les urines ne sont point alors foilicées,. briquetées , troubles. Ces deux remarques doivent paraître assez impor-# tantes pour faire douter du caractère de. la ma-

adie, malgré les apparences, et pour engagera Chap. m. faire sur le passé des recherches dont on voit étnmg.p3. Qiaiutenant toute l'importance, et qui peuvent '^'^H''"*-

, . , , «"il T. ir Excrétions

[Conduire a la connaissance de la vérité. retenues. \ Le danger d'une erreur aussi grave est beau- Cette mépriccoup moindre lorsque la paralysie de la vessie a Lae'.anl fcomraencé par un effort volontaire et proloii'^é première

d, . ■. ^ I n distension

e rétention, et lorsque 1 organe a été soumis de k vessie

LdaLord et de cette manière à une distension etyioknï'.' ^violente et rapide. Ordinairement les suites imimédiates de cet accident sont accompagnées de «symptômes graves, *et c'est un événement.remarquable qui fixe l'attention du malade, et qu'on ne laisse pas ignorer au médecin, si les suites cIoi||ées soiit de nature à exiger des secours. IL'irritation â laquelle la vessie a été exposée ne tarde .point à développer ,un état inflammatoire, dont le corps étrangères! la principaletause. La suppression de cet excrément est extrêmement importante ; car la complication , qui .survient presque tout aussitôt que la j^aralysie, est très-grave en elle-même et ajoute aux difficultés de l'excrétion. La rétention d'urine est ordinairement complète alors ^ et une vessie qui n'y est nullement préparée, comme dans les cas précédens , est soumise à une distension d'autant plus grande et d'autant plus rapide. Aussi, cette circonstance est-elle une de celles où la rupture delà vessiQ est lie plus à craindre. Après l'évacuation del'uiiine,ilnefautperdredeYu^ni l'inflam-

Chap. m.

Des corps étraiig.prov.

du détritus.

Excrétions retenues.

Pnral3''sie de la T fssie ; symptôme des ficvres nerveuses graves.

mation que son séjour peut avoir occasionée, ni la paralysie plus ou moins prononcée qui doit avoir été le résultat d'une première distension. Cette dernière circonstance exige la surveillance la plus exacte , et, entre autres soins, celui de ne pas permettre une nouvelle accumulation de l'urine dans la vessie, ce qui ne pourrait manquer de seconder Tinertie de l'organe.

Les maladies aiguës, qui entraînent la résolution des forces musculairesj les lièvres nerveuses graves , qui oblitèrent les sens et les facultés intellectuelles, suspendent fréquemment la con- •traclilité de la vessie et produisent la rétention d'urine, faute d'une force d'expulsion. Ganendant la sécrétion a lieu , l'urine * s'accufflile j et si le jugement de l'afTection principale devait rétablir les fonctions de la vessie comme celles de tous les autres organes , la distension extrême à laquelle celui-ci doit avoir été exposé, peut avoir produit alors une paralysie durable. Il peut même arriver, si la rétention est complète, que la vessie soit rompue, ou bien qu'il survienne une iiîfl'animation , dont l'issue sera d'autant plus à craindre, que la fièvre ne sera point jugée : on sait avec quelle facilité la m.oindre irritation détermine une gangrène en pareille circonstance. On ne saurait donc être trop attentif, dans le cours de ces affections, à la manière don^ s'exé.cutent les fonctions de l'appareil ufinaire. Le malade ne peut exprimer ses sensaftonSj mais

DES CORPS ÉTRANGERS. a6l

le défaut d'excrétions suffisantes , et la tumeur Chap. in.

particulière que la vessie distendue présente a arang.pr#v.

riijpo^astre , suffisent pour reconnaître et préve- "^^^l^^l^^,

iiir le dani^er. retenues.

Les difficultés que peut présenter dans quel- Diagnostic

. . ^ ' . de la rcteii-

ques circonstances le diagnostic de la rétention tioud'unue, i d'urine , ressorteiit naturellement de ce que nous venons d'exposer touchant la paralysie de là vessie. Il nous rest e peu de chose à dire quant aux moyens I de reconnaître la distension de la vessie dans ' des cas plus simples. Des besoins plus ou moins fréquens qui ne peuvent être satisfaits, ou que très-imparfaitement , et qui sont accompagnés d'efforts involontaires quelquefois extrêmement violens; une douleur à la région hypogastrique , qui s'étend à celle du pubis, aux parties sexuelles, au périnée, aux lombes j une tumeur globuleuse, ovoïde, rénitente, circonscrite, mobile, douloureus^au toucher , occupant le centre de l'hypogastre, s'élevant pliis ou moins vers l'ombilic , pénétrant dans le bassin et se perdant dans cette cavité ; une tuméfaction manifeste répondant à la paroi antérieure du vagin ou à celle du rectum, et qu'il est facile de reconnaître en introduisant ; un ou de*ux d^gts dans ces mêmes conduits ; la fluctuation qu'il est aisé de reconnaître dans cette • 'dernière partie de la même tumeur, en tenant les • doigts appuyés sur la saillie qu'elle forme dans le "Viagin ou le rectum , tandis qu'on exerce de légères percussiousSur la tumeur hypogastriquc : tels sont

Chap. III.

Des corps cft'aiig.prov.

(lu tic' tri tus.

ÏJxcrclions retenues.

La tumeur Tcsicale est quelquefois diiJjcile hre-

counaître.

Symptômes hystériques simulant . la rétention d'urine.

Observation.

les phénomènes sensibles par lesquels on peut jiif^er en f^énéral de l'accumulation de l'urine dans la vessie. Cependant, ainsi que nous l'avons exposé ci-dessiiS; il est des cas dans lesquels quelques-uns de ces phénomènes manquent et où les autres s^nt mal exprimés , et ne peuvent être reconnus, qu'avec un soin particulier : ainsi, par exemple /lorsque la rétention d'urine a déjà produit une violente irritation, la tension spasmodique des muscles du bas-ventre dissimule la tumeur vésicale, et ne j^ermet que difficilement de la reconnaître avec l'exactitude nécessaire. D'un autre côté , il est des affections hystériques, dans le paroxysme desquelles la sécrétion de l'urine est suspendue j tandis que le besoin le plus pressant d'uriner se fait sentir d chaque instant^ et que la vessie et les muscles abdominaux entrent dans un étal de contraction extrême. Un semblable état, toujours très-douloureux, peut subsister plusieurs jours de suite; et l'écoulement de l'urine n'ayant point lieu , on est d'autant plus porté à croire qu'elle est retenue dans la vessie, qu'il paraît raisonnable d'attribuer à la tension extrême des muscles du bas-ventre et de l|Hign9 blanche l'impossibilité de reconnaître la tuméfaction de cet organe. Nous avons vu, dans un cas -àe cette espèce, plusieurs praticiens qui ne manquaient pourtant pas de lumières, tellement abusés par ces apparences, que ^ la sonde ayaiit été portée vainement dans la vessie, qui était absolument

vide , et l'élasticité de sa'paroi postérieure repous-r p"^^^''' J"^^ sant rinstrument quand il étoit al>andonné à lui- ^tnuig.prov. même, ils se persuadèrent qu'un obstacle dont

Excrétions

la structure leur parut' devoir être membraneuse, '^''««"e*. et qui leur paraissait occuper le canal de l'urètre, s'opposait à l'écoulement de l'urine et à l'introduction de la sonde dans la vessie. En conséquence un long trois-quarts fut engagé dans le canal de l'urètre et plongé dans les parties qui résistaient à la sonde. Cette opération n'amena ^ pas d'urine , et la malade mourut peu de teiiips après. A l'ouverture du cadavre , on reconnut que la vessie était vide ; que les accès d'hystérie avaient été les symptômes d'une suppuration profonde des deux reins, et de la présence d'une masse de calculs urinaires dans ces mêmes organes ; enfm , que la résistance (ftie la sonde avait rencontrée venait de la paroi postérieure de la vessie, et que le trois-quarts avait été poussé contre cette même paroi et à travers le corps de la matrice.

Le rétablissement du cours de l'iirine est une indicirtions. indicaT;ion des plus urgentes lorsque cette fonction est interrompue. On regarde, en général, l'usage des besoins diurétiques , celui des fomentations émollientes sur la région hypogastrique, les lavernens , les bains, ou les demi-bains, comme des moyens propres à favoriser l'évacuation de l'urine accumulée, et l'on perd communément un temps précieux dans l'emploi le plus souvent

Chap. III. inutile de ces moyens impuissans. On ne peut pas éJafisprov! (iéscivouer que ie danger de l'inflammation de la du a. iritufi. yessie accompagne constamment la rétention

XLxcivlions -1» < '

retenues. d'urine , et que sous ce rapport les applications émollieiites, les bains, etc. , peuvent avoir leur utilité ; mais cette dernière se borne à lutter avec plus, on moins de succès contre la tendance inflammatoire des parties, irritées par la présence du corps étranger. La suppression de çelui-ci n'est pas opérée par des soins de celte espèce ; sa masse * doit même s'accroître à cljaque instant, et avec elle les dangers qui l'accompagnent. Cette augmentation de la quantité d'urine retenue dans la vessie est le seul effet qui puisse résulter de llisage d'une boisson quelconque, et surtout de celles qui jouissent de la propriété diurétique : or, recourir à un semMable moyen en pareille occasion, c'est précisément augmenter la cause des dangers que le malade peut avoir à craindre. Evacuer Tout procédé dont le but immédiat est d'o-

l'uriiie au , , • i ir • l '

plutôt. perer 1 évacuation de 1 urme accumulée , est propre à remplir directement l'indication la plus

Lecatliété- urgente. Les algalies, sorte de conduits nîétalliques, dont la propriété est de pouvoir être intro- •duites dans la vessie à la faveur du canal de l'urètre, peuvent servir à vider la vessie par les voies naturelles. Quoiqu'il y ait peu de cas dans lesquels on ne puisse point tirer parti de ce mécanisme extrêmement simple, il en est enfin où l'introduclion d'une algalie est rendue impossible

DES CORPS ÉTRé-NGERS. ûSj^

par quelque motif passager," tandis qiie^kbesoiii Cfiap. m.

I , A ^^B^ Ti Des corps

d'évacuer la vessie est exlremement pj^sant. 11 étraug.prov.

en est aussi où l'usage de la sonde , sans être impossible, serait accompagné de quelque danger retenues. qu'il est avantageux d'éviter. Ainsi une inflammation, même légère, venant à compliquer la coarctation du canal de l'urètre, l'ischuiie peut devenir complète et le catliétérisme impraticable^ de même une inflafnmation aiguë du col de la vessie sera certainement aggravée par Tintroduclion d'une sonde pei||pant le temps nécessaire, etc. Dans ces cas , l'art a des ressources qui consistent Ponction dans la formation passagère d'une voie artificielle, ^^^3* à la faveur de laquelle on vide la vessie et l'on prévient une nouvelle accumulation de l'urine , en attendant que des circonstances plus favorables permettent de rétablir la liberté des voies naturelles. On a pratiqué la ponction de la vessie, dans cette intention, à travers le périnée, l'hjpbgastre , la paroi antérieure du rectum ou celle du vagin. Le plus simple-^lS^ plus sûr de Procède

, j , ^ 1 • j 1 1 Pi'éfûrable.

tous ces ;çroceaes nous parait celui dans lequel le trois-quarts est.plongé dans la vessie, à travers le bas de la ligne blanche. Cette ressource ne doit, sans doute, jamais être préférée au réta^ blissement le plus prompt des voies naturelles , toutes les fois que la chose est possible ; mais il faut manquer de bonne foi pour soutenir que la ponction de la vessie n'est jamais utile ou nécessaire, et il y aurait de l'inhumanité à s'exposer à

%GG StCTION V.

Chap. m. ruplAe de la vessie ou bien à une inflamma-

Des corps , i * i • ^

étrang.prov. tion (ianijereuse , plutôt que de recourir a un '^ExcMons lïioyeii qi-^G l'orgueil a fait regarder comme

retenues. honteuX.

Causes,

§. IL De la Bile retenue dans la vésicule du fuie.

Nous avons vu précédemment que les concrétions biliaires peuvent s'opposer à l'écoulement de la bile vers l'intestin duodénum ^ et la retenir dans la vésicule : il suiFit, pour que ce dernier accident ait lieu^ que le calilll , s'engageant dans le canal cholédoque, laisse libres les conduits hépatique et cystique. On ne connaît pas défaits propres à démontrer que ces mêmes conduits sont sujets à la coarctation, et que la distension de la vésicule , produite par l'accumulation de la bile , peut dépendre de cette cause ; mais la chose paraît très-probable dans les' cas de rétention de bile où il ne s'est pas trouvé des concrétions.

Symptômes. Quoi qu'il en soit, lorsque la vésicule du foie est distendue lentement par l'accumulation de la bile, le malade éprouve , depuis un temps plus ou moins long, une douleur sourde, qu'il rapporte d'abord d'une manière assez vague à l'hypocondre droit. Cette douleur augmente par intervalles, et le malade la ressent vers le bas du côté droit de la poitrine, mais tantôt plus près del'épigastre, tantôt plus près des l^)mbes. Ces phénomènes , et quelques dérangemens passagers dê

nES CORPS ÉTRANGERS. ^67

rappétîl-et des digestions, sont tout ce qu'il y a Cn.vP.m.

■ -t A ,■,,*. 1 J ' corps

de rernarqucable jusque-la j mais, plus tard et a étrang.prov.

' r * 1 • '1 • ' '1 „„»,„ît»'»»«- «lu détritus.

une époque plus ou moins eioii,'nee, il survient j^^^^^^-^,^^ des attaques de colique quelquefois très-violeuies, retenues. dont le foyer principal est le point correspon- . dant au-dessous de l'extrérnité de la neuvième côte^ mais qui se répand ensuite dans tout l'épigastre. Ces accidens, qui durent plusieurs jours de suite, éclatent tantôt brusquement, tantôt après avoir été précédés de perte de l'appétit, de digestions pénibles, de constipation, de douleurs plus marquées qu'à l'ordinaire dans l'iiypocondre droit, et d'un ictère plus ou moins intense. Souvent la colique débute par un frisson plus ou moins prolongé j dans d'autres cas , les frissons ne surviennent que dans le cours de l'accident et d'une manière irrégulière. Il survient des vomissemens quelquefois très-fréquens et toujours fort pénibles. La fièvre se déclare j mais le pouls ne perd que rarement ce caractère de concentration qui accompagne toutes les irritations graves des viscères abdominaux. Si dans la durée de l'attaque Tumeur

1 t' n < 1 3 formée par

on examine avec attention le lieu d ou les dou- vésicule leurs semblent être parties, on peut y reconnaître une tumeur globuleuse, d'un volume plus ou moins considérable , située immédiatement au-dessous du bord antérieur du foie, avec lequel elle se confond supérieurement, et (^ui le dépasse plus ou moins inférieurefment. Cette tumeur est d'autant plus facile à distinguer alors, que, dans

CnA.p. lit.

Des corps étrang.prov.

du déU'itus,

Exc ré Lions retenues.

Mobilité de la tumeui'.

Affaissement soudain de la tumeur.

Fixité de la tumeur formée par la Ycsicule.

ces circonstances^ le volume du foie est un peu augmenté^ ce qui transporte la tumeur elle-mêm'e plus loin des côtes, et sous une partie plus souple et plus mobile des parois de l'abdomen. Dans quelques cas, en -examinant le malade, tour à tour couché sur le dos, sur l'un ou l'autre côté , assis et incliné en avant et à droite, on observe lin déplacement quelquefois très-notable de la tumeur : dans la première attitude, elle se porte plus haut ; quand le malade est assis , «elle s'éloi^^ne sensiblement descôtesj elle paraît beaucoup plus profonde quand le décubitus a lieu sur le côté gauche. Quelquefois , tandis que l'on manie cette tumeur pour prendre une connaissance exacte des circonstances qui l'accompagnent, elle s'affaise tout-à-coup, devient moins volumineuse, et surtout moins réuitente ; ce qui peut faire présager avec assez de certitude des selles liquides plus ou moins copieuses , une rémission prochaine des accideiis, ou même la solution complète de l'accès de colique hépatique. On peut faire un pronostic semblable quand bien même on n'aurait pas vérifié FafFaissement de la tumeur, s'il survient des borborjgmes, des douleifts lîjpogastriques , et l'éruption de quelques vents par l'anus. Dans quelques circonstances , surtout lorsque ces accidejis se sont déjà reproduits plusieurs fois , la tumeur ne jouit d'aucune mobilité, et paraît autant fixée aux parois de l'abdomen qu'au foie lui-même , dont elle semble

faire partie ; si eu même temps elle présente Chap. m.

, , . , . . -.s Des corps

Lcaucoup de consistance , il devient jusque - la ^trang.prov. très-difficile de prononcer sur sa nature. '^^ ''^''T,!-!^^'

Les attaques de colique hépatique qui accom- retenues. pallient la rétention* de la bile dans la vésicule Adhérences

■T tle la vesi-

du foie, sont quelquefois accompa^^nées de symp- tule. tomes nerveux plus on moius alarmans ^ et ne se terminent pas toujours d'une manière aussi simple que l'éconlemenf de la bile dans l'intestin , et des , selles liquides et copieuses* Quelquefois la résistauce des conduits excréteurs est invincible; la distension * de la vésicule en est d'autant plus grande , et cet organe et la portion du péritoine qui le recouvre en sont enflammés : de là des adhérences plus ou moins étendues ^ tantôt avec tontes les» parties environnantes, tantôt seulement avec la paroi correspondante de l'abdomen. Une ulcération détruit la continuité des Atcùsextéparois de la vésicule, et successivement celle des ranons"^^*^' parties avec lesquelles elle se trouve confondue. Cette perforation conduit la bile, soit dans la cavité de quelqu*uii des viscères de l'abdomen, soit vers la surface de cette même» capacité. Il arrive donc quelquefois qu'un abcès se manifeste à l'extérieur, plus ou moins près du lieu où l'on a reconnu la tumeur cystique, et que , lors de sou ouverture spontanée ou artificielle, il s'en écoule des proportions variables de pus et de bile, quelquefois même des concrétions biliaires. Il est rare que les accidens se renouvellent après.que la bile

Chap.III. s'est pratiqué de la sorte une voie nouvelle, à

Des corps . n ^ • i • ai

étraiig.piov. moins que 1 ouverture fistuleuse qui lui succède ^Excllalns vienne à s'oblitérer, ce qui ne peut jamais retenues. arriver que pour peu de temps, et jusqu'à ce

qu'une nouvelle irruption de Lile ait pu rompre

la cicatrice.

Diagnostic Quelques traits du tableau que nous venons de

de la iclen- a

tiçn de la tracer rendent assez facile le diagnostic delà rétention de la bile ; la forme %l la mobilité de la tumeur méritent surtout la plus grande considération* Mais lorsque, dans des attaques précédentes de .colique hépatique, la vésicule du foie a contracté des adhérences avec la paroi correspondante de l'abdomen, il peut être difficile de décider si la tumeur appartient à cette même ■ paroi ou à quelque viscère. Quant aux variations du volume de la tumeur cystique, il est difficile de les constater pendant la durée» des accidens, à moins de la surprendre dans le moment de son * évacuation .vers l'intestin ; ce qui est arrivé à tjuelques praticiens , et ce qui a servi à les préserver d'une erreur funeste. Mais ce qui doit surtout fixer l'attention, et ce qui est vraiment caractéristique dans l'afTection qui nous occupe-, c'est l'ensemble des grands phénomènes qui l accompagnent : cette succession plus ou moins rapide d'attaquçs de colique hépatique , lorsque d'ailleurs on peut constater l'existence d'une lumèur à l'hypocondre, ne permet pas de douter de la nature de la maladie.

Mal-ré les apparences contraires, il n'é'st pas Cmap.iii.

^ / • 1 1 1 '1 corps

très-difficile de distinguer la rétention de la bile , arang.prov. des abcès du foie : ces derniers sont la consé- '^^jJ.'J^j^'/.J',''; quence d'une inflammation dont les symptômes retenues. ; ne peuvent pas avoir â,é équivoques. Une seule I période de symptômes d'ifritation a précédé Hon de la : Tappantionde la tumeur^ et s il y a eu, depuis abcès du

ce dernier phénomène, nne rémission sensible 1 dans les accidens , ils n'ont pas complètement disparu : la fièvre, par exemple, n'a pas' cessé de se faire remarquer, quel que soit le temps qui : s'est écoulé entre l'état aigu de la inaladie et l'apparition de la tumeur. Mais quand bien même ceLLe distinction serait moins facile , nous verrons

;eae ^j..^^.^^^.^.. ^.^...^ .^^..^ ,

bijfctôt qu'il n'en résulterait aucun inconvénient.

Il n'est pas au pouvoir de l'art de lever Voj^s- imiications. tacle qui s'opposa à l'écoulement de la bile j on ne peut même pas apprendre avec certitude quelle est la nature de l'embarras. Tant que l'on ne jieut avoit" que cet objet en vue, on ne peut employer que les moyens généraux propres à calmer l'irri,tation , à prévenir ou combattre l'inflammation , • à diminuer le spasme et modérer la sensibilité», à relâcher les solides , à favoriser en un mot la détente , au moyen de laquelle la bile jDeut s'écouler de nouveau vers l'intestin. La seule circonstance dans laquelle la chirurgie puisse administrer des secours promptement efficaces , est ceîle où ayant atquis la certitude d'une adhérence suffisamment étendue entre la vésicule et les parois

Chap. III. de l'aLdomen, on peut en toute sûreté pénétrer ctraoK.prov! jusqu'à la collection de bile retenue, et procéder du d.'inhis. ^ l'évacuation de cette humeur. Mais l'immoLilité

±,xc relions

retenues. de la tumcur ne suffit p|s pour établir solidement cette partie du diaguostic : d'un côté, une adhérence très-Lorilée peut assujétir la vésicule tout aussi bien qu'une adhérence beaucoup plus étendue. D'un autre côté, sans aucune espèce d'adhésion, la tumeur peut être invari^iblement fixée par le seul effet du spasme des muscles ab- • dominaux, qui accompagne toujours les accès de' colique hépatique. Cependant, une perforation de la vésicule, qui ne tomberait pas sur un point d'adhérence solide avec les parois du bas-vefl|fre,. serait infailliblement mortelle, à cause de^iép^chement de bile qui ne manquerait pas d'en résulter. Ces motifs conduisent à la règle invariable de ne jamais toucher à la tumeur formée ^ pailla vésicule distendue, à moins qu'une inflammation manifeste des parois du ventre et même des tégumens ne prouve clairement qu'il s'est fait une ulcération de ce côté, et que la bile accu'Vnulée a pris cette direction. On 'voit que ce • précepte est absolument le même que celui que nous avons, établi ailleurs touchant l'ouvertur des abcès du 'foie. Au reste , on sent bien que l'on verture de la tumeur formée par la vésicule dis tendue doit rester fistuleuse, à moins que la ré tention de la bile ayaiit été occasioffée par un concré tion,^ cette derurière ne puisse être extraite.

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