DES CORPS ÉTRANGERS ORGANIQUES, OU PROCRÉÉS PAR LES ACTES DE LA VIE
Des corps organisés insolites qui troublent quelque fonction, ou quelques-uns de ceux qui sont entrés dans le plan de la nature, mais qui, d'après ce même plan, doivent, au bout d'un temps déterminé , être séparés de l'individu qui leur a donné naissance, peuvent constituer autant de corps étrangers dont la présence est plus ou moins à craindre, et dont l'art peut accomplir l'extraction. Nous rangeons dans cette classe le fœtiLS et les secondiiies , au terme ou dans la durée de la gestation utérine j l'espèce particulière de ver connu sous le nom à!hjdatide ; les corps organiques articulaires ^ connus sous le nom de concrétions. Comme on le voit, cette classe de corps étrangers ne comprend que des substances solides.
ARTICLE PREMIER
Du Fœtus et des Secondines ^ au terme ou pendant la durée de la gestation utérine.
La conception, la gestation utérine, l'accouchement ou l'expidsion de Tenfani et des secondines II. 18
Chap.iv. au terme naturel de la grossesse, au septième ou
Des corps • ^ ^ . i» i? a
étiaug. or- neuvième mois, sont autant ci actes d une même giini([iies. l'onction dont la nature a garanti l'accomplisse-
JUu Jœtus ^ 1
etdessecon- meut avec Une prévoyancc admirable et les soins les plus ingénieux. Dans l'ordre naturel, ce produit de la conception ne saurait fatiguer l'utérus pendant tout le cours de la gestation, ou pendant l'acte qui la termine , quelque orageux que ce
Circonstan- dernier paraisse : mais que les adhérences du
ces dans les- - , . .
quelles le placeiita ct ses rapports avec la matrice soient ^o°fception^ notablement altérés,- que l'enfant cesse de vivre, devient un gQ^^ p^j> causes propres , soit par la rupture
corps etran- ... .
ger. du cordon ombilical, soit par quelque accident
relatif au placenta , soît enfin par quelque circonstance dépendante de la mère^ que sa position au moment de l'accouchement ne soit pas naturelle et propre à favoriser l'accomplissement de cette fonction ; que cette dernière soit rendue impossible, difficile, ou seulement plus lente, par quelque défaut de rapports de la part du bassin^ des parties sexuelles de la mère , ou de quelque partie de l'enfant : dans toutes ces circonstances, la totalité du produit de la conception devient un corps étranger des plus dangereux. Dans tous ces cas aussi, l'art doit aller au-devant du danger ou le combattre, soit en favorisant l'expulsion de ce même corps étranger, soit en accomplissant son extraction. Pour remplir cette double indication générale et commune à tous les. accouchemens appelés contre nature , il im-»
porte de connaître exactemeut le mécanisme de Ghap.iv.
A , Des corps
raccouchement naturel , car c'est a ce prototype ^
trarig. or-
qu'îl s'agit de ramener tous les cas de cette espèce ^"'j)'^ y^f„, aui s'écartent de la marche ordinaire. etdessecon-
L ames.
§. l'i". Mécanisme de V Accouchement naturel. Le volume et l'attitude de l'enfant, le déve- Condition?
de 1 accou-
lopperaent des diverses parties de son corps, la diement naquanlité de liquide qui l'entoure , l'extensibilité , de la matrice , la position de ce même organe , le lieu de l'insertion du placenta, la forme et leS dimensions intérieures du bassin, l'extensibilité et la forme des parties sexuelles, tout est disposé de manière à régler la marche de l'accouchement, et à rendre l'accomplissement de cette fonclion le plus sûr et le plus facile qu'il est possible.
1°. Pendant les trois premiers mois délaces- Volume de
. 1 T . l'enfant, et
tation , il existe nue grande disproportion entre ses ra^iports le volume du corps de l'enfant et la capacité de ^^^^^ * Tespace qui le contient j il flotte librement dans line très-grande quantité de liquide, et rien ne fixe encore la position qu'il doit garder dans la suite : mais dès le quatrième mois, son volume est déjà suffisant pour que la masse qu'il représente soit supérieure , dans son axe principal, aux dimensions horizontales de la cavité iilérine. Or, le corps de l'enfant contracte , dès le premier moment, une attitude telle que la tête et le tronc sont inclinés vers la région antérieure ; lea .
Chap.iv. inemLres abdominaux sont fléchis, et groupés . ëtrInV°ol-- ^^'^^^ tronc; les membres pecto-
gaiiiquo.s. raux , également fléchis , occupent , devant le
Du fœtus ^ o ^ , . .
etciessecon- thorax , l'espacc intermédiaire entre la face et les genoux. A la faveur d'une telle disposition , la masse de l'enfant représente une ovoïde dont la tête occupe la petite extrémité ; et c'est le grand axe de cette masse, qui se mesure de la tête aux fesses, qui dépasse déjà l'étendue horizontaie de la cavité utérine. Cependant le volume et le poids . de la tête , qui, dans toute la durée de l'enfance, surpassent de beaucoup la 'proportion des autres parties , ramènent et fixent celle-là vers le bas de la cavité de l'utérus ; ce qui établit des rapports géométriques entre la forme et la position du. corps de Tenfant, et les dispositions de la ma-, trice. Cette dernière, dans les progrès de son développement, prend et conserve une forme en • tout semblable : en sorte que le grand axe de la •cavité et celui du solide qu'elle renferme se trouvent parallèles, et que, malgré la mobilité que les eaux de Vaninios conservent à l'enfant, il n'a pas la liberté d'exécuter de grands cliaugemeus de position, auxquels la forme et les dimensions de la matrice s'opposeraient.
Développe- 2°. En vertu d'une loi primordiale , en se prêtnerit de k tant aux actcs de î'iucubation et de la nutrition
matnce.
du fœtus, l'utérus se développe progressivement dans des jyroporiions conformes aux progrès du déJï'eloppement du corps de l'eufaut ; et cette;
fonction de la matrice s'accomplit sans effort ^^ap IV.
■ , Des corps
mécanique de distension, sans violence, du moins ^trang. or-
^ 1 1 1 /■ • 1? * cani(iiies.
susceptible de démonstration, tant que 1 accrois- ° oi jœius sèment du corps de l'enfant n'est pas complet, ^^i-l^^^"^'^^^' ou que l'ordre naturel n'est pas troublé. Mais il semble que, dans ces deux derniers cas, ou l'extensibilité de la matrice est portée à son comble, et toute nouvelle augmentation de la masse contenue doit exciter la contractilité de l'organe et le développement d'un nouvel ordre de fonctions \ ou bien que les conditions de la matrice étant changées par un accident, le moment de la fonction par laquelle elle doit se délivrer de son fardeau est anticipé , parce que celle qui avait lieu auparavant* est devenue impossible.
3°. Le point de la matrice auquel se fait l'in- Situation
. . ordinaire du
sertion du placenta est presque toujours plus ou placenta, moins éloigné de l'orilice, la seule issue par laquelle l'enfant puisse être expulsé à l'époque de sa maturité. Or, le fœtus devait vivre par faction des organes de la mère jusqu'après leur séparation mutuelle, et l'on voit, par les exemples rares d'insertion du placenta sur l'orifice de la matrice, que cette disposition est propre à rendre périlleux le dernier temps de la gestation, à gêner le développement préparatoire du col et de l'orifice de l'utérus , et à susciter des dangers et des dilTicultés pour le moment de l'accouchement. Disposition 4"- De la réunion des trois principales pièces ^taïinet" osseuses qui coustituent le bassin, il résulte un «^f organes
générateurs.
Chap.IV. canal fortement recourbé en devant sur sa lonéirniV^oï- gweur , dont l'orifice supérieur se rapproche de ^""'nTjoptus forme triangulaire , tandis que l'inférieur a la etdessecon- forme d'uuc clIipsc, dont le grand diamètre est dirigé de derrière en devant. La courbure de ce conduit est telle , que l'axe de chacun de ses ori-^ ^ fices se dirige obliquement en devant, mais le
supérieur en haut et l'inférieur en bas, eu s'inclinant à -peu-près également par rapport à l'horizon, en supposant l'attitude debout. D'un autre côté , la matrice , développée par la grossesse , et la disposition des parties sexuelles , constituent de part et d'autre une suite assez correcte des formes du bassin. En effet, la matrice se développe et s'élève dans l'abdomen en suivant la direction de l'axe supérieur du bassin , ou en s'inclinant un peu plus vers l'horizon. Le vagin est une continuation évidente de la courbure du bassin, et la vulve qui termine ce prolongement sous la forme d'une fente verticale, correspond ainsi à l'ellipse antéro-postérieure que présente l'orifice inférieur du conduit osseux. On peut donc considérer l'ensemble de ces parties , au terme de la gestation, comme un canal continu, fortement et uniformément recourbé en devant dans sa moitié inférieure, moins recourbé dans le même sens dans sa moitié supérieure, dont la vulve est l'orifice, et dont l'extrémité supérieure de la matrice constitue le fond. Le point intermédiaire , formé par le bassin , » seul des dimen-^
DES CORPS. ÉTRA-NGERS. '2/9
sîons invariables ^ tout le reste esl; susceiptible Chap.iv:
. , Des corps
d'une i^rande extension. Cette dernière remarque étranj;. or-t
doit faire attacher un grand intérêt à la connais-
sance exacte des dimensions et de la forme du etdessecon-
aines.
bassin j et à celles des parties les plus volumineuses de l'enfant.
5°. La saillie que la base de l'os sacrum forme Forme et
, . j 11- dimensions
dans le point postérieur du contour du bassin, du bassin, altère un peu la forme triangulaire de l'orifice supérieur de ce conduit, appelé détroit abdominal. 11 s'ensuit que la distance qui sépare cette même saillie et la région pubieiiiie qui lui est opposée , est réduite à quatre pouces; que , cpioiqu'on trouvé cinq pouces d'un côté à l'autre du bassin, la ligne qui marque ce diamètre ti'anspe/'^a/ passe trop près de la saillie postérieure pour que ce même diamètre puisse être fort utile dans l'accoucliement j qu'en traçant une ligne qui passe par le centre du bassin , et dont les extrémités tombent , d'une part , sur l'un des angles latéraux du détroit abdominal, de l'autre, entre l'angle latéral opposé et l'angle antérieur, c'est-à-dire devant la symphyse sacro - iliaque gauche et sur l'éminence pectinée du côté droit, et vice versa, on trouve un espace de quatre pouces et demi. Deux lignes semblables peuvent être tracées sur le détroit supérieur du bassin ; et comme en passant par le centre de ce même détroit ces lignes se trouvent à la plus grande distance possible de la saillie formée par lé sacrum.
C11A.P. IV. [\ s'ensuit que les diamètres les plus étendus du ëtrarig.*'°c)r- dctroit abdominal sont les deux diamètres obli- ^^z>!'"/Lu* '^^''<^^j> c'est-à-dire ceux qui tiennent le milieu etdcssecon pour la grandeur absolue, parce qu'ils ne sont
dines. ^ . , ,
pas interceptes par la saillie sacrée.
L'oriiice inférieur du bassin, appelé détroit périnéal, est formé, d'un côté à l'autre, par la portion des os des hanches appelée ischion^ et par les ligamens sacro-ischiaticjues. La distance qui sépare ces parties dans le sens transversal, est le plus souvent de quatre pouces et demi. Dans le sens opposé , ce même détroit est formé en devant par le concours des os pubis , lesquels , dans l'homme , forment entre eux un angle assez aigu, mais qui, dans la femme , s'articulent en formant une arcade, un cintre régulier et assez ouvert pour recevoir un corps fort volumineux. Le diamètre antéro-postérieur du détroit périnéal du bassin est terminé en arrière par la pointe du coccjx , et en cet état on mesure ordinairement plus de cinq pouces entre ce point et le bas de la symphyse des os pubis ; mais, d'ailleurs, le coccyx est mobile , et peut être facilement éloigné de la cavité pelvienne ; ce qui peut augmenter d'autant l'étendue de cette dernière , dans le sens dont il s'agit.
Dimensions (S^. L'enfant n'est point expulsé de la matrice
de la tête de n • 1 ^-i i . ^'^ „ '
l'enfant. en couservaut 1 attitude qu u garde tant qu il séjourne dans la cavité de cet organe; il se déploie entièrement, et les diverses parties de son corps
DES CORPS ÉTRANGERS. 28l
franchissent successivement le détroit, l'espèce Chap.iv.
Des corps
de résistance annulaire que le hassm leur op- étraiig. orpose. Il suffit donc de chercher les dimensions des parties les plus volumineuses du corps de ^^^^^ l'enfant , pour trouver les rapports géométriques sur lesquels est fondé le mécanisme de l'accouchement. On trouve assez d'uniformité dans le développement et la forme de la tête du fœtus au terme ordinaire de la gestation , pour pouvoir établir à cet égard des données moyennes. Ainsi la tête est allongée du menton vers la fontanelle occipitale j et dans ce sens , appelé diamètre oblique ou diagonal, on trouve environ cinq pouces et demi. La saillie formée par la région frontale peut être prise pour l'extrémité d'un second diamètre, qui se termine à l'occiput : il est connu sous le nom à^antéro-postérieur , et pjesente environ quatre pouces et demi. Un troisième diamètre, do^^^^k. vertical, et un quatrième, nommé transversal , se mesurent, le premier, de la fontanelle sagittale à la nuque ; le second , de l'une à l'autre bosse pariétale : chaoun a trois pouces et demi d'étendue. D'après ce que nous SituatioB
d. j 1 . . , , !• • 1 ordinaire de
it de la position la plus ordinaire du fœtus, l'enfant.
dès le moment où son volume et son poids deviennent considérables,, on conçoit que la tête et la région occipitale de cette partie doivent correspondre le plus souvent à la partie la plus déclive de la matrice , c'est-à-dire à l'ouverture par laquelle l'accouchement doit s'accomplir. \
Chap.TV.
ÎDes C0I11S étraiig. organiques.
Du Jœtus etdes secoiidines.
Formes et dimensions cl a siège de l'enfant.
Liqueur de l'amaios.
L'observation prouve, d'un autre côté, que c'est ce même point du corps de l'enfant qui, dans la plupart des cas , se présente le premier dans l'acte de son expulsion ; c'est-à-dire que l'occiput , qui correspond à l'extrémité supérieure du diamètre ■diagonal de la tête , et qui d'ailleurs a une forme à-peu-près conique, s'engage le premier dans le canal par lequel l'enfant doit être expulsé. Le diamètre vertical et le transversal sont donc les seuls qui puissent alors^se présenter de front aux diamètres du bassin; et, d'aprèâ ce que nous avons dit des uns et des autres, on voit que l'étendue des deiniers doit se trouver supérieure à celle des premiers, et que, dans cet état de choses, l'expulsion de l'enfant devrait avoir lieu sans résistance, si n'était l'espace occupé par les organes contenus dans le bassin , et la dilatation nécessaire des parties molles.
- Il n'est qu'un autre point du corps de l'enfant qui puisse être comparé à la tête pour le volume : c'est le siège , les membres abdominaux étant extrêmement fléchis et placés devant le bas-ventre. Cette masse peut se présenter la première à l'orifice de la matrice ; mais , quel que soit le désavantage de sa forme comparée à celle de l'occiput, la. souplesse et la compressibilité des parties molles qui constituent presque en entier cette* même partie , balancent les inconvéniens du vokime et de la configuration.