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tendre , et va porter l’effroi au château des Tuileries : voyons ce qui s’y passe.
Le danger était prévu depuis si loslg- temps ) que la cour avait pu {prendre tous les moyens de défense qui étaient encore à sa disposition.
Tout son espoir était dans les gardessuisses : on s’était attaché , par des caresses et par des libéralités^ à porter leur fidélité jusqu’au plus héroïque dévouement. L’assemblée avait voulu enlever ce secoui^ au roi ; elle avait ordonné que la garde suisse s’éloignât de Paris. Les ministres avaient saisi différens prétextes pour reculer l’exécution de cet ordre; mais ils n’avaient pas osé faire arriver à Paris la moitié de ce corps qui était à Courbevoie 9 tant en redoutait de justifier les alarmes
SE LA RÉyOLüTION EBANÇi
du peuple sur les préparatifs hostiles de la cour. On regrettait actuellement d’avoir ,eu cet excès de timidité. Les cours et les postés princi-^ paux des Tuileries étaient occupés par trois ou quatre cents Suisses.
Avant même que le tocsin sonnât , quelques compagnies de grenadiers de la garde nationale étaient accourues au château : on y distinguait particulièrement ceux dë la section des Filles-Saint-Thomas. Ils étaient animés du désir de^prouver dans ce jour leur zèle pour le roi ^ et de vengerlamortde Duhamel. L’intérieur du château était encore rempli par sept à huit cents royalistes, qui avaient dédaigné de se faire inscrire dans la garde nationale , et qui , réunis à elle , eussent été d’un plus grand secours pour le roi. Chacun
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5oO PRÉCIS HISTORiQtfc
d’eux s’était armé de sabres , defu** sils et de pistolets. On remarquait parmi eux beaucoup d’anciens mi* litaires, ce qui restait encore de l’ancienne garde du roi , et quelques soldats de la garde constitutionnelle que l’assemblée avait licenciée. Le roi reconnut avec attendrissement plusieurs de ceux qui avaient eu autrefois les grades les plus élevés*
Le vieux maréchal de Mailly parut , et sur-le-champ un vœu unanime lui déféra le commandement de la troupe des gentilshommes ; c’est le nom qu’elle se donnait. Cependant leur destination restait encore incertaine ; leur mouvement tumultueux , la diversité de leurs armes • ne permettait pas même une organisation. Ils entouraient la famille royale et semblaient trouver leur
BÊ LA. RÉVOLUTION FRANÇ. 5oi consolation à lui donner le dernier témoignage d’amour et de fidélité.
L’étiquette de la cour fut presque, conservée au château dans cette nuit ‘ désastreuse. On fiattait le roi d’une victoire certaine : mais la consternation qui était au fond de son âme se laissait lire sur son visage. Tout cet appareil nouveau sollicitait de lui des résolutions courageuses qui n’étaient point dans son caractère , qu’il n’osdit prendre" contre des Français , et que les périls de tous les siens venaient ébranler. La reine,
au contraire , montrait de la sérénité, du courage. Des flots de courtisans se pressaient encore autour d’elle pour lui faire entendre à chaque instant combien ils^admiraient sa magnanime confiance. Cependant les gardes nationaux murmu- .
5oa MÉCIS HISTOIUQTJE
raient de voir se mêler parmi eux .une’ troupe dans laquelle iîs ne voyaient que d’opiniâtres ennemis de ta révolution. Élèves de Lafayette, ces grenadiers auraient cru faire un crime si , en défendant le roi , ils avaient mis la constitution en danger. Ils s’offensaient ausM de ce que la troupe des gentilshommes recevait de la^fàmille royale plus de témoignages de confiance qu’on ne • ' leifr en montrait. La reine vit avec alarme cette disposition fâcheuse des ’ esprits; elle fit tout pour la calmer.
' « Point d’ombrage, disait-elle^ point « de défiance entre ceux qu’unissent des sentimens si généreux.
« Ces messieurs ont droit , par leur « zèle , à courir les mêmes dangers « qùe vous ; vous les verrez soumis « aux ordre» qui leur seront donnés.
DE LA RÉVOLUTION FRANÇ. 3o3
« Jamais les lois ne leur furent plus a sacrées que dans ce moment où ils « viennent les défendre contre des - « furieux ; ils brûlent de mourir pour « le roi , et vous savez que la desti- « née de tout ce qui vous est cher «est aujourd’hui attachée à la sien- i « ne. » Ainsi parlait la reine ; et les regards que ‘chacun tournait vers cette malheureuse famille contri-^ huaient autant que ses discours à calmer les divisions de ses défenseurs. Madame Élisabeth , en proie aux ^lus vives alarmes, se contraignait assez, pour exprimer et pour inspirer la confiance. Dans un moment d’enthousiasme, il. fut proposé de ne pas se tenir sur la défensive , d’aller au-devant des insurgés, de couper en différens endroits leurs colonnes , et de les faire poursuivre
DE tA. RÉVOLDTION FBANÇ. So^,
« criait-on '^de toutes parts ; qu’il a vienne enflammer* le zèle de ces « compagnies de gardes nationales « qui accourent pour sa défense , et « qui déjà remplissent le jardin et « les cours. » Louis se mît en marche pour cette revue»; il ne s’y présentait point avec cet air d’intrépidité que demandait l’excès de ses périls. Il était accompagné de Rœderer , de deux autres membres du département , de quelques-uns de ses ministres , et de plusieurs militaires. Il trouva au premier poste les compagnies les plus aflidées , qui le reçurent avec acclamation ; mais à mesure qu’il s’avança vers de nouveaux bataillons 5 un morne silence le glaça d’épouvante. Bientôt derrière lui des murmures éclatèrent;
il entendit retentir tous ces mots que
5oS PRÉCIS HISTOBIQU® aes-iournalistes sans frein et sans pudeùr avaient appris au peuple.
Beux bataUlons du fanbourg.Samt- Marceau venaient d’arriver : quand le roi passa devant eux , il ne put se croire en
surtout éclatèrent en menaces; interpelés s’Us défendraient le roi , pour toute réponse, les uns affectaient de vider la charge de leurs canons , les autres les dirigèrent contre le château même. Bientôt le roi n’osa plus continuer cette fatale reVue. En revoyant sa famille , le peu de force qui lui reste paraît l’abandonner.
Tout se tait, tout est morne dans le château ; les sinistres pressentiroeris ont succédé aux bruyantes acclamations. « "Voilà donc , s écrie « Louis, les défenseurs que je puis « opposer à cette multitude de fu-
BE Li BÉVOIUTION FRANÇ. 3o5 château , et peignaient les dangers toujours croissans. Pétion y parut; un cri mêlé d’horreur et de joie s’éleva à son aspect : on s’écria quïl fallait se saisir d’un homme si cher au peuple, et le faire servir d’otage pour les jours du roi. Cet avis fut généralement adopté , et Pétion fut gardé au château. ’On ignorait avec quelle facilité les principaux conjurés eussent sacrifié un homme qui leur était déjà odieux. On cessa bientôt de'prodiguer les outrages à c^t important prisonnier ; on songea à en tirer parti d’une manière plus utile.
On lui proposa de signer un ordre aux troupes de repousser la force par la force : il fit une faible résistance ; il signa. Jamais il ne put se justifier aux yeux du parti vainqueur de cette condescendance , qui
DE ii alfevoiDnoN fraïïç. ,
t rieux quî s’avancent ï mes ‘ plus € mortels ennemis veillent à la porte « de mon palais. » Il consulte Rœ- .
derer , qui a été témoin, de la revue il le conjure d’indiquer un moyen de salut. Celui-ci ouvre alors le conseil d’abandonner le projet d’une défense inutile qui livre les jours du roi à la catastrophe la plus terrible , la plus inévitable : -f|r«Qni peut pi^- « voir, dit-îi , où s’arrêtera la furet»
« des insurgés, irrités par une résié^’ « tance ? Je vois de tous côtés des « canons prêts à foudroyer le châ- « teau ; il sera bientôt leur conquête ;
« le roi et sa famille seront , ou leurs « captifs , ou leurs victimes. Il n’est ec plus qu’un asile où les jours du roi « puissent encore être en sûreté, c^est « rassemblée nationale. — Eh quoi!
< dit Louis, tous les fauteurs de l’in-
3 1 0 P&éciS HISTORIQUE
a surreçljon n’y dominent-ils pas f « — Quels que soient leurs opinions - « et leurs sentîmens , répond Roe- « derer , il n’eu est aucun qui ne fré- « misse d’une catastrophe tragique « dont il est impossible de calculer « les suites désastreuses ; ils vous € rendront grâces de l’avoir évitée.
« — Puissent-ils se souvenir , dit « Louis, que i^l sacrifice -ne m’a « jamais coûté pour empêcher, l’efc fusion du sang! Je me rends à.
' « voire avis , j’irai à l’assemblée avec « toute ma famille ; du moins mes « alarmes pour elle seront moins « vives. » 'Marie-Antoinette , qu’on a représentée comme indignée 4® cette résolution , la reçut- au con*traire avec empressement. Madame Élisabeth , elle seule , s’approcha de Rœderer, et lui dit d’un son de voix
»E lA BÉVOmmON VBANÇ. ^ 1 1
trèS'ému : « Répondez-vous, monc sieur, des suites du conseil que c vous venez de donner au roi ? ré> c pondez-vous de ses jours ? —
■ réponds , madame , de le mener « au lieu où U y a le moins de péril c pour lui. »
On apprit au château avec une consternation muette la nouvelle du départ du roi et de sa famille pour rassemblée nationale.. On leur avait vu donner à cette résolution un si prompt assentiment , que nulle voix ne s’éleva d’abord pour les en dé-?
tourner. En s’éloignant de ceux qui s’offraient à mourir pour lui , Louis parut éprouver vivement le regret de les abandonner. Le reproché secret qu’il se faisait à cet égard acheva sans doute de troubler ses esprits ; il n’osait plus interroger personne,
5i 2 PBéciS BISTpBIQtB
prévoir aucun événement, ordonner aucui^e mesure. Nul n’osa lui dire :
£t nous, quelle sera notre destinée?
où est notre refuge ? atteudronsnous? combattrons -nous pour -le monarque absent ? et Louis n’osa pas même y songer ! La reine , pour calmer la douleur de ceux, quitl’entouraient, leur dit d’un ton affectueux : Nous reviendrons 'bientôt; et, dans le fond de son cœur, chacun se disait : Non , ils ne reviendront pas au palais de leurs pères.
Ce départ n’était pas sans danger.
Là revue avait manifesté par quelle foule ennemie, le jardin des Tuileries était occupé. 11 fallut priver le château d’une partie de ses défenseurs les plus intrépides pour les faire servir d’escorte au roi. On choisit un détachement des gardes suisses
DE ti RÉVOUJTIOW PRANÇ. 3l5
et des grenadiers de la section des Filles-Saint- Thomas pour ce court et périlleux trajet. Le jardin retentit de cris épouvantables quand, on vit le roi et sa famille s’avancer vers l’assemblée à travers une double haie.
La mort ! ta mort ! s’écriaient des hommes féroces qui s’approchaient avec des gestes furieux. L’escorte, en les repoussant , craignait encore d’irriter leur rage. Il y eût un moment où la foule se porta sur les pas de Louis avec tant de violence , que la marche fut arrêtée.' Une députation de plusieurs membres de l’assemblée vint au-devant du roi.
Rœderer le précède , et demande de faire entrer les gardes nationaux qui ont servi de cortège : on écarte cette proposition comme inconstitutionnelle. a L’amour du peuple , dit un
3i4 PA£CIS B1ST0B1QUB
a député nommé Duiiem*, doit être « la seule garde du corps législatif. »
Le roi eqtra eufîn ; il était suivi de la reine , de madame Élisabeth , de Madame royale, de madame deTourzel, de deux autres dames de la cour , compagnes fidèles de la reine ; un grenadier portait le prince royal.
Le sentiment du respect pour un si grand malheur se manifesta d*abord dans les âmes les plus farouches à l*aspect des augustes supplians. Le roi avait repris du calme en entrant dans rassemblée ; il se plaça à côté du président , et il dit : « Messieurs, « je suis venu ici pour prévenir un e grand crinie ; je me croirai tou- « jours en sûreté avec ma famille a au milieu des représentans de la « nation; j’y passerai la journée. »
— « Sire, répondit Vergniaud, qui
, SE LA ftÉVOLVTlON FRANÇ. 5lS' « présidait alor»^ l'assemblée natio- « nale counait tous ses devoirs ; elle « regarde comme tin des plus chers.
« le maintien de toutes les autorités « constituées. Elle demeurera ferme « à son poste; nous saurons tous y « mourir. »
Cette réponse de Vérgniaud aunonce que son parti croyait avoir recueilli de l'insurrection tout l’effet qu'il en attendait. Voilà le terme oü les girondins voulaient s'arrêter; comme s'il eût été en leur pouvoil^ de déchaîner et de calmer à leur gré les fureurs p(q>ulaires !
La première impression de pitié dura peu. Un député fit l'observation ironique et barbare qne l’assemblée ne pouvait délibérer en présence du roi. La constitution fut d'abord, in-»voquée par ceux qui , depuis si long'*
ftE IiA.RÉVOUnriON FBiNÇ. 3^9 furie déchire de ses mains un jeune homme nommé Suleau , dont la plume satirique .avait souvent ré> pandu sur elle le ridicule et Thorreur. Ou porte sur des piques la tête de ces malheureux.
. Presqu^eo même temps Mandat fut frappé du coup mortel. Nous avons vu qu’il était d’avis de ne point laisser commencer aux insurgés leur attaque^ On interçepta un ordre qu’il faisait donner à différens postes de couper la« communication entre les insurgés par les ponts.
Cet ordre fut porté à la municipalité ; elle somnaa le commandant de la garde nationale de rendre surle-champ à l’Hôtel-de-ville. C’était priver le chdteaii de l’homme qui lui était le plus nécessaire. Mandat fut sans déüanpe ; il se i^endlt à cet
520 PRÉCIS HISTORIQTIE *
ordre. Les officiers municipaux n^avaient eu d’autre objet que d’empécher l’effusion du sang ; ils espéraient , ou que l’insurrection n’en ferait pas répandre , ou qu’elle pourrait encore se calmer. Déjà ils s’occupaient de sauver Mandat ; il sortait libre de l’Hôlel-de-ville, lorsque toutàcoupentt*e une nouvelle municipalité qui venait expulser celle>ci.
Son premier acte est d’arrêter Mandat ; le second est de le faire mas- ' sacrer sur les naarches de l’Hôtelde-ville. On dépouille son cadavre ; on visite ses papiers ; ou y trouve l’ordre signé par Pétion de repousser la force par la force. Pétion arrive peu de.' temps après : la nouvelle Commune , qui déjà a juré sa perte, se garde bien en ce moment d’attaquer sa popularité. Elle dissimule ;
M Lk REVOITITION FBAirÇ.
queurs.' Déjà ils avatent envoyé plusieurs de leurs compagnons affidés autour du' château mais ils leur' avaient prescrit de ne point commencer l’attaque , de répandre seulement la confusion et l’épouvante.
Leurs émissaires erraient dans tous les quartiers, et faisaient circuler des bruits artificieux , puiatans sur l’imagination du peuple. L’aube du jour éclaira deux meurtres qui commencèrent la longue scène de carnage. Quelques partisans de la cour avaient passé une partie de la nuit à observer autour du château ; ils étaient armés de pistolets et d’épées, ce qui ne devait point les faire remarquer , car peu de citoyens étaient sans armes. Une patrouille de gardés nationales les arrête ,^les interroge > les enferme dans un corps-de-gardè.
DE LA. RÉVOtmON PRARÇ. Ssi elle le comble de témoignages d’intérêt ; elle feint de. craindre, qu’un homme si précieux n’ait encore des dangers à courir; et sous ce prétexte, . elle le condamne à l’inertie ; elle lé tient prisonnier.
Cette subite création d.’une nouvelle commune était l’ouvrage de- Danton et de Robespierre; ils avaient eu soin de la composer d’hommes qui avaient avec eux une sinistre analogie. Ils avaient couvert d’un si profond secret cette combinaison , que les girondins ne purent en avoir connaissance ni empêcher là création du pouvoir monstrueux qui devait les anéantir.
. La nouvelle commune agit et parle en souveraine ; elle concentre , elle régularise tous les mouvemens de l^iDSurrectiûn. Quand elle apprit que
523 ‘ PRÉCIS HISTORIQüB
le roi avait ^té chercher un refuge, au milieu dç l’assemblée , elle s’indigna de ce que sa proie lui était ravie, et elle pressa l’attaque avec plu»
d’activité, tléjà tout s’ébranle , tout .
est en marche j les Marseillais sont à la tête des immenses colonnes de rinsurrection. Le^ volontaires de Brest marchent après eux; cette, troupe est.animée du mênie esprit 9 .
mais elle a moins de férocité dan», son courage que les Marseillais.
Quelques autres compagnies de fédérés les suivent ; ,1e reste de cette armée n’oflfre qu’une multitude sans ordre , et qui s’embarrasse dans tous sesmouvemens. Elle n’a pour armes que des piques, terribles après la victoire, mais inutiles dans le combat. La véritable force dps assaillans consiste dans leurs canons. Depuis
DË Ik B£VOi.imON FftANÇ.
le i4 juillet , çhaq.ue sectrt>n de Paris avait voulu en avoir. Plusieurs jeunes gens avaient acquis une assez grande habileté dans cet exercice; Pétion avait composé un corps de canonniers , qui depuis plusieurs mois était imbu. des. maximes de Pinsurrection , et qui fit long-temps la terreur de la capitale.
Les insurgés avaient rencontré au ' Pont-Neuf un poste qui avait tenté un moment de mettre . obstacle à leur passage : cette tentative mal soutenue coûta la vie au commandant de ce poste , nommé Carie. La marche fut rapide ; elle était animée par ce chant de guerre qui fut nommé Vhymne Matseiiiaise. En s’appro- , chant du chàte|ii , les insurgés trouvèrent au Carrousel plusieurs bataillons qui les attendaient ^ impatiens
524 PHÉCIS^HlSTORli)ITE
de se joindre à eux. Le départ du roi avait rendu incertains ceux-mêmes qgi étaient arrivés avec l’intention de le défendre. Lesgéndarines étaient en vain retenus et sollicités par leurs chefs ;ils.éclataienten discours, menaçans côntre la cour, et s’annoncaient déjà comme les auxiliaires des insurgés. Enfin trois cents Suisses et trois cents grenadiers qui avaient accompagné le roi à l’assemblée avaient beaucoup affaibli la défense du château. Cependant ce qui reste des Suisses s’offre encore rangé, devant l’escalier', et fait craindre une vive résistance. A neuf heures du matin , les portes sont forcées, et la .multitude se répand dans les cours.
Les premiers faits ^iii décidèrent l’attaque restent encore voilés pour l'histoire. Suivant les assaillans 9 les
DE tl &ÉVOLÜTION PRANÇ. SaS Suisses usèrent de la plus grande perfidie : ils parurent bien recevoir îes- députés qui venaient leur offrir dé fraterniser avec eux; ils agitaient leurs boünels en signe de conciliation et de paix. A l’aidé de ces démonstrations f ils étaient parvenus à mettre de la confusion dans les rangs des insurgés : un coup de fusi l qui partit des fenêtres du château leur servit dé signal , et ils commencèrent leur' décharge. Suivant les défenseurs du château, les Suisses restèrent immobiles à la proposition qui leur fut faite de 'fraterniser.
Cinq d’entre eux qui défendaient la grille furent massacrés ; et ce fut cette première hostilité qui détermina leurs chefs à exécuter les ordres qu’ils avaient reçus du maire Pétion , de repousser la force parla A. L. jtg
force. Quoi qu'il en soit , .ce fut au pied de l’escalier que s’engagea l’action. La première décharge des Suisses fit reculer la foule épouvantée jusque dans la cour. Tandis qu’une partie fuit en (fésordre , l'autre continue l’attaque. Plusieurs coups de , fusil sont tirés contre les fenêtres du château , et le château y répond.
Troiscoups de canon viennent frapper l’extrémité des toits. Bientôt les Suissesse rangent en bataille dans la cour ; ils font une seconde décharge , et puis un feu. roulant; la fuite est générale. Un grand nombre de Marseilkis et de Bre^ois sont restés sur le champ de bataille.
Quatre pièces de canon sont abandonnées par les insurgés. Toutes les cours sont vides; il ne reste plus rien au Carrousel de la foede qui * \
DE ÎA RÉVOITTION PRANÇ. 52^ l’inondait. Les gendarmes se mêlent aux fuyards , et en écrasent plusieurs. Le peuple les prend pour des ennemis, et leur lance des pierres :
on avait aussi tiré sur eux dés fenêtres du château. Les Suisses n’osent marcher à la poursuite des assaillans qui se dispersent de tous côtés , et qui rentrent jusque dans leurs faubourgs. Les Suisses ont conquis quelques canons , mais qui sont sans affôt et inutiles.
Dans ce court intervalle d’une victoire à la plus terrible défaite , les défenseursdu châteaunevirentpoînt de nouveaux bataillons se joindre à eux. Cefutalors qu’on regretta d’être privé de la présence du roi. On n’avait point d’ôrdres, point de plans , point de forces réèlles. On s’égarait ,
M lA RÉVOirTTOR fRAIfÇ. 53 1
les rangs aucun des premiers fauteurs de l’insurrection. C’était toujours pour eux le moment de délibérer , jamais celui de combattre.
■Westermann dirige une nouvelle attaque ; il distribue avec intelligence Içs nombreux canons qui doivent en faire le succès. Le château est de nouveau investi ; la gendarmerie vient au-devant des insurgés ; elle se mêle à eux ; elle s’emporte contre ses chefs ; elle les expulse ou les arrête. Son exemple entraîne plusieurs bataillons de gardes nationales qur étaient venus pour .défendre le château. Le canon tonne de tous côtés les murailles et les toits sont percés de boulets ; les Suisses se voient enveloppés et se défendent encore ; le feu de leur mousqûe^lerie roule sans interruption ; mais déjà
. 55% PRÉCIS niSTORTQTIB .
Us manquent de cartouches ; deux pièces de canon leur forment une'" vaine défense contre tant de bouches à feu. Le château est emlwasé dans plusieurs parties ; les Marseillais for- .cent le passage ; les Suisses sont déjà divisés en divers pelotons; p^sieurs teignent de leur sang les degrés du palais des rois ; le plus grand nom* bre fuit à travers le jardin ; on les poursuit jusque dans les Champs.- Ëlysées ; la multitude se précipite sur eux , la gendarmerie les envi-r ronne de tous côtés. On les égorge, on mutile leurs cadavres , on porte en trophéesleurs membres sanglans, on lesfalt servir à d'horribles festin^^ Les grenadiers de la section .des Filles7Saint-Thomas se retirent , et ne doivent leur salut qu’à la vengeance qui s'est attachée particuliè-^
. ^ DE là. EÉVOtDTION ERANÇ. SsQ
bruit , la confusion redoublent ; des coups de fusil vienneot frapper jusques aux croisées de la salle. Quelqu’un, s’écrie sommes forcés-
Tous s’agitent ; le président ne peut plus se faire entendre. Les uns veulent aller au-devant du danger , les autres s’y soustraire. « En place , « en place , s’écrie Vergniaud, nous « devons mourir à notre poste. »
On .entoure le roi , on veut qu’il donne de nouveaux ordres, qu’il fasse cesser le feu, et qu’il s’arrache à lui-même la victoire, s’il étaitpossible qu’un si petit nombre de défenseurs la lui conservât. Louis promet tout , signe tout. L’horreur du sang qui coule , plus que la terreur encore , agite ses esprits. Personne ne doutait plus que le triomphe de la cour n’eût été complet , si, dans ce;
rement aux Suisses. Tout ce qui était enfermé au château est poursuivi , la confusion générale favorise les royalistes dans leur fuite. Quelquesuns trouvèrent un refuge dans l’hôtel de l’ambassadeur de Venise, qui ne craignit pas de s’exposer à la fureur du peuple en lui dérobant plusieurs de vses victimes. De ce nombre fut Vioménil, qui, déjà, blessé , se traîna avec peine jusqu’à cet hôtel, La peur invente les déguisemens, les subterfuges, l’un trouve la mort dans le moyen qui a sauvé son compagnon ; bientôt plus d’espoir de salut pour tout ce, qui n’a pu encore sortir du château. Dans les transports d’une rage^ aveugle , tel qui a donné la mort* à plusieurs la reçoit à son tour comme un royaliste déguisé. Le château brûle , et jusquie
dans les flammes le fer atteint le§ victimes. De malheureux domestiques s’étaie’nt cachés dans les cuisines , dans les caves. Parmi eux quelques royalistes étaient venus partager ce dangereux asile : on tire sur eux à travers les soupiraux , les malheureux sont consumés dans des fournaises.
Tandis que la foule s’occupe encore de meurtres èt de pillage , plu- • sieurs des vainqueurs Sont entrés dans l’assemblée Nationale. La nouvelle de leur triomphe est reçue avec mille acclamations. Les menaces et les outrages retoiiibént aveo plus de fureur sur le roi captif, sur sa fainilie. Deshombies tout couverts de sang viennent leur demander compte de celui de leurs compagnons immolés par les Suisses.
DE LA révoldtio# franç. 355 se fait un plaisir d’observer et d’accroître leur douleur. Bientôt on leur défend toute communication dans cette loge, dont on fait leur première prison. Louis montre déjà sur ses traits la paisible résignation d’une victime , Marie-Antoinette montre encore da dignité du trône et du malheur. L’assemblée retentit des de. vive ia' nation! Quelques voix ajoutent : 'périssent les tyra'ns !
Cependant on voudrait faire cesser un massacre quisemble n’avoirplus de terme. L’assemblée décrète que les Suisses sont sous la sauvegarde de là loi, et des vertus hospitalières du peuple. La foule des pétitionnaires se succède à la barre: ils s’expriment comme si la victoire était remportée sur l’assemblée ellemême. a Nous vous demandons ,
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536 tRÉ(îis HISTORIQUE . « disent-ils , tout le peuple vous de- € mande la déchéance du roi , et « vous n’avez pas même encore « prononcé sa suspension ! Appre- « nez que le feu est au château , et « nous ne l’éteindrons qu’après que w la vengeance du peuple sera salis- K faite. * Vergniaud paraît à la tribune au nom de la commission extraordinaire. « Je viens , dit-il , « vous présenter une mesure bien » rigoureuse ; mais la douleur dont € vous êtes pénétrés m’assure que « vous jugerez combien elle est né- « cessaire au salut de la patrie. » Vergniaudlitundécretquiestadopté sur-le-champ par l’assemblée. Il porte pour dispositions principales la convocation d’une convention nationale 5 et la suspension provisoire du roi , jusqu’à ce que la convention
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ait prononcé sur les mesures néces»
saires pour maintenir la souverai* neté du peuple. On charge un dépu té de porter ce décret aux insurgés; ils paraissent se calmer , ils per** mettent qu'on éteigne l'incendie du chdteau. Un d'entre eux arrive à la barre , il tient sous son bras un Suisse qu'il a fait son prisonnier. « Epargnons , dit-^U , ces instrumens d'un roi perfide. » 11 l'embrasse : l'excès
de son émotion l'afiaiblit. il tombe
évanoui. L'assemblée cherche à profiter de cette scène pour engager les vainqueurs à la clémence. Cependant la fureur n'était point encore assouvie ; on conduisait à l'Hôtelde-ville quatre-vingts Suisses , et la garde nationale s'efforçait de l'es protéger. Une foule immense se précipite sur euXÿ disperse leurs gardes;
538 P&éciS BISTOBIQÜB on nVntend que ces cris terribles ; Point de quartier / Vengeance J Vengeance l lis ont égorgé nos frères. On les massacre : épuisés, éperdus , iis ne défendent plus leur vie , et n’implorent qu’une mort promple. La rage fut portée à un tel excès de démence , qu’on entra dans' un grand nombre d’hôtels pour y massacrer les portiers suisses. Qui* conque avait donné asile à ceux du château expiait par une mort cruelle sa pitié généreuse. Cependant il y eut des hommes, et surtout des femmes , qui consentirent à les cacher. On frémit quand on entend rapporter l’anecdote suivante, qu’on assure être authentique. One femme avait eu le courage de donner asile à trois de ces malheureux. £lle entend frapper à la porte. Des. cris
DE LÀ BCVO^DTIOIV FBÀNÇ. 55^
menaçans la font frémir; elle essaie encore de cacher sous des matelas les trois proscrits. On entre. On la presse de les découvrir , de les livrer.
Il y va de sa vie si elle refuse ; elle ■ résiste. Cependant les Suisses sont aperçus. « C’est maintenant que tu « vas expier ton crime , dit un bar- « bare à celle femme. Prends ce « sabre et frappe de la propre main < ceux que tu as soustraits à la ,co- « 1ère du peuple. » Elle chancelle ; on lui prend la main , on dirige ses coups. L’horreur de cette scène trouble sa raison ; elle n’a pu la recouvrer depuis.
Le peuple demandait qu’on lui livrât les Suisses qui avaient accompagné le roi à l’assemblée, et qui par conséquent n’avaient eu aucune part à l’action. L’assemblée donna
n» IA ftévoicTioir fravç. " 545 Louis XV. On détruisit avec fureur ces monumens , et l’on commença la longue guerre que la barbarie a faite parmi nous aux beaux-arts. Le bronze fut destiné à faire des canons; la statue de Henri iv ne put être protégée par l’antique amour du peuple; la hache parricide abattitl’image d’un bon roi, d’un grand homme.
Les attributs de la royauté furent effacés de tous les lieux publics , et proscrits dans toutes les maisons particulières.
Louis et sa famille restèrent près de deux jours entiers dans la tribune du Logographe. Le Luxembourg avait d’abord été désigné pour les recêvoir. La commune s’élëva contre cette disposition ; l’assemblée n’osa la maintenir et la famille royale fut conduite au Temple sous une
Dtg
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escorte imposante. Le peuple vint ^ avec une curiosité avide , l’observer à son passage ; mais la terreur avait déjà tellement glacé tous les cœurs, qu’un si déplorable spectacle des coups de la destinée n’excita que la pitié la plus timide. L’assemblée nationale , qui voulait faire grâce aux vaincus, fut à chaque instant détournée de son vœu. On lui apportait une foule de pièces trouvées au château , ou fabriquées à la commune , et chacune d’elles compromettait les hommes que la haine avait proscrits d’avance. L’assemblée se vit obligée de promettre une justice sévère; elle rendit des décrets d’accusation contre les ministres qui étaient alors en exercice. Un seul d’entre eux fut arrêté ; c’était d’ÂbancourI, ministre de la guerre. Elle rendit le même
DE LA REVOLVTIOH FEAI7Ç.
terrible qui allait moissonner les hommes les plus faits pour honorer leur patrie.'
, La nuit seule put mettre fin à ce cours de vengeances et d'atrocités.
Les girondins , qui avaient eu avant et pendant le combat une inertie calculée , s'inquiétèrent des suites de ; la victoire. Ils s'efTorcèrent de conserver de l'indépendance et de la dignité à l'assemblée législative* La nouvelle commune leur envoyait sâns cesse des pétitionnaires impérieux , qui s'indignaient de ce que l'on avait prononcé , non la déchéance , mais la suspension de la royauté. L'ass^blée ne sortit point ce jour là des limites qu'elle s'était imposées.
Le lendemain , 1 1 août y les Parisiens sortaient en foule pour venir
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décret contre Montmorin , Bertrand et IVlüutciel ; contre Duport, Barnave et Alexandre Lametli. On avait trouvé au château l’instruction que ces' trois membres de l’assemblée constituante avaient donnée au roi sur la conduite qu’il aurait à teuir eu refusant la sanction des décrets contre
les prêtres et les émigrés. Barnave
fut arrêté à Grenoble , où il s'était
retiré. La commune de Paris con- • «
tinua ses actes de vengeance. L’assemblée forma un conseil exécutif provisoire ; Roland, S.ervan et Clavières furent rappelés dans les ministères qui leur avaient déjà été confiés; on leur associa Danton. Les girondins n’osèrent refuser ce prix de ses services à l’homme qui avait préparé sans eux le lo août, et qui bientôt en dirigea contre eux les '
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suites. Il méditait un g;rand crime ; on le fit ministre de la justice.
La victoire remportée à Paris sur le trône conquit bientôt toii^ les départemens à la république. Nulle résistance , nulle réclamation. Les mêmes autorités administratives qui avaient protesté contre la journée du 20 juin célébrèrent la journée du 10 août ; le 14 juillet n’avait pas obtenu un assentiment plus unanime.
La terreur produisit le même effet , que l’enthousiasme avait produit auparavant. Les royalistes se cachèrent, les constitutionnels se turent ; leur parti , désigné soüs le nom de feuitlans, cessa d’exister' dès ce jour.
•Cependant à Rouen le peuple parut s’émouvoir et plaindre le sort du roi. Un régiment suisse qui s’y
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trouvait se montra disposé à venger la mort de ses compatriotes. La Rochefoucault-Liaucourt fit reuouve- .
1er aux soldats et aux citoyens le serment de fidélité à la constitution qu’on venait de détruire. Les corps administratifs de cette ville se joignirent à lui ; mais avant qu'on eût pu délibérer sur le genre de résistance qu’on devait opposer aux nouveaux décrets , la disposition des esprits avait déjà changé. La commune de Paris envoya à Rouen des émissaires qui réussirent à épouvanter les habitans de cette ville. La Rochefüucault-Liaucourt se vit bientôt abandonné. ; ’
Quand la nouvelle du lo août parvint à l’armée de Lafayette, chefs et soldats, tous. parurent partager sa douleur. Sou quartier-général était
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alors à Sedan , et il avait avec tui une partie considérable des' troupes qu*il commandait. La résistance lui’ parut un devoir : son état-major les chefs de bataillon se rassemblent autour de lui ; il fait publier à4’ordre une proclamation dans laquelle
jÆise'déclàre’ourvertement contre les
évéoemèns du* 1 o août et contre les décrets de rassemblée nationale.
L’armée annonce; par ses cris qu’elle est remplie de toute l’indignatioii
. qu’én voulu exciter en elle. Le département des Ardennes , dont le siège est à Sedan , refuse de reconnaître les décrets de l’assemblée nationale. Elle avait prévu cet orage ; elle avait envoyé trois de ses membres , .Antonelle , Kersaînt et Perraldi, avec le titre de commissaires, auprès de l’armée 4e Lafayelte. Leur
t>B Ik RÉVOLTJTrOîC FRATÎÇ. 349 mission élait d’épouvanter le général on de le séduire en lui oflfrant l’oubli des longues querelles qu’il avait eues avec le parti vainqueur; et enfin d’agir sur l’esprit des soldats , si Lafayette restait inflexible, v On les avertit sur leur route de ce qui se passe dans le camp, et des dangers qu’ils ont à courir. Ils per-‘ sîstenl à vouloir remplir leur mission ; ils arrivent à Sedan. Lafayette saisit celte occasion , toujours désirée par un chef de parti-, de s’annoncer par un coup de force. Il en joint à la municipâlité de Sedan , sous sa seule responsabilité personnelle , d’arrêter les trois commis-;^ saires. Cet ordre est exécuté; ils sont conduits en prison , et gardés comme des otages qui répondent des jours du roi.
o5p PRECIS HISTORIQUE*
Lafayette avait espéré que ce vœa de résistance serait unanime, au ‘ moins dans son armée. 11 connaissait le caractère irrésolu du général Luckner, qui commandait alors l’armée de la Moselle. Les efforts qu’il fit pour l’entraîner dans son parti furent impuissans. Luckner, pour qui la révolution était une énigme, ne faisait depuis trois mois que des démarches contradictoires.
Il était tour à tour l’espoir de la cour et celui des républicains. Il c’avait ni franchise ni résolution.
Son extrême ignorance , son penchant à l’ivrognerie, achevaient de gendre ridicule ce vieux partisan , qu’on voulait faire passer pour un grand général : il se soumit à l’assemblée. Lafayette apprit bientôt une autre défection. qiji lui fut plus
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DE lA BÉVOLUTION PRAÏTÇ. 55 T «ensible, et qui se passait dans une partie de sa propre armée. C’était au camp de Maulde ; Dillon en avait le commandement. D’abord il rejeta les décrets de l’assemblée , et déclara hautement sa ' résistance ; mais Dumouriez, qui était sous ses ordres, changea bientôt cette disposition.
Ap rès avoir irrité contre lui tous les ^ partis, il sentait le besoin de se rap> procher des vainqueurs. Il brava l’autorité de Dillon , refusa d’exécuter les ordres qu’il en recevait , le frappa d’épouvante , et l’amena à un prompt repentir. Bientôt il annonça le projet de marcher contre Lafayette lui-même : les républicains acceptèrent son dévouement avec autant de confiance que si déjà ils n’avaient pas été trompés par lui. On lui remit des pouvoirs étendus.
DE LÀ &év0LCT10Kt FBÀVÇ. 555 malheurs; cleBureau-de-Pusy , que cette même assemblée nomma trois fois son président ; de plusieurs ^ aides-de-camp , de tous ceux enfin '' qui ont à redouter la colère du psyti qui triomphe. Les soldats devinent le projet qui les occupe ; mais ils restent immobiles, et semblent former des vœux pour leur salut. Aucun des fugitifs ne fait, d’indignes tentatives pour entraîner quelques corps à la désertion , et pour s’assurer par ce moyen la faveur des ennemis. Ils abandonnent le territoire de France, dans la nuit du 1 9 au 20 août. Ils font plusieurs lieues sans rencontrer aucun' poste ennemi ; ils ne sont pas déguisés; ils annoncent, sur leur roule , qu’ils sont des ofïi-* ciers français qui désertent Farinée' et qui se vendent- en 'Suisse. Enfin