‹ Précis historique de la Révolution française. Assemblée législativeChapitre 14 sur 25 · DE LA RÉVOLÏJTIOW FRANC · texte numérisé non relu

DE LA RÉVOLÏJTIOW FRANC

eue je partage les sentiments de me»

collègues , et que je sois entré au miuislère pour vous renverser <Ja trône. Je voudrai» , au contraire , vou« y maintenir sur des fondements plus solides ; je le puis^ et peut-être ce bortbeur n'est-il réservé qu'à moi seuK II fallait tromper vos ennemis, et surprendre leur confiance, je lai .

obtenue, et je veux m'en servir pour TOUS mettre à l'abri de leurs coupa.

Cessez de leu r donner des armes tan tôt par la faiblesse et tantôt par une résistance mal calculée. Le roi fut ému à ces paroles , et parut s'attacher à l'bomme qui lui tendait encore la main dans son naufrage. Dumouriez lui demanda alors différents actes de popularité, qui répugnaient à Louis; ou qu'il jugeait inutiles. Il insista fortement sur la nécessité de retirer le tfcto mis sur le décret des prêtres.

iOO -PRÉCIS BISTOBlQtî«

Louis se tint inébranlable contre cette proposition; mais lui et ses conseils prirent un peu plus d'audace. Il fut arrêté, et Dumouriez promit de seconder ces mesures , que le roi refuserait sa sanction au décret du camp des vingt mille hommes. Le zèle ombrageux de Roland, s'aperçut de Fintelligence nouvelle, qui se formait entre le roi et Dumouriez. Il vint porter ses soupçons et ses chagrins dans le comité secret de la Gironde. Ce fut alors que madame Roland se chargea d'écrire , au nom de son mari , un© lettre au roi , faite pour le glacer d'épouvante. Elle y prit un accent lugubre et prophétique : elle se plaisait il accabler un roi de la pitié républicaine. Le grief qu'elle exprimait avec le plus de force, était le refus de sanction pour le décret des prêtres. Elle faisait une longue sortie contre le fa«

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natîsme religieux ; elle exhaklt celui de la liberté. Voici quelques passages de cette lettre fameuse.

« Le salut de l'état et le bonheur de TOtrc majesté sont hitimenicnt liés; aucune puissance n*est capable de les séparer. De cruelles angoisses et des malheurs certains environnerontvotra trône , s'il n'est appuyé par vousmême sur les bases de la constitution , et afiermi dans la pafx que son maintien doit enfin nous procurer.

«c Ainsi la disposition des esprits , le cours des choses , les raisons de la po«litique , l'intérêt de votre majesté rendent indispensable l'obligation de s'unir au corps législatif, et de répondre au vœu de la nation ; mais la sensibilité naturelle à ce peuple afFectueux> est prête à y trouver un motif de reconnaissance. On vous a cruellement

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trompé^sire, quand on tous a in^în^ de réloignement ou de la méfianc» de ce peuple facile à toucher : c'est en TOUS inquiétant perpétuellemeut, qu'on vous a porte' à une conduite propre à Talarn^er lui-méoie. Qu'il voie que vous êtes résolu à faire marcher pette consti tu tion à laquelle il a attaché sa félicité ; et bientôt vous deviendrez le sujet de ses actions de grâces.

« La conduite des prêtres en beau* coup d'endroits , les prétextes que fournissait le fanatisme aux mécontents , ont fait porter une loi sage contre les perturbateurs : que votre majesté lui donne sa sanction ! la tranquillité publique la réclame , et le sa-* lut des prêtres la sollicite. Si cette loi n'est en vigueur, les déparlementt seront forcés de lui substituer, comme ils font de toutes parts , des mesure»

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violentes ; et le peuple irrité y sup-* ple'era par des excès.

« Les tçntati \res de nos ennemis , les agitations qui se sont manifestées dans la capitale , lextréme inquiétude qu'avait excitée la conduite de votre garde, et qu'entretiennent encore les témoignages de satisfaction qu'on lui a fait dounelr par votre majesté, par une proclamation vraiment impolitique dans la circonstance ; la situation de Paris, sa proximité des frontières ont fait sentir le besoin d'un camp dans son voisinage. Cette mesure , dont la sagesse et l'urgence ont frappé tous les bons es^ prits^ n'attend encore que lasatictioa de votre majesté. Pourquoi faut -il ^ue des retards lui donnent l'air du regret, lorsque la célérité lui gagnc«rait tous les cœurs! Déjà, les tentatires de l'état-major de la garde na*

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tionale parisienne contre cette mesure , ont fait soupçonner qu'il agis-»

sait par une inspiration supérieure ; déjà les déclamations de quelques démagogistes outrés , réveillent les soupçons de leurs rapports avec les intéressés au renversement de la constitution; déjà Topinion compromet les intentions de votre majesté; encore quelque délai , et le peuple contristé verra, dans son roi, Tami et le complice des conspirateurs !

« Juste ciel ! auriez- vous frappé d'à* veuglement les puissances de la terre!

et n'auront-elles jamais que des conseils qui les entraînent à leur ruine!

« Je sais que le langage austère de la vérité est rarement accueilli près du trône ; je sais aussi que c'est parce qu'il ne s'y fait presque jamais entendre, que les révolutions deviennent

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nécessaires; je sais surtout que je dois le tenir à votre majesté , non-seulement comme citoyen soumis aux lois^ mais comme ministre, honoré de sa confiance , ou revêtu de fonctions qui la supposent ; et ]q ne connais rien qui puisse m'empécherde remplir un devoir dont i'ai.la conscience. -

« C'est dans le même esprit que je réitérerai mes représentations à votre majesté , sur l'obligation et Tutilité d'exécuter la loi (ftii prescrit d'avoir un secrétaire au conseil. La seule existence de la loi parle si puissamment , que l'exécution semblerait devoir suivre sans retardement ; mais il importe d'employer tous les moyens de conserver aux délibérations la gravité, la sagesse et la maturité nécessaires; et, pour des ministres responsables , il faut un moyen de constater leurs opi- I. 18

ft06 TttÊCtS HTS'»ORTQirB *

liions: si celui-ià eût existé, jenein'^*T dresserais pas pare'crit^ en ce moment, à votre majesté.

. « La vie n'est rien pourFliomme qui estime les devoirs au dessus de tout : mais après le bonheur de les a voi r remplis , le bien auquel il soit encore sensible , est celui de prouver qu'il Ta fait .avec tidélité; et cela même est une obligation pour Thonime public, »

Le roi était déjà décidé à renvoyer Servan , Roland 9t Clavières quand il reçut cette lettre : leur renvoi leur fut signifié avec colère. Les trois autres ministres consentaient à rester. Ror land se hâta d'en instruire l'assemblée^ et en même temps il lui soumit la lettre qu'il avait écrite au roi. Elle produisit la plus vive impression: on en interrompit souvent la lecture par mille invectives contre la cour : oa

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déclara que les ministres disgra<;ié9 emportaient les regrets de la nation ; refiPervescence était au comble , quand Duraouriez parut à la barre. Les ré^ publicains ne virent en lui qu'un per** fide déserteur; il reçut les murmures ^ns en paraître déconcerté. Déjà le parti de la Gironde songeait à venger autrement que par de stériles regrets , la disgrâce des ministres de son cIlDiz. On dressa à la ha|ple plan d'une in<^ çurrection; on ne la voulait pas sanf> glante ; on ne la voulait pas mén>c décisive. On se garda bien d y appeler ' Robespierre, Danton, Collot-d'Herbois, Billaud-Va rennes , tous ces hom* mes qui ne savaient conduire le peuple que vers des massacres. On voulait se servir de la tourbe des jacobins , en l'isolant de ses chefs. La cour était liants détiauce'^ elle ce. prenait d»

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moi ns aucun genre de précaution ; ou ne voyait, dans les ministres, aucun liommc qui pût faire tête à ce nouvel orage. Dumouriez lui-même avait abandonné la cour ; il se ypyait haï^ h la fois , et des constitutionnels et des républicains. Le roi se refusait aux demandes qu'il ne cessait de lui faire ; il conçut qu'il s'était trompé dans les calcftils de son ambition, et qu'il faU lait essayer enco^ de se réconcilier avec le parti dont il s'était éloigné; il donna sa démission.

Le 20 juin , les ouvriers du faubourg Saint» Antoine se rassemblèrent en tu»

znulte ; chacun d'eux se disait qu'il fal« lait s'insurger; personne ne pouvait dire pourquoi. En général, on n'entendait alors par insurrection , qu'une Jongue procession de piques qui , sortie des faubourgs, traversait la ville , ea

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y répandant TefiFroi. Les chefs parlaient seulement d'une pétition relatiye au renvoi des ministres et aux deux veto^ Cette bizarre et ridicule expédition était commandée par San** terre , un homme inepte et présomp-* tueux y qui avait une grande faveur auprès de la populace. Toute cette troupe paraissait morne , et montrait peu de fureur. Une immense quantité de femmes marchait avec elle , et y répandait un peu d'agitation. Depx pièces de canon étaient traînées à la tête du cortège.

Cependant la garde nationale se vas»

semblait avec confusion, nul ordre ne lui était donné pour s'opposer à ce rassemblement ; elle savait à peine quel était son commandant actuel.

Xjes autorités administratives, délibé^ raient sur les mesures à pcendre , et

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n'en prenaient pas. L'assemblée elîc*- •même affectait â'îguorer ce -mouveinetit , et semblait disposée à s'occuper de délibérations peu importantes^ lorsque Rœderer, procureur- àyndic du département de Paris, yint Tcntretenir du désordre qui régnait dans la capitale.

« 11 parait ,* dit-il, que ce rassem*- « blement^ composé de personnes di- « verses , par leurs intentions , a aussi <« plusieurs objets distincts. Planter un •«t arbre en l'honneur de la liberté, « faire une fête civique, commémo*- « rative du serment du jeu d« paume, *t apporter à l'assemblée nationale un « nouveau tribut d'hommages et de « nouveaux témoignages de zh\e pour «( la liberté, tel est certainement le but « de la plus grande partie de ce raa^ « ^emblement^iuaiç nous avons lieu

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% de craindre qu'il ne serve, à son insca -<t peat-étre , à appuyer , par Tappa* « reil de la force , une adresse au roi*, m à qui il ne doit en parvenir, commfe * II. toute autre autorité constituée", « que sous la forme de simple péti- « tioo^Les rapports qui nous ont été « faits cette nuit , et qui nous ont oo~ « cnpés jusqu'à cet instant , donnent «r de la consistance à ces bruits; une '« lettre du ministre de Tintérieur, >t qui nous est parvenue ce matin , les « con6rme encore davantage. Cette ^ lettre nous prescritdefairemarcher, 'te sans délai , des troupes vers le châ- « teau»

«On peut croire aujourd'hui que «( des hommes armés se rassemblent m par un mouvement civique; mais 9t demain , il peut se rassembler une « foule de malveillants , ennemis de là

aia puicis btstoriquc « chose publique , et de rassemblée <c nationale. Qu'auriez-vousà leur dire?

« quel obstacle pourriez-TOus mettre « à ces funestes rassemblements; ea «c un mot y comment la municipalité « et nous, pourrions -nous répoudre « de votre sûreté , si la loi ne nous en «c donnait le moyen, ou si ce moyen « était affaibli dans nos mains par la « condescendance de rassemblée à « recevoir une multitude armée dans «c son sein, ->* La conclusion de ce discours fut très-mal accueillie par les tribunes, et par une partie de .l'assemblée. Dumolard et Ramond s*indigtlèrent de ce que Ton afieptait de voir des pétitionnaires paisibles dans des milliers de séditieux armés.- Fermez-leur , s'écrièrent-ils , le sanctuaire des lois , ou bien abandonnezle ?ous-mémes. La constitution Touf

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m dit à quels signes vous devez, reconnaître une pétition , la raison vous dit à quels signes vous devez reconnaître une révolte. Quoi! des hommes armés rempliront cette enceinte : vous ignorez quel motif les guide , si des scélérats ne marchent pas avec des insensés ^ et vous délibérez tranquilles au milieu de cet appareil de tumulto et de terreur! Quand il y aurait de la sûreté, il y a du moins de la honte à les recevoir. Qui de vous garantira les suites de cette journée ? Quand ils se seront fait ouvrir les portes de l'asseirU^lée, quelles barrières poui;ront les arrêter? Guadet parut s'offenser des soupçons que Ton répandait sur les intentions du peuple. Oserait^on encore aujourd'hui , s'écriait-il , renouveler cette scène sanglante , et ^Jalaais sinistre y qui, dans les derniers

jours de rassemblée constituante , vif périr des milliers de citoyens sur * ce même autel de la patrie , où ils re- ^^ nouvellaient le plus saint des ser-* ments ? Si le peuple est frappé de vives alarmes , est-ce à ses mandataires à refuser de les entendre? Les plaintes qu'il vient nous confier , ne les avonsnous pas dé}a entendu retentir d'un bout de la France à l'autre? Est-co pour la première fois , est-ce à Paris seulement, que la conduite du roi , que la perfidie de ses conseils , inspire des mouvements d*indignation ? Vous entendrez le peuple s'exprimer av€0 franchise; mais aussi avec)a fermeté calme qui le caractérise I

C'est ainsi que le parti de la Q\^ ronde obtint de l'assemblée législative . qu'un rassemblement armé fût introduit dans Son sein, L'amiée suivante^

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©t presque à la même époque, une •même armée depétitiounaires, com* posée en grande partie des méa^s liommes , vint demander à la con- Tention le supplice de Verguiaud, deGuadet, de tous les républicains les plus recommandables , et l'obtînt.

Rien de plus vain et de plus dérisoire que la délibération de Tassem- Llée. Déjà la foule remplissait toutes Jes avenues de la salle; les insurgent!

n avaient trouvé nulle part deToppo-»

sition ; leur armée s'était grossie dans ie passage d'une foule d'bommes et .de femmes qu'ils avaient fait entrer •de force dans leurs rangs , et qui coo- :tribuaient à répandre la peur dont ils étaient remplis. Ils voulurent bien > 4$ependant , se borner à choisir queU ques-uns d'entre eux pour porter leur ^titioa h l'assemblée. Quoique cett»

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pétitioYi offrît quelques expressîoml menaçantes , et cette âpretédetangage qui , déjà , formait le style révolutionnaire , on pouvait reconnaître pourtant qu'elle avait été dictée par des iiommes qui , en se servant du peuple y se flattaient de le contenir. C'était des plaintes sur le renvoi des trois minîs» très, présentés'comin^ les seuls hommes qui pouvaient sauver la patrie.' C'était une grossière dérision du peto , une déclamation contre la cour , les «migrés et les prêtres. Les pétitionnaires demandèrent ensuite que tout leur cortège déBlât dans laWilIe.On notait, ni dans Hutention , ni dans ia puissance de les refuser. Cette procession de. piques dura longtemps , et rendit toute délibération impossible. Les députés populaires se montrèrent long»

temps anx regards ^u peuple \ ceux

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qui lui avaient été représentés cQmui« des amis de la cour , eurent peu à souiTrir de leurs outrage»; Il régnait , dans tous les mouvements de cette troupe, un sang-froid qui rassemblait à Teunui. Il y avait déjà quelques heu» Ees que ce cortège passait dans la salle , et ne s'était point tout-^-fait écoulé , lorsqu'on apprit, avec inquiétude , que le rassemblement se portait verslechâ'eau des Tuileries. Différents postes de garde nationale occupaient les avenues du jardin ; aucune des autorités ne leur avait envoyé un ordre de résistance. Ils se retirèrent à la vue de ces milliers d'hommes armés, en témoignant une profonde consternation. La foule répandue dans le jardin frémissait autour du château , qui restait encore fermé. Les grilles furent à Tinstant abat tues , les ». 19

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jîortes enfoncécé à coups dé hacbe ; les jours du roi et de sa famille étaient au pouvoir de quiconque , dans cette vaste multitude y ' auraient eu de la fureur et de Taddade.Toiit se contint , tout se modéra dans lé désordre. L'appareil de répbuvanfe éèait partout; mais les insurgés furent iîdelles auK Ordres qu*îb avaient reçus, d'avilir, et non âé renvei'ser en ce jour, la royauté. Un canon fut traîné jusque»

dans les appartements du roi. La foule y pénétra. II aVaitlili-méme fait éloigner la plupart de ceux que le zèle avait rassemblés auprès de sa personne.

Quelques-uns des nouveaux ministres étaient cependant restés à côtés dé lui; des gardes nationaux circulaient à Tcntour, et veillaient sur les dangers dont il paraissait nienacé. On vit dans le tumulte de cette scène, des hom-

l'tufe 3tç.

iorK.^'iî:k;-ot\io Juin iJ92-

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nies connus à la cour, emprunter le$ habits et la pique de quelques- nisdes insurgents , et se mêler , dans Tmleu-» tion de défendre le roi ^ avec ceux qui versaient surlui mille opprobres. Louis montra, dans cette occasion, toute Té tendue du courage passif, le seul qui fût compatible avec sou carac-* tère. On vint lui lire une pétition oix les outrages lui étaient prodigués ; il y répondit avec modération <ît.fç|^ mété. En protestant de son zèie j^^^ la constitution, il déclara qu'il nesc^ ^ Ressaisirait pas des droits qu'elle lui avait donnés. Il s'ouvrit , entre lui ^ çt quelques chefs du mouvement , unei discussi^ti d'abord assez paisible* Un bomme ivre , et d'uu aspect féroce^ Tint lui présenter le boimet rouge. Il n'osa le refuser , et il plaça ce signe avili » sur une tête dépouillé du dia-

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déme. Jf a rapporté depuis , qu'au milieu îy ce tumulte^ il avait oublie' de Tôter^, quoiqu'il pût le faire sans danger; mais rien ne put lui arracher la promesse de révoquer son vetoAi touchait les cœurs par une bouté familière , et chacun s'étonnait d'avoir cru voir en lui un ennemi du peuple.

Louis n'était jamais mieux que lorsque rien ne rappelait qu'il était roi ; on eût dit qu'il n'existait plus nul souvenir du trône, ni de la part de celui qui l'occupait, ni de la part de ceux qui venaient en ternir toute la splendeur.

Le souvenir de la scène du cinq octobre donnait de vives inquiétudes sur le sort de la reine : elle voulait rester au près de son époux ; il la conjura de se retirer dans ses appartements.

jMadame Elizabetk Ty avait suivie ^

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et parut la première aux ytux de la multitude. On la prit pour k reiue; on la chargea d'invectives et de ïmenaces ; tout annonçait du pe'ril pour ses jours.

La sœur de Louis ne voulut point dissiper une méprise qui n'exposait qu'elle , elle se trouvait heureuse par ses propres dangers , de détourner ceux de la reine. Avertiedecette scène alarmante, celle-ci accourut, et se présenta à la multitude. L'effervescence était déjà calmée ; soit que le généreux dévouement de madame ^ Elisabeth eût jeté dans le^ âmes de Fattendrissement et de ladiniration , soit que le peuple craignît ses propres excès. Santerre s'approcha de la reine, et l'assura qu'aucun danger n'était à craindre pour elle , daus une journée

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que le peiip^ avait choisie poùrayer** ' tir, et non pour frapper.

Lorsque l'assemblée nationale fut instruite que la foule occupait les appartements du roi , elle nomma une commission pour s'y transporter , et prévenir des malheurs qu*on com^ mençait h craindre. Vergniaud et Is« Hard étaient du nombre descammis* saires ; ils eurent beaucoup de peine à traverser la multitude et à s'en faire entendre. Ils trouvèrent le roi assis auprès d*une table ^ autour de laquelle venaient boire des hommes déjaeni<« vrés; il était calme au milieu de ce tumulte. Ils lui témoignèrent le dé<ivouement de rassemblée nationale.

Louis répondit qu'il était sensible à cette sollicitude; mais qu'il ne craignait rien , entouré du peuple fraa*

çais. Un garde national s*appiocba de lui, comme pour le rassurer sur ses dangers; Louis prit sa main^ et la mettant sur son cœur; voyez , dit* il , si c'est là le mouvement d'un cœur agité par la crainte* Cependant Ver* gniaud n'était pas sans hiquiétude.ll entendait quelques proyocatîons san^ gninaires , et voyait dans la foule un^ efFertescenoe dangerense. Il voulut lui parler , on ne se montrait point disposé à l'écouter ; il fut obligé de mouter sur les épaules d'un bomme pour se faire entendre. Sa harangue amena le peuple à une singulière ré*fiexiori ; chacun se repétait : que venons-nous faire ici? L'incertitude et l'irrésolution les avaient déjà fatigués et vaincus, lorsque le maire de Paris , Pétîon, se présenta. Il fut accueilli par tous les signes de faveur et de re«-

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pect. Péap\e , s'écria-t-il , tu vient de te Contrer digne de toi-même > tu as conservé toute ta dignité au mi* . lieu des plus vives alarmes , nul es* ces n*a souillé tes mouvements su« blimes; espère , et crois en&n que t« vois aura été entendue ; mais la uuijt s'approche , ses ombre» pourraient far voriser les entreprises des malveillant»

qui viendraient se glisser danstonsein^ peuple , retire-loi. Il sç vit obéit avec une extrême promptitude ; la foule s'écoula , ne sachant pas encore si c'é« ta* t une insurrection qu'on avait voulu faire. A huit heures du soir, il n'y avait plus que silence, que stupeur^ dans ce château qui venait d'être ébranlé par tant de tumulte. Pendant toutecette joui-née, le mouvement orr dinaire de Paris ne fut pas interrompii, les spectacles ne le furent pas^^On ve«

DELA RivOT.ÎJTIOW FrI^Ç. 22S

naît y demander des nouvelles de ce qui se passait, et le soir Icsl^risicns Bétonnaient , mails ne rougissaient pat de la peur qu'ils avaient ressentie.

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