‹ Précis historique de la Révolution française. Assemblée législativeChapitre 15 sur 25 · LIVRE rir · texte numérisé non relu

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Les suites de la journée du 20 juin furent , en tout point , fatales au parti de la Gironde, qui avait ordonné ce mouvement : on peut même assigner h cette époque , la fin de sa puissance révolntionn-iire. Les jacobins crurent que c'était profaner une insurrection , que de ne point l'ensanglanter , et que la majesté ^e leur peuple avait été compromise par des menaces^ sans ré-, «ultat. Robespierre, indigné de n'avoir point été appelé , apprit de ses rivaux avec quelle facilité le château pouvait ^tre attaqué. Danton et Fabre d'Eglantine promirent à la cour de ruiner tout-à-fait le parti de la Gironde, dans l'esprit du peuple, ils

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tî tirent bientôt parole; mais en même temps ils préparèrent , contre la cour , tine attaque beaucoup plus terrible.

Cette mésintelligence entre les chefs du parti populaire , et quelques autres circonstances que nous allons rapporter , rendirent de rénergie aux constitutionnels. Louis était con* ^ent d'avoir soutenu une épreuve difficile , sans avoir fait de sacrifices , ni même de promesses. 11 n'avait montré un peu de fermeté quo dans cette seule occasion : Ton se plaisait à exalter sa condui te ; oh vantait sa bonté , et il n'était pas besoin de feindre à cet égard. On racontait avec émotion les périls qu'il avait courus , et tous les mots par lesquels il avait exprimé la sérénité de son ame, au milieu du tumulte. Quelques actes de Tîgueur , que lui firent faire ses uou-

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Teaut ministres, vinrent entretenir ropînioqplas avantageuse qu'on voii!laît se former de son caractère. Ou 6t ' au cbâteau quelque appareil de défense , contre une nouvelle entreprise.

Le jardin desJTuileries fut fermé au peuple; ou fit paraître des proclamations dans lesquelles on annonçait l'intention de poursuivre les auteurs de cet attentat , et toutes les mesures né-^ cessaires pour en prévenir un second. . La garde nationale murmura haute- ^ipcnt-, 'de l'état d'impuissance où elle a vait^é contenue ,elle fît faire au roi des offres de dévouement. Le roi et la reine applaudirent à son zèle , comme s'il avait été dé/a prouvé par l'effet. On employa les soins et les caresses, pour Avoir , au milieu de cette garde nationale , quelques compagnies d'élite , sur lesquelles on pourrait compter au

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jour du dan^r. Les babi tants de Paris crurent avoir h se venger des excès qtii «yaient été commis sous leur nom; ils en demandèrent la punition dans une pétition qui fut couverte , en peu de )oilrs , d*un grand nonrbre de signa* tares. On prétendit , et Ton a toujours répété depuis qu'il y en avait vingt mille. On exagérait; mais il est cer« tain que la moitié de ces pétitionnaires si dévoués , eût suffi pour prévenir, et Finsurrection dont on se plaignait, et celle qui allait bientôt éclater. Le département de Paris destitua de ses fonctions, Pétion , comme ayant évi* démmeut favorisé le mouvement du 30 juin ; presque tous les autres départements de la France demandèrent la punition des excès de cette journée. Vaines protestations, qui ne créaient pas un seul moyen de force ! signei . I. 20

trompeurs , sous lesquels se déguisaient la faiblesse et la pusillanimité géuérale! Le roi lui-même était bien éloigné de laisser entrer dans son ame autant de confiance qu'on voulait hi'i en inspirer. J'ai bien vu , disait-il , ^ un de ses conseillers , qu'ils avaient rintention de m'assassiner, et je ne conçois pas pourquoi ils ne l'ont pas fait; mais je ne réchapperai pas toujours; il y a bien des chances contre moi, et je ne suis pas heureux. Si j'étais seul , je risquerais encore une tentative. Oh! si ma femme et mes enfants n'étaient pas avec moi, on verrait bientôt que je ne suis pas aussi faible qu'on l'imagine ; mais quel serait leur sort, si des mesures rigoui-euses n'étaient pas suivies du succès ?

On eut bientôt une occasion de mettre à l'épreuve le zèle qu'on afiec-

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tait de montrer pour le roi. Ou apprend tout-à-coup que le général Lafayette a quitté son armée, et qu'il est à Paris. On croit d abord qu'il a soutenu cette déoiarche hardie , en se Cai>ant suivre de près , par quelques régiments d'élite , et qu'il vient , moins demander la vengeance des attentats du 20 juin , que l'opérer luiméme. Mais il est seul : une faible par «• tie de son état-major l'a suivi. Il vient essayer si la garde nationale parisienne reconnaîtra encpre sa voix. Dans le moment où chacun s'épuise en conjectures sur la conduite qu'il va tenir , sur les coups qu'il va frapper , il se présente seul a la barre de l'asiiemblée nationale, de cette même assemblée où dominent tous ceux qui ont déjà )uré sa perte. «Je dois d'abord vous « assurer, dit-il , que d'après les dis-

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