‹ Précis historique de la Révolution française. Assemblée législativeChapitre 16 sur 25 · Z2 PRÉCIS HI8TO&TQ1TS · texte numérisé non relu

Z2 PRÉCIS HI8TO&TQ1TS

« positions concertées entre M. le mà- « léchai Luckner e t moi , ma présence «c ici ne compromet nullement le sort « de nos armées. Voici maintenant « mes motifs. On a dit que la lettre A signée de mou nom , dont il vous a * été fait lecture à une des précédentes « séances , n'était pas de moi : d'autres « m'ont reproché de l'avoir écrite aa « milieu du csmp.C'est pour répondre « à tout, que je suis sorti. de cet hono- « rable reinpart oiî nt'entoure raffec- « tion de mes compagnons d'armes, m pour me rendre à yotre barre. Une «i raÎBon plus puissante eneore m'a dé* «c cidé. Les violences commises au . « château , le 20 de ce mois , ont ex- « cité l'alarme de tous les bons ci- « toyens. J'ai reçu des adresses des dif* « férents corps de mou armée* Les « officiers, sous -officiers et soldats ^

DE iA KÉVOLUTIOW FRAlCÇ. 233

«I qui ne font qu'un , y exprimetit « leur patriotique haine contre les « factieux. J*ai cru devoir arrêter ces « adresses par un ordre dont je d(^pos6 « la copiesur le bureau. Vous y verre» « que j'ai pris rengagement de venir •c vous exprimer seul le sentiment « commun de tous; mais je ne puis « qu'approuver le sentiment qui les « anime. Déjà plusieurs demandent si « c'est la cause de la liberté qu'ils dé- « fendent. Il est temps de garantir la « constitution de toutes les atteintes m. qu'on pourrait lui porter, d'assurer « la liberté de l'assemblée nationale « et du roi, leur indépendance et leur k dignité. Je supplie l'assemblée d'or- « donner que les auteurs et instiga- « teurs des événements du 20 juin , « soient pou i*sui vis comme criminels M de lèse -nation, de détruire cette

« secte dont les débats publics ne laîs- « sent plus de doute sur la perversité 0 de ses intentions. Je la supplie aussi, « en mon nom, et eu celui de tous les m honnétes-gens , de prendre des me- «c sures e£5caces pour faire respecter « les autorités constituées , et de don- « ner aux armées Tassurance qu'aux « cune atteinte ne sera un jour portée « à la constitution, dans Tintérieur, « tandis qu'elles verseront leur sang m pour la défendre , coâtre les enne- « mis du dehors ».

Le discours de Lafayette fut applaudi par une partie de rassemblée , et même par les tribunes. Dans le même ^moment oii il menaçait , il était au pouvoir dé ses implacables ennemis. Leur audace fut étonnée; car ils étaient peu accoutumés à la rencontrer dans leurs adversaires. Gua«

BE lA HÉVOLUTIOB ^R4lfÇ. sSSr

dets'élevale premier contre le général pétitionnaire ; ii ]*attaqua d'une ma* nière adroite ; mais les détours artiB* cîeax de son éloquence annonçaient qu'ils n osait laisser éclater toute son indignation. On en jugera par le début de son discours. « Au moment où la m présence de M. de Lafayette à Paris m m'a été annoncée , dit-il, une idée « bien consolante est venue s'offrir à «I moi. Ainsi , me suis-)e dit , nou« m n*avons plus d'ennemis extérieurs; m ainsi les Autrichiens sont vaincus.

« Cette illusion n'a pas duré longue temps : nos ennemis sont toujours m les mêmes. Notre situation exté*- « rieure n'a pas changé , et cependant •I M. Lafayette est à Paris. Quels puissi sants motifs l'amènent? Nos troubles # intérieurs? Il craint donc que las*- ^ semblée nationale n'ait pas assex de

iJ^ PRÉCIS HISTOAIQtrS

« puissance pour les réprimer » ? L'orateur coDclut par demander qu*on prît des informations sur le congé accordé à Lafayette^ par le ministre de la guerre. Ramond rappela les services rendus par La£ayette , qu'il appela le fils aîné de la liberté. Loin de yoir ea lui , sVcria-t-il^ un général factieux ou Usurpateur , rendez - lui grâces des soins qu*ilapris pour enchaîner Hn-.

dignation de son armée. C'est lui seul qui arrête aujourd'hui un mouyement impétueux , dont les suites eussent pu être funestes. Ecoutez , avec respect , cette voix que la France est accou« tumée à reconnaître dans les moments difficiles. Puisse, chacun de nous , étrt aussi fiddle que lui -même au serment de maintenirla constitution ! Ramond demanda que la pétition du général fàt renvoyée au comité, pour qu'il s'oq*»

DI tA aivOLUTIOW FRAI^Ç. a37 enpât de remédier aux causes de dé« sorganisation que ie général dénon-* ^it. Cette motion l'emporta sur celle de Guadet , h une majorité de trois cent trente -neuf yoix contre deux cent trente-quatre. Quelque léger que fdt ce triomphe , il était nouveau poiî^ le parti constitutionnel. La peur qui avait fait déserter ses rangs, venait, dans ce moment, les renforcer. Les Tariatiohs et les faiblesses de l'homme le plus irrésolu , ne sont qu'une fai« ble image de celles d'une assemblée politique. Chacun crut que Lafayette, après avoir bravé ses ennemis, allait les terrasser , tel était le but de sa démarche. 11 se rendit au château des Tuileries : il y reçut quelques témoignages affectés de bienveillance de la part du roi et de la reine ; mais la cour laissait encore entrevoir beau<*

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éoupd'éloignement pour celui qui s'of-»

frait comme son libérateur; elle chercha à traverser son entreprise. Vaine-* ment le parti constitutionnel s'agitait de tous côtés pour exciter la garde na** tionale à se présentera Lafeyet le ; ello était morne et silentieuse.

Ce n'était plus celle du Champ-de* Mars; c'était celle du 20 juin. Quand Lafayctte retourna le soir dans sa mai* son , on le reconduisit avec quelques acclamations triomphales. Un petit nombre d'ofïiciers de son armée , deux ou trois cents gardes nationaux for^ maient tout son cortège, vainement grossi par quelques curieux. Lafayetta tnontraitdeiasatisfactioUsursestraitSi mais le désespoir était au fond de son ame. S'il avait vu , dans la garde nationale ) plus d'empressement à le cuivre y son dessein .était de marcher

DE LA RÉVOLtTTlON FRAIIÇ. 289

sur le cbamp contre les jacobins, de les dissoudre^ et de fermer , avec ignoxnonie, lelieu de leurs séances. Ceux-ci délibéraient avec inquiétude; le peuple sur lequel ils comptaient les abandonnait à eux-mêmes. Robespierre était rentré dans toute sa lâcbeté naturelle , et s'abandonnait à une longue déploration des maux de la patrie* Leurs alarmes ne se réalisèrent pas:

au moment où quelques officiers parlèrent de marcher cou( re eux , le cortège de Lafayette se diminua sensiblement. On répétait plus faiblement, et d*une voix moins assurée, ces inutiles cris : à bas les jacobins! Lafayette resta encore quelques jours à Paris, et trouva même tiédeur parmi ses partisans, même stupeur parmi ses ennemis.

Plusieurs fois on indi^a aux gardes nationales des points de rassemblc-

ment; ceux qui avaient le plus forluelleinent promis de s'y rendre , ne s'y trouvaient pas, ou y arrivaient découragés. La cour entretenait <$lle— .même cet état de langueur, en montrant , ou en feignant un entier désespoir. Lafayette, après s'être convaincu, que le roi ne pouvait plus, vivre en sûreté, dans uqe ville où Ton prenait si peu d'intérêt à ses dangers journaliers, proposa, diU on , à cette époque, un plan d'évasion dont le but était de conduire Louis à sou armée. Le roi et la reine s'épouvantèrent de cette proposition; celle-ci, surtout , regardait comme le comble du malheur, d'être réduite à devoir son salut à Lafayette. D'ailleurs, les moyens d'exécution proposés ne leur offraient point assez de sûreté pour chasser les cruels souvenirs du retour

DE LA HÛVOLVTIOn FRA5Ç. 241

de Varennes. Voici dans quels termes on a transmis la réponse du roi à Lalli, qui répétait cette offre au nom de Lafayette : Dites-lui que je suis sensible à la preuve d*attaehement qu'il me donne , en se proposant de courir pour moi de si grands dangers ; mais il serait imprudent de faire mouvoir eu même temps un si grand nombre de ressorts. Le plus sûr moyen de me servir y est de continuer à être la terreur des factieux, en remplissant habilement les devoirs de général.

Fatigué de ses inutiles essais, La« fayette sortit enfin de Paris, indigné de n'avoir retiré aucun fruit d'une démarche courageuse qui devait le placer dans l'alternative ou du triomphe , ou de la mort. Le jour oii les jacobins apprirent son départ, fut pour eux un jour de triomphe. Ils se ven-

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gèrent , en brûlant son effigie , de Tinquiétude que sa présence leur avait causée. Cette scène eut lieu au Palais* Royal ; elle fut préparée et contemplée par le duc d'Orléans, à qui Lafayette avait imposé un exil si honteux , peu de temps après la journée du 5 octobre.

Chaque jour les dangers du roi so présentaient sous un aspect plus terrible ; il éprouvait les mortelles angoisses d'un homme qui voit, avec certîhide , sa ruine s'avancer, et n'ose rien tenter pour Itf prévenir. 11 relisait sans cesse l'histoire de Charles I.«î, et s'étudiait à suivre une conduite entièrement opposée , afin d'éviter, s'il se pouvait, sa fatale destinée. Il mettait toujours l'excès de la faiblesse , où celui-ci avait mis l'ex • ces de la confiance et de l'opiniâtrelCi

DE LA RETOLUTIOlf F&AIVÇ. 243

Frappée des mêmes pressentimeuts, la reitie semblait appeler les résolutions courageuses; elle les écoutait, elle promettait et se trouvait touioiirs arrêtée , soit par ses propres iocerti« ludes, soit par celles de son époux.

Louis recevait de temps en temps les visites de quelques hommes qui , depuis longtemps , vivaient loin de la cour ; mais dont l'affection pour le roi s'était encore augmentée par ses malheurs. Le vertueux Malesherbes fut du nombre de ceux qui vinrent lui offrir un inutile dévouement ; tous lui apportaient des avertissements si« nistres ; le roi s'attendrissait avec eux , et énervait son courage par sa sensibilité même. Bientôt personne ne parut devant lui, sans lui présenter des projets de fuite. L'ex-minisire Narbonne en avait conçu un dont Texé-

cutîon devait être infiniment péril-* leuse pour lui-même. Il oubliait , dans ce moment de péril ^ la haine que lui portait la cour. Celle-ci n'oublia pas les, torts qu'elle lui reprochait. L'orgueil de la reine s'ofiPensait de tout ce qui pouvait la soumettre aux coa« stitutiounels , par la dépendance da bienfait et de la protection.

Ce fut par les mêmes motifs que la cour rejeta l'offre faite par le ci-devant duc de Liancoui-t , de conduire le roi et la famille royale à Rouen. Cette ville montrait beaucoup d'opposition aux mouvements qui agitaient le peuple de Paris; quelques régiments dévoués au roi s'y trouvaient , et Liancourt en avait le commandement. D'ailleurs, la Normandie était la seule province oiî le roi pouvait se retirer, sans blesser kt constitution ; d'ailleurs, dès qu'il y

DE t.A BÉYOLITTIOII FRAUÇ. 34$

serait arrivé , â*autres secours de- Taient venir le protéger. La Roche- , foucault-Lianconrt avait déjà préparé toutes ses mesures. La pureté et Fia* tégrité de son patriotisme n'avaient ja^ loais affaibli dans son eœur l'attache* ment que lui avaient inspiré les vertus du roL Celui-ci semblait disposé à accepter son dévouement, mais la rein« mit encore obstacle à ce projet, tant son eœur était rempli de soupçons et ^e défiances contre ceux qu'on avait distingués dans le parti populaire.

Enfin le résultat de tous «es eonseib d'une cour glacée d'épouvante, fut de laisser soupçonner beaucoup de projets de cette nature , sans en savoir suivre aucun. Souvent on cherchait à s'appuyer sur quelques circonstances Bouvelles , qui semblaient diminuer les craintes d'une insurrection pro-

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chaine. Il &e présenta une occasion où la cour put croire y pendant quelques heures, qu'on renoncerai tau pro- ^t de i atlaquer. ,

. Une scène qui devait être touchante, et qui ne fut que ridicule y .se passa dans rassemblée. Une femme , nom* mëe Olympe de Gouges , dévorée du desird^lacélébrité,etdepuisvictim»

d'une lutte opiniâtre qu'elle osa soua* tenir contre Robespierre » fit paraître une affiche y écrite en un st^^le mévdiocre , dont l'objet était de concilier les dpux partis qui se combattaient dans rassemblée. Cette affiche pro^ duisit de l'effet sur tout ce qu'il y avait d'ames simples et paisibles parmi le peuple. Le même jour, l'évêque constitutionneldeLyon^Lamouretto, prononça à l'assemblée législative, uql jdiscours as^ez adroit et assez patbér

BK LA RirOUTTION ^AAlf Ç. 247 tique qui tendait au même but. Il commença, ainsi que tous les médiateurs , par faire une compensation imaginaire des torts réciproques des deux partis. La foule des impartiaux ( il est bien malheureux que ce soit presque toujours les hommes sans ca* ractère qui prennent ce titre ) Vécouta «?ec une faveur éclatante. 11 entre* prit de prouver que la division actuelle ne tenait qu'à deux accusations , que les partis se renvoyaient continuellement, quoiqu'elles fussent sans réalité. Qu'ya-t-ii de plus cbimé*- Tique , dii^ait- il , que la pensée qu'on suppose à certains membres de l'assemblée , de vouloir établir une république ? Quoi de moins vraisemblable , d'un autre côté, que la pensée que ceux'ci supposent à leurs adversaires, de vouloir enfreindre la constitution

24^ PRÉCIS nXSTORIQ0K

pour établir deux chambres? Il est un moyeu dVcarter ces funestes nuages, c'est defrapper d'un égal anathémeruu et Fautre de ces projets. A. peine cet orateur de paix avait-il parlé , que la salle retentit des serments «qu'il avait proposés. La république fut désavouée soienneliement , par tous ceux quî rétablirent un mois après , et qui n'eurent jamais un autre but. Ils aimèrent mieux faire cette vaine protestation, que de compromettre leur plan par une résistance qui eût été un aveu.

Comme il faut toujours, enFrauce, avoir de Tenthousiasme ou en feindre, les deux partis franchirent la barrière qui séparait cette assemblée , ainsi que l'avait été l'assemblée constituante, en un côté droit et un côté gauche.

Les orateurs habitués à se dénoncer, k se diffamer tous les jours, coururest

DE LARiVOLUTIOlf FRANC. 249

dans les bras )*uu de Tautre; la haine donna et reçut les embrassements do la haine. Les tribunes elles- mêmes , les terribles tribunes , cédèrent un mcw ment à cette ivresse factice. On proposa de faire )ouir le roi du tableau de cette réconciliation , qui allaiC calmer toutes ses sollicitudes. Quelque empressement qu'il mit à venir contempler ce spectacle , il arriva à peine assez tôt pour ne pas trouver le prestige entièrement dissipé. Il parla avec émotion, fut écouté avec quelque intérêt; et le soir, comme pour donner un gage de la réconciliatio»

universelle, il fit ouvrir au pubUc le • jardin des Tuileries, qui était fermé depuis la journée du 20 juin. Mai»

sur le champ les menaces accoutumées vinrent dissiper ce rêve d'ua moment. Dans cette même soirc^ >

l50 PRÉCIS HISTORIQUE

l'assemblée se réuuit, et porta, danë «es discussions, il peu près la même atiimosite' qui y régnait ordinairement. Le lendemain , il ne restait plus de cette rçconciliation , qu'une stupéfaction commune de la part des deux partis , de s'y être prêtés.

Les nouveaux ministres qui n*a«- ^aieot point désespéré de servir le roi, «près la journée du ao juin^ étaieat ein butte à des dénonciations coutiquelles , présage assuré du décret d'accusation. Leur situation les épouvanta , ils donnèrent leur démissioa tous à la fois. Louis ^ abandonné au milieu de Torage , eut peine à trouver des hommes assez dévoués pour accepter ce périlleux emploi; il par-« vint cependant à se recomposer ua ministère à force de sollicitations.

Quoique les ennemis de la cour

DS LA RÉVOLUtriOlC FRAlfÇ. iSc

fusseflt , à ce moment méme^ fortement occupés de leim diTisions in« testiues^ il re'gnait cependant entre eiTx une émulation h qui porterait les coups les |>lus terribles à la royauté. Les girondins voulaient y procéder par des lois telles que les demandent, ou paraissent les demander les circonstances difficiles. Les jacobins voulaient y arriver par un mouvement populaire, plus terrible que celui du 14 juillet. Us secondaient les ^mesures de leurs rivaux , parce qu'elles avançaient Texécution de leurs desseint.

On travaillait^ de ces deux côtés, à répandre dans les esprits une sombre exaspération. L'assemblée rendit un décret propre à produire ce résultat.

La patrie fut déclarée en danger ; ces terribles mots retentirent avec fraoas^ 4*uii bout de la France à Tautre. L'a-

â52 paécis historiqub narchie pénétra dans des lieux où e]lo n'avait pu encore s'établir. Le peuple comprit, et les législateurs ne dissimulaient pas eux-mêmes^ qu'une déclaration si efiVayante, avait moins de rapport aux circonstances estéj*leures^ qu'aux divisions des deux premières autorités.

La guerre se continuait avec lenteur et avec faiblesse; l'A utricbe était h i>eine en mesure de se défendre datis les Pays Bas ,si elle avait eu àcombat-* tre des armées plus exercées. Le géné- .raHLukner qui avait pris le couimandément de l'armée du Nord, avait di*abord obtenu un succès trop facile pour être glorieux. Il s'était emparé des villes d' Ypres, Menin et Courtray ; dans le moment où on croyait qu'eatré dans la Belgique, il parviendrait aisément à la soulever^ il évacua subi-«

DE Là RETOtUTlON FRAUÇ. 253

tement ces trois y illes.Sa position inili« taire pouvait Texiger ; mais comm»

il n'avait point été attaqué , on jugea , et le fait était vrai , que la cour avait donné Tordre de retraite. On vit sur* tout une perfidie profondément combinée , dans faction d'un officier supérieur de cette arméç, nommé Jarry, qui , en évacuant Courtray>, et suivi de près par Tennemi , arart fait mettre \e feu à un faubourg de cette YÎlle. ' On ne douta point que cette barbarie , -destituée de tout prétexte , n'eût e|i pour motif d'indi^oser contre nous lo peuple belge.

IMaisce qui rendait les dangers plus pressants , c'était Fa pprocbe d'une formidable armée prussienne oomman* dée par Frédéric-Guillaume , et par le duc de Brunswick : on l'évaluait à «oixante-dix mille hommes ; elle pré- I. aL2

i54 VRSCIS HTSTORIQUS

sentait la cavalerie la plus redoutable ^i eût encore paru. De nombreuses le'gtotts ti'émigrés marchaient avec elle; un corps d'armée autrichienne de quinze mille hommes devait la seconder. On citait plusieurs chefs dont les talents militaires s'étaient déjà éprouvés contre les Français, xlans I9 guerre xle sept ans. Le roi lui-mémo avait donné avis de cette marche h" rassemblée, «t l'on ne pouvait se di»T simuler que rien n*«tait encore prépiaré pour arrêter ce torrent ; les jaco* bins se gardaient bien d-affaiblir Ti- ^ mage de ces dangers. Ils ajoutaient ' que le plus cruel de tous , était la perfidie d'une cour qui dirigeait elle- •znéme des ennemis si formidables.

Dans de telles circonstances y on es*péra pouvoir ranimer Tenthousiasme des f^rançais par une ziouvelle fédéra^

1>E LA RÉVOLUTION FRATfÇ. 25S

tion, elle eut lieu à FaiHiî versai Fe du it4 juillet. Il semblait qu'elle dut pré*- 4ieater des légions de nouveaux ééien^ «eurs prêts à voler 2l la frontière , et surtout cet ordre, cette discipline, dont des revers honteux avaient fait «en tir le besoin. Loin de répondre à cotte attente , la nouvelle fédératloa -ne fut marquée que par les faniaisiet grotesques du délire populaire. L'asi> semblée législative avait, la veille^ xassé Tarrété du département de Paris, par lequel Fétion était suspendu de ses fonctions. Uno^ foule immense avait^ par ses clameurs et ses menaces, sollicité cette décision, qui était devenue un triomphe de parti. Pétioa parut à la fête ^ qui bietitôt n'eut plus d''autre objet que lui-même» Son nom •était écrit sur mille bannières , à la ^uite desquelles marchaient difie*

256 FKEG1S HISTOKIQUK

Tents groupes qui se confondaîei^ entre eux ; son nom était encore écrit sur tous les chapeaux avec de la craie» On était excédé du concert uniforme et extrayagant de ces cris mille fois répétés : vi$fe Pétion ! Pétion ou la mort! Le danger proclamé de la patrie était oublié, tout s'enivrait da bonheur de revoir Pétion. Il ajoutait au ridiouie de cette scène ^ par lo naïf orgiieil avec lequel il paraissait )Ouir de ces acclamations. Cet enthousiasme était toutefois peu sincère ehes les jacobins qui le savaient attaché au parti de la Gironde ; mais ils se plai« fiaient à Faccabler et \ préparer sa chute par ce' excès d'idolâtrie. Louis ne parut au ^^hamp de la fédération»

que comûie un roi vaincu \ la suite d'un triomphateur. Au moment oi^ il se présenta à Tautelde la patrie pour

DE lA RÉ TOLUTION FRAlf Ç. iS^

rehouyeler son serment, miUe voix dé« noncèrent en lui un parjure. Il y eut même un moment où la foule pressa 8on cortège de manière à faire craindre pour ses jours. Les gardes-suisses et quelques compagnies de grenadiers de la garde nationale^ avaient été disposés pour veiller à sa sûreté. Leur contenance fière écarta le danger , mais non les outrages. Combien cette fédération ^tait diffék-ente de celle de 1790 , signalée par une gaieté civique , par une confiance si entière , et par un amour de la liberté qui s'embellissait des affections douces et sociales!

Au milieu de cette agitation qu'ils avaient fait naître , les girondins étaient phis que Tamais indécis sur la direction qu'ils avaient à tenir. Quelquefois ils faisaient dire à la cour par des agents obscurs^ que le roi pouvait

î58 PRECIS HISTORIQUE

eticore le» calmer en rappelant le»

trois ministres de leur choix, en se résignant à tenir sous eux une conduite subordonnée et passive. Us ne se lassaient point de répéter ces menaces ; ils disaient , et le fait était vrai , qu'eux seuls retenaient en« core riusurrection prête à' éclater j mais ils n en conservèrent pas longtemps le pouvoir. On ne peut rien affirmer sur les négociations qu*oa prétend qu'ils eurent, à ce moment, avec la cour. On a parlé d'un mémoire signé par Vergniaud, Guadet, Gensonné , qui exprimait formellement les conditions que )e viens do mentionner , mais rien ne garantit l'existence» ni l'authenticité de cette pièce. Ceux qui les ont accusés d'avoir demandé des sommes consîdé^ râbles pour faire cesser leur opposi-*

DE I^ RÉVOLUTION VRAUÇ. 25f|

tlon , oat , sans aucun: fondement , calomnié leur mémoire qui est inat* taquable à cet égard. 11 est plus sûr ^ quand on yeut bien «prendre compte de leurs intentions^ d'abandonner le?

récits suspects de quelques mémoire^ particuliers , et de ne les juge^ quQ par des faits publics. On les yoit toutà-coup s'arrêter dans leur marche j| devenir plutôt observateurs alarmés , que directeurs principaux des chefs populaires ; soutenir encore quelques propositions violentes^ mais cherchei; à en ralleutir TefTet,

Ils se voyaietit arrî?és au iiioment d'accomplir Tentreprise qu'ils inéditaient depuis si longtemps , et qu'ils^ avaient préparée par tant de lois , par tant de mouvements opposés \ leur caractère et à leurs principes. C'était ^e faire proaoncer par l'assemblée 1«%

a60 nici9 HtSTORlQXIB

gislative la décbfance du roi. Toute extrême qu'était cette mesure, elle leur semblait préférable aux dangers d'une insurrection qui , dirigée sans eux^ pouvaîtbieûtôtse tourner contre eux , et contre la liberté même. A la yérité , le caractère flottant et indécrt de la majorité de rassemblée, pouvait leur laisser de l'inijuiétude ; mai» les dangers croissaient cbaque jour , les esprits étaient frappés de terreur , on redoutait également et rinvasion de la France , et Forage qui allait é<^!a« ter dans la capitale. La révolutîoii nouyelle présentait moins de désas* très, èonfiée à rassemblée^ qu'abandonnée au peuple.

Les jacobins s^inquîéfèrent d*une mesure qui eût rendu inutiles tous leurs préparatifs d'insurrection. Robespierre se hâta démettre à cette pro-

DB LA r£tOLX7TION ^RÉlTXÇ. S&M

position, des conditions qui la feraient abandonner par ses auteurs. Il parla de la convocation des assemblées primaires , il affectait des scrupules Gon«* stitutionncls. C'était au peuple, disait* il , au peuple seul , à prononcer , et •ur le roi actuel , et sur la royauté même. Il demandait la formation d'une convention nationale^ investie par le peuple de toute l'étendue des pouvoirs eiercés par l'assemblée cou* stituante^ et défa tout était préparé pour que Robespierre fut le tyran de cette convention qu'i> appelait. Dans ce même moment, Danton usait de la plus profonde perfidie envers une cour crédule par l'excès de la peur* Fabre d'Eglantine et lui conservaient des intelligences avec l'un des ministres nouveaux , extrêmement dévoué au roi. Voyez ^ disaient -ils, tout ce

que nous faisons pour vous mettre ^ l'abri des atteintes du parti de la Gironde ; nou« conservons notre popularité^ et chaque jour nous lui ravissons la sienne. S'il fait une proposi tioa violente , mais exécutable , mr le champ nous en faisons une monstrueuse , et dont la difficulté l'embarrasse. Nous parlons au peuple d'exeêi et nous prévenons ses attentats, ^-t-on vu les jacobins et les cordeliers se xnéler à rinsurrection du 20 juin? Sa couleur indécise, de si petits eOets joints à de si insolentes menaces, ne permettent pas qu'on nous l'attribue.

Bientôt ils n'auront plus à eux une Aeule troupe dont ils puissent disposer : nous leur enlèverons les fédéréi et les Marseillais doot on annonce l'arrivée , comme nous leur avons eule"^ le peu pie , et nous occuperoof

DE Ï.A RÉVOLUÏIOTf tB^AJXC, ^63

<^eux-ci de mouvemeats Incertains et tumultueux , dont les résultats no seront jamais à craindre pour la cour.

C'était par de tels artifices que ces hommes perfides voilaient laprofon- . deur de leurs complots , aux yeux de i, ceux qu'ils devaient engloutir. Dans l'épuisement même de la liste civile^ ils obtenaient encore des sommes considérables. On ignore si leur cupidité leur permettait d'en faire servir une partie aux besoins les plus urgents de leur faction :. on ignore aussi s'ils avaient concerté ces manœuvres avec Robespierre. Le caractère> farouche de celui-ci , et son affectation de désintéressement pouvaient y répugner ; cependant ce jeu cruel pouvait réjouir son a me atroce.

Les girondins , qui avaient mis en avaut l'idée de la déchéance , et qui

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avaient employé toute la yéhémence et toute rhabileté de leurs moyens , à familiariser rassemblée aveo cette mesure , s'efiFrayèrent du plan de Robespierre. On YÎt avec étonuement Brissot se présentera la tribune , pour demander que cette discussion fût traitée avec calme et maturité. Il té« moignait du repentir et de Fincertitude; il combattait directement let îaeobîns dans le plan qu'ils venaient d'adopter ; il dévoilait plusieurs de leurs pensées secrètes. Ce discours su^ fit pour manifester tout Téloignement des girondins pour Tinsurrection pro* ^ posée ; et si , depuis , en les a yus réclamer cette journée , comme leur propre ouvrage y on ne doit Fa t tri— buer qu'au danger de leur position vis-à-vis les jacobins ; et peut - être ftussi à cette yaolté qui attache da

SX lA EiVOLUTIOir 7AANC. a6S

prix 11 tonto espèce de victoiTe. Il est imporUnt de faire connaître avec quelle redoutable adresse , Vergniaud fit naître la question de la déchéance du roi* Je transcris une partie de sou discours.

« Je TOUS demande maintenant , dtsait-il , ce qu'il faut entendre par un acte formel d'opposition. La raison dit que c'est Tacte d'une résistance proportionnée , autant qu'il est pos<sible^ au danger, etfait dans hn temps utile y pour pouToir l'éviter. Par exem'ple, si dans la guerre actuelle, cent mille autrichiens dirigeaient leur marche versla Flandre , ou cent mille prussiens versl'Alsace, et que le roi, qui est le chef suprême de la force publique , n'opposât à chacune de ces redoutables armées , qu'un détachement de dix ou vingt mille hommes , pourrait** a. 23 '

fe66 PRiciS HISTORIQtTE

on dire qu*il a employé les. moyens de résistance convenables , . qu'il a rempli le voeu de la constitution, et fait lacté formel qu'elle exige de lui ?

« Si le roi , chargé de veiller à la sûreté extérieure de l'état, de notifier au corps législatif les hostilités imminentes , instruit des mouvements d« l'armée prussienne , e^ n'en donnant aucune connaissance à l'assemblée na* tionale; instruit , ou du moins pouvant présumer que cette armée nous attaquera dans un mois , disposait avec lenteur les préparatifs de répulsion ; si l'on avait une juste inquiétude sur les progrès que les ennemiis pourraient faire dans l'intérieur de l'état, et qu'un camp de réserve fût absolument nécessaire pour prévenir ou arrêter ces progrès; s'il existait un décret qui rendît infaillible etprompte

DE LA R^rOLrTIOlf FRAlVC. 2 6^

a formation de ce camp ; si le roi , rejetait ce décret et lui substituait un plan dont le succès fût incertain et demandât , pour son exécution , un temps si considérable , que les ennemis eussent celui de la rendre im* possible ; si le corps l^îslatif rendait des décrets de sûreté générale , et que Ttirgeuce ne permît aucun délai pour leur exécution , que cependant la sanc« tion fut refusée ou différée pendant deux mois ; si le roi laissait le commandement d^une armée à un gêné-*»

rai intrigant , devenu suspect à la cation par les fautes les plus graves^ les attentats les plus caractérisés à la constitution ; si un autre général, nourri loin de la corruption des cours , et familier avec la victoire^ demandait , pour la gloire de nos armes , un renfort qu'il serait faicile de lui

^ VASCIS HISTORIQUS

accorder ; si , par un refus , le roî lui disait dairemeot : Je te défends do vaincre; si , mettant ^ profit cette fu« neste temporisation , tant d'incohé* rence dan» notre marche politique , ou. plutôt une si constante persévérance dans la perfidie , la ligue des tyrans portait des atteintes mortelles à la liberté, pourrait-on dire qn.e le roi a fait la résistance constitutionnelle ; qu'il a rempli , pour la défense de l'état, le vœu de la constitution; qu'il a fait l'acte formel qu'elle lut prescrit? S'il était possible que, dans les calamités d'une guerre funeste, dans un bouleversement contre^révolutionnaire, le roi des Français ne leur parlât de son amour pour la conatitutioh ;, qu'avec une ironie insultante et dérisoire , ne seraient^ils pas en droit de lui dire ?

Dï LA lBitirotVTl09 VKlKÇ. 2(1^ « O roi ! qui sans cioute avez cru , avec le tyran Ly^andre, que la vé* TÎté ne valait pas mieux que le men** songe , et qinl fallait amuser les hom» mes par des sermetits , ainsi qu*ou amuse les enfants avec des hochets; qui n'avez feint d*aimer les lois, que pour parvenir 2l la puissance qui tou»

servirait à les braver ; la constitution , que pour quelle ne vous pre'cipitât pa)i du trône où vous aviez besoin de rester, pour la détruire; la nation , que pour assurer le succès de vos perfidies , en lui inspirant de la confiance ; pensez-vous nous abuser aujourd'hui avec d'hypocrites protestations, nous donner le change sur la cause de no»

malheurs , par l'artifice de vos excuses et Taudace de vos sophismes ?

« Etait-ce nous défendre que d'opposer aux soldats étrange^ des forcer

gf^ PHÉCIJ HISTORIQUE

dont r infériorité ne laissait pas même d'incertitude sur leur Refaite ? Etaitjce nous défendre , que d'écarter les projets tendant à forti6er I*intérieur du royaume, ou de faire des préparatifs de résistance, pour l'époque i>ù nous serions déjà devenus la proie des tyrans ? Etait-ce nous (défendre , que de choisir des généraux qui atta- ^quaient eux-mêmes la constitution, ou d'enchaîner le courage de ceux 4jui la servaient ? Etait-ce nous défendre , que de paralyser sans cesse Je gouvernement p^ar la désorganisation continuelle du ministère ? La constitution vous laissait-elle le choix des ministres pour notre bonheur ou notre ruine ? Vous fit-elle chef de l'armée pour notre gloire ou notre honte,?

.Vous donna-t-elle enfin le droit de sanction , une liste civile et tant de

DE LA RÉVOtUTIOlf FRAIÇÇ. 2Jt grandes prérogatives , ponr perdr6 constitutiouneilement la constitutioii et Tempire ? Non , non , homme que la générosité des Français n*a pu émou^ '?oîr, homme que le seul amour du despotisme a pu rendre sensible , tous ii*ayez pas rempli le yœu de la con* stitution : elle peut être renversée; xuais vous ne recueillerez point le fruit de votre parjure! Vous tic vous êtes point opposé, par un acte formel, aux victoires qui se remportaient ett votre nom , sur la liberté ; mais vouï ne recueillerez point le fruit de ces indignes triomphes. Vous n'êtes plus .rien pour cette constitution que vous avez si indignement violée ,potur jce peuple que vous avez si lâchement .trahi. »

^ Dumas avait répondu avec beaujcpup de talent et de véhémence It c»

ayi Précis historiçttk discours de Vergniaud; maie il n*a^ ▼ait pu empêcher que la décfaéanco du roi ne fût sur le champ mise en question. L'assemblée paraissaitsuffitomment entraînée pour prendre sur elle cette mesure décisive, lorsque les girondins , par les raisons que )'ai énoncées plus haut, laissèrent languir cette question. Ils la reprirent avec vigueur, lorsqu'ils s'aperçurent que les Jacobins allaient porter le coup fatal; peut -être youlaîent - ils leur enlever un prétexte pour Tattaque , peut «* être ne songeaient-ils qu*à se mettre à Tabrî de leur accusation et de leurs fureurs , en signalant de nou« yeau leur haine pour la cour.

Pétion 6 1 déclarer tou tes les sections de Paris en permanence ; il les fit délibérer sur les dangers de la patrie ^ et se servit de tous les moyens ré^

DE là RÉTOLTITIOI» FRAKÇ. 273

Tolutionnaîres pour déconcerter Ict timides défenseurs de la constitu-»

tion et du roi. Il vint ensuite présen* ter à rassemblée législative une pétition impérieuse , dans laquelle les sections deParisdéclaraient que Louis avait perdu la confiance de la nation* Le lendemain plusieurs d*elles se con- Toquèrent , et protestèrent contre lo Toeu qui leur avait été attribué. Cette lutte se passa en invectives amères, en violences continuelles. Les jacobins ^ f vainqueurs dans une section , se rendaient bientôt dans iine autre où Ion entreprenait de leur résister , et dis4 persaient, par des voies de fait, les constîtutionnelsquefatiguâitcie genre de combats. Paris pr.it chaque }our nn aspect plus menaçant et plus tu-* niultueux; les fédérés arrivaient de toutes parts ^ ils se regardaieDt comm*

274 PRÉCIS HISTORIQCrE

les représeutants armés de la nation^ et annonçaient avoir reçu pour mission expresse de renverser le trône.

liCs ministres s*eflfbrçaient en vain de les renvoyer à Soissons qui avait été pboisi pour le lieu de leur rassemblezuent; la terreur qu'ils inspiraient fut beaucoup accrue par Tarrivce de la légion marseillaise. La cour était dans un tel état de stupeur et d'épouvante , quelle n'avait osé arrêter la marcho de cette troupe choisie pour être à la tête de l'insurrection projetée. Elle n'était composée que de cinq cents bomqies , mais la terreur dont ils»

s'étaient fait précéder doublait leur force et leur puissance. Paris depuis^ longtemps redoutait les hommes da Midi> les récits des scènes sanglantes qui s'étaient passées dans ces contrées faisaient présager de nouveaux désas^

DE Î.A KÊVOLUTIOTI FRAVÇ. 2j6

'jfres. Parmi leurs chefs était un jeune bomme audacieux et bouillant , nommé Barba roux ; ^^ ^ ^i^ depuis avec le parti des girondins , mais alors îl se concertait particulièrement avec Robespierre etDanton. Les grenadiers de la garde nationale parisienne , ne Toulurent point paraître intimidrâ ' à Faspect de ces adversaires. Plusieurs '^^*entre eux s'étaient réunis dans un repas aux Champs-Elysées, ils fai« -«aient entendre les cris accoutumés du parti constitutionnel, Pi'pe la na^ ^ tion et le roi! Les Marseillais arrivè- ^Yent bientôt et s'établirent dans uti *iieu voisin ; Santerre et quelques autres chefs des jacobins étaient mêlés <parmi eux. Ils frémirent en entendant tles acclamations qu'ils regardaient "Comme contre-révolutionnaires ; le -nom de Lafayette répété plusieurs

^ ^RécTS SISTORIQUB

fbts mit le comble h. leur rage , et sur le champ ils s'élancent, le sabre \ la main ; les convives out peine à se réunir, lis eiisayent en vain de résister, le nombre les accable; la multitude s était jointe aux Marseillais^ ceux - ci les poursuivent longtemps avec fureur, ils ne trouvent, au mî« lieu de la promenade publique la plut fréquentée , pas un parent^ pas un amî qui vienne prendre part à leun dangers. Un d'entre eux nommé Duhamel , lieutenant de la sectton det filles Saint-Tbomas , s'était longtempi défendu avec courage , et avait reçu plusieurs blessures. Il cbercbait ^ se féfugier dans une maison particulière; les Marseillais l'y atteigneut, et le tuent. Ses compagnons^ dispei^ ses de tous côtés , ne se croient pas «Mea forts pour lo yenger. Cepea?

DE LA &£tOLUTI09 VAAITÇ. 377

dant Talarme s'était répandue dans Paris. Plusieurs bataillons se'tenaient rasseuiblés ; des militaires distingué!

et zélés constitutioaneb Tinrent à eux, et les pressèrent de Tenger It xnort de leur nialbeureuz compagnon. Leurs efforts furent impuis-^ sants ; on se tint sur la défensive. Le* Marseillias rentrèrent dans leurs ca- •cTues y en répétant des cbants de victoire ; et ce premier essai leur dévoila quelle pusillanimité régnait dans I4 ville où ils venaient faire une révo« lution.Ceux qui n'avaient pas su exerr cerleur vengeance, implorèrent celle des lois ; l'assemblée les repoussa avec mépris. On sortit de Paris avec la métne précipitation , que l'on sort d'une ville qui va être assiégée : Rouen devint particulièrement le refuge de toutes les fonôUes fugitîyes, I. 34

fsy% TIKSCIS BISTORIQUB

Noos avons dëja vu que le roi , de* puis la journée du 20 juin , avait fait fermer le jardin des Tuileries. Par cette précaution , il se mettait moins h couvert des attaques ^ que des in- Tectives de ses ennemis* L'assemblée législative lui ô(a cette faible barrière , en ordonnant que la terrasse des feuil« lants qui conduisait au lieu de ses séances , serait rendue publique. Les jaco* bins et tout le peuple qui marcbait li leursuite ,s*emparèrent surle champ de ce lieu ; mais ils affectèrent de s'iu<<> terdire à eux-mêmes Feutrée du reste du jardin. Us étendirent, le long de la terrasse , un ruban tricolor , pour en indiquer la séparation*; plusieurs écriteaux, eni indiquaient les motifs injurieux. L'insurrection s'annonçait si hautement dans ce jardin, que la cour pouvait apprendre de ses eu*

DE 1;A RÊTOLUTIOW FRANC. »7^

iteitiis , quel jour , par quelles forces et par quels moyens elle serait attaquée.

- Les hommes odieux au parti populaire étaient poursuivis partout où ils pouTaientse montrer : d'Eprémesnil, fut assailli par un groupe furieux, aux environs du Palais-Royal; on lo déshabilla, on. lui porta plusieurs coups de sabre ; on le traînait , tout sanglant; on ne semblait différer sa mort que pour lui faire dévorer plu» longtemps les outrages. Pétion arriva dans ce moment : respecté de la foule, il sauva la vie à d'Eprémesnil.

Celui-ci lui adressa ces paroles prophétiques : Comme vous letes aujour* d'hui^monsieur, j'ai été porté en triomphe, et vous me voyez maintenant en proie aux fureurs du peuple. Ne vous iiez point h sa faveiir, ni à votre fortune actuelle.

â80 ymiScTS RtjlTORIQUB

Dans le même temps, on apprit qu«les massacre» recommençaient dans le Midi. La Tille d'Arle», depuis long* temps lirrée anx divisions de deur factions acharnées, fut ensanglantée par la vengeance du parti populaire , ^ui avait été quelque temps compris mée. A Toulon, neuf personnes ac-r ousées d^arlstocratie, furent égorgées* L'histoire cesse, à Tépoque où nous, entrons, de recueillir les noms des.

victimes, tant elles s'offrent en foule. D'un autre côté , il s'était formé , dans. rArdèche , un rassemblement contre* révolutionnaire, qui pouvait aisé-* ment se grossir dans un pays trop disposé, par sa situation, et surtout par le caractère ardent de ses habitants, au fléau des guerres civiles.

Les rebelles avaient à leur tête un aucîen gentilhomme nommé DusaiU

lant. 11 avait p'ns d'impétuosité qu9 d'adresse; il commença son entrepris* sans ravoir méditée. Il manqua d'ba« bileté pour appeler autour de lui les nombreux mécontents qjui existaient dans, cette contrée. Les constitution^ nels et les jacobins se réunirent contre lui ; il ne tarda point à être enveloppé^ et périt; ainsi que ses principaux com<* plices.

Tous ces mouvements ajoutaient ^ la sombre disposition des espriu^ Ce« pendant les conjurés contre la cour^ prêts à lui porter le dernier coup, se déconcertaient à chaque instant» A for«e d'entretenir le peuple de!»formi« dables mouvements d'armes qui sf préparaient au château des Tuileries^ leur imagination en était ébranlée^ Ils croyaient aux fant6i|;ies créés par leur politique artificieuse.

4^1 PBECfS HISTORIQUE *

' Les chefs des )acobins se réonissaîeni % Charenton , pour se décider sur le jour et les mesures de rinsurrection.

Robespierre se rendait avec mystère aux conciliabules des conspirateurs, y parlait avec timidité. Il étudiait Tart de profiter de la victoire , et laissai f a d'autres le soin de la préparer. Danton , CoHot-d'Herbois , Billaud-Va* rennes , d'autres hommes qui ont acquis une famostté aussi odieuse que ceux-ci , disposaient le mouvement; mais aucun d'eux ue s'oftVait pour commander l'attaque. Ils s'arrêtaient presque toujours à ce mot : que ferons* nous , si la cour nous résiste ? Ils n'a- Vaient pas assez de confiance dans les talents militaires et la valeur de San- <crrc pour lui confier cette eutreprise-' IDanton leur présenta enfin un homme fait pour dissiper toutes leurs alarme^^

DE tÀ RÉVOLtTTlOl» FRAHÇ. 4^

é^étaitWestermauti, qui depuis a si-* gtialé sa bravoure , ses talents et sa férocitç dans la guerre de la Vendée, et qui a suivi Danton à Féchafaud. Il leur offrit un plan d'attaque qui fut vivement appuyé par les chefs de la légion marseillaise. Ceux-ci répondaient de leur petite troupe; mais la multitude parisienne qu'il fallait employer ^ était méprisée par ceuxméraes qui la dirigeaient. On ne la trouvait point encore suffisamment remplie de Tenthousiasme révolu tionr uaire; on s'indignait de ce que desliom« mes du peuple demandaient encore quelquefotsquel prétexte on avait pour l'insurrection. Eh bien ! s'écria ua )Our Chabot , au mîilieu d'une déitbération des conjurés : ils veulent xin prétexte , ma mort peut le leuir ioumir. On Tccoula avec élonne-

%4 PAECI9 HI8TORIQVS. •

ment. « Oui , répondît-il, le moyei^ est tout simple. Je me trouverai peudant la nuit dans une rue détournée^; que quelques - uns de vous s y rendent en même-temps , qu'ils attendent mon signal, qu'ils me tuent; que sur le champ on répande parmi le peuple que la cour a payé des assassins pour immoler un député patriote; que mon corps sanglant soit porté dans tous les lieux publics : la "vengeance éclate sur le champ, le peuple est rempli de fureur, Tinsurrection se décide , et le château des Tuileries est abattu.» Sans doute les complices de Chabot crurent qu'uii tel sacrifice n'était paji nécessaire pour acheter la victoire ; son dévouement ne fut point accepté. On ne connaît pas un trait de fanatisme plus étonnant et plus atroce qu'une telle sup-

X>E LA RérOLVTIOl? FRANC. 285

position : c'était yonloir acheter par ta mort le droit de calomnier son ennemi. Au reste, tout porte à croire que Chabot avait compté d'avance sur le refus de ses complices.. Ce tait ua ex-capucin , qui joignait aux mœurs les plus honteuses, uneame sordide et Ténale.

La conjuration touchait h sa ma* turité, et cependantelle échoua trois fois; car elle dut éclater le premier^ le 4 et le 5 août. Les circonstances qui occasionnèrent ce retard , sont peu importantes à rapporter.

La cour se croyait instruite de ce qui se passait entre les conjurés ; maisello ne recevait à cet égard que de per** fides confidences. Quoique les girondins ne fussent point appelés à ces délibérations . ilsu'en ignoraient cependant pas les résultats. Ils ne songèrent

â86 PfliciS HISTORIQUE

plus à arrêter le mouvetnent , et peuU être cela n*ëtaît-il plus ea leur pouvoir. Ils résolurent , eu le laissant éclater y de s'en rendre les modérateurs eyk les maîtres ; la destinée trahit ce vo&iu Elle vint aussi offrir aux chefs de Vin^ surreotion le prétexte qu'ils attendaient. Depuis plusieurs jours ^ Tas-^ semblée législative ne s'occupait plus que du décret d'accusation contre^ Lafayette ; à cotte décison était at««. taché le sort de la royauté constitua tionneHe , 4ont il était le dernier sou-» tien. Ses partisans redoublèrent do zèle dans cette discussiou importante.

En montrant en lui un homme qui.

sacrifiait tout au désir de maintenir ses serments , ils rappelaient rassemblée au souvenir des siens« Chaque jour , on s'apercevait que la majorité ^ ^pouyaatée de la direction qu'elle avait

DiE tk KEVOLUTIOTÏ FR/CtïÇ. 3^

"suivie jusque -1^, faisait effort pour rentrer dans Tordre constitutionnel.

Hies girondins qui Tavatent si longtemps dominée , commençaient à la trouver indocile. Vaublanc , Raymond , Dumas , Girardin , Beugnot , Dumolïrd \ tous ceux enfin qui défendirent Lafayette^ eurent à braver, J)eudant le cours de cette longue dist^ussion , les insultes journalières et inéme les violences des hommes ar^* jnéset des femmes furieuses, qui peu»

plaient les tribunes et les groupes.

X^es girondins s'indignèrent de la ré-^ sistance qu'ils éprouvaient , et semon>« trèrent alors aussi violents que les jacobins eux-mêmes. Brissot venait de faire entendre contre Lafayette la même yûîx qui avait conduit Deles« sart à Orléans. La discussion se ferme après lai ^ et Lafayette est absous par

q88 frêcis bistorique vue forte m-ajortté., Oa invoque cet appel notnio^l , qui, dans des temps de troubles et de terreur , offrait aux iiorames pusilianimes , ]a crainte do placer leurs noms sur une liste de pros« orits. On y piocède ^ et à rétonnçment .couimvin div parti vainqueur et du parti vaincu , 446 voix prouoiieeiit contre 224 , qu'il n'y a pas lieu à ae« cusation. Ce décret fut rendu le 8 noût. Au moment oiï les députés sortaient y plusieurs de ceux qui ayaient \oté pour Lafayette , furent insultés et frappés ; quelques gar<ks nationales accoururent , et parvinrent à les sauver des fureurs et des outrages do la multitude. Les jacobins et les cor* deliers passent la nuit entière à préparer Fattaque contre le château des Tuileries.

Le lendemain 9^ un calme sombre

tit l^ SLÛV OhVTlOJX FKAWÇ. 289

lègue dans Paris. Les députe's outra-^ geslayeille, viennent en yaiademandor yengeance à l'assemblée ; leurs ad- Tersaires se complaisent à entendre le xécit des dangers qu'ils ont courus. Ils se demandent ce qu'est devenu cette majorité qui venait de leur donner un triomphe d'un moment. Elle partage IfiiHES périls; car déjà les jacobins t>ut fait afficher l'appel nominal ; et cependant elle se tait , et ne s'occupe ni de vengeances ^ ni même de précaun tiens. Cependant Rœderer ^ procuveur-syndic du département arrivée L'assemblée : il dévoile la conspiration qui se , prépare : c'est pour demain , dit-il. Dès ce soir , les sections doivent se déclarer en insurrection, >usqu'à ce que l'assemblée ait prononcé la dé-* chéance du roi. Les fédérés et les Mar«* seÂilais doivetat marcher ^ la tétedçs ia*4

2^0 ϻ11ECIS HiSTORlQUB

surgés : le faubourg Saîiit-Atitoîiie est dans la plus affreuse agitation. Cependant le maire de Paris ne donne pas au déparlement les avis nécessaires, no répond pas aux lettres les plus pressantes : il n'y à plus un moment k perdre ; à minuit vous entendrez sonner le tocsin et battre la générale; c'est îi l'assemblée h prendre les précautions nécessaires pour assurer son indépendance , pour mettre le roi à Tabri des périls qui le menacent. Le département de Paris remplira fidclîcmen t et courageusement se» devoirsî sa marcbe lui est tracée par la loi ; mais ses forces, il ne les pent tenir que de vous.

Cette dédaration augmente le trouble qui règne dans rassemblée. Van-^ blanc demande qu'on éloigne i Tinstant , de Paris j Itt fédérés et les

DE I«A RÉYOLUTION WKÂ.VC, 291

Marseillais. A cette proposition Giia- ^et éclate, et rejette loia tout voile de modératiou. A quels hommes pusillanimes, s*écrie-t-îi , a-t-on pu peirauader qu'ils avaient à craindre les coups des défensenrs de la patrie ? Toute profonde qu'est leur indignation , elle ne se livrera point à des «xcès condamnables. Yeut-oii payer de cet opprobre le dévouement dont ils nous entourent ? Non , ce n est point de ce eété que nous avons à craindre des poignards ; il est une faction qui les dirige. Nommez-là (s*é- «rie-t-on)» Ce»t celle qui a voulu élever au dessus de la représentation nationale un général rebelle, qui a dicté ses indolentes pétitions, qui a conduit ses audacieuses démarches , qui a*a cessé d'appuyer tous les complots d'une cour perfide, qui peutigtrc, dans ce moment , conspire aveo

^2 PRECIS HISTORlQtfE

elle la perte des amis de la liberté^ qni lui a yendu le sang du peuple.

A cette violente apostiopfae les députés accusés se lèvent avec indignation. Ah I qu'il eut ipieuz valu pour nous , s'écrient-ils , de périr hier sous les coups des assassins qui nous environnaient/ que d'être en butte -aujourd'hui aux calomnies et aux fureurs homicides de quelques-uns de nos col* lègues. C'est la majorité de l'assemblée qui a absous Lafayette , c'est elle qui est traitée de faction par une minorité conspiratrice. Nous oublions dans ce moment le soin de notre vengeance qui est celle de la représentation nationale , il n'est plus question de nos périls' d'hier, songeons à ceux qui , dans ce moment même , environnent le roi j l'assemblée et la constitution. On vous demande des mesures y on vous en propose > que

DE lA RÉVOLXTTION PRANÇ. 29S

tardez-vous ? L'horrible signal va so faire entendre.

Bientôt la fureur est telle entre les deux partis , que chaque instant fait craindre que le sang ne coule au milieu de rassemblée. La plupart des députés sont armés , les fédérés qui occupent les tribunes le sont aussi.

Aucun décret ne se rend , aucune mesure ne se prépare ; celle proposée par Vaublanc est écartée , rassemblée «e sépare à sept heures du soir , et se convoque pour la nuit même.

L'insurrection avait trois centres priticipaux; le club des jacobins, le club des cordeliers et la section de»

Quinze-vingt du faubourg Saint-Antoine. Mais c'est aux cordeliers que sont rasssemblés les hommes les plus redoutables; les Marseillais y sont, i\» demandent impatiemment le sir

394 VRéciS HtSTO-aïQITS -

giiaL Danton d'une voix tonnante «t furieuse , retrace les crimes de la cour. Cessons , s*écrie-t-il , d'enappe-> ler aux lois et aux législateurs ; le9 lois y elles n*ont pas prévu tant de forfaits; les législateurs, ils en sont pour la plupart les complices , ils ont absous Lafayette. Absoudre le traître , c^est nous livrera lui^ aux ennemis de la France^ aux vengeances sanguinaires des rois. Que dis-je , c*est cette nuit même que le perfide Loui»

a choisi pour livrer au carnage^ à Tin» ceudie cette capitale qu'il veut quitter encore une fois. Aux armes ! aux armes ! Ce cri est répété mille fois , et se propage dans tous iei environs, A onze heures , cette assemblée se déclare en insurrection , et surlecbamp un coup de fusil part. La fureur ang« mente, on fait sortir lespl^ees de ca-

DE LA RETOLUTTOir F^A^Ç. 29S

iiOQ ; Chabot , Gamille-DesmouIInst , plusieurs au très sortent pour aller faire / sonner le tocsin, lis trouvent sur leur J passage le peuple épouvanté et encore indécis. Dans plusieurs sections , oa Teut leur résister , ils lit rent , en quelque sorte , des combats pou r s*ein parer du tocsin. Ce terrible son se fait eu* tendre , et va porter Tefiroi au château des Tuileries : voyons ce qui s'y passe. Le danger était prévu depuis si longtemps, que la cour avait pu prend^ tous les moyens de défense qui étaient encore à sa disposition. Tout sou os« poir portait sur les gardefr-sitîsses : oii s'était attaché , par des caresses et der libéralités, à porter leur fidélité jus* qu'au piuahéroïque dévouement. L'asseniblée avait voulu enlever oe secours au roi: elle avait ordonné que la garde suisse s'éloignât de Paris. Les xuinia^

296 PRÉCIS HISTORIQtrS

très avaient saisi diffëreuts prétexte!

pour reculer rexécution de cet ordre ; tuais ils n'avaient pas^osé faire arriver à Paris la moitié de ce corps qui étaifc à Courbe voie y tant on redoutait de justifier les alarmes du peuple sur les préparatifs hostiles de la cour. On regrettait actuellement d'avoir en cet excès de timidité. Les cours et les postes principaux desTuileries étaient occupés par trois ou quatre cents Suisses. Avant même que le tocsin ne sonnât , quelques compagnies de grenadiers de la garde nationale étaient accourues au cba teau : on y distinguait particulièrement ceux des fillesSaint- Thomas. Us étaient animés du désir de prouver , dans ce jour , leur zèle pour le roi ^jtt de venger la mort de 'pHhame].L*inté]ieur du château était encore rempli par sept à huit cents

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