PRECIS HI8TORt<2ITS
présidait alors, rassemblée nationale connaît tous ses devoirs; elle regarde comme un des plus chers le maintien de toutes les autorités constituées. Elle demeurera ferme à son poste , nou9 •aurons tous y mourir.
Cette réponse de Yerguiaud annonce qijie son parti croyait avoir recueilli de Finsurrection tout l'effet qu'il eu attendait. Voilà le terme oik les girondins Toulaient s'arrête! ; comme s'il eût été en leur pouvoir de déchaîner et de calmer à leur gré les fureurs populaires.
La première impression de pitié dura peu. Un député fit l'observation ironique et barbare , que l'assemblée ne pouvait délibérer en présence du roi. La constitution fut d'abord in- Toquéo par ceux qui ^depuis )h lop^^*
os LA KÉrOLVTïOTS VAAlfÇ. 3ll
temps f et surtout à ce moment mémo conspiraient sa ruine, Louis fut bientôt oblige' de descendre du fauteuil qu'il occupait à côté du président. On le plaça ) lui et sa famille , dans une loge de journaliste, derrière le bureau . C est là où il était condamné à dévorer les plus sanglants outrages , dont jamais le cœur d'un homme ait été abreuvé.
Cependant il y jouissait encore de quelque liberté de communication ave4> ses principaux .officiers; sa misère jonéme y fut respectée, jusqu'à ce qu'on entendit le canon tonnant sur le château. Suivons maintenant la marche des insurgés.
Ils avaient eu toute la nuit , pour assurer lenrs dispositions, et pour accroître leur masse. Le peuple les sui- Tait ; car il les voyait déjà vainqueurs.' Déjà ils araient enroyé plusieurs ds^ h ^7
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leurs compagacms affîdés autour dcÉ château; mais ib leur avaient prèscri t de ne poin t commencer l'attaque , de répandre seulement la confusion et répouvante. Leurs émissaires erraîenC dans tous les quartiers , et faisaient circuler des bruits artificieux , puissants sur rimagination du peuple. ^ L*aube du jour éclaira deux meurtres qui commencèrent la longue scène de carnage. Quelques partisans de la cour avaient passé une partie de la nuit à observer autour du château ; ils étaient armés de pistoletset d'épées, ce qui ne devait point les faire remarquer; car peu de citoyens sortaient sansarmcs. Une patrouille de gardes nationales les arrête , les interroge , les enferme dans un corps-dcgarde. La foule se presse à la porte, et demande qu'ils lui soient livrés. Ils
DE I.A ftivOLUTtOK 7RA1TÇ. 3lli
Paient au Dombre da dix'^sept: onze d^^ntre eux ^ favorisés par ceux mémea qui les gardaient^ parvienaent à s*é^ chapper par les fenêtres. Une femme , ivre de fureur , se présente : elle porte deux pistolets \ la ceinture ; on reconnaît en elle une fougueuse aven«»
turière delà révolution , qui déjà avait paru ^ la tête des assassins, dans la nuit du 6 octobre : elle se nommait Théroigne de Mérioourt. Elle pénétre au comité ; le peuple veut, dit-elle , qu*on lui livre ces scélérats. Un of« iicier municipal s'efforce en yarn de les soustraire à la troupe homicide :< ^éjaon les entraîne ; deux s'échappent encore au milieu du tumulte , les quatre autres sont massacrés. L'implacable furie déchire de ses ma^is un jeune homme nommé Huleau , dont id plume satirique avait souvent
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répaadu sur elle le ridicule et Thorreur. On porte sur des piques la té te de ces malheureux.
, Presque en même temps , Mandat fut frappé du coup mortel. Nous avons vu qu'il étaitd*avisde ne point laisser commencer aux iusurgents leur attaque. On intercepta un ordre qu^il faisait donner à difiPërents postes d'intercepter la communication entre les iusurgents, parles ponts. Ce tordre fut porté à la municipalité ; elle somma le commandant de la garde nationale de fie rendre sur le champ à THÔtel^de* ville. C'étai t pri ver le château de Phomxne qui lui était le plus nécessaire ; Man> dat fut sans défiance pour cet ordre; il s'y rendit. Les officiers municipaux n'avaient eu d'autre objet que d'empêcher Feffusion du sang; ils espé- Iraient} ou que T^usurrectioa n*eu fe^
DE LA RÉVOLUTION FRAîfÇ. ZlJ
Tait pas répanclre , ou qu'elle pourrait encore se calmer. Déjà ifs s'occupaient de sauver Mandat ; il sortait libre de rH6tel-de-ville , lorsque • tout-à-coup entre une nouvelle municipalité qui venait expulser celle-ci.
Son premier acte est d'arrêter Man*dat ; le second est de le faire massacrer sur les - marcbes de THÔtel-de- , Tille. On dépouille son cadavre , on TÎsîte ses papiers , on y trouve Tordre signé , par Pctîon, de repousser la force par la force. Pétion arrive pea de temps après , la nouvelle commune qui déjà a juré sa perte , se garde bien en ce moment d'attaquer sa popularité. Elle dissimule , elle le comble de témoignages d'intérêt ; elle feint de craindre qu'un bomme si précieux n'ait encore des dangers li courir; et
3t8 pmicfs HisTOAi^vx
sous ce prétexte, elle le coa damne ^
rinertie , elle le tient prisonnier.
Cette subite ovéation d'une nouvell* communç , était fourrage de Dauton et de Robespierre : ik avaient eu sois .de la composer d'hommes ^ui avaient avec eux une sinistre analogie. Ils avaient couvert d'un si profond se-* cret cette combinaison , que les girondins ne purent en avoir connaissance , ni prévenir l'existence da pouvoir monstrueux qui devait les anéantir.
• La nouvelle commune agit et parle en souveraine; elle concentre, elle régularise tous Jes mouvements de l'insurrection. Quand elle apprit que le roi avait été cbe relier un refuge au milieu de l'assemblée , elle s'in* digi% àe ce que sa proie lui était ra^
DE LA REVOLUTION FRAHC. 3l^
"rie, et sur le cliamp eUe presse Fattaque avec plus d*actiyite'. De'ja tout 8*ébranle , tout est en marche ; les Mar^ seillals sont à la tête des immenses colonnes de Finsurrectionk Les volon« taires de Brest marchent après euz ; cette troupe est animée du même esn prit; mais elle, a moins de férocité dans son courage que les Marseillais.
Quelques autres compagnies de fédérés les suivent; le reste de cette armée n*offre qu'une multitude sans ordre , et qui s embarrasse dans tous ses mouvements. Elle n'a pour armes que des piques , terribles après la victoire, mais inutiles dans le combat.
Jja véritable &rce des assaillants con« fiste dans leurs canons. Depuis le 14 juillet chaque section de Paris avait Toulu en avoir. Plusieurs jeuut^eus araieut acquis une assers grande ha^
320 ' PRtClS HI8TORIQ<TE
biletédans cet exercice; Pétion avait composé un corps de canonniers , qui y depuis longtemps était imbu des maximes de Finsurrection , et qui fit longtemps la terreur de la capitale.
Les insurgents avaient rencontré , au Pont-Neuf, un poste qui avait tenté un moment de mettre obstacle à leur passage : cette tentative mal soutenue coûta la vie au commandant de ce poste, nommé Carie. La marche fut rapide ; elle était animée par ce cfaant de guerre qui fut nommé Phymne Marseillaise. En s'approchant du château , les insurgents trouvèrent au Carrouzel plusieurs bataillons qui les attendaient , impatients de se joindre à eux. Le départ du roi avait rendu incertains ceux mêmes qui étalent arrivés, avec Fintentionde le défendre.
Les geudarmesétaieut eo yaiii retenue
DE LA RÉVOLUTION FRAWÇ. 3ll
et sollicités parleurs chefs; ils écfa* taient en discours menaçants contre la cour , et s'annonçaient déjà comme * les auxiliaires des insurgents. Enfin, trois cents suisses et trois cents grenadiers qui avaient accompagné le roi à l'assemblée , avaient beaucoup affaibli la défense du château. Cepeiidan t ce qu i reste des suisses s'offre en- , core , rangé devant Tescalierdu château , et fait craindre une vive résistance. A neuf heures du matin , les portes sont forcées , et la multitude «e répand dans les cours. Les premiers faits qui décidèrent Fattaque restent encore voilés pour l'histoire. Suivant les assaillants , les suisses usèrent de la plus grande perfidie. Ils (>an3rçnt bien recevoir les députés qui venaient leur offrir de fraterniser; ils agitaient leurs bonnets en signe de concilia-
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tion et de paix« A Taide de ces démonsf t rations , ils e'taient parvenus émettre de la confusion dans les rangs : un coup de fusil qui partit des fenêtres du château leur servit de signal , et ils commencèrent leur décharge. Suivant les défenseurs du château , les suisses restèrent immobiles à la proposition qui leur fut faite de fraterniser. Cinq denlre eux, qui défendaient la grille, furent massacres par les assaillants ; pt ce fut cette première hostilité qui détermina leurs chefs à exécuter les ordres qu'ils avaient reçus du maire Pétion, de repousser la force par la force : quoi qu'il en soit , ce fut au pied de l'escalier que s'engagea Faction. La première décharge des suisses lit reculer la foule épouvantée , jusque dans la cour. Tandis qu'une partie fuit en désordre, Tau tre continue
BE LA RivOLUTf ON IHIANÇ. 323
hattaque. Plusieurs coups de fusiJssont lances contre les fenêtres du château , et le château y répond. Trois coups de canon sont tirés et yieiuient frapper rextrémité des toits. Bientôt les suisses viennent se ranger en bataille dans la cour ; ils font une seconde décharge , et puis un feu roulant ; la fuite est générale* Un grand nombre de Marseillais et de Brestois sont restés su r le champ de ba taille , quatre pièces de canon sont abandonnées sur le Car* rouzel. Tout a fut , toutes^ les cours sont Tides ; il ne reste plus rien au Carrouzel ^ de la foule qui Tinon-*^ dait. Les gendarmes se mêlent au3Ç fuyards , en écrasent plusieurs. Le peuple les pcend pour des ennemis^ et leur lance des pierres : on avait Hussi tiré sur eux des fenêtres du char t«au. Les suisses n.'oseiit marcher 1^
3^4 PHiCÎS HISTORIQUE
la poursuite des assaillants > qui se dispersent de tous côtés , et qui ren-^ trent jusques dans leurs faubourgs.
Les suisses ont conquis quelques cannons y tuais qui sont sans affût et inutiles.
Dans ce court intervalle d'une pre-* mière victoire , à la plus terrible défaite , l^s défenseurs du château ne virent point de nouveaux bataillons se joindre à eux. C'est alors qu'on regrettait d'être privé de la présence du roi. On n'ayait point d'ordres y point de plans y point de forces réelles. On s'égarait y on se fatigait à examiner et à rejeter des résolutions.
Quel tableau offrait y dans ce moment, l'assemblée nationale ! Au premier bruit d'une décharge de mousqueterie, tous les cœurs se glacent; plusieurs fuyards vieiiBent augiueu^
DELA.RÉVOLUnOWFRAlVÇ. ZlS
ter la terreur , en entrant dans Tas-* semblée 9 en montrant leurs habits teints de sang , en racontant la dé-« iaite de leurs compagnons. Les regards se portent vers Louis ; on Taccuse de perfidie, on voudrait éclater en rer proches ; cependant un grand nom*bre paraît déjà ménager en lui lo vainqueur. On lui demande s*)l a donné des ordres pour que les Suisses fissent cette terrible défense ; il ré-« pond qu*il n'en a point donné ; la reine fait la même protestation. Le iHTuit, la confusion redoublent; des coupi de fusil viennent frapper just qu'aux croisées de la salle. Une voix fait entendre ces mots : Nous sommes forcés. Tous s'agitent ; le président ne peut^plus se faire entendre. Les uns veulent aller au-devant du dau^ ger 9 les autres 5*y soustraire. £u place ^ ï. 28
en place , s'écrie Yergniaud , nons de»
Tons mourir à notre poste. Oo eatoure le roi , on yeat qn*il donne de nouveaux ordres ^ qu'il fasse cesser le feu , et qu*il s'arrache à lui-même la victoire, s'il était possible qu'un sî petit nombre de défenseurs la lui conservât. Louis promet tout , signe tout. Lliorreur du sang qui coule, plus que la terreur encore , agite ses esprits. Personne ne doutait plus que le triompke de la cour n'eût été complet, si, dans ce moment, la moitié des gardes suisses , casernes à Courbevoie, fût arrivée au château. Louis signe un ordre qui suspend leur marche. M. d'Hervilli avait été charge ^ par lui, de porter aux Suisses du château , la défense de continuer leur feu. Mais celui-ci s'indigna de cette résolution ; il accepta cette missioa
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dans le dessein de ne pas la remplir, et daller se mêler, dans le eombat, avec ces défenseurs intrépides.
Cependant les Marseillais , entraînés avec la foute , au-delà du Pont-Neuf, s'arrêtent tout-à-coup. Ils cherchent à rallier les fuyards ; ils ne- veulent plus admettre parmi eux que ceux qui sont résolus à combattre et ^ mourir. Lescanonnierspartagentleur»
fureurs; ils brûlent de venger le sang de leurs compagnons : on ne vit alors se mêler dans les rangs aucun des premiers fauteurs de l'insurrection.
C'était toujours pour eux le moment de délibérer , jamais celui de com« battre. Westerman dirige une nou* velle attaque ; il distribue , avec itw telligence , les nombreux canons qui doivent en fâwre le succès. Le cbâ-* teau est de nouveau investi ; la gen«.
darmerle vient au-devant des Insnrgants ; elle se mêle avec eux , elle s*emporte contre ses chefs, elle les expulse ou les arrête. Son exemple entraîne plusieurs bataillons de gardes nationales qui étaient venus pour de'fendre le château. Le canon tonne de tous côtés , les murailles et les toits sont percés de boulets ; les Suisses se voyent enveloppés et se défendent encore ; kur feu de mousqueterie part sans interruption ; mais déjà ilsmanquent de cartouches; deux pièces de <:anon leur forment une vaine défense contre tant de bouches à feu.
Le château est embrasé dans plusieurs parties ; les Marseillais forcent le passage ; les Suisses sont déjà divisés eu plusieurs pelotons; plusieurs teignent de leur sang les degrés du palais des rois; le plus grand nombre fuit à
DE I.& miroi^UTioii fbanç. 329 travers le jardin ; on le» poursuit jus-» ^ue dans les Champs-Elysées ; la mu^ titude se précipite sur eux , la gendar* xnerie les environne. de tous côtés. Ou ^ea égorge , ùtk mutile leurs cadavres»
oh porte en trophées leurs membre^ sanglants , on les fait servir à d'hor-^ iriblesfestinsw Les grenadiers des Filles- Saint^Thoma» ont peine à effectuer Jcur'tetraite , et ne doivent leur salut ^u'è la vengeance qui s'est attachée ))artioulièrement aux Suisses. Tout ce qui était eniermé au château est pour* suivi ; la confusion générale favorise quelques royalistes dans leur fuites ^oelquet-uns trouvèrent un refugo dans, l'hôtel de l'ambassadeur de Ve-* nise, qui ne craignit pas de s'exposer ^ la fureur du peuple, en lui déro-* bant plusieurs de ses victimes. De ce Aooibrefut YloméjaU , qui déjà blessé^
33o ttikcts RisTo&iQVB se trataa avec peine jusqu'à cet hâtet. La peur invente les déguisements , les subterfuges; Tnn trouve la mort dans le^moyen qui a sauré son compagnon :
bientôt plus d'espoir dé salut pour tout ce qui ti'a pu' encore sortir du château . Dans les transports d'une rage aveugle , tel qui a donné la Hiort à l^lusieurs, la reçoit è son tour comme un royaliste déguisé. Le château brûle»
et jusque dans les flammes , le fer atteint les victimes. .De malheureux domestiques s'étaient cachés dans les cuisines, dans les caves. Parmi eux, quelques royalistes étaient venus partager ce dangereux asile»: tous périssent ; on tire sur eux à travers les soupiraux ; les malheureux sont consumés dans des fournaises ardentes.
Tandis que la foule s'occupe encore de meurtres et de piUagos ^ plusieurs
BE SA RÊVOtl^TION FRANC. 33le des vainqueurs sont entrés dansFas- «emèiéé nationale. iLa nouvelle de ce triomphé est reçue avec milie acda- «niatioiis. Leè menaces et leS' outrages retombent avec plus de fureur sur 1« Koi captif', sur sa famille* Des hohi*« mes tout x^ouifierts de sang , viecinent leur demander compte de eelni de leur« compagnons imiuolës par les Suisses. On seiâitunplaisird'observer et d accroître leur douleur. Bientôt ouJeur .déiend toute communication dam cette log&^ dobton a fait leur première prison. Louis montre déjà sut ses. traits la paisible résignation d*u ne victime ; Marie*Antoiuette montre eacore la dignité da trône et du mstU beun L'a»emblée retentit des cns de vipeldnàtion! Quelques voix ajoutent, périssant les tyran* ! Cependant on voudrait faire cesser \xxk massacre qui
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sembk ti avoir pim de terme. L'astem* blée décrète que lesi8iuâses«ont£Oiis la sativergarde de la loi > et des vertus hospitalières du peuple. La foule des pétitionnaires se succédeat à la barre ; ils s'exprimeut eommcsi là victoire était remportée sar rassemblée tUe* même, h Nous vous ^lemandons , di«* seiit*ils , toiit le peuple vons demauda la déchéatice^u roi ^ et vous n*aves pas même encore prononcé sa suspension.
Apprenez que.le fen est au cbâteau , ei nous ne réteîiidHms qu'apis -que la vengeance da peuple sera satisfaite »4 Yergniaud paraît à la tribune , au nom de la commission extraordi<* iiaire.« Je vians,dct41^ vottsprésen* ter , une mesure bien rlgonrense ; mais la douleur dont yous. êtes pénétrés y m'assureque voUs .jugerez feombiett tilp est uécossaâre au salut de la pa'
DE LA RÉVOLTTTIOW tR AT!CÇ. 333
tHe. w Yergniaud lit un décret qui est adopté sur le champ , par rassemblée.
II porte pour dispositions principales, la convocation d*une convention na« tionale , et la suspension provisoire du roi , jusqu'à ce que la convention ait prononcé sur les mesures nécessaires pour maintenir la souveraineté du peuple. On nomme sur le champ un député pour porter ce décret aux insurgés ; ils paraissent se calmer, ils permettent qu'on éteigne Fincendie du château. Un d'entre eux arrive à la barre , il tient sous son bras un Suisse qu'il a fait soti prisonnier.
« Epargnons , dit-il , ces instruments d'un roi perfide, » et sur le champ il l'embrasse : l'excès de son émotion l'affaiblit , il tombe évanoui. L'assem* hlée cherche h profiter de cette scène pour engager les vainqueurs à la clé-
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xnence. Cependant la fureur n*etaît point encore assouvie; on conduisait h rHôtc^l-de-?ilIe quatre-vingts d'entre eux , et la garde nationale s'efforçait de les protéger. Tout-à-coup une foule imnïehse se précipite sur eux , disperse leurs gardes ; on n'entend que ces terribles cris : Point de tfuartUr! f^ engeance t vengeance! Ils ont égorgé nos frères. On les massacre ; épuisés, éperdus, ils ne défendent plus leur Tie , et n'implorent qu*uue mort prompte. La rage fut portée ^ un tel excès de démence , qu'on entra dans un grand nombre d'hôtels, pour y massacrer les portiers suisses. Quiconque avait donné asile à ceux da château, expiait , par une mort cruelle sa pitié généreuse. Cependant il y eut des hommes , et surtout desCemmes, qui se dévouèrent à les cacher. On