‹ Précis historique de la Révolution françaiseChapitre 22 sur 44 · J 94 PRÉCIS HISTORIQUE · texte numérisé non relu

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une seule nuit, tous les privilèges, tous les droits abusifs furent abolis; scène si mal jugée par ceux qui n’observent pas que*ces sacrifices étaient ou ordonnés par les cahiers, ou évidemment nécessaires à l’exécution du projet d’une nouvelle constitution. Ce n’en fut pas moins un superbe spectacle que celui des nobles et du clergé sacrifiant les droits de chasse, de pêche, de garenne et de colombier ; des curés otTraiit le sacrifice de leur casuel ; des bénéficiers déclarant qu’ils se borneraient ^ à un seul bénéfice ; des seigneurs ^ reconnaissant la nécessité du rachat des droits féodaux qui pesaient sur les habitans des campagnes : sur- . tout dans Cet enthousiasme universel, ce fut un grand et touchant espoir pour lu régénération uniforme

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de l’empire que de voir les députés des pays d’états et ceux de plusieurs villes privilégiées venir tour à tour , et avec un empressement patriotique , offrir le sacrifice de leurs droits antiques et de leurs chartes , couvrir les degrés du bureau, et proclamer leur vœu qu’il n’y eût plus de provinces , niais une seule nation , une seule famille , un seul empire.

Il semblait qu’en unenuit laFrance allait être régénérée : tant il est vrai que le bonheur du peuple est facile à faire, quand ceux qui le gouvernent s’occupent moins d’eux-mômes que de lui ! L’assemblée , étonnée du spectacle qu’elle se donnait à ellemême, et to|phée des bienfaits qu’elle venait de répandre sur la nation , décréta qu’une médaille serait frappée pour conserver la mémoire de cette

nuit. Elle déféra au roi le titre de ^restaurateur ' de la liberté française / décréta ^ qu'une députation lui en présenterait Thommage , et le' prierait d’assister à un te Deura solennel. ' \ -

, L’assemblée nationale semblait avoir réparé en, un jour les lenteurs • auxquelles elle avait été forcée par les crises terribles de l’état. Mais durant ce temps l’état éprouvait une crise nouvelle par les. besoins d’argent et par le désordre où était le royaume.' M. Necker proposa à l’assemblée un emprunt de treute'milliops à cinq pour cent , sans retenue.

L’assemblée, eii ne donnant aucune caution'àcet empruntjjîm ne fixant aucun terme au remlroursement , et en réduisant l’intérét à quatre et demi , présuma trop du crédit n a-

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tioiial el du patriolismç'des gens .

riches ; l’emprunt échoua. On ignôre '

s’il aurait réussi comme le proposait M. Necker; niais le tort évident fût

pour l’assetnblée Necker ne

manqua pas de le lui reprocher.

Aussi, lorsque ce ministre proposa ensuite un nouvel emprunt de qua- .

tre-vingts millions , qui ne donnaient qu’un secours de quarante , l’assera- ' blée le vota sans examen ; mais il ne réussit pas davanlage ; et l’assemblée nationale en porta encore tout -le tort. •

• Les sacrifices du 4 août, faits avec tant d’empressement par les députés mêmes de la noblesse et du clergé , furent mal reçus par les nobles et par les gens d’église. Dans les provinces surtout , la domination féodale était d’autant , plus agréable à

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la plupart de ceux qui en jouissaient, qu’ils étaient dès parvenus , et que leurqoblesse était récemment achetée. C’est dans les petites villes principalement qv’(tn cherche d’autant plus à avoir des inférieurs , qu’on est plus près de ses égaux : c’est une des cent mille maladies de l’huma- • nité. Le parti aristocratique se ren- . força donc naturellement de tous ceux qui voyaient à regret se rapprocher les conditions. D’une autre part, le peuple. jouissait sans ménagement de cet ordre nouveau de choses. Dans cette exaspération des esprits , on continua en divers lieux de brûleries châteaux et les archives ; et bientôt des brigands , profitant des circonstances , se répandirent par bandes dans quelques provinces, brûlant les propriétés, sans distin-

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guer le parli des propriétaires. L’assemblée nationale ordonna qu’il serait fait des poursuites sévères , et accumula les mesures de force et de prudence pour mettre fin à ces désordres. Cepen(|ant les arrêtés du 4 août furent rédigés, la proclamation fut faite de Pacte solennel qui abolit le régime féodal ; et le clergé ayant abandonné ses dîmes à la nation , il lui fut promis un remplacement. Cet acte fut porté au roi' par l’assemblée entière , avec le titre de restaurateur delà iiùerté française. Le roi l’accepta, et il invita les députés à venir avec lui rendre fjrâces à Dieu dans son tenipiedes sentimens généreux gui régnaient dam Vasse initiée . * ' .

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