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dispersées , volligeant et changeant à tout moment de mouvemens et de formes; Parisiens, Versaillais, hommes , femmes , gardes nationales , c’était une confusion en-deçà de la , grille. On dit que le sieur Brunout, soldat parisien , voulant s’avancer vers la grille , fut repoussé par les gardes-du-corps ; que M. Savonières et deux autres le poursuivirent le sabre à la main , et que M. de Savonières aypnt reçu un coup de fusil, ce fut le signal de la haine des gardes du roi et des gardes nationales de Versailles. Celles-ci tirèrent plusieurs coups sur les gardes du roi ' qui SC retiraient. Malheureusement encore , au moment où une députation de gardes du roi , sans armes , portait une lettre d’honnételé à la garde nationale de Versailles, il par-
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DE Lk EÉVOLDTIOIf FBANÇ. ' 241
tit un« salve de coups fusil. La* garde nationale se crut trahie ; et la fureur s’emparant des esprits, on charge les fusils , on braque les canons ; et tout annonçait encore du désordre , quand , à minuit , il arrive par trois«chemins quinze mille hommes de Paris , traînant du canon , et ayant à leur tête M. de la Fayette. Heureux s’ils fussent arrivés six heures plutôt î
11 en avait lui-même envoyé l’avis au château. Soit frayeur réelle, soit que le moment fût venu d’exécuter le projet de faire fuir le roi , on prépare des voitures et on le presse de s’enfuir. Mais ces voitures furent arrêtées par la garde nationale de Versailles , et le roi refusa absolument de partir. Il déclara qu’il aimait mieux périr que de faire couler le
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•sang des J^ançais pour sa querelle.
Ce sentiqaetft pur du roi , qui Ta toujours guidé , sauva la France , et prouve qu’on lui avait laissé ignorer le projet. 11 paraît qu’on avait intention de profiter de la terreur du moment pour engage^ le roi à fuir , et que toutes les dispositions étaient faites afin d’avoir des forces suffisantes pour, l’escorter.
M. de la Fayette, sûr de la garde nationale , parvint à tranquilliser l’assemblée et le roi. Il logea sa troupe dans Versailles, et la plus parfaite tranquillité régnait dans la ville , lorsqu’il se relira dans son hôtel à cinq heures et demie du matin , pour écrire à la municipalité de Paris l’état des choses et la tranquilliser.
~ Sur les six heures , les brigands ,
. DE LA BÉVOLtTÏOK FRA5Ç. 2/j5 qui , dans la nuit , s'étaiént tenus rassemblés en divers pelotons , ou dans la salle même de rassemblée , laquelle avait été forcée de céder la> place à la multitude , s’avancèrent vers le château. Ils trouvèrent des passages mal fermés, et inondèrent les cours. On voulut leur défendre l’entrée du château , et un homme fut tué. Cette multitude , ivre de fureur^ se jette sur les gardes-du-corps, qui se replient sur les appartemens , décidés à y faire la plus vive résistance. Les brigands proféraient mille imprécations contre la reine; et l’espoir du pillage animant leur fureur, ils attaquaient, toutes les portes au hasard. Le roi et la reine se cherchaient, également inquiets; mais le zèle et la prudence des gardes-' du-corpsles rapprochèrent. La reine
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n’eut que le temps de mettre quelques habits et de passer chez le roi.
Cette insurrection , où plusieurs gardes du roi furent blessés , fut prompte et rapide. M. de.la Fayette , qui en est instruit, envoie sur-lechamp ses aides-de-camp qui étaient auprès de lui pour rassembler la garde nationale : il y vole lui-méme ; et bientôt les grenadiers nationaux entrent dans le château, s’en emparent , chassent les brigands au moment où ils enfoncent l’appartement du roi , dispersent ceux qui se livraient au pillage , et le calme est rétabli dans le château.
Au-dehors , les brigands s’étaient emparés de deux gardes-du-corps :
ils leur coupèrent la tête malgrédes efforts de ceux des gardes nationaux qui arrivaient. Enfin ceux-ci par-
DE LA EÉVOLVtlON FBÂEÇ. ^4^
vinrent à se rendre maîtres de la place et à disperser les brigands ', qui allèrent exercer ailleurs leur pillage, toujours poursuivis et toujours chassés par la garde nationale. On reprit des chevaux du roi et de ceux des gardes-du-corps qui avaient été volés. Enfin cette bande de scélérats reprit la route de Paris , emportant en signe de victoire les deux têtes des gardes-du-corps.
Avec eux disparut toute l’horreur des scènes sanglantes du matin. Alors le caractère national se montra dans toute sa candeur : les soldats parisiens et les gardes du roi s’embras-.
sent; ceux-ci prêtent le serment militaire : le roi reçoit les hommages des gardes nationales qui remplissent ses appartemens , et leur recommande ses gardes. Il passe à son
balcon pour se montrer à son peuple : il est accueilli par des cris de vive ie roi! La reine vient à son tour marquer le même empressement et recevoir les mêmes hommages. Enfin éclate ce cri , ce vœu eénéral des Français : Le rai à Pa-
rr *
ris 1 Le roi déclare qu’il ira à Paris , à condition que ce sera avec sa femet scs enfans , et l’ivresse devient générale : olTiciers, soldats, gardes du roi , gardes nationaux , tous se félicitent et s’embrassent. Lesgardes du roichangentdecocarde; ils jettent leurs baudriers aux grenadiers nationaux , et ceux-ci les reçoivent ; on change de chapeaux et d’épées; et tout prouve que ce n’étaient pas les gardes nationales de Paris qui en voulaient aux gardes-du-corps. L’assemblée nationale, qui avait envoyé au
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roi une députation pour entourer sa personne ; qui , sur le bruit dé son départ, avait délibéré qu’elle était inséparable de la personne du roi , lui envoya une nouvelle députation pour lui porter cet arrêté , et en décréta une troisième pour l’accom-.
paguer à Paris , où le rbi àrriVa le soir même , au milieu de ses gardes , marchant avec les gardes nationales.
La multitude qui le suivait poussait des cris de joie ; et les femmes , persuadées que l’abondance allait re- * naître et la famine cesser par la présence du roi, prouvaient, par leur langage grossier mais énergique , que c’était là l’objet réel de leur voyage (i). Leroi, arrivé à Paris,
(i) Les femmes criaient au peuple, qal venait a la rencontre du roi : « Nous ame- 0 nons le boulanger , la boulangère et le
promît d’y faire sa demeure la plus habituelle.
Ainsi fut étouffée cette conspiration, dont l’objet était d’engager le roi , par la peur , à se jeter dans le parti des privilégiés , afin que , sous son nom , l’on pût faire la guerre à son peuple» On a dit que M. d’Orléans avait formé le projet de profiter des désordres pour se faire nommer régent du royaume ; mais , outre que, malgré les recherches du Châtelet , qui ne l’aimait pas , il n’a rien été découvert de ce complot, M. d’Orléans avait bien peu de moyens en
sa faveur, et bien des chances con-
• petit mitron. » Ainsi une famille connue dans la robe porte le nom de Boulanger, parce que , dans une famine , elle donna beaucoup de pain au peuple. C’est sa manière de louer.
DE LA. BÉV0LDTI05 FRANÇ. ^49 tre lui. Et quant à Mirabeau , qu'on accusait de le soutenir, on sait qu'à cette époque il n'était pas bien avec M. le duc d'Orléans. Enfin le projet, qui a été renouvelé depuis par M. de Breteuil et M. de Bouillé , d’emmener le roi à Montmédy , justifie les conjectures que le public avait formées sur le complot de le conduire . alors à Metz.
Cependant M. d'Orléans, de concert avec M. de la Fayette , se fit donner par le roi une commission pour l'Angleterre. Les motifs de cette absence étaient surtout d'ôter aux malintentionnés un prétexte de se ' servir de son nom pour exciter des mouvemens tumultueux dans Paris , et que M. de la Fayette en aurait plus de facilité pour maintenir la tranquillité dans la capitale. Tel fut
a5o PRÉCIS HIRTORiQTîE t
l’exposé présenté par M. d’Orléans lui-même à l’assemblée nationale, au mois de juillet suivant, et que M. de la Fayette ne démentit pas.
L’assemblée nationale tint encore quelques séances à \ ersailles -, en attendant qu’on eût disposé à Paris un local convenable. Libre alors des sollicitudes' dont elle avait été constamment fatiguée , elle s’occupa de .
la constitution. Ses longues et continuelles séances étaient employées, ou à discuter ces questions importantes desquelles dépendait le bonheur de la postérité , ou a calmer les désordres qui s’élevèrent en di- - vers lieux dans ce long interrègne , des lois. Dans l’espace de trois mois elle organisa les municipalités et les assemblées primaires ; elle fi?a les qualités des citoyens pour les élec-
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lions ; donna des lois provisoires sur ia jurisprudence criminelle et sur les émeutes ; régla lès travaux les plus pressés sur les impositions ; abolit les lettres de cachet ; se fit rendre compte de Tétât des pensions , et commença divers travaux sur Tarmée, dont elle augmenta la paie; sur la' finance , pour -laquelle elle établit la caisse de Textraordinaire ; sur la marine , où elle porta des vues d’économie. Bientôt il n’y eut plus ni féodalité , ni privilèges , ni ordres, ni corporations. La vénalité des charges était abolie ; lu nation avait repris ses droits de décréter les lois et les impôts, et la France ne voyait plus que des citoyens rétablis dans leurs droits, oubliés depuis tant de siècles.
Surtout elle profita du généreux
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enthousiasme des Français pour anéantir sans retour les privilèges des provinces. Ces privilèges avaient été , dans les temps despotiques , la seule espérance des amis de la liberté ; espérance toujours trompée , parce que les ministres y avaient apporté , avec un art plus ralïîné , toute l’influence du despotisme.
Ceux qui, ne pouvant détruire. le royaume , espéraient encore de le déchirer, s’efforçaient d’engager les provinces d’états à réclamer leurs droits : c’est qu’elles étaient organisées en trois ordres , et qu’elles voulaient conserveries ordres. Mais la nation , éclairée sur ces prétentions , ne pouvait pas donner dans le piège; et l’assemblée nationale fut obéie avec transport, quand , sur le plan de M. l’abbé Sièyes, elle or-
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donna la division du royaume, en quatre-vingt-trois déparlemens, subdi visés en districts et en cantons. De toutes les parties du royaume ^ccou* Furent plus de deux mille députés des villes et des bourgs , pour faire valoir leurs prétentions ; et , après trois mois de travail le plus étonnant et le plus pénible, la division fut achevée. Ainsi Ton put dire qu^il n’y avait plus de provinces : ce mot a même disparu de notre langue. Mnsi le royaume fut un, et la crainte des républiques fédératives fut dissipée.
Mais la question qui occupa le plus sérieusement l’assemblée rationale fut celle des biens du clergé , qu’elle voulait présenter à l’état comme le gage de son salut , comme le seul moyen de payer son immense dette, et de le sauver de l’ignominieuse
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ruine de la banqueroute. Elle trouva dans son sein les plus violentes oppositions : mais enfin il fut décrété que tous les biens ecclésiastiques étaient à la disposition de la nation , à la charge de pourvoir d’une manière convenable aux frais du culte, à l’entretien de ses ministres, et au soulagement des pauvres. Il fut ordonné qu’un curé ne pourrait avoir moins de douze cents livres par année, non compris le logement et les jardins en dépendons. Ce fameux décret, rendu le 2 novembre 1789, fut promulgué le 3 , et accepté le 4 par le roi. Le 5, l’assemblée nationale acheva de porter le dernier coup aux ordres privilégiés , par ce simple décret devenu constitutionnel en France : il n’t a pxüs de distinction d’obdres.
DE LA BÉVOLDTIOK FRiNÇ. Ô^£r
' Telle était la mukitude des abus dont toiites les parties du gouvernemen t étaient embarrassées , que PaS" seml^lée nationale ne? pouvait créer sans détruire. Maisaussi elle souleva contre elle une multitude d’ennemis.
Ma plume ne suffirait pas à rappor»
ter tous les moyens qui turent employés à la b>is pour décréditer l’a&« semblée nationale’, dont Pautorké avait un grand ascendant' sur Pesprit des peuples , ou pour ParréteD dans ses travaux, ou pour en retarder Pexécution. te clergé , irrité de voir ses biens aliénés , et d’être réduit à des salaires, eraployî^des moyens familiers à l’église , et qui peut-être auraient réussi-, sans la suppréssion de la dîme , ^ bien accueillie dans les campagnes. U ac- , cusait l’assemblée nationale de vou-
loir détruire la religion. Tous les chanoines du royaume se coalisèrent, et presque tous les chapitres protestèrent. Une multitude d'évêques, à l’exemple de celui de Tréguier , inondèrent leur diocèse de mandemens incendiaires ; et les évêques négocièrent avec Rome une bulle pour intimider les faibles et pour dévouer l’assemblée nationale à l’anathème. Et cependant l’assemblée déconcertait ce complot en protestant toujours de son union avec le pape , comme chef de l’église quant au spirituel, et de son adhésion à la foi de ses pères.
, Dans le même temps se forma une fabrique immense de brochures et de journaux. On savait que les livres avaient beaucoup aidé à la révolution , on imagina que les livres
DE LA RévOLDTlON FEANÇ. 25^
pourraient faire la contre-révolution : c’était le terme consacré par le parti. On crut éblouir le peuple en répandant dix fois plus d’éorits contre l’assemblée nationale qu’il n’en paraissait en sa faveur : une foule de presses de France et du dehors y fhrent consacrées ; tous les styles furent employés : vers , chansons , épigrammes , satires , tragédies, écrits contre l’assemblée nationale, contre ses comités, contre ses membres les plus célèbres , contre la ville de Paris , contre ses gardes nationales , dont ils parlaient avec le plus grand mépris. Les pamphlets se succédaient les uns aux autres avec une rapidité proportionnée à la fureur qui les engendrait. .
A la foBmation des municipalités , les espérances des privilèges se ré-
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veillèrent : cette autorité nouvelle, le premier degré dans l’adminislralion future , mais le seul pouvoir populaire alors existant leur parut un moyen sOr de diviser pour détruire. Ils aspirèrent donc à y placer leurs créatures , et ce ne fut pas sans succès en quelques lieux. Là où les peuples firent' de mauvais choix ils en furent les victimes; et les massacres,qui ont eu lieu en quelques villes du royaume y ont été occasionnés par de mauvaises municipalités.
Les parlemens , qui prévoyaient lèur suppression , avaient une mar- -^che moins décidée , parce qu'ils savaient que leur autorité n'avait jamais été appuyée que sur l'opinion publique, que maintenant ils avaien l perdue. Mais, dans. les deux pro-
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vînces où avait été comploté le proiet de l’enlèvement du roi , ils montrèrent plus d’audace , parce qu’ils s’y crurent soutenus. Les parîemens de Metz et de Rouen osèrent protester contre les décrets de l’assemblée nationale : celui de Rennes les imita , fort, à ce qu’ii croyait, de la noblesse de Bretagne. Mais l’assemblée ayant sévi contre eux , et les villes de leur ressort ayant vivement réclamé contre leur audace, tous ces mouvemens ne servirent qu’à les humilier davantage et à jus^ tifier leur chute prochaine.
Tandis que les privilégiés agissaient avec ardeur, le ministère les servait par son inertie; et, en retardant l’envoi et l’exécution des nouvelles lois , il prolongeait l’anarchie. Il espérait que le peuple, las
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du désordre, réclamerait l’ancien régime , sous lequel il jouissait au moins d’une stupide tranquillité. En mêmetempson accaparaitlesgrains, on accaparait le numéraire , on refusait d’occuper les ouvriers , dans l’espoir que le peuple s’ennuierait de son courage.
Dans le sein de l’assemblée , des orateurs ardens entretenaient la cha- * leur du parti qui regrettait les privilèges ; et l’animosité y fut portée au point que des représentans du peuple, à qui leur vie appartient, la hasardèrent plusieurs fois dans des duels.
Au-dehors du royaume, les mécontens, répandus dans toutes les cours , et secondés de presque tous nos ambassadeurs, tâchèrent d’y inspirer leur haine contre la France ;
DE LA RivOirTlOS FBASÇ.
ils y jetèrent les bases d*une réunion de toute l’Europe contre cet enoipire.
Ils voulurent persuader aux souverains que c’était ici la cause des rois , et qu’ils devaient se rallier pour rendre à Louis xvi l’autorité arbitraire : im[\rudens, qui ne voyaient pas qu’ils apprenaient en même temps à l’Europe que c’était aussi la cause des peuples ! Deux princes réfugiés à Turin y rassemblaient des gentilshommes : ils menaçaient d’une invasion par Nice , par la Savoie , et se ménageaient des intelligences en Provence , à Nîmes, ^ à Lyon , tandis que le roi de Sardaigne faisait des mouvedaens de troupes sur ses frontières. On annonçait alors publiquement que Paris n’était plus digne jde posséder
son roi, et que Lyon méritait de devenir la capitale de 1 empire.
L’assemblée nationale , occupée à p^arer tous ces coups, avançait toujours à grands pas ', foulant aux pieds des ruines , combattant tous les préjugés, dissipant toutes les erreurs,, faisant la guerre à tous les abus , détruisant les droits usurpés , et rétablissant cette précieuse égalité qui rajeunit et régénère les nations en les ramenant à leur pureté prinaitive.
La nation entière la soutenait; et ses bureaux étaient couverts d a-, dresses de toutes les villes qui lui témoignaient leur amour , leur admiration , leur reconnaissance ; qui lui promettaient trois millions de soldats pour défendre la constitution, et l’invitaient à'persévérer.
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OE Lk RÉVOLUTION FRiLNÇ. 205 Enfîn le roi lui-même parut venir à Ron secours. Dn des plus grands moyens des privilégiés était de dire <)ue le roi n’était pas libre, et qu’il acceptait ou sanctionnaitles décrets malgré lui. Il vint donc librement, le 4 février , dans le sein de l’assemblée nationale ; et ,' en se plaignant des efforts que l’on faisaitpour ébranler les principes de la constitution', il déclara qu’il voulait qu’on sût que le monarque et les représentans de la nation étaient unis d’un même vœu ; qu’il défendrait la liberté constitutionnelle , dont le vœu général, d’accord avec le sien , a consacré les principes ; et que , de concert avec la reine , il préparait de boniK heure l’esprit et le cœur de son fils au nouvel ordre de choses que les circonstances avaient amené.
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Quand le roi se fut retiré , l’assemblée lui vola une adresse de remercîment ; et^ profitant de la consternation où .oette démarche du monarque avait jeté la minorité de ses membres, et voulant les engager à se réunir' avec elle au roi et à la constitution , elle décréta que tous seraient tenus de prêter le serment civique , et qu’aucun ne pourrait voter sans l’avoir prononcé. Elle décréta aussi une adresse aux provinces, pour leur rappeler ce que l’assemblée avait fait en faveur de la liberté publique, leur annoncer ce qu’elle se proposait de faire pour l’entière régénération de l’empire, et les garantir des impressions défavorables que l’on cherchait à leur donner.
Celte démarche évidemment libre
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du roi déconcerta quelque temps les ennemis de la chose publique , mais elle ne les fit pas renoncer à leurs projets. D’un côté ils affectèrent de contiiftjer à le représenter comme lin martyr, et à se décorer du titre de royalistes; mais d’un autre côté ils crurent pouvoir placer des espé- , rances plus solides dans les princes fugitifs et dans l’assistance que devaient leur donner, à ce qu’ils disaient, toutes les couronnes de l’Europe. Les mécontens se multipliaient à mesure que l’assemblée nationale faisait des réformes : ses plus zélés partisans étaient quelquefois étonnés, de son audace, et ses ennemis ' affectaient de mépriser son imprudence. Ils assuraient que ses travaux ne seraient d’aucune durée, et qu’on serait bientôt obligé d’en revenir à