‹ Précis historique de la Révolution françaiseChapitre 25 sur 44 · pnécis HISTORIQUE · texte numérisé non relu

pnécis HISTORIQUE

l’ancien régime , ou d’accepter du moins les conditions de 1m séance royale , dont ils n’ont pas cessé de vanter la sagesse paternelle. .

Décidés à reprendre leurs ^Iroits, ou du moins à se venger ou périr , ils employèrent à la fois tous les moyens que fournissaient à chacun sou ancien état ou son ancienne influence. L’armée avait toujours été leur espérance ; on n’épargna rien pour la détacher de la cause de la nation : mais les régimens , à l’envi , donnèrent les plus fortes preuves de patriotisme ; et dès-lors l’armée fut divisée, comme la nation f eu deux partis , les privilégiés et le tiers -état, les of&ciers et les soldats.

Alors on chercha à diviser les régimens , à les aigrir et à les corroni-

DE L1 aivOEDTIOK FIlàNÇ. 367

pre ; ce qui produisit quelques scènes fâcheuses dâns le Hainaut, frontière de Tempereur; danis le Lauguedoc, où les émigrés dë'Turiri et de Nice avaient • des intelligences : mais la vertu nationale , le patriotisme , prit le dessus, et les soldats, trompés, reconnurent bientôt leur .erreur ; ils dénoncèrent eux-mémes les bn>< chures periides par lesquelles on cherchait à leur faire haïr la coii*< stitution. t

Les' tribunaux encore existans cherchèrent à maintenir leur autorité ; le parlement de Bordeaux , en particulier, n’épargna rien pour ex-v citer la révolte. Les tribunaux prevOtaux sévissaient contre les citoyens amis de la révolution. Le Châtelet de Paris surtout semblait un instrument précieux dont on pouvait tirer

un grand parti. L’assenablée nationale lui avait accordé prcTvisoirement et pour peu de jours le pouvoir de juger les crimes de lèse-nation ; et cette autorité provisoire, elle la lui continua quand elle 'sut qu’il en profitait pour instruire contre plusieurs de ses membres distingués dans le parti populaire. Elle ne voulut pas que sa vertu fût soupçonnée ; et cette probité exposa long-temps la chose publique. On reprochait à l’assemblée nationale une indulgence funeste ; on lui demandait de partout de créer un tribunal pour juger des crimes contre l’état, et pour arrêter une foule d’entreprises qui restaient toutes impunies. Favras avait été accusé du projet d’enlever le roi et de l’emmener à Pé« ronne : le Châtelet le condamna à

DE LÀ RÉVOLVTIOn FBÀVÇ. 269

la mort ; et Favras protesta )usqa’à

la fin de son innocence. Mais nn

autre accusé échappa à la justice, quoiqu'on eût un projet écrit de sa main , où il proposait pour Metz le même plan qui depuis a failli être exécuté pour Monlmédy. Il était innocent peut-être; mais, en ce cas, comment Favras était- il coupable?

Tandis que les nobles cherchaient à diviser l'armée , et que les gens de robe, soutenus de toute Tastuce d'une nuée de praticiens , employaient les ruses de la chicane , le clergé se servait des armes qui lui sont propres. Bans tous les temps et dans tous les pays les prêtres se sont identifiés avec la religion, comme tout docteur ne fait qu'un avec sa doctrine; leur cause a toujours été la cause du ciel ; qui blesse les prêtres Messe

2^0 • PRÉCIS H^STORigrE

Dieu. Ils tentèrent donc plusieurs fois de porter la cause du ciel dans la tribune^ d’une assemblée qui ne doit s’occuper à régler que les choses de la terre. L’assemblée déclara enfin que son atlachement à la religion calholique romaine ne pouvait être douteux au moment où son culte était mis par elle à la première place des dépenses publiques , et que la majesté de la religion et le profond respect qui lui est dû ne permettaient pas qu’elle devînt un sujet <

de délibération , parce que l’assemf blée n’avait aucun pouvoir sur les consciences. 'Cette sage réponse, dont, avant les États-Unis, aucune nation, aucun souverain n’avait don- *né l’exemple, fournit au clergé le prétexte qu’il demandait pour protester contre l’assemblée nationale.

Les chaires i et surtout les’ confes< sionnàux , retentirent de déclamations contre elle. On renouvela en divers lieux d’anciennes pratiques religieuses que , dans ces derniers temps, le bon sens et la raison avaient fait oublier. Les peuples étonnés s’en laissèrent aveugler, et plusieurs villes furent teintes de sang pour des querelles insensées.' Mais ces fureurs ne se propagèrent pas; cêfurent les derniers hurleniens du fanatisme dans des contrées qu’il était en possession d’ensanglanter.

On se plaignait en même temps de ce que le ministère rassemblait des troupes en Bretagne , où les villes disaient qu’elles n’étaient pas nécessaires ; de ce qu’on en dégarnissait les frontières 9 où les villes alarmées en demandaient; de ce que les gardes

*7 2 PBÉCIS HISTOBIQUE

nationales de ces frontières étaient sans armes , tandis que l’empereur, le roi de Sardaigne et celui d’Espagne rassemblaient des troupes qui / semljlaient destinées à nous investir; de ce que la ville de Marseille était rempliç de soldats, comme si l’on eût voulu donner une entrée à la flotte espagnole.

• Les mécontens allèrent chercher jusqu’en Allemagne, en Angleterre, des écrivains disposés à les soutenir.

Ils faisaient traduire leurs écrits. en notre langue, afin de persuader aux esprits inattenlifs que nous étions blâmés de tous les peuples de l’Europe. Mais ils ne persuadaient que ceux qui voulaient bien l’être , et chacun reconnaissait dans ces ouvrages les matériaux qu’ils avaient eux>mêmes fournis. •

BE LÀ BÉVOLUnON FBiVÇ.

Plusieurs des financiers que mécontentait le nouvel ordre de choses lâchaient d’entretenir ce désordre :

ils refusaient de percevoir les impôts; ils^ s’attachaient à décréditer les billets nationaux connus sous le nom d'assignats , parce que leur paiement est assigné sur une hypothèque de plusieurs milliards, ils affectaient de les comparer à des billets qui ne seraient hypothéqués sur rien. Ils prédisaient même que les biens nationaux ne se vendraient jamais.

Dans le sein de l’assemblée, le parti des privilégiés s’attachait à retarder les opérations pour prolonger l’anarchie; à vicier les décrets, quand il avait la prépondérance ^ pour faire faire de mauvaises lois; à .la troubler par des scènes scand^-

574 • ’ 'PBBC1S HISTORIQÜB

ïeiîsps', pour lut ôter l’estîme publique ; à se proclamer les amis du roi , pour faire croire que lespatriotes étaient ses ennemis : sa correspondance active répandait daits les provinces toutes les' brochures que lui dictait sa politique, et tous les projets qu'il }ug:eait convenable de fairé ‘ exécuter. Tout le monde était convaincu que les chefs de ce parti étaient d’intelligence avec la reine, chez laquelle ils allaient souvent; et ces conférences s'appelaient U comité autrichien , parce qu’on pensait que l’empereur en- était le principal appui. Un de ses grands moyens était de faire lire au roi des journaux soi-disant populaires, et remplis d’atrocités contre sa per- , sonne , afin de le dégoûter de sa si- ^lation , et de l’engager à s’enfuir

DE Là ftÉVOLETlON FBàWÇ. 275

quand le moment favorable serait venu. Aussi plusieurs soupçonnaient qu’ils gageaient eux-mêmes les auteurs de ces journaux frénétiques.

Mais les députés du parti patriote ^mettaient autant d’activité à déjouer ces complots que leurs adversaires à les former. La nation , agitée par oes impulsions contraires , n’en était que plus impatiente et plus active :

éclairée sur ses intérêts, elle ne se laissait tromper par aucune sorte 'd’hypocrisie. Des multitudes d’adresses et de dons patriotiques ,maiaifestaient déjà l’opinion publique.

Mais enfin les citoyens de Bretagne «t d’Anjou , fatigués de tant d'agi^ .dations par lesquelles on voulait fondre le courage des Français, se lièrent par une grande fédération armée. Le reste du royaume les imita, 'égale-

37^ PBâciS HISTORIQUE

ment lassé des obstacles qu’on opposait à sa liberté. On ne vit partout que des bandes citoyennes qui, rassemblées par milliers , juraient de vivre libres ou de mourir. L’éclat des armes, la musique militaire ^ les drapeaux flottans , la douce fraternité qui liait tant d’hommes à la même cause , tout réveilla dans les cœurs* ’enthousiasme de la liberté.

Les troupes de ligne désirèrent de prendre part à ces fédérations : plusieurs de leurs chefs et le ministère s’y refusèrent pendant long-temps; mais enfin le roi lui-même permit aux soldats d’être patriotes. La Francç vit se lever quatre millions d’hommes armés , instruits de leurs forces , et surtout de leurs droits.

Tandis que partout on repoussait les tentatives des mécontens par un

DE LA EÉVOLUTION FEAVÇ. 277

grand appareil de puissance , et qae la terre enfantait des armées , raésemblée nationale avançait ses trà>* vaux. £llc avait rendu une foule de décrets successifs pour la conservation des biens du clergé , que détruisaient en plusieurs lieifx des mains amies et ennemies. Elle avait réglé tout ce qui était nécessaire pour la conser5^afion de ce gage précieux de la dette nationale , et pour Tentretien des ecclésiastiques. Elle avait suspendu les vœux motiàsÜqiies ; elle finit par les supprimer , et fixa un traitement aux religieux dé Tun et de Tautre sexe. De nouveaux bienfaits pour le peuple signalaient son zèle. Elle supprima les droite sur les cuirs , sur les huiles et savons , sur Famidon et sur la marque des fers , droits ruineux dont tous les cahiers

: -jy ' ’• ”

a^S PRÉCIS HISTORIQUE

avaieut demandé la suppression , et elle pourvut à leur'remplacement :

surtoubelle supprima la gabelle , impôt détestable et désastreux , contre lecjuel on avait inutilement réclamé dans plusieurs étals- généraux , et qui, depuis «plusieurs siècles, avait été la cause de beaucoup de séditions et de supplices. Les besoins de l’état l’obligèrent à le remplacer provisoirement par une contribution plus supportable. Ainsi, depuis, elle supprima l’impôt onéreux sur le tabac ; et ces deux denrées , le tabac et le sel, devinrent un objet de commerce.

Le peuple sentit l’avantage qu’il y avait de ne payer qu’un sou le sel, qui auparavant lui en coûtait jus- <pi’à quatorze.

Cependant elle fil un code sur le racliat des droits féodaux ; elle donna

DE IA*»ÉV0LÜT10N'PEANÇ.

des réglémens sûr le paiement ifîômeiitané de’îa dicne; elle s'occupa sérieusement et long-temps de l’organisation du pouvoir judiciaire ; elle posa les bases des nouvelles lois sur. l’unilé des poids et des mesurés , travail important , mais -qui demande le concours de plusieurs puissances ; elle promit l’institution des jurés , qu’elle a exécuté depuis, seul gage réel de la liberté individuelle , et qui avait existé dans les commencemens de la monarchie ; elle décréta la Kberlé du commerce dans l’Inde ; elle posa les principes de sa politique expectante sur les colonies , politique dont ‘on ne l’a que trop écartée depuis’, en’ la forçant de décider des questions sur lesquelles il suffisait d’abord de prendre conseil des lieux et du temps, et elle

a8o PEÉCIS HISTOEI(ft!R .

leur envoya des instructions ; enfin elle fit ouvrir les prisons à tous ceux qui y étaient retenus par des ordres arbitraires , et les soumit à la justice réglée.

L'abolition des droits féodaux privait de quelques revenus des princes ou seigneurs étrangers propriétaires en France ; elle leur fit proposer de régler les indemnités qu'ils prétendraient. Ce fut le sujet de menaces contre la France ; car ces princes prétendaient avoir un droit de souveraineté sur leurs terres , et que ce droit ne se paie pas avec de l'argent ; étrange subterfuge dans la bouche des princes I car personne n'ignore que les souverains sont en possession de vendre non-seulement leurs droits de souveraineté , mais leurs villes, leurs provinces et leurs sujets.

DE Lk BÉVOLVTION FBÀNÇ.

Quelques princes propriétaires menacèrent la France d’amener contre elle les forces de l’Allemagne. Imperturbable dans ses décrets, et dans son dessein de maintenir l’unité des lois et des droits dans le royaume , elle ne répondit qu’en offrant encore des indemnités.

Cependant l’assemblée posa les principes constitutionnels sur l’armée ; elle fixa le régime provisoire des gardes nationales ; et, attendant que celle force publique, qui est la vraie, fût organisée , elle régla les dépenses du département des affaires étrangères et celles du conseil , et la détermination, de la pension du roi, improprement appelée iiste civile.

Et dans le temps où tous les esprits s’élevaient à la hauteur des destinées futures de la France, et se pé-

tt

282 PRÉCIS HISTORIQCE

nétraieiit des souverains principes de la liberté , elle décrétait des couronnes murales en faveur des vain- .queurs de la Bastille ; elle.faisait enlever du pied delà statue de Louis xiv les insultantes images des nations enchaînées; elle déclarait que la nation ne ferait jamais aucune guerre dans un esprit de conquête; elle attachait la Corse à la France par les • douces chaînes de la liberté et de l’égalité , et rendait un pur hommage à ces droits des sociétés hu- .maines en portant le deuil de.

Franklin.

Ces deux marches si opposées de l’assernhlée nationale et de ses ennemis ne pouvaient manquer d’avoir un inégal succès : on devait juger de quel côté serait l’avantage , de ceux qui voulaient donner à l'em-

Coogl

DE Ik RÉVOLETIOir FBANÇ.

pire qui • la demandait une constitution vigoureuse et libre, -ou de ceux qui ne s'occupaient qu'à l'arrêter ou à la détruire.

Un décret particulier irrita la fureur des privilégiés plus qu'aucun de ceux qui jusque-là avaient été rendus, et cependant il n'exigeait le sacrifice.que de quelques frivolités indignes des citoyens d'un état libre : c’est le décret contre les titres, les armoiries et les livrées. Il fut proposé et appuyé par les députés patriotes de l'ordre autrefois existant de la noblesse : la suppression des armoiries et des titres était une conséquence de l'abolition de la noblesse , de la féodalité et des privilèges ; car le blason et les armoiries, particulières aux nobles, étaient le signe de l'autorité féodale, et les li-

vrées étaient la copie de leurs couleurs; et quant aux titres, ils appartenaient ou à la noblesse , qui n’existait plus, ou à la vanité , ennemie irréconciliable de l’égalité , et qui , par conséquent, devait être abolie par les lois , afin de l’être par les mœurs.

De ce jour la plupart des nobles du royaume se montrèrent ennemis irréconciliables de la constitution ; l’on a même répété souvent que ce décret les avait décidés à provoquer la guerre civile et à mourir sur les ruines de la France plutôt que de renoncer à l’honneur. A l’honneur!

étonnant et mémorable exemple de la frivolité de l’espèce humaine et de l’empire des préjugés! Mais cette fureur même a justifié le décret : elle a prouvé que la noblesse ne tenait si

DE LA’EÉV0i:.VT10N FRANÇ. r85

fort aux signes extérieurs de son an« cienne puissance que parce qu'elle ne croyait pas l’avoir perdue , ou qu’elle espérait la recouvrer. Plusieurs de ceux qui ont approuvé cette loi ont blâmé l’assemblée nationale de l’avoir portée trop tôt, et dans un temps où toutes les conspi* rations étaient allumées et toutes les couronnes de l’Europe sollicitées contre nous. Mais, si l’on ne considère que les circonstances , on peut observer aussi que c’était le moment où la France avait le plus d’énergie pour faire échouer les conjurations contre sa liberté.

En effet , elle avait des forces immenses, si les forces d’un empire consistent dans le courage et le dévouement des citoyens. Le mépris qu’on affectait pour ses. milices ne

è86 'PBÉcis HiSfORiQim r.r rétoanail: pas ; car les Perses mépri»

aèrent aussi les Grecs ; les Ëspagnob méprisèrent les HoUandhis ,'€t la Bourgogne et rAutriclie regardèrent les Suisses avec dédain : m^s la France a dans son sein huit cent mille hommes qui ont porté les armes , et tout le reste était décidé à vivre libre ou mourir. •

C^élait le moment où tous les citoyens s*étaient liés les. uns auxau> très par des pactes fédératifs, et où la France avait étécouverte de camps de douze , de vingt , et de trente mille hommes. Liasse midëë décréta une fédération générale à Paris par des députations de tous les citoyens. solxdats, ainsi que des troupes de ligne.

Elle, eu fixa le jour au i4 juillet, |6ur de la prise de ia Baï^iile, et duquel la nation a daté Père nouvelle

DE iA EÉVOLUTIOK P&ANÇ. 3$7

de la, liberté. Le champ de Mars , k jamais fameux par le rassembiémea^ des troupes qui , rauaée précédente s avaient menacé la capitale , était W lieu de rendez- vous, .comme afm do purifier, par l’encens brûlé à l’bonneur de la liberté, une plaine souil^ lée i^ar les vertiges du despotisme.

Elle porte aujourd’hui le nom di) Champ de la fédéraii9n. ^

Ce champ , qui a quatre cents toises de long, et uj|e largeur pro* portionnée, borné à droite et à gaur che d’arbres élevés , a pour perspeç* tive l’École militaire. C’est la que, sur lux vaste écbufaud , devaient être plac^’assemblée nationale et le roi, pour que tous les spectateurs fussent témoins du serment qu’ils feraient de maintenir la constitution. Ou conçut la grande idée défaire asseoir

;î88 PEÉCIS H15T0RIQÜE

dans le pourtour quatre cent mille spectateurs que devait attirer cette aueuste cérémonie. Il fallait enlever

plusieurs pieds de terre sur la surfoce, et la voiturer sur les bords pour y former des gradins. Douze mille ouvriers dépourvus d’autre travail y étaient employés ; mais ce travail mercenaire n’avançait pas, et il était immense. Les Parisiens craignirent que le champ ne fût pas prêt pour le 14 juillet, et la commémoration de cette époque leur était chère. Ce fut alors qu’on vit un de ces traits qui caractérisent à la fois et la passion de la liberté et la vivaci^de la nation française. Lesciloyens se chargèrent eux-mêmes de l’ouvrage. On vit sortir successivement de tous les quartiers de cette ville immense les habitans marchant deux à deux,

DE ïià'KBVOiOTioN FRàïiç. a89

chargés de pelles et de bêches, et animés par unev musique dont les airs leur rappelaient la passion de la liberté, et leur promettaient la victoire sur ses ennemis. Leurs femmés et leurs filles Tés accompagnent. Des prêtres et des religievix mârchent ' avec eux. Les ouvriers, les artistes de ' diverses professions prennent plaisir à se réunir , précédés d’enseignes 8i- . versés , qui toutes expripiaient leur patriotisme. Bientôt la terre, remuée par des mains généreuses et libres , transportée pour les gradins , ou servit à élever dans le cèntre l^autel mafestueux de la patrie. On voyait avec attendrissement de^femmes délicates traîner la brouette ou manier la pelle. Les mères , en faisant travailler leurs enfans , leur disaient :

« Mon fils , tu diras un jour aux A. C. 25

« liens que tes mains ont contribué « à élever l’autel de la patrie. » Émus de ce spectacle , les fédérés , déjà arrivés des* provinces, joignent leurs bras vigoureux à ceux de cette multitude. Dans peu de jours fut entièrement disposé pour la cérémonie nationale le plus immense théâtre qui ait été préparé par la main des hommes.

Enfin elle eut lieu cette cérémo- * nie à jamais mémorable. Les trou- " pes citoyennes des départemens , distinguées par leurs bannières ,'les ^ troupes d’infanterie de cavalerie et de marine , et les étrangers qui servent sous les drapeaux de France»

étant disposés avec ordrè , le roi et l’asseniblée nationale prêtèrent le serment de maintenir la constitution ; tous lés citoyens armés le ré-

ago

Di:.'

by Googl^

• de t RÉVOtUTION FBANÇ.

pétèrent , et la multitude immense des spectateurs applaudit à leurs eri^agemens. Tous jurèrent aussi de vivre libres ou de mourir. Ce ser- ' ment fut prononcé le même jour dans toute' l’étendue du royaume.

39a PRECIS HISTORIQUE . •

\VVV»VVVVVV\)VWVVVV»»WVVwi>U(VVVVV^^ •

Page 1