Les changements dépendants, qui sont de beau
coup les plus fréquents, doivent être considérés comme essentiellement dus à V assimilation ou à la dissimilation.
a) U assimilation est la tendance qu'ont deux sons voisins à s'emprunter une partie de leurs caractères : elle peut être partielle ou totale. Dans le latin sapiani, devenu en français sache [^sas\ /est passé à la fricative sourde prépalatale s sous l'influence de p, qui est une explosive sourde (cf. rage, remontant à rabia) : l'assimilation n'est que partielle. Elle a été au contraire totale pour le t de nutrire, qui aboutit à r dans le français nourrir (par une étape *Mo^nV<^). L'assimilation est dite progressive, lorsqu'elle s'exerce d'avant en arrière (cas de sache == sapiam), et régressive, lorsqu'elle s'exerce d'arrière en avant (cas de )iourrir = nutrire).
b) La dissimilation (qui peut également être progressive ou régressive) est la tendance qu'ont deux sons semblables dans un même mot à se difterencier : elle s'exerce souvent d'une syllabe à une autre. C'est par dissimilation que le premier o de sororem, placé devant un autre o, est devenu e dans l'afr. seror ; que le premier r de peregriniim est passé à / dans le fr. pèlerin ; que le second v de vivenda s'est effacé dans le fr. viande.