L't' accentué et libre devant une nasale
1° Devient en français e (écrit ei), si la consonne a
conservé son articulation étant suivie d'un ancien e sourd. Ex. : Pléna, pleine; *pêna (cl. poena), peine; vêna, veine ; *vervêna, verveine.
2° Aboutit à la voyelle nasale è (écrite ei)i, eim) en se combinant avec la consonne, si celle-ci est devenue nnale. Ex. : Plênu, plein ; frênu, frein ; rêne, ;Y///;sinu, sein; Remis, Reims.
Historique. — Dans le Nord de la France, IV libre s'est d'abord diphtongue en ei devant un « comme devant toute autre consonne (§ 54, hist., a). Mais l'action de la nasale s'est fait sentir sur cette diphtongue, avant qu'elle passât à oi : il en est résulté une diphtongue nasale, et au moyen âge plein, pleine, se prononçaient plèyn, pîèyng (assonant dès le xii^ siècle avec les mots en -ain, -aine, § 43). Dans la période du moyen français, par une évolution qui ne semble avoir été achevée qu'au début du xviie siècle, le groupe èyn s'est réduit à ê ; tandis que dans le groupe èyiic, par dénasalisation, îy se réduisait à e devant un n toujours nettement articulé.
Remarque I. — Dans les dialectes de l'Est, en Lorraine et en Bourgogne, l'évolution de ei en oi avait également eu lieu devant les nasales (de là des (ormes ploin , poine , etc.). C'est peutêtre de ces régions que vinrent, vers le xvie siècle, les formesfoin (afr. fein = fênu) et avoine pour aveine (=: avêna) dont se servait encore Racine. Mais on pourrait d'ailleurs admettre que, derrière une consonne labiale, il se soit produit à Paris même une liésitation entre les sons èyn et %vèyn "(cf. l'alternance de e avec we, § 54, hist., h), et cette explication doit certainement s'appliquer à moins (afr. nieins = mïnus) ainsi qu'à moindre (afr. tneindre = minor), qui ne sauraient être des formes dialectales. Au milieu du xviie siècle, d'après le témoignage de Vaugelas, beaucoup, de gens disaient encore « mains pour dire moins >>.
Remarque II. — L'orthographe étrenne (afr. estreine ::= strêna) est moderne : il en est de même de arène (afr. areine = arêna), et cène (cêna) est un mot savant. Quant à la forme verbale iiiè)ie (afr. tiieine = mïnat), elle a passé par une étape iiiçiie (d'après mener, cf. § 54, II).
Remarque III. — Les mots raûmu, pulUcênu, étaient déjà par substitution de suffixes en lat. vulg. *racîmu, *pullictnii, d'où le fr. raisin, poussin (cf. le provençal n7:5;îm, VitaWen pulcino, etc.). Le mot venin remonte de même à *venlnu (cl. venênum), ou peut-être à un tj'pe *ven~imen. Enfin dans *percavûiiii (fr. parchemin) pour pergamënu (gr. TrspYaarivo;), 1'/ résulte du son qu'avait pris V-f\ dans le bas-grec byzantin (cf. § 57, II).
Remarque IV. — Dans les irespers. pi. comme habënms y ilehcmus, la flexion -émus (qui aurait abouti à *-eins') a été de très bonne heure remplacée analogiquement par -o»i(=:-ùmus), d'où le fr. avons, devons (cf. §§43, I et 6%, I).
61. LV accentué, lorsqu'il est entravé par nasale -j- consonne, se combine avec la nasale pour aboutir en français à à (écrit en, eni). Ex. : Vêndere, vendre \ vêndita, vente; prêndere, prendre ; fïndere, fendre; subindc, souvent; *trïnta (cl. triginta), trente; sïm(u)lat, semble ; cin(e)re, cendre.
Historique. — Ue devant nasale + consonne (dont ne se distingue pas dans ce cas V(, celui de vëntu, pëndere, etc., cf. § 52) a été nasalisé de bonne heure. Jusqu'au milieu du xie siècle il avait le son è (conservé plus longtemps en Normandie et dans l'Ouest, jusqu'à nos jours dans les patois picards et wallons) : vers cette époque è s'est confondu avec à dans l'Ilede-France, et l'on a prononcé vàndre, sànible, etc., formes où la nasale n'a complètement cessé de s'articuler que pendant la période moyenne de la langue (5§ 44, 195).
Remarque I. — Lorsque, dans certains cas, la dénasalisation de à s'est produite (par suite de la simplification d'une nasale double, § 195, I), il en est résulté le son a correspondant à un ancien e latin : ainsi Jcnwic (= fêmïna), après avoir été prononcé en afr. fàmc, est devenu faui dans notre prononciation actuelle; cf. couenne (= *cutïnna) qui sonne kivan. C'est ce qui est arrivé également dans le mot hannc (= bênna), et pour e dans les mots panne (zz= pënna), vanne (-= celt. *vènna) : mais l'orthographe s'est ici réglée sur la nouvelle prononciation. Cf. encore en syllabe atone le cas de la terminaison adverbiale -einment (dans ardemment , prudemment, etc.) qui sonne aujourd'hui amà, et le mot archaïque nenni (afr. nenil = *non-illi) qui se prononce nani.
Remarque II. — De l'identité de son qu'avaient les groupes en et an, il est résulté dès le moyen âge une grande hésitation dans leur orthographe respective. Le français moderne écrit encore a pour e, contrairement à l'étymologie, les mots suivants : Sans(= sïne), dans (=: de-ïntus), céans {= e.ccQhac-ïntus), léans (=; illac-ïntus), néant (= *ne-gënte), langue (= lïngua), sûiigle (= cïngula), cran (== *crennu, cl. crêna), tanche (= tinca), dimanche (die-domïnica), frange (= *frïmbia), vendange (= vindêmia), panse (^= pensât), tance (= *tëntiat), revanche (= revïndicat). Cf. aussi les mots d'origine germanique hande (afr. bende), rang (afr. rend), brelan (afr. berlenc), éperlan (afr. esperlenc) et chambellan (afr. chaniberlenc), qui remontent à binda, hring, bretling, spierling, kamarling ; de plus la graphiecourante déclancher à côté de clenche, (ail. klinke). — Dans les noms de nombre marquant les dizaines, comme quadraginla, qidnquaginta , la finale -agînta était déjà devenue par réduction en lat. vulg. -anta, d'où le fr. quarante, cinquante, etc.
62. Devant n mouillé par un yod, Vç accentué ; 1° Passe à f en français, si le n (écrit ign) conserve
son articulation étant suivi d'un ('. Ex. : Tïnea, teigne; insignia, enseigne ; dïgnat, afr. deigne, daigne.
2° Se combine avec y, devenu final ou suivi d'une consonne, pour aboutir à e (écrit eiii). Ex. -.à) Sïgnu, afr. sein, seing. — /;) Fïng(e)re, feindre; cïng(e)re, ceindre; pïng(e)re, peindri; *exstïng(e)re (cl. exstïnguere), éteindre ; incïncta, enceinte.
Historique. — Les mots tels que teigne (prononcé en afr. tèyut;) se sont à peu près comportés comme ceux où e était devant ti -\~ voyelle ; les mots tels que seing, Jeindre (prononcés en afr. sèyn, jcyndrç) comme ceux où e était devant n devenu final (cf. S 60).
Remarque. — L'orthographe moderne a remplacé ei par ai dans daigne et aine (afr. eigne = inguina, ^ 134, I); ein par ain dans contraindre (= constrïngere) et dans vaincre (afr. veintre = vincere, § 197, II).
I accentué
(/ EN LATIN classique).
a) I libre ou entravé.
63. L'/ latin accentué, libre ou entravé, reste intact en français. Ex. : a) Venïre, venir ; ira, ire ; *offerîre (cl. offerre), ojfrir ; fîlu, fil ; vita, vie ; nïdu, nid ; rîsu, ris; germ. *\vïsa, guise ; ripa, rive; libra, livrer vivu, vif. — b) Mille, mil ; villa, ville ; argîlla, argile; i(n)s(u)la, île; scriptu, écrit.
Remarque I. — Le cas de l'y accentué qui reste intact, est à noter pour les infinitifs latins en -Ire, d'où le fr. -ir (partîre, partir), et pour les participes en -Itu, -lia, d'où le fr. -/, -ie (partïtu, parti ; partîta, partie) : parmi ces verbes (cf. § 54, III) sont venus se ranger les verbes germaniques en -jan passés généralement à -Ire (fourbir = furbjan, Imir = hatjan, honnir r= haun. jan, etc.). Il existe également dans le suffixe -Ivu, -Iva, qui s'est prolongé en français sous la forme -if, -/iv (dans maladif, pensif, inventif, etc.). La forme vulgaire *pia (pour lat. cl. pta, § 4) est représentée en français par ladj. (ém.pie (d'où a été dérivé au xvie siècle le mot pieux). De plus, conformément à la remarque III du § 4, on avait un 7 accentué dans la terminaison gréco-latine -'ta substituée de bonne heure à -ta dans phantasïa et autres : de là notre suffixe -ie (celui dé folie, maladie, Normandie), qui pendant la période du moyen français s'est allongé en -erie (dans dnerie, coquetterie, tirés de dne et coquet par analogie avec chevalerie venant de chevalier).
Remarque II. — Le mox. gllrem, devenu dans le latin vulgaire de la Gaule *ig)lire, aboutit à loir d'après le § 54 (mais cf. . liron ^ *glîrône) ; de même le celt. glïtem, par un dérivé *glitea,. avait donné en afr. gloise (d'après le § 57), plus tard glaise, § 54,, hist., b. Sur lliccm devenu *îlice, cf. 5 56, rem.
Remarque III. — Les a^spers. pi. comme dormei,servei, pour *dorviii, *servi:^ (^ dormïtis, servïtis), sont dues à l'analogie de chante:^ (= cantatis). Cf. § 54, IV. — L'infinitif fouir remonte à une forme vulgaire */o(i7ré (cl. fodère). L'ancien verbe toussir (r= tussîre) est devenu tousser, vers la fin du xvi^ siècle, par changement de conjugaison ; mais, à l'époque classique, on hésitait encore entre /'inV(=*putire, cl. putêre) el puer qui a fini par l'emporter.
Remarque IV. — Dans essieu qui est un singulier refait sur le pluriel et qui était en afr. aissieus (^ *axrlis), aissil (= *axîle), le groupe il -f consonne a subi à la finale un développe^.
ment en iu, ieii, sans doute dialectal et qui pourrait être originaire du sud de la Picardie (cf. celui du mot pieu, § 37, II). Sur le cas des mots comme l'afr. traître, devenu en fr. mod. traître [/;-f/r], etc., cf. § 91 3°.
jb) I sous l'influence du yod.
64. L'/' accentué suivi d'un yod reste intact, qu'il y ait combinaison ou production d'une entrave (§§ 29, 30). Ex. : a) Suspïriu, soupir; Parisiis, P^rw ; mïca, niic ; amîcu, ami; sic, si; dicere, dire; frïgere, frire; celt. *lîga, lie; *sorîce(cl. sorïcem), souris. — h) Filia, fille; peric(u)lu, péril; canic(u)la, chenille; *pastîciu, pâtis ; lîcia, lice; salsîcia, saucisse; tibia, tige.
• Remarque I. — Le y, lorsqu'il s'est combiné avec i, n'a pu que renforcer le son primitif. Un mot comme nûca est devenu successivement *inîga, *mtya, et *nnye qui s'est réduit à mie. — La finale inchoative -Isco de *finlsco, etc. (qui était dans ce cas conformément au " i 36, II) a abouti au fr. -is .
Remarque II. — L'adjectif///;' ùf«?« devenu *frigidu (sous l'influence de rlgidtim) aboutit àjroid. Cf. 5 54, hist., b. L'afr. voleïtle (= volatïlia) est devenu d'assez bonne heure votaiîte, sous l'influence du suffixe -aille (=. -alïa, § 35, II).»— Il ne faut pas confondre la particule d'intensité si (= sic) avec la conjonction hypothétique si. Cette dernière était régulièrement en afr. se, Vi du latin sï .s'étant abrégé dans des combinaisons comme sî quis, si qitÛevi, où il se trouvait atonc(cf. % 92 et 98); mais en moyen français la forme étymologique a été rétablie.
c) I suivi d'une nasale.
65. Vi accentué devant une nasale est soumis en français à deux traitements distincts :
1° L'/ qui était libre reste intact^ si la nasale conserve son articulation devant un ancien ê sourd. Ex. : Lïma, lime; spina, épine; tîna, tine; vicïna, voisine; ïârlns., farine ; *narïna, narine.
2° Vi qui était libre devant une nasale devenue finale, ou entravé par nasale -\~ consonne, aboutit à è (écrit hï). Ex. -.a) Vïnu, vin ; linu, lin ; pïnu, pin ; crîne, crin; fine, fin; pistrînu, pétrin; *cosinu (cl. consobrînum), cousin. — h) *Cïnque (cl. quinque), cinq; *vinti (cl. vigïnti), vingt; principe, prince; sîmiu, singe.
Historique. — Au moyen âge, les mots comme vin,- fin, dssonent avec ceux comme fit, venir, etc., ce qui prouve que la nasale finale n'avait encore agi que faiblement sur 1';' qui est une voyelle « haute » (cf. Introduction, II, 1 3 e). C'est au xvie siècle seulement que cette action est devenue intense : mais en se nasalisant Vi paraît avoir été ramené à f, d'où le son ?, et Tabourot en 1588 distingue à la rime in de ain, ein, distinction reproduite par les grammairiens jusque vers 1680. Toutefois Bèze déjà ne la faisait pas, et il semble bien que cet ç était descendu- jusqu'à S (dans vc, fe) dès le début du xviie siècle. Comme ces faits se sont produits seulement à l'époque où toute voyelle avait une tendance à se dénasaliser devant une nasale non finale, les mots tels que épine, farine, n'ont pas été sensiblement atteints et ont conservé la prononciation qu'ils ont encore. C'est seulement dans le peuple de Paris au xvii*^ siècle.
et de nos jours dans certains patois, qu'on trouve des formes éphie, farhie (provenant d'une dénasalisation de epèn§, fcirèn^) . Q.uant à carciic, il est emprunté de l'italien caréna (lat. carîna).
Remarque I. — Il s'est produit quelques échanges entre les suffixes -Inii, -liui, (fr. -/;;, -ine) et -anu, -ana (fr. -ain, -aine, § 43). C'est ainsi que dés le latin vulgaire pulltnu était devenu '"piillanu (d'où le fr. poulain'), et que plus tard l'afr. parrin (= patrînu) etntarrine (=: *matrîna) sont passés à parrain, marraine ; cf. encore la graphie noiirrain pour àfr. nourrin (= nutrïme). Sur le changement inverse auquel est dû aveline, voir §43, I. — Dans les i''^^ pers. pi. comme scntlnnis, dormlmus, la flexion -Inms (qui aurait abouti à *-ins) a été de bonne heure remplacée analogiquement par -ons (= -ùmus), d'où le fr. sentons, dormons (cf. §§43, I et 60, IV).
Remarque II. ^ Devant un n mouillé final, comme devant un n ordinaire, / par combinaison aboutit à è (écrit in). Ex. : Scrîniu, écrin ; *Iatrocîniu (cl. latrocïnium), larcin. Il reste intact, si le n, écrit gn. s'articule. Ex. : Vïnea, vigne ; lînea, ligne. — Les mots bénin (benignum) et malin (malignum) sont des mots d'emprunt.
O ouvert accentué
(d EN LATIN CLASSiaUE).
a) 0 ouvert libre.
66. L'p latin, accentué et libre, aboutit en français à ce (écrit eu, œii), qui est œ devant une consonne qui s'articule, et ce devant une consonne finale muette. Ex. : a) Cor, cœur ; sôror, sœtir ; *môrit, tneurt ;
môla, meiih ; gladiôlu, glaïeul ; liliôlu, filleul ; bôve, bœuf; nôvu, neuf; prôba, preuve; ôp(e)ra, œuvre; *fôdrLi (germ. fôdr), feurre. — h) Môvet, uuut; *pôtet, peut.
Historique. — L'o libre a éprouvé de bonne heure une diphtongaison dont on retrouve la trace dans la plupart des langues romanes. Au nord de la Gaule, notamment, il est passé à iio vers le vi^ siècle, par un pcocessus très analogue à celui qui .1 transformé e en ie (cf. §46, hist.). Par suite de l'allongement des voyelles libres sous l'accent, un mot tel que cor est devenu théoriquement koor, puis par dissimilation des deux éléments koor, et kuor par une dissimilation plus forte. Des formes avec uo se trouvent dans les plus anciens textes français (cf. l'italien qui a conservé mtàvo, etc.). Mais, dès le début du xi^ siècle, cet uo par une étape uç ou /ig est passé à luœ ou wœ, dans certains cas aussi à we ou ive^, suivant que l'arrondissement du second élément persistait ou non (kuor devient dialectalement kwœr ou kwœr, kwqr, ou kiùer ; cf. l'espagnol qui a conservé iiuevo, etc.). .\u moyen âge, les scribes suivant la région à laquelle ils appartenaient, écrivaient les mots cités plus haut tantôt cuer, buej, >!ucf, etc., tantôt coer, boef, noef : de là des confusions et des hésitations qui se sont perpétuées .en partie dans notre orthographe moderne. Au point de vue phonétique, la forme dominante de la diphtongue dans l'Ile-de-France paraît avoir été îar qui, au cours du xiii^ siècle, s'est réduit à œ par effacement du premier élément. Plus tard, cet œ est devenu ce ou tv suivant qu'il se trouvait ou non en finale directe (cf. le œ provenant de 0 latin, f 72), mais il est toujours fermé devant s, ainsi dans Meuse (= Môsa) ; on prononce aussi avec un ce le mot meute (afr. umete = *môvita), et l'on hésite pour meule entre mc^l et mce] .
Remarque I. — L'adjectif creux (afr. crues, d'accord avec le provençal cros) remonte à un type vulgaire *crôsu d'origine incertaine, et qu'il paraît difficile de rattacher au participe coirô-
sus. — Dans la particule /oo (= fôris), il n'v a pas eu diphtongaison par suite de l'emploi: proclitique. Les mots rose (rôsa), école (schôla) et ctole (stôla) sont des mots d'emprunt ou qui ont subi une influence savante : noter aussi vole (vôlat), et autres formes appartenant au même verbe. Les formes primitives cbt'vreitl (= capreôlu), et escureul (=. *scuriôlu, cl. sciûrum) sont devenues, au cours du xvi^ et du xvii^ siècle, chevreuil, écureuil, sous l'action analogique des mots terminés en -etiil (§ 70). C'est également à l'analogie qu'est- due la finale de cercueil, pour afr. sarcueu (=^ *sarcôfu, cl. sarcôphagum) : d'après les mots comme sueil, pi. sueus, il s'était produit à côté de sarcueus une forme sarcueil. Enfin on hésite depuis longtemps sur la prononciation de la finale dans linceul (= linteôlu).
Remarque II. — L'afr. avtiec (= *ab-hôque) s'est réduit à avecàés le xii'-' siècle, Vu y ayant été absorbé par \tv précédent à l'époque où ne était encore une diphtongue (cf. afr. illec pour illuec ^=. *illôque). On a eu au contraire une réduction de l'afr. fuer (;= fôru) à fur dans l'expression au fur et à mesure, où il était proclitique .
Remarque III. — Des formes verbales comme prueve (=r prôbat), trueve (^ *trôpat), uevre (= ôperit), cuevre (= *côperit, cl. cooperit) et suefre (:= *sôferit, cl. suff'ert) sont devenues en fr. mod. prouve, trouve, ouvre, couvre, souffre, par analogie avec les formes à radical atone (prouver = prohàrt , etc., § 99) : la vieille forme treuve était encore employée au xviie siècle par Molière et par La Fontaine. — Le mot roue, dont la forme ancienne et régulière reue (= rôta) existe encore dans les patois picard et bourguignon, a de même été refait sur le diminutif rouelle {=^ rotella).
b) 0 ouvert entravé.