‹ Précis historique de phonétique françaiseChapitre 34 sur 68 · I. — C, G devant E, I · texte numérisé non relu

I. — C, G devant E, I

a) C, G (+ e, i) à linitiale.

114. Le c latin, initial devant e, i, a pris en français le son sifflant de la fricative dentale sourde s (mais il continue à s'écrire c). Ex. : Centu, cent[sa]; cervu, cerf ; cera, cire ; *celu (cl. caelum), ciel ; cinere, cendre; *cîma (cl. cyma), cime; civitate, cité.

Historique. — Cette altération du c l.uin a des origines lointaines : elle s'est produite dans toutes les parties du domaine

roman, sauf dans la région centrale de la Sardaigne et sur les côtes de la Dalmatie. De bonne heure (et déjà vraisemblablement sous la République), le /.' {c) articulé devant une voyelle palatale avait été lui-même palatalisé dans la prononciation courante, c'est-à-dire rapproché par assimilation régressive de l'endroit où la partie moyenne de la langue s'élève vers le palais mou: nous désignerons ici par le ce /; palatalisé. Plus tard (et seulement, semble-t-il, vers la fin de l'époque impériale) voici théoriquement ce qui s'est produit : d'abord, l'élément palatal est devenu nettement distinct (ke passe à kye) ; puis, sous cette action, l'explosive changeant elle-même de lieu d'articulation s'est transformée en dentale (kye passe à ^v^) ;. enfin le son transitoire s'assimilant à t est devenu lingual, mais sous deux formes distinctes quoique voisines l'une de l'autre (tye aboutit soit à tse, soit à l.w). C'est le second de ces processus qui s'est généralisé sur tout le territoire de l'ancienne Gaule (sauf au Nord-Est) : en vieux français les mots cerf, cité, se prononçaient Isp-f, Isile). Au cours du xiii^ siècle, l'élément dental explosif S'est effacé, et l'on a eu à l'initiale la prononciation conservée depuis {sejf, site). — Dans la Picardie et le Nord-Est, où lye avait abouti à ik\ on prononçait au moyen âge tiçrf, tsite, etc. (c(. la prononciation du c italien d.ms cervo, citlà, etc.).

Remarque I. — L'afr. ccih^le (= cingula) a été orthographié phonétiquement sangle dans la langue moderne.

Remarque II. — L'afr. cerchier (r= circare) est devenu au XVI'; siècle chercher, par assimilation de la première syllabe à la seconde. La forme chiffre, pour afr. cifre (bas-latin ctfra, de l'arabe cifr), est due à l'influence du mot italien correspondant; chiche, pour afr. çoire (j= cïcer), offre une altération obscure.

1 15-Le ^ latin, initial devant r, /, a pris en français le son de la fricative prépalatale sonore { (mais

il continue à s'écrire o-). Ex. : Gente, gent[^a] ; generu, cendre; gehre, geler ; *ginc[wâ, gencive.

Historique. ^ Ce changement s'explique par une palatalisation du g, qui a suivi en partie une marche parallèle à celle du c (§ 114). Dans le latin parlé de l'époque impériale, le ^ devant e a pris un son fricatif (ge passe à ye), qui s'est lui-même renforcé d'une articulation dentale (j'e passe à dye). C'est alors que s'est produite une assimilation progressive de l'élément palatal (dye passe à d^e, non pas à *d:{e comme tye à tse ; cf. la transformation de diunin, § 148, 3°). Les mots cités plus haut avaient donc en ancien français à l'initiale une articulation complexe (diàtit, diàiidri', etc.), qui s'est réduite à { simple au cours du xiiie siècle, en même temps que ts à s. Un spécimen curieux de l'ancienne prononciation subsiste dans le mot budget, qui est l'atr. boiigete importé vers la fin du xi^ siècle en Angleterre, d'où il nous est revenu à l'époque moderne.

Remarque. — Le verbe virer remonte à un type vulgaire *virare, altération du lat. cl. gyrarc (peut-être sous l'influence du mot viriae « bracelet »).

i))C, G (4- e, i) intérieurs derrière consonne.

Il6. Le traitement de c et^(+ e, i) placés dans le mot derrière une consonne a été le même qu'à l'initiale : ils aboutissent respectivement à s (écrit <:, .V, ss) et à ;( (écrit g'), cf. §§ 1 14, 115. Ex. : a) Mercede, merci ; porcellus, pourceau ; celt. *baccinu, bassin ; rad(i)cina, racine ; mont(i)cellus, monceau ; *herp(i)ce, herse ; rum(i)ce, ronce. — ^) Argentu, ar-

gent ; *burge(n)se, bourgeois ; argilla, argile; ingeniu> engin.

Historique. — On peut remarquer que dans les mots comme monceau (= monticéllus), nacelle (=r navicélla), racine (=: radicina), etc., le c (+ e, i) a toujours donné naissance à une sifflante sourde ts, puis s. Ceci prouve que, pour les mots de ce genre, la loi du § 117 n'est pas valable, et que la voyelle atone précédant la syllabe accentuée s'y était effacée de bonne heure en Gaule (sans doute au cours du y; siècle, cf. § 18 a, hist.). — Toutefois, le résultat a été le même dans ronce (= rumïce), ponce (= poUice), herse (ziz *herpïce), etc . , qui étaient en latin des proparoxytons, et où la persistance d'une finale vocalique en français ne peut s'expliquer que par une conservation plus tardive de la pénultième atone. Il faut donc admettre,, semble-t-il, qu'entre deux voyelles atones, et dans une finale articulée faiblement comme celle de rùmicë, le c tout en devenant sifflant n'est point passé à la sonore (ainsi qu'il l'aurait dû d'après le § 1 17) : on a eu seulement une étape *rémetse, puis au viiie siècle *rom'tse, d'oîi le fr. ronce. Les noms de nombre comme on:(^e rr undëcim (cf. don:^e, treize, quatorie, quinie, sei:(e) font exception pour une raison spéciale : ici ts est passé à d^ à l'étape *und'tse, et sous l'influence de la dentale sonore qui terminait la première syllabe.

Remarque I. — Derrière un / qui se ^'ocalise conformément au 5 i'^8, le c (-\- e) à la finale s'est trouvé dans le cas du 5 1 17 ; il s'est eff^acé dans la prononciation moderne et a été orthographié par x. Ex. : Falce,/aH.v ; cake, chaux. Par une transformation qui n'est pas d'accord avec celle des autres proparoxytons, Vs.à\'erhe*roman(ï)ce (appliqué d'abord aux livres écrits en français) avait donné l'afr. romane, d'où une forme de régime ) ornant et le fr. mod. roman.

Remarque II. — Dans le groupe intérieur se {-\- e), le c évoluant en /.;, / s'est assimilé au premier élément, et il y a eu.

dégagement d'un y qui s'est combiné avec la voyelle précédente. Ex. : Nascente, naissant ; crescente, croissant; *vascellus, vaisseau ; fasce, faix. Le résultat a donc été le même que dans angoisse ou baisser, remontant à angust'ia, *bassiare (§ 147, III, et § 159) ; sur lé cas de jc (+ e) amenant le développement d'un t transitoire, s'il se trouve suivi de r (pascëre, afr. paistre, paître), cf. " § 158, 2°. Dans certains mots germaniques d'introduction relativement tardive, un k (r) précédé de 5, au lieu de prendre un son sifflant devant e, i, est devenu s (comme c -\- a, § 120). Ex. : Skina, échine ; skerpa, ècharpe ; *dis-skerran, déchirer.

Remarque m. — Lorsque ^'^ (+ e, i) était précédé d'un ;/, il a servi après sa résolution en yod à mouiller ce ;/ : plus tard le n s'est conservé entre vovelles, mais à la finale ou devant une consonne il s'est combiné avec la voyelle précédente (cf. §§ 199, et 200, I). Ex.: Fingente, feignant ; plangente, //i7zV;2a?;/ ; sang(u)inare, saigner ; stringit, étreint ; longe, loin. — Le mot ^'^l'ngiva, par une dissimilation ancienne du second g, était *ginciva, d'où le fr. gencive.

c) C, 6 (+ e, i) intérieurs derrière voyelle.

117. Précédé d'une vo3^elle, c (-f- e, i) aboutit en français à ^ (écrit s^, et il se dégage en avant un )vd qui se combine avec la voyelle. Lorsque le son sifflant issu du c s'est trouvé devenir final, il s'est effacé dans la prononciation moderne (et a été fréquemment orthographié x). Ex. : a) Placer e, plaisir ; licere, loisir; dicenie, disant ; *racimu (cl. racemum), raisin; *vecinu (cl. vicinum), voisin; aucellus, oiseau. — ^) Voce, voix; cruce, croix; *berbice (cl. vervecem), brebis; perdlce, perdrix.

Historique. — Le c dans cette situation, comme à l'initiale (5 J14), était déjà en latin vulgaire un k, passé ensuite à ti Çphikere, puis *platsere). Au cours du vie siècle, cette consonne complexe est devenue sonore de sourde qu'elle était, comme les autres consonnes entre voyelles : le nouveau son d^ était toujours un son mouillé (*pladierc), et, au nord de la Gaule, l'effet de cette palatalisation s'est fait sentir en avant comme en arrière Çplayd:{yere, puis *pl a vdiir, et plaisir ; cf. le provençal ^/fl^«/). Voir l'évolution parallèle subie par ty, § 147. — Dans le cas où le c était devant une finale qui s'est effacée, on a eu la série : vocf, \'oke, *votse, *vod:;e-, *voyd:(, *voyls(jiîr. voiz^, fr. mod. voix) L'orthographe par x final (dans ce cas, mais cf. § 160, II) semble due aux clercs qui auront cherché de bonne heure à rapprocher la forme des tnots français des nominatifs latins comme Vûx, crtix, perdix, etc.

Les mots latins proparoxytons, où c (-f- e, i) se trouve non plus à la syllabe finale (cf. sur ce cas § 116, hist.) mais placé derrière la voyelle accentuée, offrent pour le traitement du c une divergence importante et d'origine incertaine. Comme l'évolution de la gutturale y avait certainement commencé avant l'effacement de la pénultième atone (§ 15), il est naturel que, dans une première série de mots, le c tout en dégageant un yod en avant ait produit un 5, qui devant consonne a disparu en français moderne par l'effet d'une loi générale (§ 157). Ex. : Gracile, afr. graisle, grêle; decîma, afr. disme, dîme \*CQC\n\.\ (cl. cycnum), afr. cisne, cygne; icmu,iiîx. aisne, aine (cf. circïnu,afr. cersne, cerne). — D'autre part cette règle n'explique point la forme qu'ont en français certains mots, notamment des infinitifs très usuels, tels que faire, dire, et il semble qu'ici l'analogie ait été en jeu à l'origine. Conformément au changement connu de trabëre, destruère en *tragëre et *destrugère (fr. traire, détruire), il est permis de supposer que d'assez bonne heure au Nord de la Gaule, et d'après des couples comme actu agëre, lectu légère, les participes factu, dictii, ductu, coctu avaient entraîné aussi des infinitifs *fagëre, *digëre, *dugëre, *cogëre (= facëre, dicëre, ducëre,

*cocëre) : de là on est régulièrement passé par voie phonétique à des formes *fayêre, *diyëre, *duyére, *coyëre, postulées par le point d'aboutissement qui a été en fr. faire, dire, duire, cuire ; cf. aussi confire = *confécere (cl. confïcere) d'après le§ 49. Une évolution identique explique les 2<^^ pers. pi. faites (facïtis), dites (dicitis), et les i^es pers. pi. qui étaient en afr. faimes (hcïmus) et dinii's (dicimus), devenus ensuite faisons, disons par analogie ; cf. aussi le lat. facit qu^i, par une étape *fayit, aboutit à. fait, tandis quQ placet est devenu afr. plaist, plaît. — Il est enfin probable que le même changement s'est produit dans les anciens participes placltu, explicltu, *voc'itu (cl. vacuatum), et aussi devant l'accent dans les infinitifs placitâre, *voc'itdre (cf. dans Du Cange une forme plagitatuni) : mais, tandis que ces derniers sont restés assez longtemps *playltdrc, *voyttdre (d'où en afr. plaidier, voidier, fr. mod. plaider, vider), les autres mots, de l'étape *plavïtu, *e.xpliyïtii., *voyîfn, ont passé plus vite par effacement de la pénultième atone à *playtu, *explixtit, *voyiii, d'où en afr. plait {{r. plaid), esploit (fr. exploit) et vnit (dont le fém. vuide, vide, paraît dû à l'analogie de voidier, vider, et s'est ensuite appliqué aux deux genres) ; quant au verbe exploiter, afr. esploitier, il doit avoir été formé sur esploit. Pour le traitement qu'ont éprouvé ici les dentales, voir § 141, 2°.

Remarque I. — Le fr. fournaise ne remonte pas à fornacem, mais au lat. vulg. */orna//a (cf. § 147, 2°). Lt mox juge x\q représente pas directement le lat. jûd'icem, mais doit avoir été reformé d'après le verbe juger (=: judicare) : quant à duc {dùcem), c'est un mot A' tm'çxv\n\{;ù\ns\c]}iQ innocent, récent, décembre, etc.).

Remarque II. — Les infinitifs taire, plaire, nuire, luire, semblent de formation secondaire, et ne s'être produits que vers le xiie siècle, à côté des formes primitives qui sont en afr. taisir (= tacêre), plaisir (= placëre), nuisir (pz: nocëre), luisir (= lucêre). D'autre part des subjonctifs tels que prie (pour *pr/;^ = prêcem), ou encore joue, loue (pour *juii=i jôcem, *lui:{

= lôcem), etc., sont des créations analogiques fort anciennes. — Le verbe maudire (maledicere) a, dans ses formes maudissant, maudissais, etc., un radical terminé en ss qui doit avoir été influencé par le substantif archaïque vumdisson (§ 147, III).

118. Précédé d'une voyelle, g {-\- e, i) aboutit ordinairement à un yod qui, en français, s'est plus ou moins fondu dans les sons environnants. Ex. : Flagellu, afr. flaiel, fléau; nigella, nielle; page(n)se, pays ; magistru, maître ; *fagina, afr. faîne, faîne ; regina, afr. reine, reine; *fugïre, fuir; *frïgïdu (cl. frigiàum) y froid; magide, niait; plantagine, plantain; rege, roi ; lege, loi ; magis, mais.

Historique. — Le latin vulgaire semble avoir connu de très bonne heure certaines formes telles que *mais (cl. magis) : pour les autres aussi la résolution àt g en y est ancienne et remonte à la fin de l'époque impériale. Un mot comme rege s'est prononcé dès cette époque *reye (après effacement de la vo3'elle finale : rey, rei, roi, cf. § 57, hist.). Dans un mot comme *faglna devenant *faylna, le y s'est naturellement fondu avec Vi qui suivait, d'où faîne (plus tard faîne, § 91, 3°), tandis que dans pagê(n)se, magistru, c'est sous sou action que Ve est passé à i (§ 59). Sur la finale -agïne, voir § 134, II.

Remarque I. — Dans le mot sceau, afr. sëeJ (=z *s\gèllu, cl. sigillum), le y provenant de g s'est complètement effacé. Un verbe comme mugir est refait pour la forme régulière qui était en afr. muir (^ mugîre).

Remarque II. — Le proparoxyton rigïdu avait abouti à l'afr. roit, dont le fém. roide, raide (= rigïda) s'est employé de bonne heure pour les deux genres. A côté de mait (=: magïde), la

forme dialectale et concurrente waie s'explique par le lat. maglda, devenu *maylda, puis par transposition *madya au moment où (/ + )' s'effaçait encore derrière une voyelle (§ 148).

d) C, G (+ y^ intérieurs.

119. Il reste enfin à examiner le cas où, à l'intérieur du mot, les explosives vélaires sont placées devant c, i atones et en hiatus, c'est-à-dire devant un yoà (§§ 4, III, et 27, 2°).

1° Le <: suivi d'un y passe en français à s (écrite, ss, rarement se) qu'il soit précédé d'une consonne ou d'une voyelle, et il ne se dégage point de yod en avant (même dans le second cas). Lorsque le s issu de c (-[- v) s'est trouvé devenir final, il s'est effacé dans la prononciation moderne. Ex. : a) '^Arcione, arçon; calcéare, chausser ; *scancïone (germ. skankjo), échanson ; bisaccia, besace ; lancéa, lance ; Provincïa, Provcjice ; Francia, France. — b) Mac(h)ïone, maçon ; senecione, i'm^fow ; *imbrac(h)ïare, embrasser; facïa, face; *glacïa (cl. glaciem), glace; *minacïa, menace; vinacëa, vinasse; vicia, l'^^r^ ; *pellicia (cl. pellïcia), pelisse. — e) Brac(h)iu, bras; *lacéu (cl. laqueum), afr. la^, lacs ; solacïu, soûlas.

Historique. — L'altération de c devant y s'explique en principe comme celle de c devant c, i (§ 114). Dans un mot comme *<2rc;o/;i' on avait hy, qui derrière une consonne est passé à ty pour aboutir à t$, réduit finalement à s. Lorsque ce groupe

Jcv (originel, et non de production tardive comme dans *plakyere = placère, § 117, liist.) était précédé d'une voyelle, on doit supposer que l'articulation du k y avait été renforcée : c'est à cela que répond peut-être la distinction établie par les Grammairiens de l'époque impériale entre ci'-{- voy. qui a un son « épais» Qinguem soniim)etti -\- voy. auquel ils attribuent un son « grêle » (jomim gracihm). Il est donc probable qu'un mot comme/ac/(?(m) s'était prononcé d'assez bonne heure en GAu\Q*fakkya : on est passé de là à *fattya, *faltsa, d'où ensuite *fatse, t\ fasse par assimilation (comparez *plattea qui aboutit -i. place, tandis que rat'ionc devient raison, § 147). En finale directe, le son ts (écrit \ dans l'afr. hrai, solai, etc.) s'est d'abord réduit à s, puis effacé complètement ; cf. §§ 117, 160.

Remarque I. — Par une exception très notable à la règle générale, le groupe ky précédé d'un s paraît s'être assimilé de bonne heure en ssy, et a abouti au même résultat, avec dégagement d'un yod en avant. Ex. : *Piscïone, poisson ; fascia, fiasse; ascïa, afr. aisse (d'où le dérivé aissettc « hache du tonnelier »). Voir S 159 ; comparer le traitement des groupes cty (§ 147, III) et ic + e (§ 116, II). — L'adjectif doux (= dùlce) a eu dès l'origine un fémin. dolce, puis douce, qui remonte régulièrement au pi. neutre dukta, pris pour un fém. singulier (cf. une expression lat. dulciapoma,ii\. France dolce dans la Chanson de Roland).

Remarque II. — La forme <i.tt oison (*aucione) a été influencée par oiseau (=^ aucellus). L'afr. fa^ (= facïo) a été remplacé par fais qui est analogique : de même pla^ (=: placèo), /ic^ (= tacèo), Tpa.r plais, tais. Les subjonctifs plaise, taise, ne représentent pas non plus directement /'/<;m7m, taccam (d. fasse = facïani). Enfin le participe /««((h/ remonte au lat. vulg. *facente (cl. facientem), cf. 5 90, I.

2° Le g suivi d'un yod et précédé d'une voyelle s'est résolu lui-même en y, puis fondu dans l'autre

élément palatal. Ex. : Exagïu, essai; corrigia, courroie ; Eligiu, Eloi.

Remarque. — Pour passer de corrigia par exemple au fr. courroie, les étapes intermédiaires ont donc été *correyya, *correv(. Les mots tels que naufrage {na.ut'rag\um), prodige, horloge, etc., sont des mots d'emprunt. — Le cas de c' suivi d'un y et précédé d'une consonne est rare en latin. Le fr. éponge remonte à un tvpe vulgaire *sponga (ci. spongïa) ; quanta axonge (axungïa), c'est un mot savant.

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