II. — T, D (+ consonne
146. Les explosives dentales du latin, placées dans le mot devant une consonne, se sont effacées en français par assimilation (qu'elles fussent précédées d'une voyelle ou d'une consonne). Ex. : a)Plat(a)nu,/)/fl!7/^ ; art(e)misia, armoise; *part(i)cella, parcelle ; test(i)moniu, témoin ; mast(i)care, mâcher ; pant(i)ce, panse. — b) Advenire, avenir ; *ad-satis, asseï^ j rad(i)cina, racine ; vend(i)ta, vente ; vind(i)care, venger ; mand(u)care, manger.
Remarque I. — Il semble cependant que, entre une voyelle et la nasale n, le / ou le ^ avaient à l'origine quelquefois produit une sifflante. Ex. : *Ret(i)ua, afr. resne, rêne ; Rhod(a)nu, afr. Rosne, Rhône. Cette sifflante a abouti à r dans le mot d'origine celtique *bod(i)na, afr. hosne, borne (mais aussi afr. bonne, conservé dans le dérivé abonne)-) ; ci. s -\- consonne, §157, hist.
Remarque II. — Devant un s final, le / et le d se sont d'abord combinés avec lui, pour produire un son composé prononcé ts et écrit i. Ex. : Bonitat(e)s, afr. bonte^ ; vid(e)s, afr. voi:(. Vers le début du xiiie siècle, ce ts s'est réduit à s dans
la prononciation (sur le son de s final, voir £ 160, hist.). Quant à l'orthographe, elle a été flottante : jusqu'à la fin du xviie siècle, on a gardé le ^ au pluriel des noms tels que bontés, ctte:( ; nous le conservons encore aux 2^^ pers. pi. des verbes comme chante:^, vende^, et dans l'adverbe asse:;;^. — La présence d'un d orthographique à la finale du mot poids, afr. pois venant de pë(n)su, est le résultat d'un rapprochement erroné avec le lat. pondus.
Remarque III. — Sous l'influence de l'orthographe et des grammairiens, la prononciation du J a été peu à peu rétablie dans beaucoup de mots savants comme advenir, administrer, adjoint, etc. Vers 1700, on disait encore a(d)juger, aÇd)versité ; mais a(d)mirer était déjà considéré comme un gasconisme. Le préfixe ad- (pour fr. a-) a donc reparu dans tous ces mots sous sa forme latine.
IlL — Groupes Ty et Dy.