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CHAPITRE V. — LES LIQUIDES LATINES

(Vibrantes et Nasales.)

175. Les Liquides sont représentées en latin par deux vibrantes r, 1, et deux nasales m, n. Les consonnes r, l, 11, se rattachent au groupe des dentales ; le m est une labiale.

Toutes ces consonnes offrent, dans le traitement qu'elles ont subi en français, certains traits communs entre elles :

1° Lorsqu'elles sont placées cà l'intérieur du mot, entre deux voyelles, elles restent intactes ;

2° Lorsque /, n, m, se sont trouvés devant un r (par effacement d'une voyelle atone), il s'est développé en français un son transitoire, qui a été la dentale d pour les groupes l'r, nr, et la labiale b pour le groupe m'i- (ainsi que pour ml).

La vibrante r a pour caractéristique particulière une mobilité, qui provient de sa nature vocalique, et a amené fréquemment son déplacement à l'intérieur du mot; elle va être étudiée à part, ainsi que /. Les nasales in et n seront ensuite examinées simultanément.

176. Le r des Latins était en réalité un r lingual fortement roulé. Ce son s'est conservé en français jusqu'au xvii^ siècle, époque à laquelle il a été remplacé généralement, surtout dans la prononciation urbaine, par un r vélaire (r grasseyé) dont le son est plus faible. Nous ne tiendrons plus compte de cette différence signalée une fois pour toutes ; mais il conviendra de se la nappeler, lorsqu'il sera question, dans les paragraphes suivants, d'un « r latin resté intact en français ».

a R à l'initiale.

177. Au début du mot, la vibrante r est restée intacte en français. Ex. : Ratione, raison ; rege, roi ; rém, rien ; ru m père, ro)npre.

Remarque. — L'afr. renoiUe(= *ranucula) a été remplacé par grenouille, vers le xvie siècle, sous l'influence de l'ancien provençal graiiolha (dont l'origine est identique, mais où le ^'■ initial parait provenir de graissan k crapaud » := celt. *crassantu).

Jb) R intérieur derrière consonne.

178. Placé dans le mot entre une consonne (qui peut elle-même être initiale) et une voyelle, r per-

siste en français. Ex. : rt) Cruce, croix; granu, grain; fraxinu, frêne. — /;) Capra, chèvre ; lib(e)rare, livrer ; vend(e)re, vendre. »

Remarque I. — Le mot érable paraît remonter à une forme vulgaire *acerahnlu (cl. acer arbor). Un r derrière consonne est passé à / par dissimilation dans a-ible (= crïbru) ; mais dans *Jîagrare (d'où le fr. flairer) pour fragrare, le changement peut être dû soit à la dissimilation, soit à une confusion avec flagrare « brûler ». Quant au mot tempe, c'est une réduction de l'afr. temple (= *tempûla, cl. tempora).

Remarque II. — Un r derrière une consonne intérieure s'est transposé en se rapprochant de ^initiale (cf. § i8o, I), anciennement dans fiiiibria passé à *frimbia, d'où le fr. frange ; plus tard dans tremper, aussi afr. temprer (= temperare) et dans breuvage, afr. bevrage (= *bibëraticu). Cf. aussi le mot truffe qui est pour *tiifre (= *tûfére, cl. tûber). — Le phénomène inverse est rare. La préposition pour semble représenter non le lat. pro (qui aurait pu cependant subir l'influence de per), mais une forme archaïque et vulgaire par, attestée par des inscriptions, et qui est préfixe notamment dans porrigo.

Remarque III. — Le groupe formé de' consonne -|- r étant favorisé par la langue (cf. § 19, I), il en est résulté qu'à des époques diverses un r parasite a été inséré : 1° Après une consonne initiale, dans vrille, pour *z'/7/^, afr. w/7/t'(=: viticula) ; dans trésor (=^ thesauru), soit par assimilation régressive, soit sous l'influence de tra{ri)s ; dans fronde, qui est ancien à côté de l'afr. fonde (= funda), et qui remonte peut-être kfundûla, devenu *flunda, *frunda. — 2° Après une consonne intérieure, par suite d'une assimilation progressive, dans peidrix (= perdice); dartre, afr. derte (= celt. *derbïta) ; tertre, "terte (= *termite) ; cf. la prononciation longtemps usitée jardrin pour jardin (de l'afr. jard ■=. germ. garto). Le même fait s'est produit, sans que l'assimi-

lation soit en jeu, dans chanvre, afr. chamv (=r *cannâpu) ; encre, afr. enque (= encaustu) ; épeautre, afr. espeatite (=: spelta) ; pieuvre (= pôlypu) ; filandre (= filanda). Cf. encore l'afr. arhalesire (z= arcuballista), d'où est resté le dérivé arbalétrier à côté de arl)alète ; l'afr. calendier (= calendariu) devenu calendrier au xvie siècle, et enfin la forme de mots savants comme registre (regestum), rustre pour ruste (rustïcum) d'où avait été tiré rustaud.

c) R intérieur entre voyelles.

179. Placé dans le mot entre voyelles, le r reste intact en français. Ex. : Vira., poire ; cura, cure; aeramen, airain ; corona, couronne; *pariculu, pareil; parare, parer.

Historique. - Le r entre voyelles a failli subir, à un moment donné, une^rave altération en français : prononcé sans que la pointe de la langue produisît des vibrations suffisantes, il aboutissait à une sorte de sifflement très voisin de :{. C'est au Midi de la France, dans le Bas-Languedoc, que paraît d'abord s'être manifesté ce changement, vers la fin du xiv^ siècle ; puis la contagion gagna les provinces du Centre, et au xyi^ siècle elle avait envahi Paris, surtout la Cour. Marot, dans une épître connue, se moque des courtisans qui affectent de dire Pa^is, Ma^ie ; les grammairiens de l'époque signalent des formes telles (\uQpè:(e, niè^e (père, mère), et inversement /rrtï're (fraise), des enseignes comme Au bœuf couronné, etc. De cette prononciation il n'est guère resté dans la langue que le doublet chaise à côté de chaire (z:^ cathedra), et peut-être le mot besicles pour ^bericles (afr. beril =r beryllum). — Beaucoup plus tard, le r, réduit à une simple aspiration, disparut un instant complètement dans la prononciation affectée des Incroyables, à l'époque du Directoire, et cela non seulement entre voyelles, mais dans toutes les positions (C'est incoyable, ma paole d'honneu, etc.).

Remarque I. — Dans certains mots, le /• entre voyelles s'est change en / par dissimilation : des exemples remontant au latin vulgaire sont pèlerin (= *pelegrinu, cl. peregrinum), palefroi (= *palafredu, cl. paraveredum), où il faut observer que la dissimilation a été régressive, et s'est opérée au profit du second r qui se trouvait derrière consonne (donc en position forte, cf. § io8). Plus récemment on a eu en français frileux pour */;'/reux (= frigorosu), marjolaine pour afr. marjoraine (*majorana ), ensorceler pour afr. ensorcerer (dérivé de sorcier), écarteler pour *esquarterer (dérivé de quartier). Le changement de l'afr. escharas (rr *excaraciu) en échalas paraît dû à l'influence de échelle (= scala).

Remarque II. — L'adjectif pluriores, reformé sur plus, était devenu en lat. vulg. *plusiores, à'oùViàir. pluisors, plusieurs ; de même arrorare avait, d'après ros, été refait en *arrosare d'où le fr. arroser. Quant à proue, il ne remonte à prora que par l'intermédiaire de l'italien (génois prua).

d) R intérieur devant consonne.

180. Placé dans le mot entre une voyelle et une consonne, le r est resté intact en français. Ex. : Firmare, fermer; porcellus, pourceau; larga, large; sortire, sortir; versare, verser; barba, barbe; servire, servir.

Remarque I. — La liquide /• (+ consonne), par transposition, est assez souvent passée devant la voyelle qui précédait et a formé groupe avec la consonne initiale du mot (cf. § 178, II). Le changement de torculum en*trocûlu (d'où le fr. treuil), amené sans doute par l'influence de trochlea, remonte au latin vulgaire. Plus tard, on a eu des transpositions analogues dans brebis (afr. berbii =r *berbice), fromaoe (afr. formage ^= *formaticu),

frelon (afr. *furlon = *furlone), troubler (afr. torhler = *turbulare), trousser (afr. torser = *thùrsare). Cf. aussi l'afr. rebourser devenu rebrousser au xvi^ siècle, et le cas de pauvreté, reformé d'après pauvre (pour afr. poverté = paupertate).

Remarque II. — Le r du groupe rs s'était déjà effacé en latin vulgaire dans certains mots. C'est ainsi qu'on a eu en fr. dos (= *dossu, cl. dorsum), sus (= susu, cl. sursum), péche^ afr. pesche (= *pessîca, cl. persïca).

Remarque III. — Dans le mot celt. vertnlgu (qui est déjà dans la Loi Salique veltrus, d'où afr. veautre, vautre), le groupe rtr était devenu de bonne heure Itr par dissimilation. — Il s'est produit plus tard en français des cas d'effacement de r devant consonne, dus aussi en général à la dissimilation. Ainsi beffroi est pour afr. berfroi (= *berfridu, germ. bergfrid), héberge pour afr. herberge (germ. heriberga). A une certaine époque, la prononciation flZ'/-^, mabre, mecredi, s'était généralisée, et au milieu du xvii«= siècle la dernière de ces formes était encore très usuelle à côté de mercredi (= *Mercuri-dîe). Dans faubourg (pour afr . forsbourc ^= *foris-burgu) et dans faufiler (pour afr. forsfiler = *foris-filare), l'effacement de r est dû à une étymologie populaire ; de même son addition dans courte-pointe (afr. coute-pointe =: culcïta-puncta), et dans artillerie dérivé sous l'influence de art (z^ arte) de l'afr. atillier. Au Midi, un /- inorganique s'est aussi ntroduit vers le x^ siècle dans le nom de Marseille (= Massilia). Enfin dans le groupe intérieur ri, le r subissait fréquemment autrefois une assimilation (Challes pour Charles, etc.), dont le mot d'origine germanique f/w;»fe//fl« (pour afr. chamberlenc) nous a conservé une trace.

181. Le groupe intérieur rr s'est en général réduit à r simple dans la prononciation du français moderne; l'orthographe conserve la consonne double. Ex. :

Terra, terre; carruca, charrue; corrigia, courroie; ferr^m, ferré; germ. *v^'Q\-r2., guerre.

Historique. — Le son de r double se faisait encore entendre avec un fort roulement au xvi^ siècle, d'après les témoignages des grammairiens de l'époque. C'est au siècle suivant que l'usage a varié, sous des influences mondaines, et qu'il s'est produit une certaine hésitation : Vaugelas signale des prononciations comme hiirrcau pour bureau, et inversement arest pour arrest. Les mêmes observations sont valables pour rr provenant de tr ou dr par assimilation de l'explosive (larron = latrone, carre = quadratu, etc., cf. § 144, 2°).

Remarque I. — Une très ancienne réduction à r simple s'est produite dans courant, afr. corant {== currente), et dans les autres formes appartenant au même verbe. Toutefois l'infinitif courre (encore usité dans l'expression chasse à courre) s'était maintenu à côté de l'analogique courir, parce quil représente en réalité cur(rë)rc.

Remarque II. — Le son de r double s'est conservé dans les futurs courrai (=: currere-habeo) et mourrai (= *morirehabeo), où le groupe rr s'était formé par l'efTaccmeut d'une voyelle atone. Il s'est conservé aussi dans des mots comme errer, terreur, horreur, etc., qui ont un caractère plus ou moins savant.

Remarque III. — Dans le cas où une voyelle précédée d'une consonne s'est effacée entre deux r, il y a eu production d'un élément dental d ou /, qui peut être considéré comme résultant de la consonne primitive par une sorte d'assimilation (cf. § 189, rern.). Ex. : Surg(e)re, sourdre; *torc(ë)re (cl . torquère), afr. tortre, tordre ; carc(e)re, chartre. Le nom de Montmartre (= Monte-Mercùri) doit être pour un plus ancien *Monmercre, et résulter d'une étymologie par Mons Martyrum.

e) Groupe Ry.

182. Dans le groupe intérieur ry, le r a laissé le yod se transposer en avant et se combiner avec la voyelle précédente (sur le suffixe -afin, cf. § 39). Ex. : Aréa, aire ; parîa, paire; corïu, cuir ; dormitorïu, dortoir.

Historique. — Avant de se transposer, le y avait commencé par mouiller r en latin vulgaire. Nous retrouvons à cette étape des mots savants d'emprunt comme gîoria, memoria, historia, qui au xie siècle sont orthographiés glorie, memorie, estorie (avec une finale -orie comptant pour deux syllabes seulement), et qui sont devenus ensuite gloire, mémoire, histoire. Toutefois, entre ces deux couches de mots, il s'en place chronologiquement quelques autres, où le y derrière ;• s'est consonnifié en \ (g). Ex. : Cerèu, cierge; *sturïone (germ. sturjo), esturgeon.

/) R à la finale.

183. Le /' final ou devenu final se maintient d'ordinaire en français, et /;■ se simplifie. Ex. : a) Cor, cœur; caru, cher; féru, fier; puru, pur; habere, avoir ; venire, venir. — F) Carru, char ; ferru, fer ; turre, tour.

Historique. — Il y a cependant en français des classes de mots importantes, où un r final ne se fait pas entendre. Ce sont : 1° tous les infinitifs en -er = -are (aimer, porter, chanter, etc.) ; 2° la plupart des substantifs ou des adjectifs en -ier ou -er = -ariu (panier, premier, cloctwr, léger, etc.). La consonne finale de ces mots ne se fait plus entendre que dans certains cas de

liaison étroite {chanter et boiir, premier hovivie, h'oer accroc, etc.)- Cet effacement de r s'est produit en moyen français, surtout au xvie siècle. Il s'était généralisé d'abord dans d'autres classes de mots ; au xvue siècle, on no faisait pas sentir la consonne finale : 1° dans les infinitifs en -ir, prononcés dormi{r),parti(r'), couri(i), etc. ; 2° dans certains noms en -oir, prononcés tiroi{r), nnroi{r'), moiichoi(j-), etc. ; 30 dans les noms en -eur, prononcés, sauf lorsqu'on parlait en public, nienteu{r), porteii(r), chanteu{r'), etc. (et qui ont pris un féminin en -euse par suite d'une analogie exercée par les couples comme hotiteux, honteuse). A partir du milieu du xviii'= siècle, le r final a été restauré dans ces trois classes de mots : dans les infinitifs en -ir, peut-être sous l'influence des verbes comme dire, écrire ; dans les noms en -oir, sous celle des mots comme avoir, devoir, pouvoir (où r, d'après les témoignages de Chapelain et d'Hindret, semble avoir été toujours plus ou moins sensible). De l'ancienne prononciation -oi(r), il nous est resté quelques termes techniques comme boutoi, rivais, à côté de boutoir et rivoir ; de la prononciation par -eu(r), certaines formes comme faucheux, violoneux, piqueux. Dans monsieur [mgsyœ] l'effacement de r final est ancien ; cf. la | prononciation de sieur [sycer], Q.uant aux rimes comme fer et lége(;r), nier et e'cume(r), etc., que se permettent encore quelquefois les poètes, ce sont des rimes uniquement pour l'œil, et qui étaient déjà condamnées sous le nom Je « rimes normandes » au xviF siècle.

Remarque I. — Le changement de r final en / dans autel, afr. aller (:= altare), s'explique par une substitution à -er du suffixe -el (= -aie, § 35, II).

Remarque II. — En français moderne, le r suivi à la finale d'un a sourd tend depuis longtemps à perdre sa sonorité lorsqu'il est précédé d'une explosive. Au xviie siècle, des formes quat(re), not(re), vol(^re), étaient admises pour les proclitiques même dans la conversation polie ; mais, à la même

époque, on considérait comme vulgaire ou bourgeoise une prononciation suc(re), vinaigire), coffÇre), pour les mots terminant la phrase. Cf. le cas de -4' final, § 191, II.

a) L à rinitiale.

184. Au début du mot, la vibrante latérale / est restée intacte en français. Ex. : Lamina, lame ; levare, lever ; lepore, lièvre ; longe, loin ; luna, lune.

Remarque I. — Un / initial s'est changé en r dans rossignol ( ^*lusciniolu), qui est d'ailleurs un mot venu du Midi : on a dit le rossignol pour *le lossignol, par dissimilation. C'est pour une raison analogue que l'afr. livel (z= *lïbellu, cl. libella) est devenu niveau, et que nombril a remplacé *romhril (= *umbiliculu), à moins qu'on n'ait ici l'agglutination de n provenant de l'article indéfini un.

Remarque II. — Uu / initial est tombé, par confusion avec l'article, dans once (^ *luncëa, cl. lynx) ; aussi dans a^ur =: bas-latin *la:(uriimi (du persan la^varâ). — Le phénomène inverse, un peu plus fréquent, date surtout du moyen français, et l'agglutination de l'article a amené / initial dans des mots qui ne l'avaient point en latin. Ex. : Hedera, afr. Vierre, lierre ; indictu, afr. Vendit, lendit ; *inde-de-mane, afr. Vendemain, lendemain; aureolu, afr. Voriol, loriot; celt. *andëra, afr. Vandier, landier ; *uvitta, afr. l'uete, luette. Cf. aussi la forme populaire le levier pour Vévicr, et le mot lingot venu de l'anglais ingot au xv^ siècle. Dans avertin pour *la veriin (= vertigine), la voyelle de l'article féminin s'est seule soudée au mot.

Jb) L intérieur derrière consonne.

185. Placé dans le mot entre une consonne (qui peut elle-même être initiale), et une voyelle, / persiste en français. Ex. : a^ C\a.\ideTe, clore; glande, g la7id; plaga, plaie ; flore, fleur. — b) *Implire, emplir ; fab(u)la, fable ; mer(u)lu, tuerie.

Remarque I. — Par dîssimilation clavicula était devenu en lat. vulg. *cavkla,à'o\i le fr. cheville; Vair. floible (^ flebile) est passé à faible de la même façon.

Remarque II. - On a un / épenthétique après une consonne dans enclume, qui remonte au lat. vulg. *includine (pour le lat. incudem, probablement sous l'influence de includere). Le mot d'emprunt esclandre remonte à scandàliim, devenu *esclandle par assimilation (puis esclandre par dissimilation). Un / s'est effacé dans glande, afr. glandre pour *glandlc (z= glandùla), dans jlamhe pour *flamble (= flammula), et dans guimpe pour afr. guimple (= germ. wimpal).

Remarque III. — Sur les développements des groupes intérieurs cl, gl, cf. § 133 ; sur ceux des groupes //, dl, § 145. Pour le groupe uil, voir § 197.

Remarque IV. — Dans les groupes d'origine secondaire ri et ss'l, un / s'est parfois changé en n : ainsi dans marne, afr. marie (= celt. *margila); poterne, pour *posterle (=^ posterùla), peut-être sous l'influence de citerne (=z cisterna) ; pêne pour afr. pesle (:= pessùlu), forme qui était encore préférée par Richelet en 1680. Dans nombril (= *umbilicùlu), / est devenu r par dissimilation.

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