‹ Précis historique des opérations de l'armée de Lyon en 1814Chapitre 19 sur 40 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Napoléon se détermine à augmenter encore Tarmée d'Augcreau.

— Mouvements ordonnés par le duc de Castiglione. — Les divisions Musnier et Bardet commencent leurs opérations. — La division Pannelicr est retenue par le maréchal à Lons-le- Saulnîer. — Augereau reste de sa personne dans cette ville,

— Opérations des généraux Marchand etDessaix. — Ils poursuivent Tennemi, reprennent Aix, Rumilly, Annecy. — Combat de Saint- Julien. — -' Buhna rappelle toute sa division et s'enferme dans Genève. — Ses Craintes. — Il entre en négociations. — Augereau change brusquement de projets. — Genève au moment d'être prise se trouve délivrée. — Réflexions.

Vers la fin de février, Napoléon , malgré les fautes du duc de Castiglione et ses désobéissances, ne pouvait croire qu'il fût plus longtemps sans comprendre ses intentions. Pour le mettre encore mieux à même de les exécuter, il résolut d'augmenter le corps sous ses ordres, et d'en faire une armée véritable, puissante par le nombre, puissante aussi par la qualité des troupes. Lyon est le point qui doit nous dégager^ écri*

vait-il, à cette époque, au duc de Feltre. Les craintes du prince de Schwartzemberg et des souverains alliés en apprenant l'entrée en campagne d'Âugereau, étaient d'ailleurs une preuve irrécusable de l'influence que devaient avoir les opérations du maréchal

sur les destinées de la France.

En conséquence , l'Empereur fit prescrire au duc d'Albuféra (1) de détacher de son armée une nouvelle division de 10,000 hommes, et de Renvoyer en poste à Lyon ; au prince d'Essling de diriger sur Chambéry tout ce qu'il y avait de troupes disponibles dans les places de Toulon et Marseille, ainsi que dans la rivière de Gênes. 11 fit réitérer au prince Borghèse l'ordre de faire partir immédiatement pour le mont Blanc, une division tout organisée de 7 à 8,000 hommes, avec son artillerie. Les garnisons de la Toscane, d'après une convention négociée par le duc d'Otrante, et conclue avec la grande duchesse Elisa , ayant pris l'engagement de ne pas servir en Italie , il voulut qu'on les dirigeât également sur Chambéry (2).

(\) Le 1®' mars, Tempereur écrit au duc de Fcllre : a Quant à la (icitalogne, écrivez au duc d'Albuféra qu'il traite avec les Espagnols pour rendre toutes les places, excepté Figuières, à condition qu'ils rendront toutes les troupes. Cette opération est très impôt lante, car elle nous donnera beaucoup de vieilles troupes.

(2) Dans la même lettre du 1®*^ mars, TËropereur dit encore au duc de Feltre : Ordonue? qu'où traite pour les garjBÔ^j»^ i)e

DES OPÉRATIONS M l'aHMÉB DE LYON. i9i

Enfin il ne renonça au projet de renforcer Farinée de Lyon de la division de réserve qui s'organisait à Montpellier, que sur les instances du duc de Feltre , qui le supplia de destiner ces troupes au duc d'Albuféra déjà si appauvri. En outre ^ il ordonna l'embrigadement des 12,000 gardes nationaux réunis à Lyon, leur envoya de Paris 66 officiers et 268 sous-officiers instructeurs, et fit dire au duc de Castiglione d'wga* niser deux nouvelles batteries à cheval et 4 à pied, ce qui lui donnerait 44 bouches à feu pour les attelages desquelles il n'avait qu'à requérir partout des chevaux; quant à leur service, il y avait à Lyon 7 compagnies d'artillerie à pied, 2 à cheval et 4 compagnies de marine. L'Empereur trouvait que c'était beaucoup Irop, et engageait le maréchal à jeter dans Genève ces 4 compagnies de marine qui étaient excellentes.

Rome. Il faut faire venir toutes ces garnisons à Chamhéry. Le ministre de la guerre ayant répondu le 2 : Je supplie Votre Majesté, si elle ne juge à propos de contrc-mander le mouvement du duc d'Albuféra, de m'autoriser à diriger sur Périgueux, pour ^ renforcer l'armée du maréchal, toutes les troupes qui formaient les garnisons de la Toscane. Napoléon mit en marge de la lettre et de sa main :

Les troupes de la Toscane doivent se rendre à Chambiry pour renforcer le corps dn duc de Castiglione. Donnez ordre aux bureaux de voir ce qu'il y a dans le midi et de prendre tous tes moyens de renforcer le corps du duc de Castiglione.

192 PRÉCIS HISTOiUQUE

Ne voulant pas interrompre le récit des opérations militaires qui eurent lieu jusqu'au 5 mars, nous re^ porterons au chapitre suivant T historique de la marche de ces divers renforts, mais nous avons dû relater dès maintenant ces dispositions, pour prouver toute Fimportance que Napoléon accordait au corps du Rhône. Celte importance grandissait chaque jour , il fallait qu'elle fût alors bien réelle pour que l'Empereur lui sacrifiât sans hésitation les troupes d'Espagne , celles du Piémont et ses réserves. On ne doit donc pas être surpris , si , dans sa pensée . ce corps était destiné à sauver l'empire (1).

Que n'aurait-on pas pu attendre de telles forces, si les troupes eussent été commandées avec autant de talent et de vigueur qu'elles avaient de bravoure et de dévouement?

On a prétendu à tort que le duc de Gasliglione ne s'était décidé à faire soutenir Marchand, qu'à la nouvelle des succès obtenus par cet officier général, et

(i) Par ordre de rempcreur le roi Joseph écrivait le 24 au duc de Fellre :

Ecrivez au duc de Castiglione pour lui renouveler encore Tordre d'agir vigoureusement et lui annoncer que FEmpereur a des motifs puissants de penser que l'ennemi est fort effrayé des mouvements qu il doit faire. Le duc de Castiglione est appelé à rendre de très importants services et à mériter par son activité et sa vigueur de nouveaux titres de gloire.

DES OPÉRATlOl^iS DE l'aRMÉE DE LYON. 193

que ces succès l'engagèrent alors seulement à marcher sur Genève. II n'en est rien, cardes le 25 février, lors de la reconnaissance qu'il fit des positions de ses troupes , il donna sur le terrain même , à chacun de ses divisionnaires, son ordre de mouvement et leurs instructions. Ainsi :

Le général Musnier dut partir avec sa division pour Lons-le-Saulnier, Chiette, Morey et Nion, et se trouver / le 3 mars dans cette dernière ville.

La division Pannetier devait suivre le même mouvement. Le général Bardet avec sa division , le général Pouchelon avec deux bataillons de la division Musnier devaient franchir le Rhône à Seyssel ou à Bellegarde , s'emparer en passant du fort de l'Ecluse que l'ennemi paraissait disposé à évacuer, et se joindre aux troupes du général Marchand pour investir Genève par l'est et le sud, tandis que Musnier l'investirait par le nord.

Le général Rémond, laissé à Lyon avec un bataillon d'infanterie de ligne et 3,000 gardes nationaux presque sans armes, eut ordre de hâter leur organisation par tous les moyens en son pouvoir, et dès qu'il les aurait organisés, de les diriger sur l'armée. 11 devait correspondre directement avec le ministre de la guerre.

Le 2 mars, le quartier général fut établi à Lons-le- Saulnier.

i94 PHÉClb UUiTORIUUE

Conformément à t^es instructions , le général Musnier partit de Bourg et arriva à Lons-le-Saulnier le 28. La brigade Ordonncau qui formait son avantgarde eut, à rentrée de la ville, un engagement assez vif avec les Autrichiens. L'ennemi attaqué vigoureu sèment, culbuté et poursuivi sur la route de Poligny par les hussards du 4% et une compagnie de voltigeurs, nous laissa 3 à 400 prisonniers et une trentaine de chevaux. Le 1" mars, Musnier continuant le mouvement qui lui avait été prescrit, se trouvait aux petites (^hiettes. Le 2, iljcoucha à Morey, et se porta le 3 sur W\ou. après avoir, à force de bras, déblayé les neiges (jui obstruaient le passage des Rousses (1). Le 3 au matin, la brigade Ordonneau parut à St-Cergue.

La division Pannetier fit son entrée à Lons-le-Sauluier le 2 mars au soir, en même temps que le duc de Castiglione. Le maréchal modifiant encore ses premières intentions et les ordres de l'Empereur qu'il avait paru un instant disposé à suivre à la lettre,' croyant sans doute que les troupes de Musnier et de Bardet, réunies à celles de Marchand devant Genève, suffiraient pour s'emparer de cette place, décidé d'ailleurs à rappeler bientôt à lui toute son armée pour

(1) Le passage des Rousses, situé entre Morey et Nion, se trouve placé an sommet du tnangle formé par les monts Jora qui bordent la pat-lie nord du lac de Genève, et la chaîne du Jura.

DES- OPÉRATIONS DE l' ARMÉE DE LYON. 1^8

faire lever le blocus de Besançon, le maréchal, disons^ nous, comrqit la nouvelle faute d'arrêter le mouvement de la division Pannetier et de rétablir à Lonsle-Saulnier pour tenir en échec les corps ennemis qui pourraient déboucher de Dole et de Salins. Lui-même resta de sa personne avec cette division , comme s'il eût assez fait en sortant de Lyon î

Le général Bardet, de son côté, avait franchi le Rhône à Bellegardc le 1" mars , et s'était emparé le même jour du fort l'Ecluse, dont la garnison (200 h.) fut faite prisonnière de guerre , et où l'on trouva (juatre pièces et beaucoup de munitions, tandis que le général Pouchelon, après avoir dépassé Seyssel, se ralliait aux troupes de Marchand.

Nous avons laissé ce dernier à la poursuite des Autrichiens le 23 février, après la prise de Chambéry. La brigade Zeischmester ne tarda pas à être ralliée par la brigade Klopsiein en retraite de Sl-Claude , et ces deux brigades passèrent alors sous le commandement du général lieutenant Klebelsberg. Elles réunissaient environ 7 ,000 hommes d'infanterie, 1 ,000 chevaux et 30 bouches à feu.

Marchand qui ne voulait laisser aucun répit aux Autrichiens, et qui avait hâte de lier ses opérations avec celles des troupes directerfient sous les ordres d'Augereau, fit continuer, le 22, à pousser l'ennemi sur la route d'Aix; rejetés de celte dernière ville

après une affaire sans importance, les Autrichiens arrivèrent bientôt à Âlbens , point de jonction des deux routes de Genève, celle de droite par Alby, Annecy et Cruseilles, celle de gauche par Rumilly, Frangy et Saint- Julien. Là, ils se divisèrent en deux colonnes , Tune , la plus faible, prit la route d'Annecy, l'autre, celle de Rumilly. Marchand porta ses avant-postes à Albens. Le fractionnement des troupes de Tennemi nécessitant le fractionnement des siennes, il donna ordre au général Serrant de suivre, avec 1 ,200 hommes (1) et trois bouches à feu, la ligne de droite, tandis que le général Dessaix prendrait avec lé reste de ses forces (environ 2,300 hommes et 5 pièces) la ligne de gauche.

Le 23 au soir , le chef de bataillon Escard fut envoyé pour s'emparer du pont d'Alby, qu'il occupa effectivement sur les dix heures. Le 24 , le général Serrant atteignit les Autrichiens à trois quarts de lieue au-delà d'Alby, à la hauteur de Balmont, Les tirailleurs du 8* et ceux du détachement du mont Cenis, guidés par le capitaine Riccard du 8», s'élancèrent à la baïonnette. L'ennemi s'empressa de prendre position entre les bois d'Archant et le village de Saint-Sylvestre. Nos trois pièces furent aussitôt mises

(I) I \' bataillon du 11' de ligne, le 3*^ du 23% le 3« du 8* lég«?r, et le détachement du mont Cenis.

en batterie et le feu commença. Malgré une batterie de six bouches à feu, dont un obusier, malgré une défense opiniâtre, le plateau qui domine le petit affluent du Chéran fut enlevé au pas de charge, ainsi que les hauteurs de Sainte-Catherine et de la Fourche , où les Autrichiens s'étaient successivement repUés. A trois heures de l'après-midi, le général Serrant se trouvait aux portes d'Annecy. Un bataillon ennemi occupait déjà le château qui domine la ville; des tirailleurs garnissaient les flancs et les abords de la position , tandis que le reste des troupes autrichiennes était formé en colonne sur la grande route, protégé par son artillerie. Le 8® léger eut ordre de s'emparer du château, ce qu'il fit avec une grande résolution. Débusqué au pas de charge de toutes ses positions, l'ennemi nous abandonna Annecy où nous entrâmes aux cris de : vive l'Empereur, et au miUeu des démonstrations de joie des habitants. La poursuite continua pendant près d'une demi-lieue encore, malgré la fatigue de la journée , tant était grande l'ardeur de nos troupes. Notre perte fut légère : 70 hommes hors de combat. Celle de l'ennemi assez considérable. De leur côté , un colonel et plusieurs officiers furent tués. Le major du régiment de Kaunitz tomba entre nos mains grièvement blessé. Une pièce de canon leur fut enlevée.

Le même jour, 24 , le général Dessaix se portait

iOS PRÉCIS niSTORIQUE

avec la colonne de gauche, sur Rumilly. Les Autricliiens rejetés de positions en positions abandonnèrent la ville, franchirent leChéran, et prirent une ligne de défense sur la rive droite du Fier, couronnant la berge qui domine ce ruisseau encaissé , et occupant encore le pont de Copet qu'ils barricadèrent.

Le 25, le général Serrant voulant se maintenir à la hauteur de Dessaix , et donner quelque repos à ses troupes, resta à Annecy. Dessaix fit quelques dispositions pour tourner l'ennemi et lui enlever le pont de Copet. A peine la canonnade eut-elle été entamée, que les Autrichiens abandonnèrent la ligne du Fier, bien qu'elle présentât une excellente position défensive, et continuèrent leur retraite jusqu'au-delà de l'embranchement des routes de Rumilly et de Seyssel. Dessaix s'empressa d'occuper ce point important, poussa ses avant-postes jusque sur les hauteurs de Carmont , et envoya une reconnaissance de 200 hommes à Seyssel. Il ne tarda pas à acquérir la certitude de l'évacuation de ce poste par les Autrichiens.

La veille, le général Marchand qui suivait tous les mouvements de la colonne de Dessaix, avait reçu la dépêche du duc de Feltre, par laquelle il lui était enjoint de coordonner ses mouvements avec ceux du duc de Castiglione et de marcher sur Genève» Il

DES OPKRATÎOfNS DK î/AHMÉK DE LYON. 190

s'empressa de répondre au ministre, que ses opérations tendaient effectivement vers ce but, mais que la division Musnier étant encore à Nantua, il n'osait s'aventurer au-delà d'Annecy avec des conscrits pleins d'ardeurs, à la vérité, mais non encore assez aguerris pour risquer avec eux seuls des tentatives hasardeuses. D'autant, ajoutait-il, que je n'ai pas de cavalerie, et en fait d'artillerie quelques pièces attelées avec des chevaux de paysans, et servies par des canonniers improvisés, ramassés à la hâte.

Dans la nuit du 25 au 26^ le général Dessaix fit dire au général Serrant de s'emparer du pont de Brogny, ce qui fut exécuté dans la journée. La colonne de droite continua sa marche, menant toujours devant elle les Autrichiens qui essayèrent de défendre le pont de la Caille. Le 8' léger et le détachement du mont Cenis, ayant à leur tête le brave capitaine Riccard, l'enlevèrent à la baïonnette.

Le 27, Dessaix fit occuper Frangy , ainsi que les belles positions de Cliaumont que reiinemi ne crut pas devoir défendre , sans doute , parce que Bubna renfermé dans Genève, et fort inquiet du mouvement des divisions d'Augereau, voulut concentrer toutes ses forces et les ra[)proclior de cette place,

I e général Serrant continuait aussi sa marche. Croyant avoir entendu quelques coups de canon sur sa gauche , du côté où opérait Dessaix , il chercha à

200 i'RÊCIS HISTORIQUE

lier ses mouvements avec ceux de son chef. Entraîné par Tardeur de ses troupes , il commit l'imprudence de s'avancer jusqu'auprès de St-Julien ^ à quelques lieues de Genève, chassant toujours devant lui le général Zeischmester. Il finit par s'apercevoir qu'il s'était trop engagé. Exécutant alors un changement de front devant lennemi, il regagna lentement avec calme et sang-froid ses premières positions , sans que les Autrichiens supérieurs en nombre , et qui s'étaient aperçus de sa faute , aient pu l'entamer ni le tourner.

Le 28, Dessaix occupa le Cluiset et porta ses avantpostes un peu en avant. Serrant s'établit à Gruseilles faisant garder sur ses derrières le pont de la Caille et le village de Goponan.

Ainsi chaque jour les 5,000 hommes du général Marchand gagnaient du terrain vers Genève, les troupes d'Augereau de leur côlé avaient commencé leur mouvement sur la Suisse, tout semblait faire présager que les intentions de l'Empereur allaient enfin être exécutées.

Le l*"^ mars , dès le matin , le général-lieutenant Klebdsberg, ayant rallié la colonne qui battait en retraite depuis Albens devant Dessaix, voulut, d'après les ordres qu'il avait reçus de Bubna, tenir en avant de Genève le plus longtemps possible, espérant d'ailleurs être bientôt rejoint par la colonne autrichienne de droite. Il occupa donc avec toutes ses forces (en*

viron 5,000 hommes et une bonne artillerie) les belles positions qui s'étendent du Cluiset à Saint- Julien.

Marchand qui avait été renforcé par les deux bataillons de la brigade Pouchelon, venant de Seyssel , et qui savait son flanc gauche couvert par les manœuvres du général Bardet du côté de Bellegarde et fort TËcluse , Marchand qui ne doutait plus des intentions et de la coopération du duc de Castiglione, résolut de rejeter l'ennemi sur Genève. Il ordonna au général Dessaix de faire ses dispositions d'attaque. Le général Serrant recevait en même temps pour instruction de chercher à déborder la gauche de l'ennemi et de coordonner autant que possible ses mouvements offensifs avec ceux de Dessaix.

A 10 heures du matin les troupes de ce dernier étaient déjà formées en trois colonnes d'attaque. Celle de droite sous les ordres du chef de bataillon Roberjeot, et où servait comme volontaire le général Chabert, eut ordre de se porter sur le flanc de l'ennemi , derrière le château d'Ogny, et de le déborder.

La deuxième, composée d'un bataillon du 1*' de ligne, quelques compagnies du 79* et la brigade Pouchelon, dut se porter sur le centre de l'ennemi par la grande route, et aborder de^^ront le village delà CMi.

Enfin la troisième , forte d'un bataillon du 5« de

FftiCIS BISTOMQUE. i4

902 MHftClS HI8T0lt1«UI

ligne et des douaniers du commandant Adine ^ fut dirigée par la gauche sur les villages de Yiry et de Songy.

La fusillade ne tarda pas à s'engager sur les deux ailes. Le centre de Tennemi se replia en arrière jusqu'au bout d'une vaste plaine àTextrémitéde laquelle il avait placé une forte batterie. Dessaix s'empressa pour protéger son centre de faire avancer deux de ses pièces , mais son artillerie était trop inférieure en nombre à celle de l'ennemi pour que la canonnade fék se soutenir longtemps de notre cdté, et eomme lea bouches à feu des Autrichiens commençaient à causer du ravage dans ses rangs , Dessaix crut devoir dier* cher à déposter Kl€l)elsberg de ses positions en menaçant plus fortement ses ailes. Il renforça donc sa droite par le l*' de ligne et sa gauche par la brigade Pouchelon. Ce mouvement eut un plein succès. L'en* nerai se replia sur les hauteurs de St-JuUen sous la protection d'une batterie de 14 bouches à feu. DesaaÎK lit avancer toute son artillerie , et bien qu'«i bout d'un instant une de nos pièces et un obusier ayant été démontés, il ne nous restât plus que trois pièoei de quatre, la canonnade continua avec ftireur. Le coodMt était devenu généM, lorsque le chef de bataillon Rch berjeot se décida pour le terminer à une mamOMim des plus hardies. Il résolut de se porter bnisquemeit et au pas de charge sur St-Julien coiMBe pturcotper

DES OPÉRAnORS DS L'ASKÉE DE LYON. tÉ3

la retraite à nos adversaires. H coRiinençait à peine ce mouveiaent lorsque ses éclaireurs le prévinrent qu'une colonne débouchait sur sa droite. Il dut croire que c'étaient les troupes de la brigade Serrant qui cherchaient à iier leur attaque avec la sienne et s'avança pour les reconnaître. Confirmé dans cette opinion par la conformité des unifonyies, il le fut encore phie par le eommandement de cohniie en avant prononcé en très bon français par le chef de cette troupe. Une décharge terrible faite sur lui à demi*portée de fueil^ le tira de son erreur. Cette attaque inattendue jeta le désordre dans ses rangs , mais, grâce à sa bravoure , ainsi qu'au sang-froid du général Chabert , et à l'énergie du chef de bataillon Garin , Tordre fut promp^ tement rétabH. Ces trois officiers se précipitant au devant des fuyards , les rallièrent sur le revers d'un ravin , les ramenèrent sur le plateau , et leur firent reprendre leur ordre de bataille avec tellement dé promptitude qu'au moment où l'ennemi enhardi par son succès éphémère et croyant n'avoir plus affaire qu'à une troupe épouvantée^ se présenta de nouveau, il fut reçu par une décharge à bout portant qui lui tua beaucoup de monde. » > *

D'après les conseils du général XSiabert , le commandant Roberjeot se porta, sans perte de temps, sur le front des Autrichiens, tandis que le compiandant Gjtrîn iMurcelait kw Usaut .gauche .

304 PIIÉCIS HISTOMOUE

Ces deux officiers firent preuve, en cette occasion, d'une grande intelligence pour exécuter les instructions du général Chabert.

Dessaix, du centre où il était placé, s'était aperçu de l'hésitation qu'avait manifestée sa droite, il voyait cette aile faiblir sensiblement, au moment même où la cavalerie ennemie s'apprêtait à charger sur ses pièces. Le moment était critique. Il ordonne alors à ses canonniers de ralentir leur feu, d'attendre la cavalerie à demi-portée de mitraille. Puis à Tinstant où la décharge de ses canons vient de culbuter les premiers assaillants, il donne ordre aux compagnies du 79* de franchir la batterie et de s'élancer au pas de charge sur les Autrichiens. Cette manœuvre coïncidant avec celle du général Chabert eut le plus heureux résultat. Le feu de l'ennemi se ralentit aussitôt sur toute la ligne, et le général Klébelsbei^ se retira à Saint-Julien. Le manque de munitions nous força à cesser toute poursuite (1).

(I) Pendant tout le temps que dura cette expédition, les opérations du général Marchand furent bien souvent entravées par le manque de munitions. C'est ce que prouvera la fin de la lettre suivante , lettre que nous citons en entier parce qu'elle montre, en outre, combien d'obstacles sa division eut à surmonter.

Frangy, ce 28 février 1814.

Au duc de Feltre.

Monsieur le duc, j'ai reçu la lettre que vous mVes bit llion«

DES OPÉRATIONS DE l'aMIBE DE LYON. 205

Ainsi se termina le combat de Saint-Julien. Il nous coûta près de trois cents hommes , mais l'ennemi éprouva une perte trois fois plus considérable.

La faible division du Dauphiné avait lutté avec une admirable bravoure contre des forces presque doubles, occupant de belles positions et soutenues par une artillerie triple de la nôtre.

De son côté , le général Serrant avait culbuté Fennemi, et il eût opéré sa jonction avec Dessaix, le soir même, si, la nuit, la neige et la fatigue de ses troupes ne l'avaient décidé à donner quelques heures de repos à sa colonne.

A l'entrée de la nuit, Bubna ayant été informé de la prise du fort TEcluse, par Rardet, de la marche de la division de ce général sur Genève par la route de

neur de m'ëcrire le 22 du courant, et par laquelle vous me prescrivez de mettre toutes mes troupes à la disposition du duc de Gastiglione.

Je sois depuis deux jours à Frangy, attendant le mouvement des troupes de Lyon, dont deux bataillons sont à Nantua. J'ai pris une excellente position sur la rivière des Usses, et nos avant-postes sont à quatre lieues de Genève.

Bubna a réuni tout son corps devant moi, dans les environs et en avant de Carouge. Dès lors, je suis beaucoup plus fiiibie que lui, n'ayant qu'environ cinq mille hommes formés de douze corps différents, et je croirais commettre une faute d'agir isolément , lorsque je sais que le maréchal Augereau commence seulement

Lyon, et de l'apparition de sa tète de eirfonne à Farges, pensa qu'il serait imprudent de laisser le général Klébelsbei^ plus longtemps sur la rive gauche de l'Ârve. Il lui envoya donc Tordre d'abandonner Sakit- Julîen, de repasser la rivière, de rompre les ponts et d'entrer dans la place.

Le 2 mars au matin, Dessaix dépassa Saint-Julien^ occupa Garouge où il opérasajonctionavecla brigade Serrant, et étendit sa ligne sur l'Ârve.

On le voit, tout concourait enfin, quoicpe tardivement, à la réalisation du plan tracé par Napoléon au maréchal AugereaU. Le 3 mars Genèye était cernée de tous côtés. Sur la route de Lons-le-Saulnier, par le maréchal Musnier, qui s'approchait de Mion, et dont la brigade d'avant -garde occupait déjà Saint-Cergue ; sur la route de Lyon, par la division Bardet ; sur celle de Chambéry par la division Dessaix, en position sur

son mouvement pour porter ses troupes de Bourg dans le pays de Vaud.

J'cpie tous les mouvements de l'ennemi et je ne le perdrai pas de vue, mais je ne pense pas que je doive rien compromettre dans cette circonstance, d'autant que , n^ayant eu aucun moyen p&ur traîner des munitions de réserve, il faut^ après chaque combat^ aller s'approviiionner à Chambéry ou au fort Barreaux^ et ee trajet est bien long.

Voilà surtout ce qui m'oblige à agir avec prudence. Nos soldats commencent à être aguerris, ils sont pleins d'ardeur. Aussitôt qu'il en sera temps, nous agirons vigoureusement. '

DES OPÉRATIOMS DE L^ARIIKE DE LYON. W1

la filateau d'Aiare, ayant à «od eictrôiae dioite^ à Vèrj, la brigade Serrant, àsagaudie la brigade Poudielon» Enfin, en arrière de ces 14 ou 15 mille hommes, on dêtait croire le maréchal lui-même en marche avec la division Pannetier et la cavalerie.

Genève, sommée le 3, parDessaix (1), était fort effrayée. Les autorités nouvelles s'empressaient de donner leurs démissions entre les mains de Bubua^ et de remettre leurs pouvoirs au maire de la ville* Les habitants ne songeaient pas sans crainte à leur conduite et au châtiment qui allait en être la conséquence.

Bubna était fort incertain sur le parti qu'il avait à prendre. Abandonner Genève au moment où Ton venait de décider, pour la dégager, la formation d'i|pe armée de 50,000 hommes, c'était chose assez dure* D'uiEi autre côté, se laisser enfermer dans une place peu susceptible de soutenir une attaque vigoureusoi une de ces attaques à la française, que nos troupes aiment tant; se laisser prendre avec sa division comme dans une souricière, n'était pas une perspeo tive agréable. 11 n'ignorait pas l'importance attachée par Napoléon à fa reprise de la capitale du Léman^ îl voyait bien en outre , que cerné de toutes parts» et l'armée du Sud n'étant pas entrée en Kgne, il lui res-

(1 ) Mardiand était tlors avec la division Bardct.

208 MiÉCIg Hl&TORKHJE

tait peu de chances de salut. Sa retraite à travers les montagnes de la Suisse devait être désastreuse, et il ne pouvait supposer qu'Âugereau lui hissât un seuï instant de répit, tant que nous ne serions pas maîtres de la ville.

Placé dans cette position critique , le général autrichien pensa avec raison qu'il devait avant tout gagner du temps en entrant en négociation. SMl pouvait se maintenir même par la ruse, pendant quelques jours, peut-être Âugereau serait-il obligé de retirer ses troupes pour faire face à la nouvelle armée qui s'apprêtait à lui tomber sur les bras. Il commença donc par se débarrasser de sa cavalerie désormais inutile entre les murs d'une place menacée de toute part, et il l'envoya à Yverdun, puis il expédia au gé* néral Dessaix le conseiller de préfecture du Léman, Fabry. Ce dernier se présenta à notre quartier-général, non pas comme envoyé officiellement par Bubna, mais comme porteur de propositions officieuses. Sa mission, disait-il, était tolérée par les Autrichiens, et il venait traiter au nom de la ville. Dessaix lui répondit que les Genevois n'avaient qu'un moyen de prouver leur repentir : chasser les troupes ennemies de leurs murs au moyen de leur garde nationale, et nous ouvrir leurs portes.

Le 3 au soir, les négociations allaient prendre une bonne tournure pour nous; déjà Bubna consentait à

DES OPÉRATIONS DE l'aRMÉE DE LYOU. 209

abandonner la YÎHe sous deux jours, si dansl^intervalle il n'était pas secouru, lorsqu'il apprit, le i au nmtàuj que la division Jttusnier, rappelée par Âugereau, atait quitté, la vdtle, liorey , et était venue coudier aux Petites-Chiettes ; que la division Bardet s'apprêtait à se replier de son côté sur le maréchal, et que Marchand etDessaix allaient ainsi se trouver devant Genève seuls et réduits à leurs propres forces.

A cette nouv^e inoine, Bubna rompit immédiatement les négociations entamées et se prépara à repr^dre Toffensive , persuadé que l'armée alliée du Sud s'était jetée sur le duc de Gastiglione, et Tavait forcé à abandonner ses projets sur la Suisse.

Il n'en était rien cependant. L'avant-garde du général Bianchi s'approchait, mais n'était pas encore en présence de nos troupes.

Que s'était-il donc passé ?

Le voici : Le duc de Castiglione avait brusquement changé le plan qu'il paraissait la veille encore décidé à mettre à exécution. Il lui était venu tout-à-coup à l'idée de marcher sur la Franche-Comté pour faire lever le blocus de Besançon (1) , oubliant que toutes

(1) Napoléon avait bien autorisé le duc de Castiglione à se |)ortér sur Besançon pour débloquer celte place, mais seulement lorsque le maréchal aurait repris Genève. Genève était la clef de voi^lc de son plan, la |)Orte qii^Augercau devait franchir avant de rien entreprendre, ainsi que cola résulte évid^ment de la lettre

les combinaisons de l'Empereur reposaient sur la prise de Genève ; que tous les ordres de son souverain lui prescrivaient, avant Unue chose^ de s'emparer de Genève ; qu'aucune expédition enfin ne devait être tentée par lui avant que Genève ne fût entre ses mains, parce ({u'un résultat avantageux ne pouvait être obtenu et pour lui et pour la grande armée qu'après notre entrée dans Genève.

Si, au moins, pour la justification de la conduite inqualifiable dÂugereau, on pouvait dipe qu'il fut inopinément attaqué par l'armée du Sud; luîs il

suivante adressée le 26 février, par l'empereur, au dac de Feltre :

Monsieur le duc de Feltre , faites mettra dans te MÊMUêmr la lettre du duc de Castiglione du U (celle par laquelle le maréchal annonçait ses premiers succès sur Bourg et Mftcon), écrivei-luî que j'applaudis à ces petits succès , mais qu'il faut réunir ses vingt-cinq mille hommes, artillerie, cavalerie, infanterie, garde nationale.Que j'ai ordotmé au prince Borghèse de dirigersurChambéry une division de huit mille hommes, qu'il nuutha avec toutes ses forces droit à Tennemi, culbute Bubnai refnnm Gmèvê, menace toutes les communications de rennanù a,v^ |a Franche-Comté, et fasse lever le siège de Besançon.

Envoyez-lui un officier pour lui faire comprendre Timportance de cette missive.

Faites connaître Au duc de Castiglione que nos troupes soot k

DES OPÉRATIONS DB l'aMI^R DE LYON. Sf 4

n^en était rien. D'ailleurs^ en supposant laénie cedei^ nier cas, au point où en étaient les choses devant Genève, il lut était bien facile de s'emparer de cette place, d'y laisser une bonne garnison, de rallier ensuite toutes ses troupes, de repasser le Rhône à Seyssel et Bellegarde, et de ?enir prendre position en ayant de Lyon. Trois jours lui suffisaient pour cela, et certes en trois jours l'armée ennemie n'eût pas pu se trouver aux portes de la seconde ville de l'empire.

Or, voici comment le duc de Castiglione explique sa conduite.

D'après lui, Bubna, contre toute attente, se serait trouvé en mesure de défendre Genève , grâce à de nombreuses troupes ^ arrivées en poste de Baie] le général autrichien qui d'abord avait voulu évacuer la ville n'y aurait plus songé. Le maréchal, informé d'une manière positive de V accroissement des forces de

Bai'-sur-Aube , que d'un autre côté elles sont entrées à Auxone, que nous allons entrer à Châtillon-sur-Seine , que deux plans d'opération se présentent pour lui, qu'on luî en laisse b choix, Ttin de se porter sur les dernères de rennemî , l'autre de faire sa jonction avec non^ par Dijon; quê dam iouM l$» eai,il est né^ eeumre d^oceuper Genève^ et dfe metire ettU pla€$ en état d$ dé' fense. Il faudra désarmer les habitants et mettre leurs fusils entre les mains de nos soldats de ligne ou de nos gardes nationaux français.

troy€t, \ê M février lit 4. « ;

Bubna , voyant les inconvénients qui pourraient résulter du séjour inutile des divisions de Musnier et Bardet aux environs de Genève, se serait alors hâté de les appeler à lui ainsi que la brigade Pouchelon, laissant devant la ville, pour contenir les Autrichiens, les généraux Marchand et Dessaix auxquels devaient incessamment se joindre 6 à 8,000 hommes de la réserve d'Italie, annoncés par le prince Borghèse.

1 ^ Il est faux que Bubna ait été secouru par des troupes venant en poste de Bàle ; mais en admettant que le duc de Castiglione ait été, à ce sujet, trompé par de faux rapports, chose difficile à croire , ses troupes à lui toutes réunies, concentrées commç elles l'étaient autour de Genève, étaient plus que suffisantes pour s'emparer de la ville, même défendue par un corps d'armée.

2o Le maréchal n'ignorait pas que la division en* voyée par le prince Borghèse pouvait tarder beaucoup, puisqu'on en avait si peu de nouvelles» qu'il engagea le colonel Balthazar, aide-de-camp du ducdeFeltre, et qui lui avait été envoyé pour le presser d'entrer en campagne, à partir pour Turin afin de hâter la marche de ces troupes.

3"" En agissant comme il le faisait, il sacrifiait Marchand et Dessaix, désobéissait une fois de plus aux

DES OPÊRATlOnS DB L^iOllIÉB DE LYON. 2i3

ordres les phis formels de l'Empereur^ et faisait perdre à la grande année tout le bénéfice qu'elle, devait attendre de ses opérations sur la Suisse.

Nous ne voudrions pas nous faire l'écho de bruits injurieux pour la mémoire du maréchal, nous serions presque heureux de pouvoir attribuer une fois encore sa conduite, en cette circonstance, à un manque d'intelligence des grandes combinaisons stratégiques, mais, en présence des faits, en présence des documents officiels, des lettres du ministre de la guerre, des moyens employés pour arriver à l'esprit du duc deCastiglione, il n'est vraiment pas possible d'admettre qu'il ne comprit pas.

Or, voici comment on a cherché à expliquer la brusque détermination du maréchal (1).

On prétend qu'à la suite du conseil du 25 février, tenu chez le roi de Prusse, à Bar-sur-Aube, pv^es souverains alliés, conseil dans lequel la formation de l'armée du Sud fut adoptée, un courrier fut expédié au duc de Castiglione, et que c'est après la réception de ses dépêches que le maréchal renonça définitivement à son expédition sur la Suisse (2).

Pour nous, nous nous bornerons à résumer en

(1) Nous avons tout lieu de croire qu'un jour il sera publié une relation qui éclaircira ce point historique.

(2) Ce fait est de9 plus graves, aussi nous bâtom-nous de £re

214 ^nmnB BWioui^E

quelques mots U condMÎta du due de Caatiglione.

L« 14 février 9 il peut se m^Une à là tète d'une forte colonne et marcher rar Genève presqtiesaasdéfenae^ elii ne la fait pas.

Le 17, il comoiencd un mouvement contraire aui volontés de l'Empereur.

Le 25> il arrête la marche de «es colonnes, va re-* connaître leurs positions, perd troisjours, rentre à Lyon et n'en sort qu'après avoir reçu des ofdres tellement formels qu'il n'ose résisler plus longtemps.

U ne se met pas à la tête de ses Groupes, reste à Lons-le-Saulnier, y retient une partie de son eorps d'armée.

Malgré toutes ses fautes» Musnier, Banfet, Marchand et Dessaix se trouvent, le 3, en mesure d'enio* yer Genève, sur la prise de laquelle TEmperettr fonde toutes ses espérances, il ne faut pour cela que la présence de la division Musnier àNion ; il envoie l'ordre à Muenier, à Bardet et à la ërigade Pouehelon de nf « trogradégr.

Le S , il semble disposé à tout feire pour enleTefr Genève , le 3 , il abandonne brusquement le projet

que, quant à nous, nous n'avons absolument aucun document qui Jui soit relatif.

Comme maintenant ia^amjpagi^ de 4814 est 4« rfonratae de l'iûstoire, « «ous avions des fitenakweêy «ous les demierioas.

pour r exécution duquel l'Em^lèfinètlr lui a confié une armée de 20,000 hommes, dont lO.OOOdes meineures troupes du monde.

Certes, une telle conduite est bien de nature à inspirer plus que d'amères réflexions!

Page 1