‹ Précis historique des opérations de l'armée de Lyon en 1814Chapitre 20 sur 40 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Entraves que rencontrent les ordres de Tempei^eiir relativement aux troupes d'Italie destinées à renforcer la division Marchand.

— Lettres du prince Eugène. — Composition et force de la division de Toscane, de celle du Piémont. — Départ de ces troupes de Gênes et de Turin. — Leur arrivée à Chambéry.

— Détachements envoyés de la 8® division, à Tarmée du duc de Castiglione. — Mouvement, composition et force de la S* colonne détachée de Farmée de Catalogne. — Garde nationale, -r Partisans. — Gardes d'honneur. 'l^ -

Avant de continuer le récit des opérations militaires dans t'est, nous croyons utile de jeter un coup d'œil sur ce qui se passa au-delà des Alpes, depuis la fin de 1813 jusqu'au milieu de mars 1814. Les ordres envoyés en Italie pour les mouvements de troupes, ordres souvent réitérés, souvent aussi modifiés par Napoléon, ayant toujours été la conséquence des événements qui avaient lieu en France, quelques explica* lions les feront mieux comprendre et apprécier. Cela

PaéCIS HISTORIQUE. i5

est indispensable à l'historique de la marche des renforts qui rejoignirent ou durent rejoindre la division du général Marchand.

L'Empire, à cette époque, comptait au-delà des Alpes quatre divisions, savoir :

La 27* composée des départements de : Doire, chef-lieu Ivrée, Pô — Turin. Sesia — Verceil, Stura — Goni.

La 28* formée par : Marengo — Alexandrie; Gènes — Novi ; Montenotte — Acqui ; Taro— Parme.

La 29* : Méditerranée — ^Litoumb; Ombronniî — Sienne; Arno — ^Florence.

Enfin la 30* n'ayant que : Trasimène — Spoleto ; Rome — ^Rome.

Ces divisions formant jadis le Piémont , le duché de Parme , k Toscane et une partie des états de relise, avaient pour gouverneur général S. A. R. le prince Camille Borghèse; pour commandants supérieurs les généraux Fresia et MioUis, et prince Pélix«

Le royaume d'Italie gouverné par le vicenrai prince Eugène, était fractionné eu 24 départements formés : De l'ancien Milanais, d'une partie des états de l'Eglise» du duché de Modène et de la principauté de Lucques.

Un décret de l'Empereur en date du 18 novembre 1813 ordonnait de porter à 15,000 hommes la réserve pour l'armée du priuce Eugène.

DES OPÉEÀTfOI^ I>E l'aUI^E DE LYON. 210

Vers le commencemeDt de janvier 1814, 10,000 hommes se trouvaient réunis dans le Piémont à cet effet ot s'apprêtaient à partir pour l'armée d'Italie, lorsque l'ordre étant venu de France de jeter des garnisons d^ps les places d'Alexandrie, Casai, FénestreUes et dans la cil^elle de Turin, le prince Camille Borghèse qui manquait de troupes, se crut suffisamment autorisé à retenir ces dix mille hommes dans son gouvernement, jusqu'il l'arrivée des conscrits de la levée ie^ ^0 mille hommes.

Le prince Eugène dont l'armée comptait environ trente mille combattants, observait depi^is le 29 décembre 18 i 3, non-seulement les Autrichiens, mais encore les troupes napolitaines. Murât flottait iii4^ cis, ne sachant encore s'il abandonnerait notre cause, ou s'il joindrait ses armes à celles du vice-roi. Le désir de conserver sa couronne, les promesses de TAngle terre , les menaces des souverains coalisés le faisaient pencher vers le parti de l'ingratitude.

L^armée napolitaine en position à Bologne et Rimini, à très peu de distance des avant-postes autrichiens, puisque ces derniers s'étendaient jusqu'à Ravenne et Forli, gardait une neutralité plus que suspecte pour nous. A chaque instant on annonçait l'arrivée de Murât au milieu de ses troupes, et Murât tanUtt sous un prétexte, tant6t;S0vs un autre, ne paraissait pas. Il était ji Kaples où go ^ savait entoAiré el cîrconv«flu

%i t»RéClft tttSTOatQUE

pat les pléDÎpotentiaires anglais et autrichiend. Nous n'étions donc avec lui ni en guerre ni en paix; d'un moment à l'autre ; le prince pouvait voir ses forces augmentées de celles du roi de Naples, ou son armée obligée de tenir tète non-seulement aux alliés mais encore aux Napolitains. Cette position était critique» et le vice-roi était contraint à une grande prudence, à de grands ménagements. Nous n'étions pas assez forts pour rompre brusquement avec Naples.

Les choses restèrent ainsi du côté de i'Âdige, jusqu'au commencement de février. Alors, il ne fut plus permis de douter des intentions hostiles de Murât, ce prince néanmoins n'entrait pas encore en opérations contre nous. Il lui répugnait de combattre des hommes dont il était l'allié ; né il craignait d'un autre côté de perdre ses états ; il eût voulu rester neutre, mais ce n'était plus possible.

Le 6 janvier, le prince Eugène craignant* de se trouver tout-à-coup aux prises avec les armées réunies d'Autriche et de Naples, crut prudent d'abandonner l'Adige, il se replia sur leMincio.

C'est alors que Napoléon informé de la défection presque certaine de Murât , s'empressa d'expédier au prince Eugène une lettre en chiffres contenapt des ordres basés sur cette hypothèse. Le 8 février, les circonstances devenant de plus en plus critiques, l'horizon paraissant plus menaçant, il réitéra ces ordres,

ainsi que cela résulte de la lettre suivante adressée par lui, de Nogent, au duc de Feltre. « Monsieur le « duc de Feltre, j'ai donné ordre au vice-roi, aussi-^ « tôt que le roi de Naples aurait déclaré la guerre, « de se porter sur les Alpes. Réitérez-lui cet ordre « par le télégcaphci par estafette, et en triplicata par « un officier. Vous lui ferez connaître qu'il ne doit « laisser aucune garnison dans les places d'Italie, si « ce n'est des troupes d'Italie^ et qu'avec tout ce qui « est Français, il doit venir sur Turin et Lyon, soit « par Fenestrelles, soit par le mont Genis ; qu'aussitôt « qu'il sera en Savoie, il sera rejoint par tout ce que « nous avons à Lyon . »

Ainsi l'Empereur avait alors l'intention formelle de remettre le corps du Rhône aux mains du prince Eugène? Que n'a-t-il réalisé ce projet? La France peut-être lui aurait dû son salut !

« Ecrivez également à la grande duchesse et au c( général Miollis, que du moment que le roi de Naples a a déclaré la guerre, le grand duché de Toscane et <c Rome ne sont plus tenables, qu'en conséquence, <c il remettra toutes les places au roi de Naples, en y « mettant pour condition que tous les Français et « employés se retireront sur les Âlpesy le mont Cenis « et Briançon avec armes et artillerie. Adressez au « duc d'Otrante, s'il se trouve encore en Toscane,

222 PRÉCIS hlSTOlUQUE

« Tordre d'aller vers le roi de Nâpies potir arranger « cette convention. Les troupes et les employés se « rejoindront dans la même direction. Ëxplicpjez- <x vous bien. SoUs quelque prétexte que ce soit, au- » cune troupe de \A France ne doit rester dans aucune c place d'Italie, et toutes doivent en masse revenir « iur Chambéry, Lyon ou Grenoble Vous ècHrez aii « prince Borghèse que si la mdfdte de rentiêitti obli- « geait à évacuer le Piémont, je pense que dès gar- « niaons sont inutiles à Casai et à PlatsMëe , t{u\ « sont de mauvaises places ; qu'on pourrait itlëttre « dans la citadelle de Turin quelques troupes pfétHbUc( taises, et, quant à Alexandrie, qu'il suffirait d'y a mettre 4,000 conscrits français, tout le reste re- « joindrait le vice-roi. Ces 4,000 hommes seront suf- « lisants à Alexandrie, tant que l'ennemi ne fera pas « de siège, et en cas d'attaque, ils auront la citadelle c( où ils pourront se retirer. J'ai déjà donné tous ces « ordres, réitérez-les. Vous en donuereE oonnais- K sance au roi Joseph*

« Sur ce, etc. »

Le jour même où Napoléon écrivait cette lettre, le prince E«^ène lui envoyait son aide-de-camp^ Tascher, pour lui rendre coiï^pte de ses opérations sur le Miocio, et du succès qui en avait été la suite à la bataille de Roverbelia, gagnée sur les Autrichiens. Lêb Nafoli-

DES OPÉRATKWS DE l' ARMÉE DE LYON. 223

tains n'avaient fait encore aucun mouvement offensif. Le vice-roi reçut le 1 6 la dépêche du duc de Feltre et répondit immédiatement :

« Monsieur le dUc, je reçois à Finstant votre lettre « du 9, dans laquelle vous me faites part des inten- « lions de TEmpereur à l'égard de l'armée d'Italie , « dès que le roi de Naples se sera déclaré contre la « France.

a Ces instructions sont conformesà celles que l'Em- « pereur m*a adressées il y a quinze jours, par une ce lettre chiffrée. J'agirai ponctuellement en ce sens.

« Jusqu'à ce moment, les Napolitains ne peuvent « entrer en opération, bien que le roi ai fait un traité « avec l'ennemi, parce qu'il en attend la ratifica- (c tion. J'ai pris tous mes mesures pour être prévenu <x à temps.

« Ainsi donc, mon mouvement rétrograde, qui « n'est d'ailleurs que conditionnel, sera le plus }ent « possible, à moins que la présence de mon armée « étant jugée nécessaire en France, vous ne me fas- « sie2 parvenir Tordre positif de m'y porter. Je vous « ferai observer que dans cette hypothèse, vous devez « vous attendre à une diminution à peu pr^s des a deux tiers de mes forces, puisque vous savez que a mes régiments sont en grande majorité composés « de Piémontais, Génois et Toscans

« Vdta, 46 iéTnei* 1814, 5 heures du matin. «

'2%i PRbClS HISTOHIQLE

Cette dépèche fut suivie, six jours plus tard, d'une nouvelle lettre dans laquelle le prince, qui venait de recevoir le triplicata de Tordre du 9, annonçait au duc de Feltre : que le roi de Naples ne semblait pas disposé à agir contre nous. Qu'après avoir paru un instant à Reggio, Murât était retourné à Modènes, ainsi qu'un de ses régiments. Il ajouta encore : « Tous les « officiers que j'envoie au roi me rapportent que mn ff intention ne serait d'agir offensivement contre les « troupes que je commande qu'autant qu*il pourrait « ou (pour parler exactement) qu'il serait forcé « d'entrer en communauté d'opérations avec les Au* « trichiens. Or, ceux-ci, depuis la bataille du Mincio, « ne me paraissent pas à<;raindre.

« L'indécision du roi de Naples me porte à penser « que les triomphes de l'Empereur achèveront de le « replacer dans notre système, d'autant qu'il est loin « d'avoir à se louer de s'être ainsi jeté dans les bras « de l'Autriche.

€( J'ai cependant l'œil à tout, et j'ai disposé mes « troupes de façon à me trouver en mesure contre « tout événement.

« Aussi longtemps donc que toutes les opérations « du roi vers le Pô se.réduiront à des allées et venues, « je pense que je pourrai attendre tranquillement ici

« le résultat des heureux événements qui ft déve- <K loppent de vos côtés, et ménager ainsi à TEmpe- « reur les avantages attachés pour lui à la conserva» « tion de l'Italie. »

À l'époque où cette lettre était écrite^ le vice-roi venait en effet de recevoir de France la nouvelle des succès importants de l'Empereur sur les coalisés. Napoléon avait réi^ à se placer entre les armées de Blucher et de Schwàrzemberg. Il comptait plus que jamais sur la coopération efficace du duc de Castiglione, les n^ociations étaient à peu près rompues, il crut devoir modifier ses ordres pour l'Italie. L'aidede-camp Tascher fut donc renvoyé au prince Eugène avec des instructions formelles pour qu'on ne son* geàt plus à l'évacuation.

Telle était la situation des choses lorsque l'Ëmpe^ reur, mécontent des premiers mouvements d'Augereau, et voulant augmenter le corps du Rhône, résolut de faire diriger sur Ghambéry les troupes de Toscane et une division du Piémont.

Ordre fut donc envoyé le 19 au prince Félix, à Gènes, et le 24 au prince Borghèse, à Turin, de faire franchir les Alpes à ses troupes, et de les expédier, au comte Marchand.

Les troupes de Toscane réunies à celles de la 28* division, et réorganisées par ordre du prince

226 PRÉCIS HISTORIOUK.

Félix, se trouvaient le 24 à Gênes, au moment où l'on reçut la dépAche du duc de Feltre pour leur dél>arl. Elles se composaient de 800 hommes du 1** bataillon du 11 2® de ligne, 700 du 4 du même régiment, 504 hommes et 288 chevaux de la 29* légion de gendarmerie, i ,200 hommes des 3* et 8* bataillons du 35"^ léger.

Cette petite division reçut Tordre de se mettre en marche les 1^, 3, 5 et 10 mars^^ pour arriver à Suze les 12, 14, 17 et 22 du même mois. Ellfe devait être réunie dans cette ville sous le commandement du général de brigade Pouchain et dirigée. sur Ghambèry par le mont Cenis.

Le mouvement commença en effet le 1*' manpar le départ du b^ bataillon du 112% mais le lendemain, le prince Félix, à son grand étonnement, reçut du prince gouverneur-général, Camille-Borghèse, l'invitation de mettre les troupes à la disposition du général Fresia, commandant supérieur de la 28" division, attendu, disait la dépêche, que l'intention de f Em^ pereur est que les forces de la 29* division restent dans leur position pour pouvoir se porter en avant quand les circonstances le permettront. Cette mesuré étant diamétralement opposée à celle prescrite par le duc de Feltre, le prince fut fort embarrassé. 11 écrivit immédiatement à Paris et au prince Camille, pour connaitre la date de ce nouvel ; ordre il ne rappdlt

DES OPÉRATlUMi» SMS l'aKHÉIS DE LYON. . 217

pa» encore le bàtmlbn parti, et se borna setilament i retarder le mouvement des 504 gendarmes. Mms le jour suivant^ il reçut une dépêche du vice-roi oomplétement d'accord avec celle du prince Borghèse. Elle ^ntenait entré autres choses, ceci : Depuis les dernières victoires de l'Empereur, Tintention de S. M. est qu'on tienne fortement en Italie. Le prince Félix ne crut pas devoir bésUer piUs longtemps, il rappela les troupes parties éA maintint le reste de la divistoa Pouchain, à Géiies. ()r, voici ce qui était arrivé» Les instructions apportées par Taide-de-camp Tascher au vice^roi, avaient fait penser à ce dernier que toutes les troupes alors au^elà des Alpes étaient destinées à grossir son armée. U avait 4lonc écrit dans ce sens au prince-gouverneur général d'abord, au prince Félix

ensuite.

Oa eemprend combien tentes ces lenteurs^ ces or* dres^ ees contre-ordres, ces âmeses înterprétaftioiis des volontés de Tempereur, étaient préjudiciables aux armées françaises^ surtout au BaoBaent oii Marchand et Dessatx étaient abandonnés avec leur faible division, devant Genève, par le duc de Çasligliooe. Les 3,200 hommes du général Pouchain^ dont AugOBeau annonçait pompeusement l'arrivée à Marchand, auraient peut-être permis à ce dernier de réduire Genève et de reprendre l'offensive. Mais partout oii TËÉlperaw n'était pas en personne» il semblait que rioifle

dût marcher. Cette remarque pénible, ne saurait toutefois s'appliquer au prince Eugène qui, en Italie comme en Russie, comme en Allemagne, en 1814 comme en 1812, fut toujours le modèle du soldat par sa bravoure, du général par sa fidélité et ses talents. A la nouvelle de ce contre-ordre inopportun, donné à la division de Toscane, le duc de Feltre s'empressa d'écrire au prince Borghèse de laisser le mouvement s'effectuer. Précisément à la même époque, le colonel Balthazar, aide-de-camp du ministre, envoyé par ordre de l'Empereur pour presser le duc de Castiglione d'entrer en campagne, se trouvait au quartiergénéral du corps du Rhône. Sollicité par le maréchal

de se rendre à Turin pour hâter l'arrivée des renforts qu'on attendait d'Italie, il crut devoir prendre sur lui

de franchir les Alpes, et après avoir vu, en passant à Chambéry, le comte de Saint>-Yallier, après avoir pris des mesures, de concert avec ce sénateur, pour accélérer le transport des troupes dès qu'elles auraient passé les montagnes, il continua sa route pour le Piémont et se trouva, le 8 mars, près du prince Camille.

Il connut alors la fausse interprétation donnée par le vice-roi aux ordres de l'Empereur, et les retards qui en avaient été la conséquence.

Depuis deux jours cependant, et par suite de nouveaux ordres du duc de Feltre, la division du Piémont,

DfiS 0I»ÉRATI0N9 M l'âRMÉE DB LYOM. 2!29

mise sous le comtnandemeiit du général de division comte Yedel, était partie de Turin, d'Aoste et d'A*lexandrie pour se rendre à Suze et de là à Chambéry, mais il s'en fallait de beaucoup qu'elle ait pu être portée à 8,000 hommes comme l'avait ordonné l'Empereur. En effet, sur la demande du vice-roi, la 4" division et 3 bataillons de la V division de la réserve d'Italie avaient été envoyés à Plaisance (1). Il avait fallu pourvoir en outre, tant bien que mal, une garnison des 27* et SS"* divisions militaires, en sorte que le comte Yedel n'emmenait en France que 3,250 hommes et une belle batterie de 12 bouches à feu.

Ces troupes arrivèrent à Chambéry les 19, 23 et 24 mars.

D'un autre côté, la division de Toscane du prince Félix, aux ordres du général Pouchain, s'était mise aussi en mouvement de Gênes, sur Suze , pour être réunie le 26 dans cette place^ et de là franchir en masse la ligne des Alpes et se diriger sur Chambéry (2),

(1) Les troupes de la réserve d'Italie ne tardèrent pas à se trouver en présence de Pennemi ; le roi de Naples, malgré les promesses verbales qu'il avait fait faire au vice-roi , s'était mis le 6 à la tête de ses troupes pour commencer le jour même ses opérations offensives contre T armée d'Italie. Dès Jors il ne fat plus possible de songer à les envoyer en France.

(2) Le prince Camille Borghèse donna ordre de retenir à Gênes

S30 HlÉqS HWTOmQUB

Ces troupes, grâce aux mesures Goncertées entre le colonel Balthazar et le commissaire extraordinaire, comte de Saint Yallier, rejoignirent la division Marchand dans les derniers jours de mars, et lui furent d'un grand secours lors de sa retraite, ainsi qu'on le verra plus loin.

Voici la composition et la force de ces deux petites divisions.

Troupes du Piémont :

Général de diTÎsion, comte Yedel, coaupandant; général ds brigade, baron de Lafosse, commandant la i** brigade ; OlÎTet, nuyor du 137', commandant la 2*; Dubalen, adjudant-commandant, chef d*état-roajor ; Simpson, commissaire des guerres. 4«bat.du 7«de lig.20offi.700h.detroup.àChambéry,le ISmais. 3« bat. du 156* de ]ig. 20 id. 820 id. id. le 23 id.

7«bat.du 20«delig.l5id. 625 id. id. le 24 id.

1 0« b. du 62« de lig. 20 id. 648 id. id. id.

Détac. du 14* de hussards, 3 off. 80 huas. 83 chevaux, id.

id. delà 13«comp. d'ouv. d'art. IOhomme8,àGhainkleW id. V" comp. du l«'batail.desap. 3 off. 149 id. id.

ire comp. du !«' id. deséquip.2off. 720 id. 230chev. id. 28« comp. du 4* d'artil. à pied, 2 off. i 20 id. id.

Totd 85 off. 3272 h', de tr. 31 3 cheTaux.

MaUrieL

8 canons de 6, 4 obusiers de 24, 3 affûts de rechange, 4 2 caisson»

les 160 gendarmes à pied de la Toscane. Ces hommes ne rejjoignirent pas la division Marchand. Ils reslèrent dans la L^gurie où ils furent employés à la répression du brigandage, qui faimi dans ce pays des progrès alarmants.

à la fia de

mars.

DES 0PÉR4T1ÛMS DfS L'iBUS^ DE LYON. 231

de â chargés, 8 caûiio^» iTobu^i^rs chargés, 8 caissons 4' iQ(»literie contenant 120,000 cartouches et 8,000 pierres à feu, une (orge de campagne, 2 charriots à munitions.

Total des toitures : 46.

Chacpie homme emporta d'Italie 40 cartouches.

Troupes de Gênes.

Le général de brigade, Pouchain, commandant; Eyries,son aidede-camp; Tadjudant commandant, Mariotti, chef d'état-major ; le capitaine Cousin, adjoint; sous-inspecteur aux revues, Chabert; commissaire des guerres, Lambert.

3« batail. , ^„e iii^ar) 20 offîc. 418j. j^*^„« i 8«batail.i^** 35Méger|2, id. 739i**-^^*~"P-/à Chambéry i«'batail.) ,„ tA<9.Aa\i^ )21 offic. ^841 .. - - -

4'bataU.}^"**2Melig.{20 id. 639Î '^•

Gendarmes à cheval des 29* et 30* légions.

26 offieienv S68 hommes, 294 chevaux.

Total 108 offic. 2,748 h. de troup. , 294 chevaux.

Les renforts envoyés à Taroiée de Lyon par le prince d'Essling, commandant la 8® division militaire, si Toiji en eEcepte le régiment des gardes nationales mobiles de Toulon en ligne depuis longtemps, se bornèrent à quelques compagnies isolées. La 3' du 2* bataillon du 32' léger, forte de 148 hommes dont 3 officiers, partit le 14 mars; 3 compagnies du 145'' de ligne, formant 300 hommes, se mirent en route le 18 et rejoignirent l'armée à Valence ; enfin 500 hommes (Iu2« d'artillerie de marine furent dirigéssur Avignon, cinq jours plus tard.

II ne nous reste plus, pour compléter l'état des troupes qui firent partie de l'armée^du duc de Casti-

292 PftÉClS RtSTOnKMJB

glione, qu^à donner la force et la composition de la 2« colonne venant d'Espagne.

Le duc d'Âlbufera reçut le 7 la lettre du ministre de la guerre, en date du 1*' mars, contenant Tordre de diriger immédiatement, sur Perpignan et Lyon, une division de 10,000 hommes.

Le mouvement commença le 8 mars, les troupes fractionnées en trois colonnes arrivèrent à Perpignan les 1 1 , 1 2, 1 3 mars, et à Lyon, ou à l'armée, les 1 8, t9 et 20 du même mois.

Voici Tétat de cette division :

Le général de brigade, Beurmann, commandant prorâoire ; Tadjudant commandant, Ricard, commandant la i** colonne d*aTanigarde ; le colonel du 79®,Gay, commandant la 2* colonne on f* brigade ; le colonel Grange, commandant la 3* colonne ou 2* brigade.

Première colonne^

Etat-major 8 officiers.

I** batail. du 32* léger. 15 offic. 8S5 hommes de troupes.

3* batail. du li6« de ligne. 16 offîc. 734 id.

Deuxième colonne.

!«' et 2*' batail. du 79« de ligne. 40 offic. 1,760 hommes detroup. i«'et2*batail.duH6« id. 38 id. 1,462 id.

Troisième colonne.

{** et 2^ batail. du 102« de ligne. 43 offic. 1,657 hommes de troup. 1»' et 2« batail. du 1 15» id. 31 offic. 1 ,769 id. 3* batail. du 102* de ligne, pris à Nimes. 20 offîc. 631 hommes» Artillerie du train. 15 offic. 369 hommes de troupes 210 chevaux. Gendarmes. i ofific. 16 gendarmes. 19 id.

Ouvriers d'adminis. 151 hommes.

Totaux : 227 offic. 9,434 h. de tr. 229 chey. 34 voitiirai.

DIS OPIUATIONS de L ARIIÉE DB LYON. 233

Cette division de l'armée de Catalogne y comme celle envoyée précédemment par le duc d'Âlbuféra, était composée des meilleurs et des plus braves soldats qu'il fût possible de voir. Ces 20 ou 25,0()0 hommes entre les mains d'un général de talent, éner^ gique et animé de Tamour de la patrie, auraient battu une armée ennemie triple en nombre.

La garde nationale (si l'on en excepte le rèfjmeat de Toulon) (l),lespartisanSy les gardes-d'honneur ne peuvent réellement pas entrer en ligne de compte dans l'armée du Rhône.

En effet, sur les 12,000 gardes nationaux réunw à Lyon vers la fin de février, et qui, d'après les ordres de l'Empereur (2), devaient être organisés en six brigades et trois divisions, chacune de ces dernières ayant à sa suite une batterie , moins de omq miUe seulement formèrent une brigade dite de réserve, soîis les ordres du général Rémond. Cette brigade non habillée, armée de 3,000 fusik au plus, ne rendit presque aucun service.

Il avait été prescrit aux préfets d'envoyer leurs gardes nationaux mobiles à Lyon, complètement ha-

(I) Le 2* bataillon du régiment de Toulon, fort de 30 officiers, 794 sous-officiers tt soldats, arriya à Lyon le 48, et fut envoyé le 49 à la division Musnier.

(%) Voir pièees jastificatives n* 4i.

PRÉCIS mSTORIOVE. i6

234 PRECIS HKTdlllQUI

billes, équipéset armés, mais cet ordre ne fut eté(îuté qu'en partie , et parce qu'on manquait dans le» départements d'argent et de ressources nécessaires^ et parce qu'on ne voulait pas ôter aux gardes nationaux sédentaires les armes qu'ils avaient.

Le duc de Gastiglione et le comte de Cbanteloup se plaignirent de cette infraction aux volontés de > apoléon, le duc de Feltre en écrivit au ministrd de l'intérieur , ce dernier envoya aux préfets l'injonction formelle de diriger sur Lyon le complément djc 1 équipement, de l'armement et dé l'habillement de leurs gardes nationaux. On résolut en outre de foire confectionner, à Lyon même, 12,000 blouses d'uniforme, un pareil nombre d'équipements noirs et de sacs en peau de mouton ; mais tout cela demandait du temps. Les lettres adressées à ce sujet aux divers fonctionnaires civils et militaires se croisaient encore que déjà l'armée de Lyon évacuait cette ville.

Après la retraite du duc de Gastiglione sur Valence, une partie des 12,000 gardes nationaux regagnèrent leurs foyers. Ils ne pouvaient être fort regrettés pir le maréchal^ car ils lui avaient été un embarras j^ut^t qu'un secours, ainsi qu'il l'écrivait au ministre, et leur tiédeur pour la défense de Lyon l'avait en général emporté de beaucoup sur leur enthousiasme.

Vers la fm de février, on vit pendant quelques jours et pour une expédition^ 4 à 5^000 garde» na-

tionaux de Saône-et-Loire réunis sous les ordres du général de brigade en retraite Bard. Ce fut au moment de la retraite de Mâcon sur Châlons du général autrichien Scheiter. Ces braves citoyens se rassemblèrent spontanément et poursuivirent l'ennemi, dont ils inquiétèrent fortement l'arrière-garde.

Le corps des partisans de Damas, le seul qui parvint à s'organiser, ne compta jamais plus de 200 fantassins et une vingtaine de cavaliers.

Enfin le 4^ régiment des gardes-d'honneur qui devait présentera Lyon un effectif de plus de 2^000 hommes^ ne réunit pas dans cette ville plus de 100 chevaux.

On le voit, on aurait grand tort de Croire que le duc de Castiglione ait pu fonder quelque espérance sur des troupes autres que celles de son armée régulière.

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