LIVRE DEUXIÈME
FEODILITE.
Le droit va prendre un développement qpll n'avait pu recevoir peodant la période barbare. Les dercs se jettent dans l'étude des lois de Justinien avec une ardeur que les papes sont souvent obligés de modérer, et le droit romain reçoit au xii^ siècle une extension inconnue jusque-là. Les universités sont remplies d'auditeurs; l'enseignement crée des jurisconsultes. La pratique s'élève k la bautear de^ science ; les légistes acquièrent autant d'influence dans les régions de la politique que dans le domaine du droit privé ; auxiliaires de la royauté, ils deviennent les adversaires acharnés du système féodal, qu'ils parviennent à démoKr après d'étranges vicissitudes et de cruels revers.
A mesure que le pouvoir royal reprend un peu de force , les actes législatifs imposa par le rot deviennent plus nombreux et revêtent un caractère plus général. — Lorsque, dans la lutte contre la féodalité, la royauté est parvenue k reconquérir son antique puissance, une pensée d'organisation s'attache aux bases de la société civile, et la grande idée d'uuité de législation se manifeste dans les ordonnances, sans pouvoir toutefois encore se réaliser.
La jurisprudence aspire déjà k participer au pouvoir législatif; les parlements, par leurs arrêts, minent la féodalité jusque dans ses fondements. L'administration de la justice tend à l'unité, à la monarchie absolue, et la juridiction des grands seigneurs s'éteint, malgré leurs nombreux eflbrts , sous la puissance de la justice royale.
i38 HISTOIRE 0U D^OIT FRANÇAIS.
Voyons au milieu de quels événements politiques se sont opérés ces grands faits juridiques et sous quelle influence ils se sont accomplis.
TITRE PREMIER