‹ Précis historique et administratif de la campagne d'AfriqueChapitre 3 sur 31 · DÉPART · texte numérisé non relu

DÉPART

Le 25 mai , à quatre heures huit minutes après-midi, l’armée se mit en marche, ordre naturel sur colonnes :

A droite, le Trident (contre- amiral de Rosamel ) ;

Au centre, la Provence ^pavillon amiral) ;

A gauche, le convoi commandé par le baron Hugon ;

Et à Textrême droite les navires du eommerce , qui portaient le complément des troupes de la 3®. division.

Une partie des bâtimens-écuries et une partie de ceux chargés des approvisionnemens ne devaient partir que vingt-quatre et quarante-huit heures après l’armée pour rallier à la côte d’Afrique.

(i) On avait donné la préférence^ pour le premier débarquement, aux voitures à deux roues, non-seulement parce qu’elles se manient beaucoup plus facilement que les caissons à quatre roues dans les sables^ mais encore parce que , dans l’hypothèse où on n’aurait pas pu utiliser les voitures , le harnachement des chevaux de leurs attelages comportait de les employer à des transports à dos.

Le 25 au soir, le bateau à vapeur le Sphinx reconnut la frégate la Duchesse de Berrj ,• cette frégate , commandée par M. de Kerdrain, escortait une frégate turque, montée par Taher-Pacha [f].

Le 3o , dans la matinée , on signala la côte d’Afrique dans le sud à toute vue, la mer était forte et houleuse, et quelques bâtimens du convoi avaient été séparés de la flotille; le soir, à sept heures, on revira de bord pour rallier l’escadre dans la baie de Palma.

Nous y arrivâmes le 2 juin à trois heures après-midi, pour ne la quitter que le 9 au soir.

Pendant la semaine que nous passâmes dans la baie de Palma, nous ne communiquâmes avec aucun des bâtimens de l’escadre ; mais nous utilisâmes ce temps à ravitailler en fourrages les bâtimens-écuries, au moyen d’approvisionnemens que j’avais par instinct fait réunir sur ce point (i).

(i) Il est à remarquer que plusieurs bâtimens chargés de chevaux sont restés /^ô jours en mer , bien que les prévisions indiquées par la marine elle-même n’eussent évalué le terme le plus long du trajet qu’à 3o jours. Heureusement j’avais été en mesure , à Toulon et à Palma, de ravitailler de vingt jours les bâtimcns-écuries.

C’est encore là que rallièrent les bâtimens partis de Cette , chargés des mille bœufs.

Le séjour dans la baie de Palma fut diversement interprété par ceux de l’armée de terre , qui se livraient à mille conjectures auxquelles la visite de Taher-Pacha fournissait encore un aliment.

Le 9 juin, l’armée se mit en marche dans un ordre admirable et non interrompu , et, le 12 au soir, on signale la côte.

C’était un spectacle magique que la vue des bateaux à vapeur circulant dans tous les sens, et faisant l’office d’aides de camp du vaisseau amiral.

Le 10, à quatre heures du matin, après avoir fait le commandement de branle-bas de combat, l’amiral et l’état-major de terre

Nous n’éprouvâmes pendant la traversée qu’une perte de six à huit chevaux , et tous les autres arrivèrent en bon état à la côte. 11 en a été de meme des mille bœufs embarqués à Cette.

Ce débarquement, sans accident, a quelque chose de merveilleux.

Au surplus, cette expédition, remarquable sous tant de rapports, l’est encore par un fait bien mémorable ; c’est que , pendant un mois d’embarquement , les soixante et quelques mille hommes composant les deux armées n’ont pas eu plus de deux cents malades.

et de mer montèrent sur la dunette; cest alors que M. l’amiral donna ordre au briek le Dragon (capitaine Le Blanc), et à la Cigo^ne (capitaine Barbier), d’approcher la cote pour reconnaître le sondage.

Nous étions persuadés alors que la côte était hérissée de batteries , et que les apprêts d’une vigoureuse défense nous attendaient. Cette situation avait quelque chose de solennel , toutes les lunettes étaient braquées sur la côte; on n’y apercevait aucun mouvement, à travers les broussailles qui la couvrent. Cette absence de toute démonstration hostile semblait cacher quelque embûche.

Cependant on approcha la terre sans coup férir, et le 1 3 fut employé à prendre position. Vers le milieu de la journée, on aperçut un assez grand nombre de Turcs parcourant à cheval les bords de la mer ; et l’on reçut quelques coups de canon des batteries masquées par les broussailles , dont le bateau à vapeur le Nageur ( capitaine Louvrier) fit bientôt cesser le feu.

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