SECOND PRINCE DE LA BRANCIIE HÉRÉDITAIRE DES BOURBONS-ORLÉANS
(DE 1674 à 1723 )
PHILIPPE IT, petit-fils de France, duc d’Orléans , de Valois, de Chartres, de Nemours et de Montpensier , chevalier des ordres du Roi, fils de Philippe I et de Charlotte-Élizabeth de Bavière, est né à Saint-Cloud , le 2 août 1674.
Il porta le titre de duc de Chartres jusqu’à la mort de son père (1701), alors il prit celui de duc d'Orléans. La régence du royaume pendant la minorité de Louis XV appartenait à lui seul par le droit de sa naissance; le Testament de Louis XIV
(qui établissait un conseil de régence ) ayant été cassé ; elle lui fut déférée par arrêt du parlement du 2 septembre 1715.
Il fut marié, le 18 février 1692 , à Françoise- Marie de Bourbon , légitimée de France , en 1687, dite Mademoiselle de Blois , née de Louis XIV et de la duchesse de Montespan (1) le 9 mai 1677;
morte le 1°* février 1749.
(1) Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart,
Il eut de ce mariage :
1°. N.... d'Orléans, Mademoiselle de Valois, née le 17 décembre 1693, morte le 17 octobre 1694.
2. Marre-Louise-ÉLizasern d'Orléans , dite Mademoi- RAR PR D D OU RE D le dl à 5 marquise de Montespan, née en 1641, commença, vers 1667, à plaire à Louis XIV, épris alors de la duchesse de La Vallière. Elle resta à la cour jusque vers 1686; elle eut sept enfans du Roi; cinq furent légitimés et deux moururent très jeunes. La mère du Régent dit dans ses fragmens : « La Montespan était un « démon. » Et ailleurs : « La Montespan était plus ambitieuse «que débauchée. » Elle était parfois très violente. Quand elle s’aperçut de l’inclination du Roi pour mademoiselle de Fontanges , elle en conçut une jalousie qui alla jusqu’à la fureur : elle menaca le Roi de déchirer sous ses yeux les enfans qu’elle avait eus de lui. Cet acte d’exaspération la perdit. Après sa disgrâce , elle alla vivre comme pensionnaire au couvent de Saint- Joseph qu’elle avait fait bâtir à Paris, et fit des voyages pour se désennuyer. Elle mourut aux eaux de Bourbon-L’Archambault, au mois de mai 1707. Elle fut l’avant-dernière maîtresse de Louis XIV.
Le P. D’Avrigny nous a ainsi tracé l’histoire abrégée des amours de ce monarque. « Dans sa première jeunesse, il aima la « Beauvais, femme de chambre et favorite de la Reine. Après « elle, il s’attacha à Marie de Mancini, et l’aurait épousée si le « cardinal Mazarin l’eût permis. Dès qu’il la vit marier hors du « royaume , 1l jeta la vue sur mademoiselle de La Mothe-Hou- « dancourt, puis sur Olympe de Mancini, comtesse de Soissons. « Jusqu'ici sa passion m’avait guère été que dans ses yeux, sur « sa langue et dans son cœur : de ces quatre maîtresses , son âge « avait sauvé les unes, l’honneur peut-être avait préservé les « autres. Madame de La Vallière, fille de la maison de Madame, « fut la première dont la faiblesse éclata d’une manière qui ne « pouvait être équivoque. La princesse de Monaco, qui avait
PHILIPPE Il, RÉGENT. [7
selle, née le 20 août 1695, mariée, le 6 juillet 1910, à Charles , fils de France (né du grand dauphin et de Vice toire de Bavière, le 31 août 1686), duc dé Berri : veuve (x le 4 mai 1714, elle mourut au château de la Muette, dans le bois de Boulogne, le 2x juillet 1719. (Cest à elle que l’on doit le. mot courte et bonne, en parlant d’une vie qui peut être abrégée par l’excès des plaisirs.)
3°. Louise-ADÉLaïDe d'Orléans, Mademoiselle de Char tres, née le 13 août 1695, abbesse de Chelles, sous le
nom de Sainte-Batilde (2), morte le 20 février 1743.
« paru sur la scène, l'ayant occupé peu de temps, madame d
« Montespan s’y placa en 1667 ; elle régna seule treize à quatorze «ans, gràce à la mort qui enleva mademoiselle de Fontanges à « sa prémière couche (le 28 juin 168: ). Madame Scarron mit « fin à sa faveur et fit cesser le scandale. »
(1) On a parlé d’un mariage secret de cette princesse avee L comte de Riom, pour lequel elle avait beaucoup d’inclination ; et de leur union (antérieure à l’acte de mariage} serait provenu« une fille, qui a été religieuse à Pontoise avec trois cents livres de pension. Duclos dit avoir vu cette religieuse dans sa jeunesse Le Régent n’a pas donné son approbation à ce mariage, quoi qu'il l’eût promise à sa fille; elle est morte peu de temps après ses couches et ce mariage.
Ce comte de Riom était neveu du duc de Lauzun, et il tenait. dit-on, avec la duchesse de Berri, une conduite aussi cavalière que celle de son oncle avec la duchesse de Montpensier.
(2) Voici comment on raconte la vocation monastique de cette princesse. Vers 1716, elle avait pour maître de chant un nommé Cauchereau. Un jour que cet acteur chantait à l'Opéra une scène très passionnée, la jeune princesse, qui était dans un: loge avec la duchesse d'Orléans sa mère, s’écria : « Ah! mon « cher Cauchereau ! » À l'instant même sa vocation fut déci dée ; elle fut destinée au couvent. Sa famille choisit L'abbavi
4°. CHARLOTTE-AGLAÉ d'Orléans , Mademoiselle de Valois, née le 22 octobre 1700 ; mariée, le 21 juin 1720, à François-Marie d’Est, prince héréditaire de Modène , et duc de Modène le 26 octobre suivant ; elle meurt le 19 janvier 1701.
5°. Louis d'Orléans, né en 1703, l'héritier du nom, dont l’article suivra.
6. Louise-Érizagern d'Orléans, Mademoiselle de Montpensier, née à Versailles le 11 décembre 1709; mariée dans la ville de Lerma, le 20 janvier 1722 (x), à Louis, prince des Asturies, devenu roi d’Espagne par l’abdication de son père, le 15 janvier 1924 ; veuve le 31 août 1724, elle part de Madrid pour la France le 30 mai 1725, est reçue partout avec les honneurs dus à une tête couronnée ,
arrive le 1° juillet au château de Vincennes, fixe sa rési-
de Chelles, ordre de Saint-Benoît. Elle prit l’habit le 30 mars 1717, fit profession le 25 août 1718, fut installée abbesse le 6 juin 1719, et reçut la bénédiction du cardinal de Noailles le
24 septembre suivant *
. La nomination paraissait régulière, mais madame de Villars, ancienne abbesse, ne s'était pas démise de plein gré. En 1734, la princesse eut des remords, elle se retira au prieuré de la Madelaine-de-Tresnel, où elle mourut en 1743. **
(1) On a publié à ce sujet un petit ouvrage intitulé : Route de mademoiselle d'Orléans, princesse des Asturies. Bourdeaux, 1722, in-4°.
* On peut consulter Lettres d’un Ecclésiastique sur la vocation et profession de Madame d'Orléans, abbesse de Chelles. Dijon, 1719, in-12.
** On trouvera dans le Mercure de France, 1743, août, p. 1869-83, une Description de la pompe funèbre et du service solennel, célébré en l’église de Chelles, pour le repos de l’âme de Louise-Adélaïde d’ Orléans, religieuse professe et ancienne abbesse de cette abbaye; morte à Paris au prieuré de Traisnel, le 20 février 1743.
dence à Paris, et meurt au palais du Luxembourg le 16 juin 1742. (1)
7°. Paire ÉLizasera d'Orléans, Mademoiselle de Beaujolais , née le 18 décembre 1714; accordée le 26 novembre 1722, à don Carlos (depuis roi de Sicile), elle fut conduite en Espagne le 1° décembre suivant, pour y être élevée; elle arriva à Madrid le 16 février 17923. Le mariage ayant été rompu, elle revint en France le 30 mai 1725 avec sa sœur, veuve de Louis, dont nous venons de parler, et mourut de la petite-vérole à Bagnolet, sans avoir été mariée, le 3 mai 1734.
8°. Louise-Diane d'Orléans, Mademoiselle de Chartres, née à Paris le 27 juin 1916; mariée en 1734 à Louis de
Bourbon, prince de Conti, morte le 17 septembre 1736.
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(x) Duclos à fait de cette princesse un portrait bien peu flat-
teur.
« La princesse des Asturies, dit-il, fit voir dès les premiers
« Jours de son arrivée à la cour d’Espagne les preuves d’une
humeur sombre et maussade. Il fallait presque la violenter pour qu'elle rendit visite au Roi et à la Reine. On avait fait les plus superbes préparatifs pour un bal dont Leurs Majestés Catholiques et toute la cour se faisaient une fête. La princesse refusa constamment d’y paraître, sans aucun motif de chagrin, mais uniquement par l'humeur d’un plat et sot enfant. Ou elle ne répondait rien aux représentations qu’on lui faisait, ou sa réponse était que le Roi etla Réine pouvaient vivre à leur fantaisie, et qu’elle voulait vivre-à la sienne. Le détail de scènes tristement ridicules serait dégoûtant, même dans de simples mémoires tels que ceux que J'écris. Pour finir en peu de mots ce qui la regarde, elle continua d’être à Madrid aussi sotte , aussi plate, aussi maussade que nous l’avons vue depuis à Paris, où elle vint végéter reine douairière d’Espagne , depuis 1725 jusqu’en 1742, qu’elle mourut au Luxembourg. »
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Le duc d'Orléans, Philippe Il, eut encore de Marie - Louise- Victoire-Lebel de la Bossière de Sery, comtesse d'Argenton, trois enfans naturels, dont le second seul fut légitimé. Ces trois enfans