EN MON TI
(1) De ce nombre fut le comte de Laval , Qui, dans’ sa prison, prenait deux lavemens par Jour, moins pour sa santé que pour avoir le droit de voir plus souvent son apothicaire qui lui servait de confident. Le cardinal Dubois voulut le priver de cette satisfaction. Le duc d'Orléans s’y Opposa en disant : puisqu'il ne lui reste que ce plaisir, il faut le lui laisser.
Quelques autres conjurés n’en furent pas quittes pour la Basülle, et furent traités beaucoup plus sévèrement. « Le mardi 26 mars 1720, MM. de Guer-Pontcallet, Du Coëdic , de Montlouis et Le Moyne dit le chevalier de Thalouet, eurent la tête tranchée à Nantes, pour avoir entretenu des correspondances secrètes avec le cardinal Alberoni , et avoir sollicité la noblesse à se soulever contre le Régent*. Le lendemain 27, la maréchaussée se rendit au Bouffay, place de Nantes , devant le palais, et on attacha à la potence dix-sept tableaux représentant dix-sept gentilshommes condamnés à être décapités. Ces messieurs
avoient fui en Espagne, où ils furent assez malheureux par la suite. »
"Il est certain que la conspiration avait été plus fomentée en Bretagne, parce
que c'était à que devaient être reçus les vaisseaux espagnols.
PHILIPPE IH, RÉGENT. 29 fit à la fin pour obtenir sa liberté , que les malheureux Bretons dont nous avons parlé dans la note précédente furent exécutés, les uns réellement ; les autres en effigie. Il y eut aussi des beaux esprits satiriques ou soupçonnés de l'être qui furent également enfermés ; mais le prince adoucit leur prison autant qu'il put.
Quant aux finances , elles étaient dans le plus grand délabrement lorsque le duc d'Orléans prit la Régence. L'État avait à payer 000 millions de dettes , et les revenus du Roi n’en produisaient pas Co, à 30 francs le marc. Le duc de Noaildes, président du conseil des finances, eut recours , en 17106, à l'établissement d’une chambre de justice contre les financiers. On rechercha la fortune de quatre mille quatre cent dix personnes, et le total des taxes ou des restitutions auxquelles on les assujettit, fut d'environ 219,400,000 liv. ; mais de cette somme immense , il ne rentra que 70,000,000 dans les coffres du Roi. Le gaspillage ne fit que changer de mains. Cette chambre, établie le 12 mars 1716, fut supprimée le 22 mars 1717.
C'est dans cette année que le Régent fit, pour la couronne , l'acquisition du diamant le plus gros et le plus parfait qui existe en Europe (1). On le
(1) Ce bijou est un brillant blanc, de forme carrée, les coins arrondis, ayant une petite glace dans le filetis, et une autre à un
nomme le Régent et quelquefois le Pitt, parce que le duc d'Orléans l’acquit de Thomas Pitt, gouverneur de Madras, beau-frère de Stanhope, secrétaire d'état d'Angleterre, et oncle du célèbre Pitt, dont le fils, plus célèbre encore , est mort en 1805, âgé de 46 ans. Revenons aux finances.
Le 2 mai 1716, parut un édit portant établissement d’une banque générale pour tout le royaume, sous le nom de Law (écossais ) et compagnie. Cette banque prend de la consistance en 1717; elle est déclarée banque royale, le 4 décembre 1718. Quoique les billets fussent déjà en émission considérable , on en ordonna , le 22 avril 1719, une nouvelle fabrication de 100 millions. Vers le mois d'août, le bruit se répandit qu’on venait de découvrir des mines d’or à la Louisiane. Le 23 septembre, un arrêt du conseil affaiblit d'un douzième la valeur des espèces d’or, et d’un
coin dans le dessous. Il a 14 lignes de long, 13 lignes 1 quart de large, et 9 lignes 1 tiers d'épaisseur. Il pèse, tout taillé, 136 karats quatorze seizièmes. On prétend que brut, il pesait 410 karats. Les frais de taille ont été considérables : on les fait monter à 4,900 livres sterling ; et les pièces que l’on en a coupées, à la valeur de 8,000 livres sterling. On en demandait quatre millions ; faute d'acheteurs, le duc d'Orléans l’a eu pour deux millions. Le physicien Brisson dit qu’en suivant la progression du prix des diamans, quant au poids, le Régent vaut 3,753,800 fr., mais à cause de sa grosseur, de sa beauté et de la régularité de sa forme , il l'estime six millions.
PHILIPPE II, RÉGENT. De
trentième celle des monnaies d'argent ; et cela, à raison de la découverte (imaginaire) des mines de la Louisiane. Le 2 octobre , Law fait ordonner, par un arrêt, nouvelle création de trois cent mille actions de 5,000 livres chacune ( 1,500,000,000 livres). Un autre arrêt du 21 décembre défend de faire des paiemens en argent au-dessus de 10 livres, et en or au-dessus de 300 livres. Le discrédit des espèces et la confiance dans le papier furent tels qu’on enleva sur-le-champ les nouvelles actions. Ceux qui n’en pouvaient avoir témoignaient hautement leurs regrets , et les enchérissaient à l’envi. Cependant il y en avait une telle quantité que, à la fin de 1719 ,leur valeur chimérique équivalait à trois fois tout l'argent qui pouvait être dans le royaume, et qu’on estimait à 1,200 nullions; c'est-à-dire qu'il pouvait y avoir des billets pour environ 3 milliards 600 millions. (1)
Cependant les yeux commencèrent à se dessiller, lorsque parut un arrêt du 2 février 1720, qui dé-
(1) On lit dans les Mémoires sur la Bastille , tome n, p. 238, « qu’on a reconnu dans le temps qu’il avait été livré à la circu- « lation pour deux milliards six cent quatre-vingt-seize millions « quatre cent mille livres de billets de la banque de Law, et « qu'il en a été brülé pour sept cent sept millions trois cent «vingt-sept mille quatre cent soixante livres, qui ne furent pas « admis à la liquidation. »
fendait à tout particulier de garder dans sa maison plus de 500 livres en argent ou en or, sous peine de 10,000 livres d'amende. Bientôt ces billets si recherchés tombèrent dans le discrédit, et le mécontentement général vint à son comble à la vue de deux arrêts, l’un du 15 août 1720, qui mit hors du commerce les gros billets de banque, et l'autre du 10 octobre suivant, qui proscrivit les petits billets. On prétend qu’un tumulte populaire s'étant alors élevé à Paris , le cardinal Dubois se proposait de faire dissiper par la force armée les attroupemens , où déjà trois hommes avaient été tués ; mais le Régent s’y opposa, en disant : « Le « peuple a raison s’il se soulève ; il est bien bon de «souffrir tant de choses. » Le prince était assez tranquille , sans doute parce qu'il savait que dans cette émeute le peuple n'avait pas de chef, qu'aucun plan ne le dirigeait ; et, comme l’a dit Saimt- Simon : « Pour faire des révolutions , il faut des « chefs, des têtes et de l'argent; et il y avait rien «de tout cela en France. » Tout s’apaisa donc promptement, et c'est ainsi que finit ce brillant système de Law, homme habile , qui eût réussi en se bornant au tiers de ses opérations , mais qui devint excessivement coupable en donnant une telle extension à son système. Le 10 décembre 1720 , Il s'enfuit chargé de l’exécration publique, et se retra d’abord à Bruxelles, puis à Venise. Il
n'emporta, dit-on, que deux mille louis, et mourut le 21 mars 1749, dans un état voisin de l’indigence. (Nous nous sommes un peu étendu sur cette partie, parce que le peuple français s’est laissé prendre au même piége (1) au commencement de la révolution.)
Les affaires de la guerre avec l'Espagne sous la Régence n’offrent rien de bien important.
On s’est toujours assez accordé à louer l’admiuistration du Régent; il était fait pour gouverner, quoi qu'en dise Duclos. Le fameux lit de justice tenu le 26 août 1718, contre le parlement, et où il harangua et dirigea la plus imposante assemblée, avec tant de fermeté et de présence d'esprit, le
mes
(x) C’est le 17 décembre 1789 que l’Assemblée Nationale ordonna pour la première fois une création de papier-monnaie nommé assignais. Ce système d’assignats dura jusqu’au 15 février 1796, jour où un décret ordonna le brisement de tous les objets qui avaient servi à la fabrication de cette sorte de billets ; on en avait émis pendant ces six ans pour une somme qu’on évalue à quarante milliards, dont il restait trente-deux en circulation, qui par la suite furent déclarés hors de cours. Le 18 mars 1796, on créa un nouveau papier-monnaie, nommé mandats territoriaux, pour être échangé contre les assignats. On en a fabriqué pour deux milliards quatre cents millions. Enfin le 16 juillet 1796, les mandats territoriaux sont retirés de la circulation. On voit que notre système a fini comme celui de Law, et il en sera toujours de même tant qu’il n’y aura aucune proportion entre l’émission du papier et l’hypothèque sur laquelle elle est fondée.
prouve bien. On ne peut disconvenir que ce prince offre un assemblage de vertus magnanimes et de faiblesses humaines poussées à l’excès (1). Mais si on lui reproche de grands défauts, on admire encore plus ses grandes qualités; et l’on peut affirmer que son courage, son aflabilité, sa générosité, sa droiture, sa clémence, l’élevèrent audessus du vulgaire des princes. Cependant sa clémence n'allait pas jusqu’à blesser les droits et le cours de la justice, et dans une certaine circonstance , 1l montra un caractère qui rappelle celui de l’inflexible Sixte-Quint. Voici le fait.
Le comte de Horn, petit-fils du prince de Ligne, duc d’Aremberg , d’une des premières maisons de Flandre, allié à l’empereur d'Allemagne et au Régent lui-même, commit le vendredi 22 mars 1720,
(1) Sa conduite dans son intérieur, et particulièrement ce qu’on nommait ses soupers, furent ce qui fit le plus de bruit dans le temps. Le duc de Saint-Simon en dit un mot dans ses Mémoires : « Les soupers du Régent, dit-il, étaient toujours avec « des compagnies fort étranges, avec ses maîtresses, quelquefois « des filles de l’Opéra, souvent avec la duchesse de Berri, quel- « ques dames de moyenne vertu , une douzaine d’hommes que, « sans facon, il ne nommait pas autrement que ses roués, et
« quelques gens sans nom, mais brillans par leur esprit... La « chère était exquise.…. les galanteries passées et présentes de la « cour et de la ville, les vieux contes, les disputes, rien ni per- « sonne n’était épargné... On buvait beaucoup, et du meilleur «vin, on s’échauffait.…. et quand on avait fait du bruit et qu’on « était bien ivre, on allait se coucher. »
un crime où la bassesse était unie à la scéléraesse. Îl assassina, avec deux complices (1), un agloteur à qui il avait volé 200,000 livres en billets de banque; on l’arrêta sur le fait, on instruisit très promptement son procès, €t, d’après les lois, il devait être condamné à étre rompu vif. Aussitôt, les parens , particulièrement le prince de Robec- Montmorenci, et le maréchal d'Isenghen , et les amis, surtout le comte de Saint-Simon, se mettent en mouvement pour obtenir la grâce du coupable, alléguant la honte d’un tel supplice pour un gentilhomme; le Régent répondit : « L’infamie «est dans le crime et non dans le supplice. » Alors on lui représenta sa parenté avec ce malheureux : « Eh bien, messieurs, reprit le Régent, j'en par- « tagerai la honte; cela doit consoler les autres « parens. » Tout ce qu'il y avait de plus considérable à la cour sollicita en vain; le Régent refusa toute grâce et même la commutation de peine , c'est-à-dire la décollation au lieu de la roue. Le comte de Horn fut condamné à ce dernier sup plice, et le subit, le 26 mars 1720 (2), sur la place de Grève à Paris.
me LA 20 073 OMR Er Ed ee (US
(1) Un nommé Laurent de Mille, capitaine réformé, et un nommé Lestang. Laurent de Mille fut pris et exécuté avec le comte, et Lestang parvint à se sauver ; il a erré dans différens États sous lenom de Grandpre; etest passé aux Indes hollandaises.
(2) C’est à ce sujet que Maximilien-Emmanuel, prince de
Le duc d'Orléans avait un don particulier qui répandait de la grâce sur son administration , c’était celui de bien connaître les Français. Il aimait les lettres, Les sciences , et les arts ; non seulement il les protégcait, maisil les cultivait (1). Il avait l'accueil facile, obligeant. Lorsqu'on avait à lui parler , on était sûr de trouver chez lui une politesse, une attention, une patience inaltérable. L'air de bonté, la douceur, l'agrément, accompagnaient toujours ses réponses , et même il savait mêler du charme jusque dans ses refus.
Horn, frère aîné du condamné, écrivit la lettre suivante au Régent, qui lui avait adjugé la confiscation des biens du comte.
« Je ne me plains pas, Monseigneur, de la mort de mon frère ; «il avait commis un crime si horrible, qu'il n’y avait punition « qu'il ne méritât. Je me plains de ce que vous avez violé en sa « personne les droits du royaume, de la noblesse et des na- « tions. Je vous remercie de la confiscation de ses biens, je me « croirais aussi infâme que lui, si je recevais la moindre grâce « de V. À. R. Au surplus, j'espère que Dieu et le Roi vous ren- « dront un jour une justice aussi exacte que celle que vous avez « rendue à mon malheureux frère.
« Signe’, le Prince ne Horn. »
(1) On connaît les vingt-huit dessins qu’il a faits pour le Roman de Longus ( Daphnis et Chloé), gravés par Benoît Audran, et insérés dans lédition de ( Paris, Quillau) 1718, pet. in-8°, ürée, dit-on , à deux cent cinquante exemplaires, aux frais du Régent, qui se les est réservés pour en faire des présens. (En 1782, on en a retrouvé, chez M. de Cangé de Bill, cinquante-deux exemplaires qui étaient restés oubliés dans le garde-meuble. ) Quoique cette édition n’ait paru qu’en 1718, les dessins du duc
Le 15 février 1723, jour où Louis XV entra dans sa majorité , le Régent vint à son lever se démettre en ses mains de l'autorité souveraine re ce fut là que finit la Régence. Il ne survécut pas long-temps à cet acte solennel > .car, à la fin de cette même année, il mourut , regretté de quelques uns et oublié où maltraité par beaucoup d’autres, comme il arrive presque toujours à ceux qui ont tenu le timon de l’État. Marmontel finit ses Mémoires sur la Régence, par ces lignes : «..... Le peuple ne songeait qu à ce système frau- « duleux qui avait ruiné tant d’honnêtes familles, «et ne voyait dans le duc d'Orléans ou que le com-
ER en à d'Orléans avaient été faits long-temps avant qu'il fût Régent, car le frontispice gravé par Audran a été terminé en 1714. Ilen existe un exemplaire sous cette date à la Bibliothéque du Roi ; et il est facile, en examinant de près les exemplaires ordinaires, de voir que de 1714 On a fait 1718. La vingt-neuvième gravure , connue sous le nom des Petits pieds , ayant pour titre Conczu- SION DU Roman, n’a été donnée qu'après coup, et ne se trouve pas dans les anciens exemplaires, à moins qu’on ne l'y ait insérée postérieurement. On a employé deux sortes de papier pour l'édition de 1718 : l’un plus grand, plus blanc et d’une meilleure qualité que l’autre.
Il y a une édition de 1745, petit in-8°. avec les mêmes planches retouchées. Comme on à laissé sur le frontispice gravé de cette réimpression la date de 1718, on pourrait la confondre avec l’ancienne ; mais pour les exemplaires où la friponnerie a fait supprimer le frontispice imprimé portant 1745, la supercherie est facile à reconnaître : l'édition de 1718 à 164 pages de texte, et celle de 1745 n’en à que 150.
Dale !
pa! H
FT
ge
} i È ti | ï L 0 | ' Hi
ne
« plice de Law, ou qu’un prince étourdi, négli- « gent et facile, que ce fripon avait trompé. Ainsi, «sans le haïr, il ne l’estimait pas assez pour être af- « figé desa mort. Les étrangers furent plus justes, «et, à travers ce qu'il avait été, considérant ce « qu'il pouvait être , ils parurent sentir le prix de «ses talens éclairés par de grandes fautes, et en- « levés dans l’âge de leur maturité (à 5o ans). Le « Roi, dit Saint-Simon , touché de son inaltérable « respect et de ses attentions à lui plaire, fut véri- « tablement affligé de sa perte; il le pleura, et « depuis il n’en a jamais parlé qu'avec estime, « affection et regret. »
NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE
Passons maintenant aux ouvrages qui ont été publiés sur le duc d'Orléans, sur la Régence, etc.; c’est là qu'on pourra puiser les renseignemens sur sa personne , sur son administration , et sur tout ce qui regarde la minorité de Louis XV.
1°. Vie de Philippe d'Orléans, petit-fils de France, régent du royaume pendant la minorité de Louis XV. Londres (Amsterdam), aux dépens de la compagnie (1736). 2 vol. in-12, avec portrait.
Cette vie est de l’ex-Jésuite Lamothe, dit de La Hode. L’abbe Lenglet-Dufresnoi, qui était assez tolérant en fait de livres satiriques, dit, dans son supplément, « qu’il y a daus celui-ci du trop
bardi, et qu’il va même jusqu’à la calomnie.» En eflet, ce malheu-
reux réfugié porte, contre leRégent, les accusations les plus odieuses avec l'intention apparente de les réfuter. A l’en croire, ce prince aurait été accusé par ses contemporains non seulement de tous les empoisonnemens de la famille royale, mais encore de l'incendie de Rennes, d’inceste avec ses trois filles, etc. , etc.; ensuite 1l emploie de grands mouvemens oratoires pour réfuter ces infÂmes calomnies, bien persuadé que si le coup n’est pas mortel, la cicatrice du moins restera.
2°. Abrégé de la Vie du Régent et de celle de Law.
Cet abrégé se trouve dans le tome I de l’Aistoire du système des finances, sous la minorité de Louis XV, pendant les années 1719 et 1920 ; par Barthéleni Marmont du Haut-Champ, ci-devant fermier des domaines de Flandre. La Haye, 1739, 6 parties en 3 vol. in-12. (1)
On dit ce livre curieux, et qu’il renferme des traits historiques que la postérité aura peine à croire, quoique véritables, C’est le jugement qu’en porte l'abbé Lenglet-Dufresnoi.
3°. Procès-verbal de ce qui s’est passé au Parlement le
lundi 2 septembre 1915. Paris, Muguet, in-fol.
C’est le récit de ce qui s’est passé lorsqu’on a déféré la Régence au duc d'Orléans.
(:) I existe plusieurs autres ouvrages sur le déplorable système de Law ; nous ne citerons que les trois suivans :
Mémoires pour servir à l'histoire du système de Law en 1719, contenant sommairement tout ce qui donna lieu à ce système, et quel en fut le succès en 1720 , ër-12. On trouve au commencement un état des dettes que le feu Roi (Louis XIV) avait laissées à son successeur.
Le Secret du système de M. Law, dévoilé en deux lettres écrites par un duc et pair de France et un milord anglais. La Haye, 1721, in-12.
Mémoires de la Vie et du caractère du grand M. Law, par un gentilhomme écossais. Londres, 1721, in-8°. (en anglais). Que Law ait été un habile homme en finances, cela se peut, mais lui donner le nom de grand, c’est tomber dans le ridicule.
4°. Arrêt de la Cour du Parlement, qui confirme à M. le duc d'Orléans la Régence du royaume , du 2 septembre 1719. Paris, 1715, in-4°.
5. Lit de justice du Roi (Louis XV, âgé de cinq ans), tenu en son Parlement le 12 septembre 1715, où il confirme la Régence due à M. le duc d'Orléans par sa naissance , avec l’ordre des séances et les harangues qui
se sont lors prononcées. Paris, Muguet (1715), in-fol.
6°. Mémoires de la Régence de S. A. R. M# le duc d’Orléans, durant la minorité de Louis XV, roi de France ; par le chevalier de Piossens. La Haye (Rouen), 1729, 3 vol. in-12; 1733, 3 vol. in-12; 1736, 3 vol. in-12 ; et Amsterdam, 1749, 5 wol. in-12, fig.
Ces Mémoires sont intéressans. J’ai sous les yeux un exemplaire de l'édition de 1736, enrichie de figures. Il se trouve, p. 341 da second volume, une grande planche offrant une caricature sur le papier-monnaie, qui est assez plaisante. La description en serait un peu longue; nous nous contenterons de rapporter les vers prosaïques qui sont au bas de l’estampe :
Qui le croira! qui l’eût jamais pensé!
Qu’en un siècle si sage, un système insensé Fit du commerce un jeu de la fortune !
Et que ce jeu pernicieux, Ensorcelant jeunes et vieux, Remplit tous les esprits d’une ivresse commune!
Ensuite vient l'explication en prose de la gravure; elle est assez bonne, mais mal écrite et mal gravée.
Quant à l’édition de 1749, elle a été donnée par Lenglet-Dnfresnoi ; elle est en cinq volumes. On trouve à la fin de l’ouvrage de nouvelles pièces relatives au système de Law, et à la conspiration du prince Cellamare, à la découverte de laquelle Lenglet-Dufresnoi a eu quelque part. Il est bon d’avoir l'édition de 1736 et celle de 1749, à cause des changemens que l'éditeur a faits à la dernière.
7°. Mémoires sur la Régence, par Duclos.
Cet ouvrage , entièrement tiré des Mémoires du duc de Saint-
PHILIPPE II, RÉGENT. 4x
Simon , se trouve nominativement dans les Mémoires secrets sur les règnes de Louis XIV et de Louis XV, ouvrage posthume de Duclos. Paris, Buisson, 19791, 2 vol. in-8°, et dans l’édition des OEuvres complètes du même auteur, donnée par M. Auger. Paris, Colnet et Fain , 1806, 10 vol. in-8°; puis dans l'édition des mêmes OEuvres complètes, Paris, Belin, 1821, 3 forts vol. in-8°. Voyez le tome IIT, première partie. Les Mémoires secrets occupent les pag. 2-402 , et les Mémoires sur la Régence, les pag. 92-300.
On voit que la Régence occupe la plus grande partie des Mémoires secrets. En effet, l’auteur, quoiqu’ayant resserré la matière, n'omet aucun des détails essentiels pendant les sept ans que le duc d'Orléans a tenu les rênes de l’État. Mais, en général, l'esprit de causticité , assez naturel à Duclos, qui courait après les anecdotes les plus piquantes , a présidé à la rédaction de ces Mémoires; et on s’apercevra facilement que le Régent y est jugé sévèrement , et quelquefois avec partialité.
8°. Eloge de Philippe, duc d'Orléans , régent de France
(par M. de Landine). Amsterdam (Lyon, Cellier), 1778, in-8°.