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bo PHILIPPE II, RÉGENT.
plusieurs pamphlets sur l'administration du Régent ; mais je doute fort de l'exactitude dans l'annonce de ce livre ; car je possède dans ma bibliothéque un volume ayant aussi le titre de Æecueil de Pièces touchant la Régence, in-12, et il y a, comme dans le précédent , des notes, des pièces de vers et de prose; mais les Philippiques n’y sont point; et je crains bien que le rédacteur du catalogue La Vallière n’ait ajouté, de son chef, les mots Voëls et Philippiques, à l'annonce du livre. Il est vrai que la première pièce est intitulée Les IVoëls de la Régence; maïs, Je le répète , les Philippiques ne sont point dans l'ouvrage, parmi les pièces en vers et en prose qui le composent.
La manière dont a été transcrit le dernier manuscrit mentionné dans la dernière note placée ci-dessous, annoncerait, comme je l’ai dit, qu’il a été copié sur deux imprimés. Or, la première partie
(Miostens) de Montépineuse, et de M. le chevalier de Fallerans. À Brunswick, chez Abraham Tonderfeld, 1744. On trouve à la suite de ce frontispice ; 1°. une É pttre dédicatoire de M. de Montépineuse à S. A. S. M. le duc de Brunswick ; 2°. une Notice biographique sur le même de Montépineuse, né en Languedoc le 26 juillet 1694, mort dans le duché de Brunswick le 29 novembre 1798 ; 5°. le texte des cinq Philippiques ; et 4°. les notes sur les cinq odes (elles vont depuis la page 53 jusqu’à la 134°). Ici commence la copie d’un nouveau recueil, dont le frontispice porte : le Retour d'enfer de la duchesse de Beaufort (favorite de Henri-le-Grand), seconde édition ; à Momuste, chez Juvénal, à l'enseigne de la satyre, 1744. Cette pièce, en vers , est précédée d’une préface et suivie de notes et d’épigrammes. Vient ensuite : Parodie de la dernière scène de Mithridate (dialogue entre le duc d'Orléans, le duc de Bourbon, et Law); Parodie du Pange lingua, en latin, mêmes strophes, même mesure de vers; l'Histoire du prince Papyrius, surnommé Pille- Argent, gouverneur des Francs-Sots, avec la clef, suivie de plusieurs épigrammes contre le Régent et le cardinal Dubois. Telles sont les pièces que renferme mon manuscrit, qui, je le répète, me semble bien être la copie de deux imprimés.
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de ce manuscrit renfermant les Pairrpriques, et annonçant au frontispice : À Brunswick, chez Abraham Tonderfeld , 1744, donnerait bien à penser qu’il y a eu une édition de cet ouvrage imp'imée chez ce libraire, vrai ou supposé. Peutêtre, dira-t-on, Que ce manuscrit pouvait être destiné à l'impression ; mais l'éht ture en est si courante, si précipitée et si peu en ordre, que cela n'est pas présumable ; tout annonce plutôt une copie faite à la hâte sur un imprimé : ce serait donc encore une édition des Philippiques inconnue jusqu’alors,
L'auteur de la Wie privée de Louis XV, 1979 ; 4 vol. in-12 (M. Moufle-d’Angerville), a inséré les PIRE Sthé les pièces justificatives de cette histoire, ct a prétendu qu’elles n'avaient point encore été imprimées. Cette assertion est fausse, comme nous venons de le voir. Au reste, cette prétendue première impression est pleine de fautes typographiques, d’omissions, d’erreurs et de contresens.
La plus belle, la plus correcte et la plus complète de toutes les éditions de cet ouvrage est celle qui a paru sous ce titre : Les PuicipriQues, odes , par La Grange-Chancel, avec des notes criliques, historiques et littéraires. Paris, 1705, in-12 de 132 pages, dont 65 pour les notes, papier vélin, tiré à deux cents exemplaires. Je présume que cette édition a été faite sur le manuscrit qui existait dans la bibliothéque de Mirabeau, puisque la fameuse strophe qui n'était que dans ce manuscrit, s’y trouve. Elle renferme les cinq odes, dont la première a trente-quatre strophes; la seconde, vingtquatre ; la troisième, quatorze ; la quatrième, seize ; et la cinquième , dix. N’aurait-on pas pu ajouter à cette jolie édition la Ze de l’auteur et les pièces littéraires relatives aux Plilippiques, telles que l’Æpitre au Régent, toute faible qu’elle est, et qui se trouve dans les œuvres de La Fu ange; l’'Épitre à ue la princesse de Conti, qui est en tête de la tragédie de Cassius et l’ictorinus , et d’autres morceaux qui auraient complété tout ce qu'il y avait à dire sur cet ouvrage ?
IL existe enfin une dernière édition des Philippiques, qui devrait être sinon la meilleure , du moins la plus authentique , car elle a été donnée à Bordeaux, en 1797, tn-8°, par le fils de l’auteur, qui alors était âgé de près de quatre-vingt-dix ans, et qui est mort vers la fin du dix-huitième siècle. La moitié de ce volume contient des
pièces de sa facon , assez médiocres , qui cependant annoncent une certaine facilité.
Si nous nous sommes un peu étendu sur l’histoire des éditions des Plhulippiques , c’est qu’il est surprenant que ces éditions aient été aussi peu nombreuses, après le bruit , le scandale et l’indignation qu'avait causés ce trop fameux ouvrage.
16°. Histoire du prince Papyrius, surnommé Prlle-Argent, gouverneur des Frances-Sots, avec la clef, suivie
de plusieurs épigrammes (sans date, mais vers 1721). In-12.
Cet écrit satirique, au sujet des billets de banque et du système de Law, est annoncé dans la Bibliothèque historique de France, tom. IE, n° 24,565. Il est dans le style de Rabelais et est fort plaisant, quoiqu'il ne renferme que les titres des chapitres qui forment toute l’histoire. Il pouvait être très mordant autrefois; mais maintenant ce n’est plus qu’une plaisanterie amusante par sa tournure, et qu’on peut reproduire sans conséquence comme monument historique de l'esprit satirique du temps. Comme elle n’est pas très longue , nous allons la donner avec l’explication des noms déguisés.
« CrariTRe Ï. Comme quoi le prince Papyrius (1) fit patte de velours aux Druides (2) pour être gouverneur des isles (3) des Francs-Sots, et leur fit entendre par biaux semblans qu’il voulait qu’on lui rognât les grifles pour lPempêcher de prendre ne faire mal; et que même son vouloir était que ses Druides pussent ouvrir la bouche quand il leur plairait pour crier au chat (4); et comme
quoi , après mainte harangue et maint biaux sermonages mis en pa-
(x). Papyrius, ce nom s’explique de lui-même par les billets de banque, dont l’excessive abondance a remplacé le numéraire pendant une partie de la régence.
(>) Druides , les membres du parlement.
(3) Iles, c’est-à-dire villes de France.
(4) Crier au chat, faire des remontrances. Ce droit avait été interdit au parlement sous Louis XIV.
roles et écritures, le prince Papyrius entra dans l’isle pour icelle
souverner.
« Car. IL. Comme quoi Papyrius
, à Son entrée, fit moult belle mine aux Francs-Sots, et pren
ait consultation des Druides, qui
lui firent remonstrations que plusieurs harpies du temps passé (1)
avaient mangé tout ce qu'il ÿ avait de bon dans les isles ; sur
quoi fut tant procédé que lesdites harpies furent pourchassées.
Mais leurs plumes furent mises dans les poches de plusieurs p….….. et maq..…. dont se servait souvent ledit Papyrius pour s'éb bien à doncques que toute la chevance s’en alla à rien du tout, comme
si de rien n’avait été, ains au contraire arriva pis que devant.
audir, si
« Cuar. IIL. Où le lecteur verra le prince Papyrius
prendre ses ébats avec gentes donzelles et passer les nuits
à moult manger et grandement boire, et d'autant dormir la grasse matinée, En après crachera au nez des Druides; et lui faisait beau voir jurer et outrecuider lesdits Druides, disant qu'il ne se voulait meshui servir d’eux, mais qu’il monterait son cheval écossais (2) qui porterait tout son conseil.
« Cuar. IV. Comme quoi le prince Papyrius se gouvernait comme il entendait , et n’en voulait faire qu'à sa guise, prenant tout l’argent des Francs-Sots, le diminuant et augmentant à son vouloir, pour faire accointance à toutes sortes de gens ; et avait grand dessein de gabir un jour les États du petit Ascagne (3), pour quoi tramait tout ce qui était en lui pour l’ouvrer à son escient.
« Cuar. V, Comme quoi tous les barons et preux chevaliers du petit Ascagne mirent en soulas le gouverneur des Francs-Sots, et faisaient plusieurs engins et machines pour le chasser de ses isles; mais n’en vinrent à leur honneur par faute d’accord ; et par trahison grande furent découverts et mis en desarroi, et barons et Druides, dont moult cuisait aux Francs-Sots d’avoir pris à gou-
verneur le prince Papyrius.
(1) farpies ; ce sont les partisans et agioteurs, qui, sous Louis XIV , avaient fait des fortunes aussi rapides qu’immenses ; on créa une chambre de justice pour les faire regorger. Nous en avons parlé plus haut, voyez page 20.
(2) Cheval écossais, Law si connu par son système.
(5) Petit Ascagne, Louis X V encore enfant.
54 PHILIPPE Il, RÉGENT.
« Cuar. VL Où l'on verra le prince Papyrius grandement courroucé contre le soudan d’Ibérie (1), qui lui mandait par ses écrits que son cheval n’était qu’une bête, qu’il aurait affaire à lui s’il touchait tant seulement du bout du doigt au petit Ascagne. Sur
quoi Papyrius aurait empoigné une grande pique ou hallebarde ,
et envoyé sur-le-champ une grosse troupe de Francs-Sots pour guerroyer Le soudan d’Ibérie et le mettre à déconfiture. Il en coûta braves soldats et maints écus aux Francs Sots pour contenter le
prince Papyrius en sa malice.
« Car. VII. Comme quoi le prince Papyrius retint bien joyeusement en ses isles le fameux droguiste et grand charlatan Pille- Avoine (2), pour lui aider à piper et duper les Francs-Sots ; et faisait ledit Piile-Avoine de jolis tours de souplesse, et faisait des boîtes
de papier, dans lesquelles il disait y avoir de bonnes drogues et remèdes admirables pour bien manger, boire et dormir ; puis quand on les ouvrait, n’y trouvait-on souventesfois rien du tout, et parfois donnait ledit charlatan à plusieurs p..... et maq..……. ribauds et flagorneurs du prince Papyrius, vaisselle d’argent à leur contentement , et grand nombre de châteaux, ce qui faisait grandement rire ce charlatan Pille-Avoine et lesdits ribauds, tandis que les pauvres Francs-Sots avalaient moult poires d'angoisse.
« Car. VIII. Où l’on verra choses surprenantes et prodigieuses, la face des Francs-Sots se changer en papillons et papiilottes, et tous les arbres de leurs manoirs, jardins et vergers, ne porter aucun fruit et n'avoir plus qu’une simple écorce en forme de papier mâché que chacun tâchait de débiter à sa guise pour se garder du mauvais temps, et mâchaient la plupart des Francs-Sots à vide, et vendaient lesdites écorces à leur profit.
« Cuar, IX. Où l'on voit comme quoi le corps entier des Druides reconnut qu’il était bridé comme un veau, et qu’il était chu sans y avoir mie pensé en tels entraves et machines endiablées ; 1} alla trouver en corps le prince Papyrius, et lui fit sermon ou harangue plaintive sur l’état des Francs-Sots; mais s’en soucia peu Papyrius,
(1) Soudan d'Ibérie, le roi d'Espagne, Philippe V, fils de Louis XIV.
(2) Pille- Avoine , c’est encore Law.
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