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et leur fit pétarades au nez, jurant par Dieu comme il faut, et les conduisant comme truandailles, avec menaces de les faire courre si loin qu’il n’en serait question de pié ca, voulant, lui prince, tout besogner à sa guise.
« Car. X. Où le lecteur ne verra rien de bon, car toute la chevance des Francs-Sots allant toujours en empirant, le prince Papyrius et son charlatan Pille-Avoine faisaient courre si drôles pancartes ës isles principales des Francs-Sots , et firent accroire que vessies étaient lanternes; et braillait tant haut le charlatan qu'il avait trouvé un pays où croissait l'or (1) et maisons étaient de sucre fin, qu’il ne manquait audit pays que‘ d’être penplé des files et garcons à l’avenant; mais quant à partie des Francs-Sots, tant idiots fussent-ils, ne voulaient rien croire du tout, ni daigner d’y aîler voir. Ce qui alluma si fort ledit pipeur et charlatan, qu’il conseilla au prince Papyrius d’empoigner de force hommes , femmes et filles, et même de bon aloi , et furent envoyés aussitôt bandits et satellites qui faisaient main-basse sur les Francs-Sots, et ce n’était pas chose trop belle à voir (2); mais à parfin furent occis grand nombre de satellites et bandits, et le prince Papyrius et son charlatan furent transis de peur et d’eflroi, encore pour tout point n'en devint-il meilleur et plus accord à l'endroit des Frances-Sots.
« Cuar. XI. Comme quoi Papyrius prit en amitié grande un certain grand nègre (3) ayant mine et figure de Pluton, et lui donna une tant belle robe de satin cramoisi (4) et une cassette dans quoi il y avait de quoi seller et brider les Francs-Sots; et parfois le prince Papyrius se servait, pour s’ébaudir, dudit nègre pour donner nazardes, croquignoles et camouflets aux Druides; et disait le grand nègre re voir que du noir; pour ce vivait-il en
(1) Pays où croissait l'or, la Louisiane ou le Mississipi, comme on l’appelait alors.
(2) C’est le 18 mai 1718, que partirent pour la Louisiane, six navires chargés d'hommes et de femmes avec des subsistances.
(3) Grand nègre, d’Argenson, garde des sceaux, et non pas le cardinal Dubois, comme on le prétend dans une ancienne clef.
(4) Robe de satin cramoisi ; la dignité de garde des sceaux et la cassette où 1ls sont renfermés.
hibou , ains en chauve-souris; et venait, allait et ne parlait que de nuit en huis-clos, chambrettes closes, et se retirait du jour quant et quant en une autre où se trouvait une vestale dont il était féru ; et prenait ainsi ses ébats toujours en cachette et sans qu’on le sût mie.
« Car. XII. Où le lecteur sera ébahi lisant l’ordre et la marche d’une troupe de Francs-Sots vêtus de bleu, les uns avec des galons sur poches et manches (1), les autres avec croix blanches devant et derrière (2), et verront après ladite troupe de Francs-Sots faisant le métier de pousse-cul, mauvais garnemens, et vont assiéger, par ordre du prince Papyrius, les pierres de taille d’assaut (3), entrer dedans , y commettre noiïses et vergognes , faisant des chambres des Druides et de leurs lits, un pot à pisser et autres ordures déplaisantes à sentir, dont avint au prince Papyrius et auxdits pousse-cul mauvais lots et renoms de poltrons et lâches, de faire si haut bruit et fracas pour assiéger pierres et maisons sans que soldats ne autres quelconques fussent là pour défendre, ains seulement quelques dogues qui les happèrent et mordirent bravement aux jambes.
« Cuar. XIII. Comme quoi les Druides, suivant le vouloir du prince Papyrius et du charlatan Pille-Avoine coursirent la prétentaine (4) sur le bord de l'Oise, et ne faisaient autre chose que s’'ébaudir au lieu de tenir plaids, sur quoi clameurs furent grandes parmi les Francs-Sots de voir manquer et défaillir justice; maïs pas un n’osait en marmoter, ne rien jaboter au prince Papyrius, et tout allait son maltrain comme devant.
« Cuar. XIV. Où le lecteur verra le camp Charentonnois commandé par le prince Papyrius, qui pétait et vessait dans ses chausses ou maraignes , et voulait ledit campement pour faire plusieurs brides-à-veaux à tous les Francs-Sots ; et allaient-ils en plusieurs gondoles viser et coucher en joue le camp de Papyrius , et s’en
(1) Galons sur poches et manches, les gardes-du-corps.
(2) Croix devant et derrière, les mousquetaires.
(3) Pierres de taille d'assaut, les hôtels de plusieurs membres du parlement.
(4) L’exil du parlement à Pontoise.
rélournaient riant et chansonnant; si bien que tel fracas ne servait que riséces et ébats aux habitans de Lutèce ,» Surtout à ceux de l'isle des Francs-Sots, qui saisirent au départi plusieurs recrues dont le service sera bon au demeurant quand il plaira à Dieu.
« Cuar. XV. Comme quoi le charlatan Pille-Avoine manqua d’être pourchassé de son théâtre (1) pour avoir empoisonné sa drogue un jour d’honorable fête, ce qui aurait fait mourir plusieurs Franes-Sots ; et comme le droguiste se releva et distribua d’autres drogues pas meilleures que devant, et prit pour compagnon le tartufe Carcellarius (2), afin d’aviser à renommer ses boîtes de papier; et faisait bon voir l’un et l’autre avec le prince Papyrius donner une pièce d’argent au bout d’un bâton que les Francs-Sots attrapaient en Pair comme chiens barbets, et avalaient sans mot dire.
« Cuar. XVI. Comment survinrent noïses et querelles et grands débats entre le charlatan Pille-Avoine et le grand nègre, s’accusant l’un et l’autre d’avoir jeté poison et malencontre sur la drogue des Francs-Sots, pour se guerroyer et se donner grands assauts et combats; et à Ja fin le grand nègre fut déconfit , mis par terre lui et sa séquelle, mais n’en furent pas mieux les Francs Sots.
« Car. XVII. Comment les Cicérons (3) faisaient la nique et force huées sur le gouvernement des Francs-Sots , et vivant à leur gré, prenaient soutane et la quittaient à leur fantaisie; et ne disaient mot ni en paroles ni en écritures quand ledit gouverneur leur ordonnait de parler, et parlaient quand il leur ordonnait de se taire , n’agissant en tout point que selon leur bon plaisir et grande liberté sans dépendance ; ce qui faisait jurer et pester le gouverneur des Francs-Sots; et disait-il qu'oncques n'avait été assez
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(1) Par suite des remontrances du parlement, sur les Opérations aventurées de Law. Le parlement avait déja nommé des commissaires pour faire le procès à Law, et se proposait de le faire pendre dans l’enclos du Palais-de-Justice, mais le Régent le retira chez lui.
(2) Carcellarius , le chancelier d’Aguesseau.
(3) Cicérons ; je crois que l’auteur entend par là les hommes de lettres, ou peut-être les avocats.
ts PHILIPPE II, RÉGENT.
dérobé suivant son appétit, et que pour ce emploierait force et violence , quand même raison ne serait en facon quelconque; et s’écriaient haut les Cicérons que le gouverneur vivait en Sardanapale , et ne devait ni ne pouvait ainsi croquer de la sorte à belles dents les Francs-Sots ni leurs isles, ains au contraire qu’il devait régir hautement et comme un bon père, et, par faute de loyal gouvernement , il devait être honni, chassés ensemble tons les charlatans ; et sur ce étaient de bonnes lois, mais se moquait tout haut et bien fort le gouverneur des saintes lois, ains les renversait sens dessus dessous , de facon qu’on ne connaissait plus rien dans l’isle des Francs-Sots; et n'avait le beau sire d'autre soin ni règle que faire sa volonté plénière, tant füt-elle déloyale et déraisonnable. Ce n’est pas la parfin de leur misère, puisqu'il y a encore de l’argenterie dans la maison de Dieu. »
Telle est l’Aistoire du prince Papyrius; je l'ai trouvée dans un manuscrit, et Je doute qu’elle ait été imprimée.
17°. Les Avantures (sic) de Pomponius, chevalier romain, ou l'Histoire de notre temps. Rome, chez les Héritiers de Ferrante Pallavicint, 1724, in-12.
— Les mêmes (seconde édition). Rome ( Rouen), chez les Héritiers de Ferrante Pallavicini, 17925, in-12.
— Les mêmes; nouvelle édition, augmentée d’un Recueil de Pièces concernant la minorité de Louis XV. Rome (Rouen), chez Mornini, pour les Héritiers de Ferrante Pallavicini, 1728, in-12.
Ce roman satirique et licencieux , dont une partie seulement porte directement sur le Régent (chap. xxiv et suiv., Histoire du prince de Relosan), n’est pas mal écrit; mais les allusions malignes en font tout le prix. On l'avait d’abord attribué à Belair Themiseuil de Saint-Hyacinthe, puis au bénédictin Guy-Alexis Lobineau , parce que l’on savait que celui-ci, dans le temps, s’appliquait à l'étude de certains auteurs anciens où l’on trouve quel-
ques passages assez libres (1). Il n’est ni de Saint-Hyacinthe ni de
(1) Entre autres, Aristophanes, dont il a laissé une traduction complète , avec une préface curieuse sur les mœurs des Athé-
PHILIPPE II, RÉGENT. b9
Lobineau. On sait maintenant qu’il a été composé par un des confrères de ce dernier, dom Labadie , bénédictin , mort à Samer, à deux lieues de Boulogne , en Picardie (1). Il en est qui pensent que Labadie n’a fourni que le fond de ce roman, et que l’abbé Prévost l’a revu, corrigé et publié. Cela n’est pas présumable. On a toujours regardé l'abbé Prévost comme éditeur de la troisième édition. Chardon-la-Rochette assure que les exemplaires d'amateurs sont accompagnés de pièces manuscrites qui n'existent pas dans l'imprimé, et d’une clef marginale écrite à la main. Le Duchat en a une qui est dans le Ducatiana , pag. 108-110; mais elle est mal faite et incomplète ; j'en connais une manuscrite, beaucoup plus étendue et par ordre alphabétique; elle doit faire partie d’une bibliographie sur les ouvrages à clef. Le Duchat parlant des 4ven-
niens, préface très érudite, mais renfermant des endroits où il semble que l’auteur n’a pas conservé les ménagemens que lui imposaient les devoirs de son état. Cette traduction est manuscrite. M. Chardon de la Rochette en a donné une bonne notice (surtout dela Préface) dans ses Mélanges de philologie, tome IT, pages 178-260. Elle avait déjà été insérée dans le Magasin encyclopédique , deuxième année, 17096, tome I, pages 457-507.
(1) Dom Tassin, si exact dans son Âistoire littéraire de la congrégation de Saint-Maur, Paris, 1770, in-4°., nous donne à entendre, page 464, à l’article de D. Denis DE SaiNTE-MARTHE, que Labadie est auteur du roman en question.
« Il n’y a eu, dit-il, que les Jésuites, dans leurs Mémoires de « Trevoux, et l’auteur du misérable roman allégorique intitulé : « les Aventures de Pomponius, chevalier romain , qui aient osé « déprimer le mérite et les ouvrages du P. de Sainte-Marthe. On «attribue, au moins en partie, les Aventures de Pomponius , où « ce père est si maltraité , à frère Labadie , qui mourut repentant « dans l’abbaye de Samer, après avoir demandé qu’on jetât au « feu tous ses écrits. » Dom Tassin, pour l'honneur du corps, s’est servi du mot oz attribue; mais à coup sûr s’il n’en eût pas
été convaincu, il eût passé l’allégation sous silence, comme il l’a fait pour l'abbé Prévost, qui alors était du même ordre.
Go PHILIPPE IL, RÉGENT.
tures de Pomponius, dit : « On sait, à n’en pouvoir douter, que « ce petit roman fut envoyé de Paris, en manuscrit, en Hollande, « en 1922, avec une lettre anonyme, et que le libraire à qui il fut « adressé le fit offrir à feu le cardinal Dubois, qui fit peu de cas « de cette offre et du manuscrit, craignant peut-être qu’on ne lui « jouât un tour pareil à celui de Chavigny, au sujet du Cochon « zntré. » (1)
Le roman de Pomponius est divisé en xxx chapitres, dont quelques uns sont assez licencieux et d’autres fort méchans. J'avoue franchement qu’il y a, dans plus de la moitié du volume, des récits allégoriques et des noms dont je n’ai pas toujours trouvé la clef, malgré celle de Le Duchat ; mais tout le reste est très facile à comprendre, puisque la plupart des noms sont des anagrammes, et d’ailleurs les actions de la vie du duc d'Orléans, sous le nom de Relosan, n’y sont presque pas voilées.
À la suite de l’histoire de Pomponius , on trouve le Sommaire des chapitres contenus en la chronique du cheva'ier S'otermetec. Cette chronique, écrite dans le style de l’Aistoire du prince Papyrius , est assez plaisante. Elle est composée de xxix chapitres, et n'est pas complète, puisqu'elle finit à la promotion de l'abbé Dubois au cardinalat; mais on peut y suppléer par la grande chronique de Sotermelec, d’où elle est tirée, et qui, renfermant cxv chapitres, va au-delà de la mort du Régent. On la trouve dans le Recueil des pièces touchant la fiégence, dont nous parlerons par la suite. Comme les sommaires des chapitres de la petite chronique
ne sont pas longs , nous allons les donner, d’autant plus volontiers
9 oo,
(1) Le Cochon mitré, dialogue entre Scarron et Furetière, 1689, ën-12 de 28 pages, avec la figure du cochon. I] y en a une édition sans date ; l’une et l’autre sont également recherchées et estimées. Cest une satire violente contre Louis XIV, madame de Maintenon, veuve Scarron, lé cardinal d’'Estrées, et Charles- Maurice Le Tellier, archevêque de Reims. L'auteur de cette satire est François de la Bretonnière, bénédictin de Saint-Denis, réfugié en Hollande sous le nom de Lafond. Il fut trahi par un juif, et transporté au mont Saint-Michel, où il fut renfermé dans une cage ; il y est mort.
PHILIPPE II, RÉGENT. Gr
qu'ils sont exempts de ce fiel amer qui caractérise ordinairement toute satire injurieuse.
« 1° Comment Sorermerec (1) fut mis entre les mains des précepteurs , à celle fin d’être élevé en tout honneur et vertu. De ses ébats et passe-temps, et comment il donnait bon témoignage de sa suflisance.
« 11° Comment Sorrruerec, devenu grand, commencait à se confesser à Dieu, à la Sainte-Vierge et à tous les Saints , et leur détaillait par le menu ses péchés, puis ne s’en chaillait, et retournait pécher.
« * Comment SorermEeLec trop déyotement ne comptait ses patenôtres, et commencait à pêcher aux huîtres.
« 11° Digression sur la dévotion des femmes, des enfans , des vieillards et des gens de cour.
« 1V° Comment une nuit SOTERMELEC vit en songe une couronne, et cuidait que régner pourrait, puis s’éveillant ne trouva que bran.
« v° Comment Sorermezec , aprés le décès du roi den Sadik (2), son oncle, amadoua les bonnets-ronds (3), et les supplia dolentement de vouloir dérompre les tables testamentaires dudit roi den Sadick.
« * Comment de prime abord furent chassés certains gouverneurs et aucuns solipses (4), lesquels, par conseils précipités , auraient mis l’État en péril.
« vis Comment SorermeLec requit les bonnets-ronds de lui octroyer la gouverne des Gaules sous tel pacte qu’il ferait tout bien, qu’oncques en nul rien mal ne ferait, ce qu’en son cœur ne peusait , si qu’au partir de là n’en tint cure.
« vni° Comment Sorrruezec fit démolir la citadelle de Dicmar (5) pour complaire au roi d’Albion. (6)
(1) Sotermelec, mot composé de grec et d’hébreu, Soter Sauveur, et Melec Roi, c’est-à-dire Sauveur du Ror.
(2) Den Sadik, Louis XIV.
(3) Bonnets-Ronds, le parlement.
(4) Solipses, les Jésuites.
(5) Dicmar, Dunkerque et le fort de Mardik.
(6) Albion, Angleterre.
Go PHILIPPE II, RÉGENT.
« * Comment Julie (1), fille de Sorermezrc , avait force taboureurs.
« vir® Comment Sorermerec humait le piot en faisant la bête à deux dos, et aucunes fois donnait gourmades à ses compagnons de plaisir, puis se repatriait avec iceux.
« 1x° Comment SorermezEec entreprint de faire pénitence et visiter les lieux saints; item, comment il allait en pélerinage à l’abbaye de Tetému (2), et 1à faisait longues retraites , puis y consolait abbesse et nonnaïns.
« x° Comment étaient réglés les nonnains de Tetemu.
« x1° Comment la règle était que feraient tout le rebours de ce que autres religieux et nonnains doivent faire.
« x11° Comment dévots et dévotes allaient soi marier à Tetemu.
« xru° Comment SoreRMELEC inventa un grand creuset (3) pour y fondre or et argent.
« x1v° Comment SorTermezec fit nombre de detteurs et d’emprunteurs.
« xv° Comment Sorervezec et les detteurs payaient leurs dettes avec son et donnaient fumée pour or.
« xvi® Comment de pays lointains vinrent coquilles de noix, peaux d’anguilles, allumettes (4), etc., et furent les profits de cettui trafic baïllés à une compagnie.
« xvirt° Comment Sorermerec, malgré misère, menait bombance et joyeuseté, marchandait filles , achetait femmes, consolait veuves, et se solaciait.
« xviu° Comment il était entouré de vaticins, aruspices et autres, tels gens aui effacaient le passé , et lui faisaient voir un bel avenir par le pertuis d’une bouteille.
« xix° Comment il créa la charge de grand calculateur ès mar-
(x) Julie, la duchesse de Berri.
(2) T'etemu, tantôt le château de la Muette , tantôt l’abbaye de Chelles. Le château de la Muette (autrefois de la Meute ) avait été donné à madame la duchesse de Berri.
(3) Creuset , la banque.
(4) Les mines d’or imaginaires du Mississipi.
chés des Gaules , et en accoutra certain charlatan transfuge calédonien. (1)
« xx” Comment un beau jour il débouta son grand-référendaire et son financier, et des deux n’en fit qu’un. (2)
« xx1° Comment princes et autres grands seigneurs se firent marchands de papier, et baïllèrent torche-c... pour monnaie; aucuns vendirent épices , autres vendirent joyaux , etc.
« xxn° Comment un beau jour le pontife de Cambrai (3) voulut se faire cardinal, et supplia Sorermezrc de l’assister auprés du pape de Rome.
« xx Comment fut conelu par le pontife de Cambrai qu’il fallait honorer la dive pancarte du pape romain. (4)
« xx1vo Des choses étranges qu’aucuns théologiens gallicans découvrirent en ladite pancarte.
« xxvo Comment en fait de disputes, théologiens voient trouble, et font naître hérésies.
« xxv1° Pronostication des maux et calamités qui adviendront en religion par dispute et controverse , et comment un temps viendra que de christianisme ne restera qu’une belle écorce.
« xxvu1° Comment fut la dise pancarte honorée par ceux qui auparavant n’en tenaient compte, et furent iceux mis au nombre des convertis.
« xxvi1° Comment ceux qui ne voulurent honorer la dive pancarte furent relégués en l’île des Papefigues. (5)
« xxIx° Comment le pape romain fit le pontife de Cambrai cardinal , et lui octroya dix-huit quarantaines de pardons pour les péchés à venir, avec rémission des passés.
« * Comment le pontife de Cambrai ne disait messe, et jurait
comme un payen.
(1) Charlatan calédonien , Law, écossais.
(2) D’Argenson, garde des sceaux, que le Régent dépouil]a du contrôle des finances.
(3) Pontife de Cambrai, l'abbé Dubois , archevêque de Cambraï.
(4) La dive pancarte , la bulle Unigenitus.
(©) Papeñfigues , les Ho landais.
« * Comment le pontife de Cambrai mourut, et comment , auparavant que de mourir, il fut tatonné et fleureté (1) en sa partie malade sans pouvoir guérir.
« * Comment SoreRMELEC trépassa, et ne fut dans son mal secouru à temps (2); et comment d’aucuns fut interprété cettui défant de remède et médecins. »
Les articles précédés d’une étoile * ont été tirés de la grande Chronique, pour
rendre celle-ci moins incomplète.
19. Recueil de pièces touchant la Régence (sans date, simple faux-titre) , in-12 , avec deux paginations, chacune de 84 pages.
Ce recueil renferme dans la première partie ou pagination : 1° les Noëls de la Régence (un seul), pag. 3; —2° Chanson sur la Régence, pag. 10; — 3° Relation de l'enregistrement, etc. (en vers), pag. 14; — les Adieux du parlement , pag. 18; — 4° Sommaire des chapitres contenus en la grande chronique de Sotermelec (avec beaucoup de chansons et épigrammes, en notes), pag. 22; — 5° S'uivent les Prophéties du temps (en vers), pag. 61; — Relation abrégée de l'établissement de la calotte (en prose), pag. 69; — 5° Couplets, pag. 78; — 8° Parodie de lu dernière scène du ve acte de Mithridate de Racine (entre Sabatier et de Mirepoix), pag. 82.
La seconde partie du recueil commence, 1° par des {Votes sur les
aventures de Pomponius, pag. 2; — viennent ensuite, 2° Remarques
(r) Tatonné et fleurete'; le cardinal Dubois fut sondé et opéré par de la Peronie, le plus célèbre chirurgien du temps.
(2) Et ne fut secouru à temps ; le Régent était seul dans son cabinet avec la duchesse de Phalaris au moment où il fut frappé d’apoplexie; il était sur le point de monter chez le Roi pour travailler avec S. M. ; ses gens sachant cela étaient dispersés de côté et d'autre. La duchesse de Phalaris eut beau appeler au secours, personne ne vint ; elle fut obligée de descendre Jusque dans les cours pour amener quelqu'un. La foule fut bientôt dans l'appartement; mais il se passa plus d’une demi-heure avant qu'on trouvât un chirurgien; enfin il en arriva un, le prince
fut saigné , 1l était mort.
sur les prophéties , pag. 34; — 3°. Lettre de Monseigneur l’évêque de Montpellier au Roi (en très petit caractère), pag. 40; — 4°. Dialogue (entre ) Hercule et Thésée (en prose), pag. 66; — 5°, Mandement du cardinal de IWoailles pour faire accepter la constitution Unigenitus (en vers), pag. 74 ; — 6°. Ode sur (contre) la chambre de justice (elle est très forte et dans le genre des Philippiques ; mais le Régent n’y est point nommé; il n’en est même pas question. La dernière strophe finit par un appel à la liberté), pag. 70; — 70. le recueil est terminé, pag. 84, par une turlupinade de Voltaire en sept vers, adressée au Régent, au sujet des 3’ar vu, qui l'avaient fait mettre à la Bastille.
17°. Chronique de dom Philippe d’Aurélie, et des Prouesses
des Bonnets-Ronds en icelui temps.
Nous avons déjà vu plusieurs facéties , celle da prince Papryrius, celles des grandes et petites chroniques de S'otermelec ; en voici encore une du même genre, mais qui est dirigée contre le parlement. C'est encore un monument historique du temps: son pen d’étendue nous permet de le donner en entier.
« Guar. er, Comment sous Robillardus Grosse-Tête (1), chef des bonnets-ronds (2), lesdits bonnets-ronds voulurent faire les Rami nagrobis (3), et s’'acquérir grande renommée.
(1) Robillardus, Jean-Antoine de Mesmes, premier président du parlement depuis 1712; il est mort le 23 août 1723.
(2) Bonnet#-Ronds, les membres du parlement.
(3) Le Raminagrobis, c’est-à-dire les gros-dos , les hommes importans, par des remontrances qu’ils faisaient contre les édits du Roi. Voici l’étymologie qu’on donne au mot Raminagrobis ; on prétend qu'il vient de Raoul qui voulait dire chat , d’hermine et de grobis, deux fois gros ( bis gros); ainsi Raminagrobis signifierait un chat qui fait le gros dos, le gros monsieur sous sa robe d'hermine. Quant à Robillardus, on a changé une lettre, le vrai mot est Rodillardus, Rodillard , qui rôde autour du lard pour en attraper bribes , ou qui ronge le lard.
« Cuar. Il. Comment Robillardus , au demeurant grand clerc, souleit dormir (1) aux plaids et répandre deniers à foison.
« Car. JIL. Comment les bonnets-ronds résolurent de proposer à dom Philippe moult beaux et salubres avis pour l'avancement de la chose publique, tirés pour la plupart du Glossator juris, Baldus, Accursius , et autres têtes pleines de sens.
« Cuar, IV. Comment ils furent courtoisement éconduits par dom Philippe, et, par droit de raison, renvoyés à leurs sacs et paperasses.
« Cuar. V. Du débat et contention qu’en cettui temps fut entre les vieux bonnets-ronds et les jeunes (2), et de ce qui s’en ensuivit.
« Cuar. VI. Comment par un matin la grand’chambre fut scolastiquement assaillie par les jeunes bonnets-ronds (3), à grand renfort de compagnies d’ordonnance, sous la conduite des généraux Bertlam , Montblas (4) et autres.
« Cuar. VII. Comme la grand’chambre se rendit à composition , faute de munitions ; et de la paix qui s’en ensuivit.
« Cnar. VIIL. Comme depuis la paix faite et conclue entre les bonnets-ronds, ils soulaient employer le temps en belles et politiques délibérations.
« Cnar. IX. Comme par un matin fut rendue une plantureuse ordonnance (5) par les pères conscrits, tendante à grands pas au bien de la chose publique. Ztem, de la belle police qui par eux fut mise en avant pour tenir la main à l'exécution et promulgation d’icelle.
« Cnar. X. Comme le peuple gaulois reçut comme évangile de
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(1) Soulait, vieux mot français du latin solebat, avait coutume de dormir.
(2) Brouillerie des enquêtes avec la grand’chambre, qui enregistra le traité avec la Lorraine sans eux.
(3) Les enquêtes et les requêtes s’emparèrent un matin tumultueusement de la grand’chambre, et dirent qu'ils n’en sortiraient pas qu’on ne leur fit raison. Cela se termina par un accommodement.
(4) Les présidens Lambert et de Blasmont.
(5) L'arrêt contre lédit des monnaies.
Dieu la moult belle ordonnance des bonnets-ronds. Liem, du grand respect que chacun portait à ladite ordonnance , dont ils s’acquirent grand los et renommée parmi le peuple.
« Car. XI. Des beaux propos de Tailport la Rouge-Huppe, arrière-petit-fils du capitaine carabin Razas. (1)
« Cuar, XII. Comme ledit Tailport ayant scientifiquement retroussé ses horrifiques moustaches, cita force belles lois , et conclut à ce que les pères conscrits se transportassent piteusement à pied, en robes et chaperons rouges , au logis de Louisot (2), pour lui faire tout plein de belles remontrances.
€ Car. XIII. Comme l'avis ci-dessus fut improuvé de la plupart des bonnets-ronds, le tout pour des crottes, et comme fut doctement conclu d'y aller en coches. Item, comme sire Montaver (3), châtelain de Clagny, fut surpris chevauchant nuitamment sur les rues de Lutèce, déchirant à belles dents les chartres et commandemens du roi Louisot , et fut appréhendé en son corps et ses compagnons , et conduit par les gens du capitaine Coupe-Tête ès noires prisons du Chiet.
« Cap. XIV. Comme Robillardus en robe compétente , bien et dûment accompagné de force messieurs, se transporta au palais du jeune roi Louisot, où, faute de mémoire , il fit judicieusement lecture d’une belle et magnifique remontrance.
« Cuar. XV. Comme quoi, dans le contexte de ladite oraison : Robillardus fit mention d’une belle et petite pancarte trouvée és ruines de l’amphithéâtre dé Vérone , écrite en lettres tudesques, et accordée par le père grand et bon catholique Pharamond, roi
(1) Le président Portail, arrière-petit-fils du chirurgien de Charles IX ; alors les chirurgiens étaient en même temps barbiers.
(2) Le P. Portail ouvrit l'avis d’aller à pied , en robes rouges, au Louvre, faire leurs remontrances.
(3) C’est le conseiller au parlement Vertamont; ayant soupé avec deux de ses amis, et étant gris, tous les trois montèrent à cheval et allèrent déchirer les arrêts du conseil d'état, qui annulaient celui du parlement. Il n’y eut que lui de pris, etil passa la nuit au Châtelet.
des Gaulois, par laquelle appert que ledit Roi, dont le nom se trouve , par le laps de temps, effacé, a constitué et établi les bonnets-ronds en qualité de tuteurs des Rois ses successeurs, et de pères putatifs du peuple gaulois (1) ; s'ensuit la teneur de la pancarte.
« Crar. XVI. Comme quoi Robillardus avec sa brave compagnie retournèrent juridiquement comme ils étaient venus; ce qui fut moult beau à voir.
« Cuar. XVIL Comme quoi Louisot fit semondre les bonnetsronds de venir à son palais, pour réponse y être faite à leur docte remontrance ; et ensuite comme ils furent joyeusement accuelilis et fétés par ledit Louisot et ses barons. »
Nous terminons ici ce que nous avions à dire sur Philippe I, duc d'Orléans, régent. Comme il a eu pendant huit ans une grande influence sur le gouvernement, nous avons cru devoir donner plus d'extension à son article ; nous n’avons point hésité à accorder à ce prince les éloges dus à ses hautes qualités ; nous n'avons point dissimulé ses faiblesses ; et si, en citant les ouvrages qui regardent la Régence, nous avons rapporté quelques passages assez facétieux, mais sans conséquence maintenant, c’est que nous avons pensé qu il était bon de mettre un peu de diversité dans un Recueil historique particulièrement consacré aux dates, et qui, dans son aridité, offre plus d'utilité que d'agrément.
(x) Cette plaisanterie a un fond très vrai; les parlemens, et surtout celui de Paris, se sont toujours dits tuteurs des Rois et pères du peuple.
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