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LOUIS-PHILIPPE-JOSEPH. 103 léans, et par Brissot, qui avait été spécialement protégé par madame de Genlis, institutrice des enfans d'Orléans. Cette pétition fut le signal d’une réunion tumultueuse au Champ-de-Mars, que Bailly, maire de Paris, fit dissoudre par la force, après avoir fait proclamer la loi martiale (1). L’Assemblée Nationale délibéra sur la question de
savoir si le Roi pouvait être mis en cause; huit
1741, officier d'artillerie, auteur du roman licencieux intitulé Les liaisons dangereuses, qui parut pour la première fois en 1782. On a dit de cet écrivain, très spirituel d’ailleurs, qu'il était un prodige d’immoralité dans un siècle immoral. Avant la révolution il était déjà secrétaire des commandemens de S. A.S. On sait que c’est lui qui, en 1789, imagina la fable des brigands qui causa tant de terreur aux femmes et aux esprits faibles, mais qui eut pour résultat de soulever et faire armer tous les habitans des villes et des campagnes. On assure qu’il eut une grande part aux journées des 5 et 6 octobre; et dans la procédure du Châtelet, plusieurs déposèrent ly avoir reconnu déguisé en femme et dirigeant les mouvemens de la foule qui se précipitait sur le château. Quand le duc d'Orléans fut envoyé à Marseille, Laclos fut arrêté et mis en prison, mais il eut l’adresse de se rendre utile à Roberspierre, même sous les verroux ; il lui survécut, et recouvra sa liberté. Il est mort à Tarente en 18053. Napoléon l’avait fait inspecteur général de Partillerie à l’armée de Naples.
(x) Cet acte d'autorité du 17 juillet 1791, indispensable pour le moment, approuvé par l’Assemblée Nationale et par les amis de l’ordre et du maintien des lois’, fut cependant l’un des principaux motifs de la condamnation du malheureux Bailly, le 11 novembre 1793, et fut cause qu’on l’exécuta au Champ-de- Mars, après lavoir abreuvé d’outrages
députés seulement sur douze cents se levèrent pour l’aflirmative; ce qui annonce qu'on était encore éloigné de songer à la république, et qu'on tenait à la monarchie toute chancelante qu’elle était. Alors cette espèce de déclaration de principe fit que la société des Jacobins (1) fut presque entièrement dissoute. Il se forma une autre société dite des Feuillans ( du nom de l’ancien cou vent où l’on se réunit), composée de ceux qui, espérant pouvoir arrêter la révolution, se déclarèrent en faveur du trône et firent leurs efforts pour en sauver les débris. Le duc d'Orléans se présenta à cette société , où dès le principe on attaqua avec force les instigateurs de la réunion du Champ-de- Mars, et nommément Laclos, l’auteur de la pétition. M. de Sillery déclara que c'était sans l'avis du duc d'Orléans que son secrétaire avait rédigé cette pétition , et que dès ce moment ce personnage avait cessé de lui appartenir. Mais le lendemain , le prince se rendit lui-même aux Feuillans,
(1) Cette société se forma, le 6 novembre 1789, à Paris, sous le nom de Club des Amis de la Constitution. C'était une dérivation du Club breton, formé d’abord à Versailles par des curés de Bretagne. Le lieu de ses séances, à Paris, fut le couvent des Jacobins, rue Saint-Honoré, ou deux cents ans auparavant, presque années pour années, se tinrent les assemblées de la ligue , où l’on prêchait déjà le régicide, avec cette différence, que jadis c'était au nom du fanatisme de la religion, et qu’en 1703 c'était au nom du fanatisme de la liberté.
LOUIS-PHILIPPE-JOSEPH. 109 où, sans parler de la pétition, il déclara que M. de Sillery avait été mal instruit, qu'il n'avait jamais cessé d'estimer M. Laclos, et de le croire digne de sa confiance. Dès-lors Son Altesse ne parut plus aux Feuillans, et plusieurs députés voyant chaque jour l’horison politique se rembrunir, abandonnèrent cette société, et, soit par crainte, soit par ambition, retournèrent à celle des Jacobins , qui bientôt ne gardant plus aucune mesure posa en principe la destruction de tous les trones à l'extérieur, et la mort de tout ce qui n'était pas de son parti, dans l’intérieur.
Cependant le duc d'Orléans fut nomméamiral ou lieutenant-général des armées navales , par le Roi. Sensible à cette faveur, il s'empressa d'aller remercier Sa Majesté, et il eut avec elle une conférence, dont l’un et l’autre furent satisfaits. Mais le dimanche suivant, le duc d'Orléans s'étant présenté au lever du Roi, essuya de la part des courtisans, qui ignoraient sans doute ce qui s’était passé , des mortifications si insultantes, qu’il fut obligé de se retirer sans avoir vu personne de la famille royale. Dès-lors il ne reparut plus au château ; et, le cœur ulcéré, il se jeta dans le parti de Danton, accueillit chez lui ce chef fougueux, et l’admit à sa table ainsi que tous les républicains enrôlés sous sa bannière. Malgré cela, nous devons dire que le duc d'Orléans fut étranger à la journée du 20 juin
(1792), où le Roi fut abreuvé d’outrages par une populace effrénée , et à la terrible journée du ro août qui suivit de près, et où la chute du trône fut consommée. Le nom d'Orléans ne fut pas même prononcé dans ces événemens; et si, peu après , les Dantonistes firent quelques tentatives en faveur de ce prince, cela n’eut aucune suite. Les projets de république étaient trop bien arrêtés, pour que l’on songeât à relever un fantôme de royauté qui n’eüt pas subsisté huit jours.
Pour en venir à l'exécution, une nouvelle assemblée, sous le nom de Convention, succéda promptement à l’Assemblée Législative. Le duc d'Orléans fut nommé par le département de Seine-et-Oise, membre de la Convention sous le nom de Philippe Égalité (1). Il y prit place, et ne porta la parole que dans deux ou trois occasions où il'était question des siens; par exemple, il demanda que sa fille (Mademoiselle) , qui voyageait
(x) C’est à l’instigation de Manuel, procureur de la commune et du parti de Danton, que ce nom fut donné au prince. Manuel lui fit entendre que pour dissiper les soupçons qui pouvaient s'élever contre lui, il devait renoncer au nom de sa famille , et accepter celui d’Écaziré, qui lui serait proposé par la commune de Paris. Un refus eût été suivi d’une proscription immédiate. Philippe d'Orléans accepta donc ce nom, et déclara dans sa lettre de remercîment qu'il était conforme à ses sentimens.
avec sa gouvernante, ne füt pas considérée comme émigrée ; et une autre fois, le premier, il rendit compte de la victoire de Jemmapes gagnée sur les Autrichiens par Dumouriez, et à laquelle le duc de Chartres son jeune fils (Louis-Philippe [*, Roi actuel des Français ) avait contribué par ses talens et sa bravoure. (1)
On assure , et je me plais à le croire , que lorsqu'il fut question de juger le Roi, le duc d'Orléans était dans l'intention de ne point paraître aux séances de la Convention destinées à ce jugement ; mais on le menaça de le mettre immédiatement à mort s’il s’'abstenait de voter; intimidé, il se décida , et l’on sait quel fut son vote. Le 20 janvier 1703, lendemain du décret de mort porté contre Louis XVI, Philippe d'Orléans eût été poignardé par le nommé Pâris, si cet ex-garde du Roi eût pu s'introduire dans son palais ; mais à son défaut, ce fut Pelletier de Saint-Fargeau qui, ayant voté dans le même sens, fut frappé par l’assassin.
Cependant la révolution prenait chaque jour un
(1) Singulier rapprochement : c’est Le 6 novembre 1702 que le duc de Chartres obtient à l’armée des succès brillans, que son père le duc d'Orléans s’empresse d'annoncer à la Convention ; et c’est le 6 novembre 1795 que cette même Convention fait condamner à mort le duc d'Orléans (qui, toujours à la Convention , ou dans les prisons de Marseille, n'avait guère songé à conspirer contre Îa liberté).
caractère plus chaud , plus terrible, plus effrayant. La défection de Dumouriez ajouta encore à l’exaspération des esprits; lui-même l’annoncça le 27 mars 1703, en déclarant ouvertement qu'il était décidé à marcher sur Paris avec son armée , pour y rétablir la royauté constitutionnelle. Aussitôt la Convention prend texte de là pour accuser Philippe d'Orléans, dont le fils était avec Dumouriez, d'avoir provoqué cette défection, et elle le comprend dans le décret du 6 avril, qui met tous les membres de la famille de Bourbon en arrestation. Le 8, elle ordonne leur translation à Marseille. Les Dantonistes, anciens partisans et soutiens du duc d'Orléans, non seulement provoquèrent son arrestation, mais ils demandèrent et obtinrent celle de toutes les personnes attachées à son service. Telle est la reconnaissance sur laquelle on peut compter en révolution. Philippe d'Orléans eut beau réclamer en sa qualité de député, contre l'insertion de son nom dans le décret qui proscrivait les Bourbons, il fut envoyé à Marseille dans la nuit du O au 10 avril, et le 16 ses biens furent confisqués. C'était sans doute le principal motif de sa proscription. il fit encore depuis sa prison plusieurs réclamations , mais toujours en vain. Après le 31 mai, jour où les Girondins, ses proscripteurs , avaient subi un sort pareil au sien, c’est-à-dire avaient
été arrêtés , le tribunal criminel des Bouches-du- Rhône fut chargé de le poursuivre ou plutôt de le condamner; le procès s’instruisit, mais l’absence de tout grief fondé , le fit absoudre. Malgré le rapport de Rhull, qui n'avait rien trouvé dans ses papiers qui püt le compromettre , malgré un mémoire publié par Voidel en sa faveur, le comité de salut public défendit de le mettre en liberté à Marseille , après le jugement qui l’acquittait ; au contraire, il ordonna de le resserrer plus étroitement dans la prison du fort Saint-Jean. Enfin, décrété d'accusation le 3 septembre avec les vingt-deux Girondins ses premiers proscripteurs , il fut amené à Paris pour être jugé. Le G novembre il parut devant le tribunal révolutionnaire; il répondit avec calme à ses interrogatoires et entendit de sang-froid son arrêt de mort. Les Ænnales catholiques (tom. 111, p. 463, et Suppl., p. 167) rapportent qu'il se rencontra dans la prison un prêtre allemand nommé Lothringer, qui lui donna les consolations de la religion et lui inspira au nom du ciel cette force d'âme et cette résignation si nécessaire dans un pareil moment. Îl est certain que le prince montra beaucoup de fermeté. Un particulier renfermé aussi à la Conciergerie, et qui l’a vu dans cette circonstance, raconte que le duc d'Orléans, après sa condamnation, traversa la cour et les guichets
de la prison, escorté de six gendarmes le sabre nu à la main, et qu à sa démarche fière et assurée , et à son air vraiment noble, on l’eût pris plutôt pour un général qui commande à ses soldats que pour un infortuné que l’on va mener au supplice. Il y fut conduit avec un garçon serrurier. Dans le trajet, depuis la Conciergerie jusqu'à la place Louis XV, on fit, par un raffinement de barbarie, arrêter la charrette devant le Palais- Royal, dont l'aspect devait causer tant de souvenirs douloureux au prince. Il leva les yeux sans paraître ému. Quand il entendit les injures grossières et les malédictions dont l'accablait une populace sur laquelle il avait répandu tant de bienfaits , il se contenta de dire : ILs M'APPLAUDIRENT ! Arrivé au pied de l’échafaud, il y monta avec assurance et reçut la mort avec courage. Telle fut la fin de L. P. J. d'Orléans, dont la faiblesse de caractère eut plus de part que le cœur aux maux dont il fut l’auteur et la victime.
NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE. (1
1°. Histoire de la Conjuration de Louis-Philippe-Joseph d'Orléans, surnommé Égalité , ete. (par Montjoye ). Paris, 1796 , 3 vol. in-8°.
Il s'en faut beaucoup que cet ouvrage, qui a eu plusieurs éditions, soit écrit avec l’impartialité qui devrait caractériser tout historien. Le fond du tableau était assez sombre par lui-même pour que l’auteur ne cherchât pas à le rembrunir encore. Au reste Montjoye (mort le 6 avril 1816) ne s’est jamais piqué d’une grande exactitude dans ses productions historiques; il se montra constamment le défenseur zélé de la monarchie française, de Louis XVI et de sa famille; mais cet intérêt, très louable sans doute, lui a quelquefois fait envisager les événemens sous un faux jour, ou du moins il les a racontés avec un esprit prévenu, avec une certaine aigreur rarement favorable à la vérité. Son Histoire de L. P. J. d'Orléans a donné lieu à un ouvrage excessivement rare, dont voici le titre :
2°, Explication de l’énigme du roman intitulé Histoire
de la Conjuration de Louis-Philippe-Joseph d'Orléans.
Veredishteal. (Paris, Barrois l’aïné, sans date.) 4 vol. in-8.
On assure que ce livre , qui est de M. Rouzet, comte de Folmon,
a été imprimé aux frais de madame la duchesse d'Orléans douai-
rière , et qu’il n’a jamais été mis en circulation ni en vente. Je le
croirais volontiers , car je n’en ai trouvé aucune annonce dans les
uombreux catalogues de vente de bibliothéques modernes que
je possède , si ce n’est dans celui de feu M. Barbier, 1828 , in-8°, où
(x) Nous ne parlerons que des principaux, car si nous voulions énumérer toutes les diatribes, tous les pamphlets, toutes les brochures, qui, pendant les trois premières années de la révolution, ont paru sur l’objet en question, ce serait à n’en plus finir.
il est dit, p. 134, que cet ouvrage est très rare, qu’il a été imprimé aux frais de madame d'Orléans , etc. Le même M. Barbier en avait parlé déjà dans ses Anonymes, dernière édition, n° 6322, maisil n'indiquait pas son auteur. M. Beuchot nous l’a révélé dans son excellent Journal de la Librairie, année 1823, p. 364 ; et cette révélation est répétée dans une note de M. Mahul. (’oyezson Annuaire nécrologique de 1824, p. 268.)
L'auteur, M. Rouzet, comte de Folmon, né à Toulouse en 1743, avocat , a été membre de ia Convention, où il s’est fait remarquer par la sagesse et la modération de ses principes, ce qui l’a fait proscrire, comme plusieurs de ses collègues, sous le régime de la terreur. Il se trouva en prison avec M. le duc de Nivernois, qui le donna pour conseil à madame la duchesse d'Orléans , prisonnière comme eux. M. Rouzet s’intéressa au sort de cette princesse , et dès qu’il fut délivré, après le 9 thermidor, il se consacra à sa défense, prit en main ses intérêts dans les temps les plus difficiles, devint son homme de confiance, ne la quitta plus, et fut placé par la suite à la tête de son conseil ; il est mort dans cette place, le 25 octobre 1820, comblé des témoignages les plus flatteurs et les plus nombreux de la reconnaissance de cette excellente princesse, qui voulut le soigner elle-même dans sa dernière maladie. ( /’oyez des détails sur la vie de M. Rouzet, dans la Biographie des hommes vivans, article .Foruox , t. nr, p.109, et dans |’ Annuaire nécrologique de M. Mahul , année 1820, p. 196, et 1824, p. 268.)
3°. La Vie privée , ou Apologie de M£' le duc de Chartres. (Sans date.) In-8°.
C’est une satire,
4°. Procédure criminelle sur les forfaits des 5 et 6 octobre 1709. Paris, Baudouin, 1990, 2 parties in-8°.
5°. Les Forfaits du 6 octobre, ou Examen approfondi du Rapport de la procédure du Châtelet, sur les faits des 5 et 6 octobre 1789, fait à l’Assemblée par Chabroud ; suivi d’un Précis historique de la conduite des gardesdu-corps. Paris, 1700 , in-8°.
6°. Mémoire justificatif pour Louis-Philippe d'Orléans,
écrit et publié par lui-même , en réponse à la Procédure du Châtelet. 1790, in-8° de 34 pages.
7°. Exposé de la conduite de Mer le duc d'Orléans dans
la révolution de France, rédigé par lui-même. 1700, 0 2e ; in-0° de 28 pages.
On trouve encore cet exposé, avec un Mémoire à consulter, parmi Ï ) > } les éclaircissemens qui terminent le premier volume des Mémoires de M. de Ferrières.
Il existe une réfutation assez forte de cet ouvrage ; elle est intitulée Examen impartial de l'Exposé de la conduite de M. le duc d'Orléans dans la révolution actuelle , in-8° de vingt-une pages. Cette brochure est signée J. G. D’'A**, L'auteur écrit d’un style décent, modéré, mais ses raisonnemens n’en sont pas moins très forts contre les assertions du due d'Orléans.
On peut encore consulter sur les tristes événemens d'octobre, l’écrit de M. Mounier, intitulé Examen du Mémoire du duc d'Orléans , et nouveaux éclaircisemens sur Les crimes des 5 et 6 octobre, 1701, i1-8.
8°. Récit de la Translation de L. P. J. d'Orléans des pri-
sons de Marseille à la Conciergerie de Paris, en 1703, par Louis-Francois Gamache. Paris, 1027, in-8 de 16 pages.
Je ne connais cette brochure que par son titre. . QE , »
9°. Correspondance de Louis-Philippe-Joseph d'Orléans avec Louis XVI, la Reine, Montmorin, Liancourt , Biron, Lafayette , etc., avec des détails sur son exil à Villers-Coterets, et la conduite qu’il a tenue aux 5 et 6 octobre; par L. GC. R. (Rousselet, avocat). Paris, Le Rouge, Debray, Marchand, 800, in-&.
Cet ouvrage, qui a eu une seconde édition, 18or, 2 vol, in-18 ; est divisé en trois parties : la première renferme la correspondance du duc d'Orléans avec Louis XVI, Montmorin et quelques autres ministres. La seconde partie contient celle avec sa famille ; on Y
trouve des lettres du duc de Penthièvre, de madame la duchesse d'Orléans, du duc à ses deux fils, de madame de Sillery au duc
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d'Orléans, et de sa fille au duc de Chartres. La troisième partie offre un journal du duc de Chartres où il développe sa conduite privée et politique.
Les lettres les plus intéressantes du recueil sont celles du Roi, de M. de Montmorin, et les réponses du duc. Il y en a peu qui datent du régime de la Convention. Parmi celles-ci, est un billet de l’abbé Fauchet qui réclame une somme de 1200 fr., qu’il prétend lui étre due par le duc d'Orléans pour l’Oraison funèbre de son père, dont nous avons parlé précédemment, page 87.
On serait tenté de croire, d’après quelques passages de cette correspondance, que l’envie de se venger du Roi et de quelques mépris de la Reine, aurait été le principal mobile des actions du duc d'Orléans pendant la révolution , mais cela n’est pas démontré.
Les lettres de la duchesse peignent admirablement sa bonté, sa douceur et sa résignation relativement aux torts de son mari , soit dans sa conduite politique, soit dans ses liaisons avec mesdames de Buffon et de Sillery.
10°. Journal de la Vie de son altfsse sérénissime madame la duchesse d'Orléans douairière, par E. Delille, son secrétaire intime. Paris, J. J. Blaise, 1822, 1 vol. in-8° avec portr. et fac-simile.
Cet ouvrage très détaillé sur la vie de cette princesse , se lit avec le plus vif intérêt, et ne peut qu’ajouter aux sentimens qu’inspiraient déjà généralement ses vertus, ses malheurs et surtout cette”bienfaisance (1) et cette charité qui formaient le fond de son caractère, et qui, à sa mort, ont fait répandre tant de larmes aux malheureux.
mm ———————
(1) Le dernier trait de cette vertu si familière à cette princesse , est marqué au coin d’une attention si délicate que nous ne pouvons nous refusemà la douce satisfaction de le rapporter. Un de ses valets de chambre fut, par mégarde, il est vrai, cause du malheur qui détermina sa maladie ; je crois que c’est un coup qu’elle reçut au sein. Lorsqu'elle fit son testament , elle assura une pension de 1000 francs à cet homme, en disant : « On « pourrait savoir un jour qu’il est la cause de mon accident, et, « quoique ce soit innocemment , il pourrait peut-être devenir
Des exemplaires de cet ouvrage portent pour titre : La vie religteuse et bienfaisante de S. A. R. madame la duchesse d'Orléans, etc.
Madame Guénard avait publié en 1802 la ie de Monseigneur le duc de Penthièvre, père de madame la dachesse d'Orléans. Paris , Dujardin, 1802, 2 vol. in-12. La quatrième édition a paru en 1815.
Cette dame Guénard , auteur plus fécond encore que madame de Genlis , mais d’un talent bien inférieur, a publié des ouvrages très estimables sans doute ; mais il en est d’autres où elle a supprimé ou déguisé son nom et qui paraissent destinés aux casernes ou aux tavernes. Nous croyons pouvoir mettre de ce nombre le suivant : Ze Palais-Royal, ou Mémoires secrets de la duchesse d'Orléans , ère de Philippe ; par D. F. Hambourg. ( Paris, Lerouge ). 1806, 2 vol.
in-12.
11°. Oraison funèbre deS. A. S. madame la duchesse douairière d'Orléans , prononcée dans l’église Notre-Dame de Paris , le 7 août 1821, par M. l'abbé Feutrier, vicairegénéral de la grande-aumônerie de France. Paris, chez Leclerc, 1821, in-8°. de 48 pages.
Il ya eu en même temps deux éditions de ce morceau d’élo-
« malheureux; je veux qu'il ait au moins de quoi se mettre à « l’abri de la misère. »
« En général, le testament de madame d'Orléans présente le plus touchant accord des sentimens de la religion, de la nature et de lamitié; ses premières affections se portent sur celui qu'elle appelle à différentes reprises son cher fils, et sur.sa chère fille. Elle lègue à M. le duc d'Orléans le tiers de ses biens par préciput, mais elle prend soin d'expliquer à sa fille la cause de cette libéralité. Cela ne tient point à une préférence injuste ; la testatrice chérit également ses enfans. M. le duc d'Orléans est père d’une nombreuse famille, dit la testatrice, et la tendresse de mademoiselle d'Orléans pour son frère est telle qu’elle aurait elle-même conseillé cette disposition. » (Annuaire hist. de 109 1MD 172,4)
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quence , l’une in-4. et l’autre in-8. L’orateur a très bien tiré parti du beau sujet qu’il avait à traiter. M. l'abbé Feutrier, nommé depuis évêque de Beauvais, sacré le 24 avril 1825, ensuite appelé au ministère des cultes, est mort le 29 juin 1830, âgé de quarantecinq ans, M. le cardinal de la Fare, archevêque de Sens, qui avait présidé à l’inhamation de la princesse à Dreux , a prononcé trois courtes harangues à l’occasion de cette cérémonte. Elles ont été imprimées à Dreux, chez Guillot, in-4. de quatre pages. 19. Lettres à S. A.S. Madame la duchesse douairière d’Orléans, par le chevalier Rigault de Rochefort, ancien
magistrat , secrétaire des commandemens de Son Altesse. Paris, 1821 , in-8°.
Je n’ai point vu cet ouvrage.
13°. Mémoires de S. A. S$. Louis-Antoine-Philippe due de Montpensier, prince du sang. Paris, imprimerie de Cra-
pelet, chez Baudouin frères , vol. in-8°. portr.
Cet ouvrage a eu trois éditions dans la même année : la première, faisant partie de la Collection des Mémoires relatifs à la Révolution française (xve livraison) , forme 1 vol. de 224 pag. in-8. sous le titre de Louis-Anroins-Pnicirre, comme nous l’avons rapporté. La seconde édition a 304 pages sous le même titre ; et la troisième, revue et corrigée , de 304 pages aussi, n’offre plus que les prénoms ANromne-Pniziere , et je pense que ce sont les seuls de ce prince.
Nota. I] a paru en 1824 un ouvrage intitulé Notices biographiques des princes et princesses de La maison d'Orléans. Paris, Plassan, 1824, 1 vol. in-80. Nous regrettons de m’avoir connaissance de ce volume qu’en ce moment, et de n’être plus à portée de nous le procurer et de le consulter. Il nous eût sans doute
fourni quelques détails qui ont pu nous échapper, et dont nous aurions profité.
LOUIS-PHILIPPÉ 1°. 117
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