‹ Précis historique, généalogique et littéraire de la maison d'OrléansChapitre 32 sur 39 · AS · texte numérisé non relu

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« Mon couleur de rose est à présent bien passé, et il est changé « dans le noir le plus profond. Je vois la liberté perdue; je vois « la Convention nationale perdre tout-à-fait la France par l'oubli « de tous les principes ; je vois la guerre civile allumée ; je vois « des armées innombrables fondre de tous côtés sur notre mal- « heureuse patrie, et je ne vois pas d’armée à leur opposer. Nos

blir la royauté constitutionnelle. En conséquence, il négocie le 51 mars avec le prince de Cobourg et lui livre Breda et Gertruydemberg.

Il fait, le 35 avril, arrêter les quatre commissaires (1) que la Convention avait envoyés pour se saisir de sa personne , et les livre à l’Autriche. On pense bien qu'après de pareilles opérations, il n'avait rien de mieux à faire qu’à passer à l’ennemi; et c’est ce qu'il fit le 4 avril, avec une partie de son état-major. Un décret avait été rendu

« troupes de ligne sont presque détruites ; les bataillons les plus « forts sont de quatre cents hommes. Le brave régiment de « Deux-Ponts est de cent cinquante-neuf hommes, et il ne leur « vient pas de recrues. Tout va dans les volontaires ou dans les « nouveaux corps. En outre le décret qui a assimilé les troupes « de ligne aux volontaires , les a animés les uns contre les autres. « Les volontaires désertent et fuient de toutes parts; on ne peut « pas les arrêter; et la Convention croit qu'avec de tels soldats « elle peut faire la guerre à toute l’Europe ! Je vous assure que « pour peu que ceci dure , elle en sera bientôt détrompée. Dans « quel abime elle a précipité la France! Ma sœur ne se rendra « pas à Lille, où on pourraft Pinquiéter sur son émigration. Je « préfère qu’elle aille habiter un village aux environs de Saint- « Amand, » j « Signé ÉGALITÉ. »

(x) Ces quatre commissaires, députés, sont Camus, Lamarque, Quinette et Bancal ; on leur avait adjoint le ministre de la guerre Beurnonville. Livrés au prince de Cobourg , ils furent d’abord conduits à Maestricht, puis à Olmutz, où ils furent étroitement resserrés jusqu'au 19 décembre 1795, jour où on les échangea contre Madame, fille de Louis XVI, depuis duchesse d'Angoulême.

contre lui; mais il y en avait aussi un d’arrestation rendu contre le due de Chartres, et il lui fut notifié au milieu de ses troupes incertaines et divisées d'opinion. Quel parti devait prendre ce prince ? Il n’y avait pas à balancer : se soumettre au décret, c'était aller à une mort certaine. Il fallut donc, sans partager les projets du général en chef, suivre son exemple. Le duc, qui s’était rendu à Saint-Amand, où était sa sœur, en partit le 6 avril avec elle, et arriva le même jour à Mons, où était le quartier-général du prince de Cobourg. Aussitôt on lui offrit le commandement d’une division en sa qualité de lieutenant-général. Mais ne voulant point porter les armes contre sa patrie, il remercia, demanda des passe-ports et partit, n'emportant avec lui que de trop faibles ressources pour assurer son existence au-delà de quelques mois. Suivons maintenant le jeune exilé dans ses longs et pénibles voyages.

Il dirigea d’abord ses pas vers la Suisse , dans l'espoir d'y trouver un asile pour lui et pour sa sœur, qu'un concours de circonstances avait mise sous sa protection. Il espérait pouvoir se fixer à Zurich , mais on lui en refusa l'autorisation. Il en fut de même à Zug. Enfin arrivé à Bremgarten, il y trouva le général Montesquiou (1), qui pro-

(1) Ce général était à peu près dans la même position que le

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