‹ Précis historique, généalogique et littéraire de la maison d'OrléansChapitre 34 sur 39 · FA · texte numérisé non relu

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140 LOUIS-PHILIPPE Le,

duc d'Orléans accompagna. Ces deux princes furent recus à Gibraltar; mais les Anglais s’opposérent à leur entrée en Espagne. Pendant que Léopold était retenu à Gibraltar, le duc d'Orléans fut reconduit en Angleterre, où il resta quelques mOIS.

C’est dans ces entrefaites que la ville de Figuières , habitée par madame la duchesse d’Orléans depuis 1801, fut assiégée par les Français en juin 1808. La maison de la princesse fut détruite par l'effet des bombes. A peine eut-elle le temps de s'enfuir à pied pendant la nuit, et de se réfugier parmi les insurgés espagnols. N'ayant pas cru devoir conserver près d’elle mademoiselle d'Orléans sa fille, dans de telles circonstances, elle l'avait envoyée à Malte près de son fils, qu’elle y croyait encore; mais la Jeune princesse ne l’y trouva plus. Elle apprend qu'il est à Gibraltar ; elle va l'y chercher : il venait d’en partir pour l'Angleterre. Elle y court ; enfin elle le rencontre à Portsmouth, au moment où il allait s’embarquer pour retourner dans la Méditerranée. Elle monte. avec lui sur la frégate. L’un et l’autre sentaient la nécessité d’aller tirer leur mèré de la cruelle position où elle se trouvait ; mais le commandant du vaisseau avait l’ordre exprès de ne point laisser approcher le duc d'Orléans de l’'Espagne. Le hasard leur offrit l’occasion bien inat-

tendue de voir seconder leurs vœux, sinon par eux-mêmes , du moins par un tiers. Pendant la traversée on aperçoit de loin un petit bâtiment qui cinglait du côté de l'Espagne ; le chevalier de Broval, qui était sur la frégate avec le prince et la princesse, s'offre de les quitter et de passer sur le petit bâtiment; la proposition est acceptée. Les signaux sont donnés , le chevalier change de vaisseau , part, aborde la Péninsule, va trouver madame la duchesse d'Orléans et la conduit en sûreté au Port-Mahon, tandis que le prince et la princesse, continuant leur traversée, arrivent en Sicile, et se rendent à Palerme.

Ils sont parfaitement accueillis à la cour, et bientôt la plus étroite amitié s'établit entre mademoiselle d'Orléans et la princesse Marie-Amélie, fille du Roi. Dès son premier séjour à Palerme , M. le duc d'Orléans avait remarqué cette jeune princesse , et, frappé de ses éminentes qualités , 1 en devenait de plus en plus épris. De son côté, Marie-Amélie n'avait pas tardé à éprouver des sentimens conformes à ceux qu'elle avait inspirés. La reine de Naples, Marie-Caroline, voyant ces deux cœurs et ces deux caractères si bien assortis, adopta le projet d'union qu'ils désiraient vivement, en fit part au Roï, et le lui fit approuver. Les deux amans furent au comble de leurs voeux; mais il leur manquait encore quelque

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