CHAPITRE XVIir
LE CONNÉTABLE RÉSIGNE CERTAINS FIEFS QU*1L AYAIT EN FLANDRE. SA MORT. - LA ROYAUTÉ DE HARNES TOUBE EN QUENOUILLE.
Par réchange qui lavait eu lieu en 1218 entre la comtesse Jeanne et le connétable de Flandre, la balance se trouvant inégale dans les valeurs qui en avaient fait l'objet , on avait eu recours, pour rétablir Téquilibre , à Tappréciation des trois arbitres Michel deHarnes, Wautier de Fonneselles etMellin de Messernes , qui avaient décidé que la comtesse Jeanne jouirait des wastines , prés et eaux courantes des environs d'Alost , et qui appartenaient au sire de Boulers, ainsi que de 123 livrées de terre audit lieu , attendu que cette prisée se compensait avec celle de 180 livrées de Wautier de Rubroec, et avec celles données en échange par le connétable. Cette transaction avait été passée à Lille en 1226 (1). L'année suivante fut remarquable , au dire de Lespinoy , par les démissions que firent de leurs fiefs , entre les mains du comte Fernand, plusieurs chevaliers et seigneurs (2) , parmi lesquels Michel de Boulers , Raoql de Kanny , Godefroi Naeste sire de Brienne, le sire de Harcourt , Robert de Deulx et Avoisle sa femme.
Deux documents prennent place dans notre récit sous le millésime 1227. Le premier est un cautionnement pris par le connétable de Flandre vis-à-vis le comte Femand et le duc de Lorraine (3); le second, daté de Saint-Amand, est autant le complément des opérations arbitrales de l'année précédente , qu'un déport de fief. En effet , il est toujours question dans la première partie de ce document des 120 livrées de terre, des eaux
(1) V. les pièces justificatives.
(2) Lespinoy , p. 13i.
(3) fiutkens, trophées de firabant, p. 71.
et wastines , de la terre de Wautier de Rubroec que le comte de Flandre devra garantir à son connétable comme seigneur ; mais celui-ci lui remet de son côté la ville d*Erembaudeghcm^ il le tient quitte ainsi que la comtesse de toutes les demandes qu*il leur avait faites, et il déclare devoir jouir de tous les gages, habillements et autres droits qui lui appartenaient dans la cour du comte de Flandre (1}.
Il s*agit bien là , si je ne me trompe , des gages et habillements dont on a vu le détail à la page 36 de cet ouvrage. Cette réserve que fait le connétable de ses droits comme officier de la cour du comte, considérée abstraction faite de la continuité de son emploi jusqu'à 1229, ne suffiraitrelle pas, au besoin, pour dissiper les effets de la cession de la châtellenie de Cassel en 1218, dans le système qui tend à inféoder la connétablie dans cette maison? En mars 1228 , Michel de Boulers servant d'arbitre entre Robert, avoué d'Arras, et Gilebert de Sottenghien , beau-frère de celui-ci, appose à la sentence le sceau de la connétablie , qui est son sceau personnel aux armes des de Wavrin , comme ledit Duchesne en cette occasion (2). En novembre, il nous apprend qu'il est sauvé de la ligité du comte de Flandre, de Guillaume de Dampierre , de Marguerite sa femme, à cause de la demeure de Nieppeglise que lesdits Guillaume et Marguerite ont échangée avec lui contre la maison des Wastines qui avait appartenu à son oncle Michel de Harnes (3).
1228 et 1229... Deux millésimes qui nous permettent de voir notre point d'arrêt, après avoir dit que dame Alix de Boulers a fondé et doté l'abbaye de Beaupré, près de Grammont ^ du consentement des enfants qu'elle eut de ses trois maris.
(1) V. les pièces justificatives.
(2) Duchesne, maison de Guincs, p, 2V2.
(3) V. les pièces justiricalivcs.
— Soie tabcilioD , scrupuleux obsenateur de la préséance de Fâgè , a fait sceller son œuvre géminée par Michel le connétable , Philippe de Boulers, Otton de Trasignies, Gilles le Brun, Rasse de Gavre , Gossuin de Scendelbeke , beau-frère de celui-ci par Ade sa femme, tous ces cosignataires , frères et sœur germains deux par deux , et utérins entre eux (1 ) .
1230. — Date mémorable où deux connétables arrivent au terme de tous les travaux humains , Monseigneur Mathieu de Montmorency et le sire de Boulers. Ce dernier ne laissait aucun héritier direct. Son frère Philippe vient après lui dans la con. nétablie.
Dans le personnel qui reste à Boulers , 16 baron Philippe et sa mère ont droit de revendiquer leur place dans nos travaux ultérieurs. A Harnes, il ne reste, sauf erreur, que Pbilippinede Harnes, mariée à Hugues, seigneur d'Antoing et d'Espinoy. La couronne de Michel IV passait donc sur une tête étrangère.