‹ Précis historique sur la maison de Harnes, 963 à 1230, suivi d'une version romane, attribuée à MChapitre 3 sur 28 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

TOPOGRAPHIE DE HARXES , ANNAY ET LOISON. — ÉPOQUES CELTIQUE ET GALLO-ROMAINE.

Aux confins des provinces de Flandre et d^Artois, le long de plusieurs ruisseaux qui traversent ces quartiers , il s'est formé anciennement plusieurs grands marais. Uun d'eux qui commençait au-dessus de Lens, était assez étroit de là à Loison ; mais, à la hauteur de Harnes,il s'élargissait considérablement jusqu'à Billy , Fouquières , Montigny , retournait ensuite vers le septentrion de Harnes , et s'étendait jusqu'à Epinoi et Oignies , couvrant ainsi quatre lieues de pays. En cet endroit , ce marai»

se partageant en deux, la première dérivation se dirigeait par Annay , entrait dans la partie brayeuse située entre cette paroisse et Vendin , arrivait après à Pont-à-Yendin , Berclau , Bauvin , Hantaie , et avait trois lieues d'étendue ; la seconde pénétrait dans les marais dlIénin-Liétard qu*e1ie remontait sur les bords de TEurin, côtoyait Bourges , Ostricourt, Évin, Courcelles , Auby , Fiers et Borignies , et n'était pas moins considérable que la première. Sur le continent de droite de ce premier marais qui commençait à Lens et donnait naissance aux deux autres, étaient Noyelles , Billy, Fouquières, Montigny, Courrières ; sur celui de gauche , Loison , Harnes , Annay par derrière. Ce marais était une sorte de golfe d'une grande profondeur. La pêche étant, à cette époque, la ressource à peu près unique des premiers indigènes , ils ne tardèrent pas à élever des chaumières composées de potier ou terre glaise, de branchages et de roseaux, produits naturels de ces contrées aquatiques. Ces habitations, dispersées sur l'un et l'autre rivage, se rapprochèrent aussitôt que les incommodités et les dangers de l'isolement se firent sentir. — Les luttes devenues moins fréquentes entre^ceux qui avaient réuni leurs efforts dans la vie commune, le dénûment et l'impuissance des plus obstinés achevèrent les agglomérations successives. Tel fut le premier pas vers la vie sociale , au milieu de l'enclave de Béthune , Bouai , Lille et Arras. Les populations qui s'y étaient amassées dans le voisinage des eaux , par les puissants motifs de leur subsistance et de leur conservation , essuyèrent les mêmes vicissitudes avant de prendre la même origine historique. Elles persistèrent à l'état de nature plus longtemps qu'on ne l'avoue généralement, aussi longtemps, sans doute, que se nourrissant du produit de la pêche et de la chasse, elles auront négligé cet art dont Triptolême est le père et sans lequel il n'y aurait ni société ni patrie.

L'homme des marais et des bois est nécessairement plus ancien que l'homme des pays de plaine.

Avant , comme longtemps après les premiers fondements des bourgades de Harncs et de Loison , on voyait dans le marais un nombre assez considérable de petits îlots fixes et même mobiles, à la surface desquels avaient existé des cabanes, demeures primitives de ceux qui avaient vécu exclusivement de la pêcbe et qui ne revenaient alors en terre ferme que lorsqu'ils en étaient surabondamment pourvus. De ces îlots, les uns existaient naturellement , d autres avaient été formés par les pêcheurs pour essuyer et faire sécher leurs filets èl engins. Ils étaient fossoyés et même plantés (1).

Ce n'est pas à l'occasion de nos éludes historiques sur la modeste contrée de Harnes et ses dépendances , qu'il serait question d'aborder ces époques si fécondes en écueils, même pour les maîtres de la science, où les nations barbares, se disputant l'occupation du sol , se brisaient les unes contre les autres avant de passer par le creuset de la civilisation. L'insuffisance de notre sujet commande d'ailleurs de respecter la succession chronologique de ces grands événements, telle qu'elle est fixée aujourd'hui , et d'accepter avec tout le ujonde la domination celtique comme la plus ancienne de toutes. Dans 1 et^it actuel de la science , voyons si J'étymologie du nom de Harnes ne rappellerait pas un souvenir de celte épo(|ue? En langue celtique le mot arn veut dire honneur; il s'est conservé dans les noms suivants: Arnulf, Arnold, Arnèse (2). Harnes vient du celtique /mr,sur,et ness, nez, pointe ou cap (3). Malheureusement cette étymologie , très-souple comme beaucoup d'autres, se prête à plusieurs époques. Harnes dérive du teuton Hem qui .signifie une terre inculte (4). Ani, en langue belgique, si-

(1) Études sur des mémoires de procédure rei)0saiit aux arclùves (le Harnes.

(2) Manuscrit du P. Ignace, bibliothèque communale d'Arras.

(3) .Notices manuscrites de M. liuihn(»l.

('il M Harhavillo. Mnnorial hislori(|nefln PasHic-dalais.

guiiie un uigle; aussi Alciiiii , parlant cf A rnon, son frère , le nomme Aquila (1,. On peut ajouter la suivante qui ne paraît pas plus mauvaise : Harn ou Heam en flamand désigne un marais. En Hollande, le pays le plus marécageux du monde, il n est pas rare de trouver des paroisses et des familles qui portent ce nom (2).

Loison doit être un dérivé des mots latins os, oris, ostia et ostium, embouchure, rivage, d'où peut-être orodonia et oromansacus. Ces expressions ne paraissent avoir aucune parenté avec Xanscriacum du même idiome (3).

Annay ou Hannay vient du celtique hanner, qui signifie coupure; et en effet, dit un certain dictionnaire celtique , il y a deux villages de ce nom près Tun de l'autre (Annay et Hantaie) sur une coupure de la Deûle, ou plutôt sur la coupure d'un marais , puisqu'il est vraisemblable que le canal de la Deûle était inconnu des Celtes i4). Annay, atedonacum, aunedo-

(1) LeP. Ignace, lùeoeilato, d'après un passage de 1 Hist. de rfiglise gallicane du P. Longueval , t. 5 , p. 51 , arrive à une déduction triviale.

(2) 11 y avait plusieurs terres et rivières du nom de Harnes : amnis HarnsB, vulgô Saint-Étienne-sur-Arne in Gampinia ; Harnes , non loin d'Astières sur la Meuse (v. Monum. germ., t. 8 , p. 880) ; Arn Fluvius Helvetise (ibidem) ; Ilaren castrumbaud procul Tungris (ibid., t. 10, p. 416), qui fut le siège d'une seigneurie qui n'a rien de commun avec celle de Harnes en Artois.— H y avait encore une terre de Har^ nés en Hainaut , dont il est fait mention en une cbarte du roi Charles IV pour l'abbaye de Saint-Amand (Dom Bouquet, Hist. de Fr., t. 9, p. 474), et en la donation par Godefroi, seigneur de Florines, de deux sols de revenus sur Harnes en faveur du couvent de Valciodor (ibid., anno 1035).— Le môme historien fournit encore un passage ainsi conçu, que je crois étranger à mon sujet : 1142 , ecclesia Arnensis ni honore sancta crucis et Mariœ virginis dedicatur, etc., etc.

(3) Il y avait un autre Loison en Artois, où était établie une commandcrie.

Ci) Runct,Uictionnaircreltique, t. I,p. 280.

nacum (1). Annay, asinala ou as inaria villa. Le premier terme indique la quantité de terre qu'un âne laboure dans un an , ou celle qu'on peut ensemencer avec la charge de cet animal ; le second n'a pas besoin d'explication : la racine probable de ce mot est alnetum ou alnm, c'est-à-dire un lieu planlé d'aulnes (2).

Le meilleur système d'études , sur la domination celtique , consiste sans doute dans l'examen de ses monuments. L'observateur aperçoit assez fréquemment à la surface du marais aujourd'hui desséché, et principalement sur ses anciennes rives , certains silex en forme de cône aplati dont la substance varie aussi bien que la hauteur qui, ordinairement, est d'environ un décimètre. La base n'est autre chose qu'un tranchant, le sommet en est presque toujours ébréché. Nul doute que ce sont là des armes meurtrières dont les Celtes et les Galls se servaient comme de casse-têtes. Des meules portatives, circulaires, convexes et concaves d'un côté, rayées et unies de l'autre, perforées au centre par un essieu fixe autour duquel tournaient ces meules superposées l'une sur l'autre , des galets auxquels la seule force du bras imprimait le mouvement de rotation dans leurs auges,

(i) Index gallicè latinus de Dom Bouquet, t. l,p. 8't4.

(2) Tous les lexiciues latins. Meyer dit parfois Alnetanus et parfois Lanoius pour désigner les de Lannoy. Dom Bouquet se sert du mot Àlnetum comme rélément premier du nom d'Ânnay etdcTAunis. Or, si Ton ne savait que l'abbaye d'Annay fut fondée en 1 196 , on ferait facilement une confusion par la lecture du passage suivant : « Richardus de Humet, constabularius Régis, cum religiosi vixissel « anno uno et dimidio in abbatià de Alneto quara ipso aîdilicaverat « obiit, etc. , auno 1179. » (T. 13 , p. 32i.) 11 s'agit ici d'Annay, diocèse de Baioc. Garpentier, historien de Cambrai , fait remarquer qu'il est difticile de reconnaître entre elles les terres et les familles qui ont porté ce nom , car il y a Aulnoy-lez-Berlaimont , Aulnoy-lez-Valenciennes , Aunoy en Artois.— Au rcï-te, je ne me suis décidé à découvrir ces racines que par déférence pour les érudits qui se livrent à cette sorte de gymnastique intellectuelle.

pour moudre le froinenl et autres subsistances , des carreaux et des chaperons en terre cuite, se montrent à Tinvestigateur dans le val de Loison à Courrières. Ces carreaux, ajoutés en longitudes les uns à la suite des autres, sur le plan déclive des toits d'habitation , se trouvaient étreints par les chaperons à Tendroit de leurs listeaux ou rebords, de façon à former des zones ou courants parallèles par où découlaient les eaux pluviales. Ces vestiges se révèlent aujourd'hui à lamateur , sur le versant du marais de Loison , à l'entrée des prairies baronales de Courrières , à Harnes, à l'extrémité de la rue du Camp, mais surtout en plus grande abondance sur la rive droite du marais, dans l'endroit même où, revenant de Montigny , il commençait à avoir moins de largeur.

En effet , vis-à-vis la partie septentrionale de Harnes est un terrain ci-devant remarquable par ses filons tourbeux et ses trésors d'antiquités gauloises , romaines et mérovingiennes. Il paraît que , même dans les temps les plus reculés , cette plage étant tantôt à sec et tantôt inondée, offrait un poste avantageux pour la conquête du pays aux Romains dont la tactique, comme on le sait , était de camper presque toujours sur le bord des marais. Sans aucun doute, d'autres peuples avaient su profiter avant eux du voisinage de ces eaux , puisque la tourbe y était tellement abondante qu'on peut avancer avec certitude que , même avant l'invasion romaine , elle avait été partiellement extraite; car il est impossible d'expliquer autrement de nos jours cette circonstance que les objets romains que l'on rencontre invariablement dans le bousin ou terre fibreuse qui recouvre le combustible onctueux, s'y montrent également au-dessus des coffres de peu de profondeur qui ont été épuisés jadis par des instruments tranchants dont les traces sont encore visibles au moment du découvrement. Dans les premières années qui suivirent le dessèchement , il n'était pas rare de trouver en cet endroit, au milieu de la matière végétante, visqueuse et molle.

i-}f. A ho^iu* a loua

des chênes énormes enveloppés de ciment romain et formant des murs d'appui. On a exliumé une telle quantité d'ossements sur un seul et n)ême point , que l'on s'est cru autorisé à reconnaître l'emplacement des étables où le bétail était enfermé. Le bois du cerf et de l'élan , la mâchoire du sanglier, peut-être et probablement même la corne de l'urus, ont été soulevés par la bêche de l'ouvrier contemporain. Quelques pas plus loin , c'est un lit concave et sableux dans un quadrilatère figuré par quatre piquets en chêne enfoncés à une grande profondeur (pourquoi les anciens n'auraient-ils pas goûté dans ces lieux les délassements du bain à défaut de leurs thermes ?). Des stylets, des boucles, des sonnettes, des lances , des aigles , des cuillères, le tout en airain , des lances en fer , des noisettes entières, la Vénus en marbre blanc traduisant une pensée impudique de l'ar- • tiste, voilà pour l'archéologue autant d'éléments de preuves à l'appui de mes conjectures sur ces différentes époques.

Pour les convertir en certitudes , du moins quant à l'occupation romaine , je rappellerai que le niveau du sol est jonché de fragments de poteries de toute nature en usage dans l'antiquité, depuis les vases les plus grossiers jusqu'aux plus délicats, depuis l'urne cinéraire jusqu'à la coupe des Étrusques, ce peuple qui apprit des Grecs l'élégance du dessin , la beauté des formes qu'il fit revivre et perpétua sur la terre cuite. La plupart de ces produits en ce genre constituent une poterie rougeâtre, vernissée , dont l'extérieur montre ordinairement dans un médaillon en relief les figures les plus bizarres, la mythologie confondue avec l'histoire , les colonnes d'Hercule , un costume de grand prêtre ou sacrificateur, un sphynx qu'un personnage conduit parla queue, la souche d'un arbre fruitier, un lutteur, un lion , un chien, un autel , un aigle, un hibou. Le maître de l'officine ou le potier a l'habitude d'imprimer son nom au fond du vase , de gauche à droite, quelquefois dans le sens inverse,

en caractères moitié grecs, moitié latins. Voici quelques-uns de ces noms que j*ai sous les yeux: Albusi of ( oOicina) , of Bassi (oiricina Bassi), Cosrufi, Luperci, Minusi, Hacrinus, Severi. Dans les poteries dont l*usage est plus fréquent, et dont la matière est moins Hne, j*ai remarqué que les signatures sont sur le bord du vase, comme celles-ci : Acasatus, XV Puperius.

Avant de quitter cette époque , il faut faire la part des découvertes numismatiques , afin de ne rien oublier. C'est à la profondeur et à la surface de la couche tourbeuse que l'on a remué et recueilli des monnaies gauloises et romaines , les premières en argent figurant un buste casqué et un cheval , les autres en bronze pour la plupart. Celles-ci appartiennent aux règnes d'Auguste, Néron , Vespasien , Domitien, Antonin-le- Pieux, iElius-Caîsar, Marc-Aurèle , Faustine mère et fille , Lucius-Verus , Lucillc , Commode , Seplimc-Sévère , Gordien , Posthume, Constantin, Zenon. Les marais de Loison et Annay ont également fourni leur contingent en ce genre. Depuis plus de soixante ans que Ttigricultcur a pris possession du terrain dont la description vient d'être faite, les nombreux débris qu'il cachait en son sein ont disparu insensiblement; aussi reste-t-il peu d'espoir qu'il retrouve encore , comme ci-devant , dans une seule pelletée de terre , les bronzes de douze Césars en compagnie. Son ignorance de l'antiquité et son indifférence pour elle concourent à la destruction ou à la dispersion de ces im[)ortanls vestiges.

CHAPITRK II.

DES ÉGLISES DE HAHNES , ANNAV ET LOISOX.— LES PÊCHERIES PRIVÉES — FAITS GÉNÉRAUX.

Les historiens des Gaules s'accordent généralement à placer le berceau de la religion et de l'autorité d'un maître , idolâtre ou rlirétion, selon les diiïérenls Ages de la cixilisation , dans

Tobscurité mystérieuse et calme des forêts. Lorsque se forment les paroisses et les divisions géographiques du sol, les forêts s'éclaircissent et le polythéisme est à son déclin. Cette époque nous paraît être principalement celle des révélations chrétiennes faites aux populations de T Artois par les apôtres qui en étaient les dépositaires , tel que ce soldat des armées de Théodose , baptisé à Thérouane ou à Arras , saint Martin , le patron des nombreuses paroisses où il laissa tomber Fétincelle de la foi nouvelle. Des chapelles, des églises s élevèrent dans les lieux mêmes qui avaient retenti de sa parole évangélique. Ces souvenirs, que je puise dans la tradition locale , concordent avec le récit de Martin Lhermite , dont le ton si affirmatif vient tempérer les regrets qu'on éprouve du silence des autres historiens : « Si quelqu'un ne peut pas croire , dit-il , qu'il y eut des ah- « bayes fondées en ce temps (en Tan 383) à Phalempin et aux « lieux circonvoisins , que les Vandales, les Francs, les Huns « auraient ruinées au siècle suivant, du moins il doit croire « que saint Martin y a dressé les églises qui le reconnaissent « pour patron jusqu a présent , toutes aux environs de Pha- « lempin , à savoir : Carvin, Aneulin , Harne, Noyelle, Vitry, « Beaumont(l). »

Le pagus Adarctensis , sive Adartisus , qui s'étendait de TArroaise à Arras , d'Arras à Béthune, de Béthune au pagus Lensensis , formant Tune des subdivisions septentrionales du Belgium, embrassait dans ses limites la portion de pays dont il est question dans cette histoire.

Le Christianisme consolida le droit de propriété. Dans les premiers temps, et vraisemblablement dès l'origine du monde, tous les biens étant communs , il y avait des marais et des bois avant qu'il y eût des rois, des abbés , des seigneurs particuliers

(1) Histoire des saints de Lille, Douai et Orchics, p. 37, c. 10.

(jui ne furent institués qu'ensuite de la partition des choses. Les niamis qui ont consenéle nom de communes sont les marques les plus anciennes de cette première communauté de biens. Un usage invariablement obsené depuis cette partition, c'est que les fonds couverts d'eau appartiennent aux paroisses sous lesquelles ils sont situés, et que l'eau qui en couvre la superficie appartient aux paroissiens qui ont chacun une portion ap])elée pêcherie, en conséquence de laquelle propriété ils ont seulement le droit de pêche , sans pouvoir toucher au fond ni auxhcrbes> croissant, sinon cumulativement comme paroissiens de la situation de ces eaux , et sans pouvoir non plus prétendre à la propriété individuelle du fond. Dès lors, le flot commun de Harnes , Annay et Loison fut divisé en plusieurs [)ortions ou pêcheries, appelées les hautes et basses eaux desdits lieux. Chaque propriétaire de pêcheries peut couper sa portion de fossés , filets ou canaux dans lesquels le poisson puisse se nourrir et se tenir plus facilement , planter dans le fond des piquets ou étaques pour arrêter les rets des pêcheurs mal-intentionnés, les nasses, heuches , hanias, tirevens , repentis et autres sortes d'engins (1). Le partage des eaux dut précéder celui des terres , qui paraissait moins possible durant la domination romaine, qui réduisait les Francs à payer tributs pour elles et leurs personnes.

Le domaine de Harnes, ses dépendances et IcPont-à-Vendin, étaient l'entrée et la sortie des provinces de Flandre et d'Artois. En 41 4, Stilicon, gouverneur-général des Gaules, ayant attiré à son parti les Vandales , les Alains, les Suèves et autres vagabonds et pillards , dans le dessein de renverser l'empereur Honori us, s'empara d'Amiens et d'Arras , et séjourna à Pont-à- Vendin. Les églises naissantes curent tout à .souffrir de leurs

ili Fragments de jirocédiirc prérité:!.

désastres, et c'est de ces malheurs que l'histoire des saints de Lille, Douai et Orchies nous instruisait il n'y a qu*nn instant.

Vers Tan 510, les Francs cessant d'être les tributaires des Romains, les terres furent partagées, et les redevances payées si longtemps à ce peuple belliqueux entrèrent dans le trésor du roi , qui fit du domaine de liâmes un fisc royal , fiscum regum , dont nous verrons bientôt le développement.

Au septième siècle la ferveur était grande dans l'Artois , la Morinie , l'Ostrevent , le Tournaisis et la Belgique , dont le sol se couvrait de monastères. A la suite des prédications de saint Vaast et de saint Amé, des chapelles érigées à Loison et Annay par les générations converties furent mises sous leur invocation. Jusque-là il n'y avait eu qu'une paroisse primitive au chef-lieu de Harnes. Ces événements s'accomplissaient de 628 à l'an 700.

Maintenant, il ne me reste à signaler que la continuation des invasions des Normands en 820 , en 840 , 850 , 859. En 863 ils sévissent particulièrement sur La Bassée , Cysoing et l'abbaye de Saint-Eloi,qui allait être le théâtre d'un grand combat. En effet , Bauduin , fils d'ingeiram , gouverneur-général de Flandre , traverse nos contrées pour aller combattre le roi Charles-le-Chauve , dont il a enlevé et épousé clandestinetnent la fille, et rentre victorieux dans ses États. Les calamités résultant de ces guerres ayant été vraisemblablement réparties sur la terre de Harnes , on ne pouvait faire autrement que de les mentionner ici.

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