‹ Précis historique sur la maison de Harnes, 963 à 1230, suivi d'une version romane, attribuée à MChapitre 5 sur 28 · DU COMTÉ DE UARNES CONSTITUÉ EX BÉNÉFICE. -LE COMTE LAMBERT · texte numérisé non relu

DU COMTÉ DE UARNES CONSTITUÉ EX BÉNÉFICE. -LE COMTE LAMBERT

Le fisc de Harnes qui , dès son origine , ne- percevait des redevances qu'à Vendin , Carvin et Estèves , s'était accru dans Tespace de quelques années d'autres droits seigneuriaux dans rétendue de Neuville à Lorgies, d'Hennin à lUies , de Lens à Fleurbaix. Nous voyons en effet, par un titre de l'an 101 2, qu'il était adjacent à l'héritage qu'un certain bourgeois de Bruges, . nommé Bertulfe, avait à Bailleul (2) , et dont il fit donation à Robold , abbé du Mont-Blandin. La seigneurie de Harnes se composant exclusivement des revenus de ce fisc, les donations faites par les comtes de Flandre auraient été presque Irustratoires si elles n'avaient pas consisté principalement dans les droits seigneuriaux qui prenaient chaque jour plus d'extension dans les paroisses, fermes ou hameaux du voisinage , ainsi qu'il avait été prévu dans les titres de 963 et 966 où il est dit : Et quïdquid pars fisci sperari videtur in villuUs circumadjacentibus, etc.

Il n'est pas sans importance de faire remarquer que la dénomination du fiscus de Harnes ne concerne que les droits de l'abbaye de Saint-Pierre de Gand dans ce domaine , et qu'elle devient impropre au moment oii ce monastère acquiert la propriété du fonds. Le comte de Flandre, à qui elle appartenait ,

{!) Oudegherst,Chron.deFland.etLesbroussart, 1. 1, pp. 196 et 197. (?) L'ouvrage de Van de Piitto précité.

— iO — avait érigé cette terre en eomté antérieurement à l'an 1047 ,^ peut-être même clans un temps très-rapproché de la réunion de FArtois à la Flandre. En se donnant un successeur dans la personne du comte Lambert , Tun des premiers châtelains connus delà ville de Gand, il obtint pour lui, de Tabbé de Saint-Pierre de Gand , la constitution du domaine de Harnes en bénéfice.

On sait que le bénéficier n'était autre chose qu'un usufruitier placé sous la dépendance immédiate d'un propriétaire , personnage éminent dont il a embrassé le parti, auquel il prête serment de fidélité , auquel il doit assistance , sous peine d'encourir la privation de la concession qui lui a été faite. A cette époque de la féodalité naissante, mais encore fort indécise dans ses premières allures , nous rencontrons , à son début , une opposition d'intérêts que nous suivrons pas à pas , quand il s'agira de faire la part des droits seigneuriaux qui compétent à l'abbé de Saint-Pierre de Gand et à ceux qui viendront, sur la terre de Harnes, les partager avec lui. Il est probable que cette constitution en bénéfice lésait en partie les privilèges dont jouissait le prélat , puisqu'il obtint du comte de Flandre la faculté de faire cesser, moyennant indemnité, les corvées que le bénéficier requérait à Harnes et dans les deux autres paroisses, ainsi que les cautionnements imposés par lui aux vassaux du lieu. Il en fut passé acte au château d'Arras , monastère de Saint-Vaast , devant le comte Bauduin de Lille , le 13 novembre 1047.

Cet accord ne se bornait pas seulement à résoudre en partie les droits du comte Lambert , mais aussi à lui interdire , à lui et à chacun de ses successeurs , le pouvoir d'établir un ministre ou juge pour exiger ce qui lui appartenait dans le bénéfice de Harnes , ou y faire observer ses lois, l'abbé se réservant, pour lui et son chapitre, de choisir ce juge et de le mettre en fonc-

-allions. En outre, les habitants de la villa {villani) furent relevés (Fassisler aux plaids que pourrait tenir encore ledit comte Lambert et d y faire la loi locale, jusqu'au moment oii le monastère de Saint-Pierre rentrerait en possession plus paisible de ce domaine , amplitis in pace (I ) .

La mésintelligence paraît avoir précédé cette transaction. A partir de ce moment, comme il n'est plus une seule fois question du comte Lambert , nous pensons que peu de temps après, Tabbé de Saint-Pierre de Gand sera devenu propriétaire du domaine de Harnçs en même temps que le seigneur dominant.

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