‹ Précis historique sur la maison de Harnes, 963 à 1230, suivi d'une version romane, attribuée à MChapitre 9 sur 28 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

D0NAT105 DE LA CCRE DE HARPES. » LES PBESIEKS FAITS HISTOBIQUES DES SIRES DE HARPES.

I/abbé de Saint Pierre de Gand ne fut point le cnré primitif des églises de Hames, Annayet Loison, il n'en a\tiit été jusquelà que le patron , ainsi que de Carvin ; aucun de ses religieux ne les a^'aient dessenies [2). Les ministres ou diacres, nommés par les fidèles pour en remplir les fonctions, ne vivaient absolument que des aumônes qu'on leur faisait. Lorsque ces ^lises acquirent un patrimoine , on ^it les évêques les ranger sous leur collation , d'après le principe que les bénéfices appartiennent de droit commun à l'évêque dans le diocèse duquel ils sont fondés. En l'an 1110, lerection de la cure de Hames était encore toute récente, Annay n'était qu'une simple chapelle, et l'importance de celle de Loison était nulle. Ansbold , abbé de Saint-Pierre de Gand, avait déjà fait de nombreuses et vives

(Il Leglay,Hist. des comtes de Flandre , t. 1, p. 219, citation du cartul. oblong reposant à la chambre des comjptes à Lille. i'I) Mémoires hist. du P. Ignace.

inslanœs atyprèsile l'cvèquc d'Arras pour le déterminer à faire don à son monastère de la cure de Hames , et à comprendre aussi dans sa disposition la chapelle d'Annay qui en était une annexe ou dépendance. L'évêque Lambert y con»'entit sous la résene de son droit et de ses revenus , renonçant à toute vénalité ou rétribution pécuniaire, à condition que ledit abbé ou ses successeurs lui présenteraient un prêtre capable qui produirait, comme il est juste, un certificat de bonne vie et de chasteté, qui promettrait obéissance et ensuite recevrait gratuitement la charge d âmes, pour lexercer dans 1 église de Harnes sur le peuple de Dieu, à condition encore que ledit AnsboM et ses successeurs ne négligeraient point d assister au synoile d'Arras, à moins de dispense de Tévéque ou de son archidiacre (I). Dix ans après , le nouveau comte de Flandre, Charlesle-Bon, confirma les donations de ses prédécesseurs à labbaye du Mont-Blandin du fisc royal de Hames avec ses dépendances situés au pays d'Escrebieux, et des églises et terres de Carvin et Camphin au pays de Carembaut (2). Cette confirmation fut suivie de celle Philippe, roi de France (3).

Au chapitre VII , nous avons commencé à former notre cortège seigneurial, et vers la fin du chapitre VIII, nous avons été dans la nécessité de faire une certaine suppression. Comme les moyens de contrôle nous manquent à Tégard des chevaliers qui assistent en la donation de Févêque Liébert en iOU , et en la

(i) Miraeus, t. 3, p. 27, fixe ce document en l'auntîe 1118, conlrairement auP. Ignace et au titre concernant la cure de liâmes, déposé aux archives de la Flandre-Orientale,

(2) Duchesne, maison de Guines, pp. 18 et 19 des preuves. Le texte de cette charte doit être rétabli comme suit : In pago Cerbui, etc., iii Carabanto Car^in . etc. , au lieu de : In pago Circuni , in Hracbauto carum.

i^) Ancien grciïe seigneurial «le Sainl-Pieno do (iand.

dédicace de Féglise d*Arroaise,en Tannée 1106, nous les maintiendrons en la place qu*ils occupent, tout en regrettant le silence de Thistorien Gosse sur ces solennités et les personnages qui s'y rendirent, et nous supposerons que le sire Druon de Harnes qui , dans Tannée 1 1 20 , prend la défense d'Amulphe , abbé du Mont-Blandin , dans un débat très-irritant contre un bourgeois de Gand, nommé Everwaker, coupable d'avoir spolié Téglise de ce couvent de 450 mesures de terre situées aux environs de Wilflit (1) , est le même que celui qui nous est connu par cette dernière circonstance.

La lecture des ouvrages de Duchesne , qui nous a fourni ce document, et d'autres autorités non moins respectables, nous apprennent qu'il faut renoncera chercher ailleurs que sur le seuil du douzième siècle, Tapparition historique de la fameuse lignée de liâmes qui, à partir de cette époque, a laissé son nom dans la plupart des grands événements du comté de Flandre. Pendant Téclat quelle projette au loin , Thistoire de Harnes n'existe pas autrement que dans la personne du connétable de Flandre, le siège de la seigneurie est presqu'entièrement oublié , les faits locaux y sont fort rares , le seigneur primitif , l'abbé de Saint-Pierre lui-même, est à l'ombre du costume chevaleresque comme Annay et Loison s'effacent devant le chef* lieu du comté.

Mais aussi , comme toute chose dont le développement est trop rapide ou trop précoce, la seigneurie de Harnes est vouée à une fin prématurée

Du jour où il serait démontré que la connétablie de Flandre appartient déjà depuis 1117 , ou du moins vers 1128 , à la maison de Harnes , avec tous les caractères et les avantages attachés au princi|)e d'hérédité , nous aurions deux moyens do

(1) Duchesne, loco cUato,

prouver , d'une manière presque certaine , premièrement que Michel (le Harnes était Taîné de sa maison, car la branche aînée jouissait de ce fief ainsi que nous le verrons bientôt, en second lieu, quen sadite qualité de connétable, il a forcément pris part aux luttes de Guillaume Clilon et de Thierry d'Alsace, compétiteurs à la couronne de Flandre après l'assassinat de Charlesle-Bon. Un historien de notre temps n'hésite pas à nous dire qu'il avait le plus grand crédit sur l'esprit des Flamands , et qu'il contribua plus que personne à faire parvenir Thierry d'Alsace au succès qu'il désirait. Dans des circonstances aussi graves que celles où il s'agissait des destinées d'un royaume , Tautorité du connétable devait peser beaucoup dans la balance politique. Les chroniqueurs et les annalistes de nos connaissances n'ont fait à notre personnage aucune part ni dans les négociations ni dans les hostilités entre les deux partis rivaux ; nulle part on ne le voit à côté d'Iwain d'Alost et de Daniel de Tenremonde qui s'étaient hautement déclarés pour Thierry d'Alsace , il' n'était pas dans les combats de Thielt et d'Alost qui terminèrent la lutte entre les deux concurrents. Quoiqu'il en soit , je suppose volontiers une intervention de cette nature, qui élève si haut la seigneurie de Harnes, mais je dois la laisser pour compte à l'auteur qui nous l'a signalée. La connétablie était fixée sur la tête du comte de Harnes, lorsqu'une contestation qui forme une page intéressante dans l'histoire de Saint-Pierre de Gand , divisait l'abbé Gislebert d'une part, Hackett le châtelain de Bruges, Wautier Crummelin son gendre , et Willaume de Rodenburg d'autre part , touchant la dîme de Testrep et Groede. La discorde régnait entre eux depuis M 25. Les adversaires de l'abbé s'étaient emparés de certaines terres appartenant à son monastère , à la suite de l'assassinat do CharIcs-le-Bon dont on les faisait res[)onsables. L'abbé de Saint-Piorrçavait usé de tous les inojtMis pour obtc-

ilir réparation. Le coinle Thierry la lui lit obtenir p<ar jugement prononce à Bruges en 1 1 33. Dans celte même année , il lui accorda toutes les vuastines de Flandre (terres vagues et incultes) et toutes celles qui proviendraient des défrichements. C est à ces décisions que Michel de Harnes assista comme connétable dans les premiers temps de Texercicc de sa charge (1). Un seul diplôme de Tan 1 1 35 , pour labbaye d'Affleghem , nous a révélé l'existence d'un sire Wautier de Harnes, que nous regardons comme frère de Druon de Harnes vivant en H06 et 1120(2).

il) Duchesiio, pp. 70 et 71 .

\'2] Ibidem,

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