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caution est bonne. Les sondes à double courant sont ici d'un grand avantage, et entre autres celles de MM. Mercier et Leroy d'ÉtioUes (Instr., pi. XXI, fig. 2 ). On peut faire d'abord passer un courant d'eau tiède pour entraîner la poussière, puis une dissolution émolliente qui apaise un peu l'irritation de la muqueuse vésioale.
Les accidents de la lithotritie sont nombreux ; quelques-uns sont légers , mais d'autres sont fort graves et ne le cèdent en lien à ceux qui succèdent à la taille. Us sont locaux ou généraux ; ils tiennent à l'opérateur lui-même ou à la susceptibilité du malade.
La rupture des instruments, surtout de la brancbe mâle, n'est pas rare ; si on ne peut extraire les fragments, la taille urétrale sera quelquefois nécessaire. La vessie peut être perforée , une partie de la muqueuse , une colonne musculaire peuvent être pincées entre les mors et le calcul et arrachées. L'hémorrhagie a été observée , probablement à la suite de lésions de ce genre.
La cystite , la néphrite , la péritonite ne sont pas très-rares et sont quelquefois funestes. Il en est de même de la rétention d'urine et des ruptures de la vessie. L'infiltration d'urine, le phlegmon du périnée surviennent par suite de déchirures de l'urètre ou de la vessie. L'urètre lui-même est perforé par les instruments ou par des fragments anguleux engagés dans son intérieur. Ce dernier accident est assez commun.
L'urétrite, la prostatite aiguë ou chronique, l'orchite résultent assez souvent du passage réitéré des instruments.
On a noté, dans quelques cas, des phlébites graves amenant l'œdème des extrémités ; dans d'autres circonstances , les tentatives de lithotritie sont accompagnées et suivies de douleurs atroces dont la cause n'est pas justifiée.
Enfin la lithotritie , comme en général toutes les opérations sur l'urètre, peut occasionner de ces singuliers accès fébriles , quelquefois assez graves pour simuler les accès pernicieux ; on voit parfois éclater simultanément des accidents formidables du côté du tube digestif, du poumon, du cerveau. La phlébite des tissus spongieux et érectiles de la verge ou des réseaux veineux du col de la vessie n'est probablement pas étrangère à certains de ces accidents. Toujours est-il qu'un assez bon nombre de sujets y succombent.
11 est possible , sans entrer dans les détails de prophylaxie et de thérapeutique, de formuler les quelques préceptes suivants :
N'appliquer la lithotritie que dans des cas assez simples et lorsqu'elle est formellement indiquée ;
Agir dans la manœuvre avec la plus grande prudence et après s'être longtemps exercé à tous les détails du manuel opératoire j
Faire des séances géuéralemeat courtes , et les espacer suffisamment pour que les accidents plus ou moins graves qui leur succèdent ne s'entent pas les uns sur les autres.
Accorder la plus grande attention au traitement consécutif entre chaque séance; fixer minutieusement les conditions de régime, d'exercice avant et après chaque séance.
De la récidive. — Elle peut tenir à la reproduction d'un nouveau calcul, ce qui ne dépend pas du chirurgien, ou bien tenir à ce qu'on a laissé des petits calculs ou des fragments volumineux qui sont devenus eux-mêmes le noyau d'une concrétion nouvelle. La récidive, suite de diathèse lithique, appartient tout autant à la taille qu'à la lithotritie ; quant à la seconde cause , les lithotriteurs pensent que la récidive n'est pas plus commune a la suite de la seconde de ces opérations ; ce résultat découlerait de la comparaison d'un grand nombre de faits.