‹ Précis iconographique de médecine opératoire et d'anatomie chirurgicaleChapitre 26 sur 142 · PROCÉDÉS GÉNÉRAUX POUR OPERER LA LIGATURE DES ARTERES · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS GÉNÉRAUX POUR OPERER LA LIGATURE DES ARTERES

Pour découvrir une artère qu’on veut lier il faut :

1° Chercher 'd’abord à déterminer la direction du vaisseau , tant par les connaissances anatomiques qu'on possède que par les battements artériels , si c’est sur le vivant qu’on opère.

2“ La peau étant convenablement tendue, avec un bistouri convexe , tenu en troisième position , faire , suivant le trajet de l’artère , une inoision qui sera d’autant plus grande qu’elle est située plus profits dément. Cette première incision devra toujours comprendre la peau et le tissu cellulaire.

3° On divisera, à l’aide de la sonde cannelée , l'aponévrose générale d’enveloppe et on éoartera les muscles pour chercher le paquet vasculo-nerveux composé de l’artère entourée par une gaine commune avec ses veines et ses nerfs satellites

4” Après avoir soulevé cette membrane commune au moyen des pinces à disséquer, on la divise avec précaution et en dédolant. ;

5“ Alors on quitte le bistouri, et saisissant la sonde cannelée comme une plume à écrire , on s’en sert pour isoler Tarière à droite et à gauche, après quoi on cherche à la dégager et à la soulever en faisant passer la sonde au-dessous. Il y a deux précautions à garder dans ce temps opératoire ; la première , c'est de ne pas dénuder l’artère dans une trop grande étendue; la seconde, est d’introduire la sonde entre l’artère et son organe satellite le plus important , afin de ne pas s’exposer à blesser ce dernier avec le bec de la sonde.

6“ Une fois l'artère dénudée et soulevée sur la sonde , on s’assure de ses battements et. ou passe la ligature au-dessous avec un stylet aiguillé muni d’un fil. Quand l’artère est profondément située on fait usage de la sonde de Deschamps ou de l’aiguille do Cooper.

7“ Enfin l’artère étant bien reconnue on doit l'étreindre par un premier nœud. Si le vaisseau est profond , on devra introduire l’extrémité des deux doigts indicateurs dans la plaie de façon à ce qu’ils forment au fil qui serre, comme deux espèces dé poulies de renvoi , et qu’ils préviennent ainsi le soulèvement et le trop grand tiraillement de l’artère. On opère ensuite un second nœud , et on coupe un des chefs du fil taudis qu’on place l’autre dans l’angle le plus déclive de la plaie..

LIGATURE DES ARTERES CUBITALE ET RADIALE.

Fig. 1. ANATOMIE.

A, artère humérale côtoyée en dedans par le nerf médian, b. ;

c, veine médiane basilique, croisant la direction de l’artère humérale et du nerf médian, dont elle est séparée par l’expansion aponévrotique, d, du tendon duhiceps.

E, origine commune des artères cubitale et radiale.

f, nerf médian , croisant l’artère oubitale près de son origine, aA

EG, moitié supérieure de l’artère cubitale couchée sur le fléchisseur profond ; elle est recouverte par les muscles rond pronateur, grand palmaire et fléchisseur superficiel , dont la section permet de voir la direction de l’artère qui, dans ce trajet, est accompagnée seulement de ses deux veines satellites. Le nerf cubital est plus en dedans.

GK , moitié inférieure de l’artère cubitale plus superficiellement située que la moitié supérieure, également accompagnée par ses veines satellites. Elle est en rapport en dedans avec le nerf cubital, h, et le tendon du cubital antérieur, i; en dehors avec les tendons;, du fléchisseur superficiel.

L , artère cubitale donnant naissance à l’arcade palmaire superficielle.

EP, moitié supérieure de l’artère radiale accompagnée par ses deux veines satellites , et en rapport en dedans avec les bords externes des muscles coupés rond pronateur, n, et grand palmaire, o ; en dedans avec le bord interne du muscle long supinateur, m, qui la recouvre un peu dans une partie de son trajet. Le nerf radial est plus en dehors, 'fj

PT, moitié inférieure de l’artère radiale , presque sous-cutanée, awq compagnée de ses deux veines satellites , et en rapport en dehors nveo le tendon du long supinateur, q, et le nerf radial, r ; en dedans avec le tendon du grand palmaire , s, son muscle satellite.

Fig. 2. opération.

Plaie n“ 1. Ligature de l’artère cubitale dans son tiers supérieur. — a. division de la peau; b, division de l’aponévrose ; c, division dans la partie intermusculaire du cubital et du fléchisseur superficiel ; d, nerf cubital; A, artère cubitale sur l’aiguille de Cooper.

Plaie n° 2. Ligature de l'artère cubitale dans son tiers inférieur . —

a division de la peau; b, division de l’aponévrose; c, nerf cubital ; d, tendon des muscles fléchisseurs superficiels ; A , artère sur la sonde.

Plaie n" 3. Ligature de l'artère radiale dans son tiers supérieur. — o, division de la peau ; b, division de l’aponévrose; c, nerf radial; d, bord interne du long supinateur ; A, artère radiale sur la sonde.

Plaie n” 4. Ligature de l'artère radiale dans sa partie inférieure. — o division de la peau ; b, division de l’aponévrose ; c, nerf radial ; A , artère radiale sur la sonde.

PROCÉDÉ OPÉRATOIRE

§ 1. Ligature de l’artère radiale à la partie inférieure de l’avant-bras. — (Voir plaie n“4.) 1° Pratiquer sur le côté externe du tendon du grand palmaire, qu’il est toujours facile de sentir, une incision de quatre à cinq centimètres qui divisera la peau et le tissu cellulaire ; 2“ diviser l’aponévrose antibrachiale en conduisant le bistouri sur la sonde cannelée ; 3“ chercher, isoler et lier l’artère qui se trouve placée au côté externe du tendon du grand palmaire toujours reconnaissable à son aspect nacré.

§ 2. Ligature de l'artère radiale au tiers supérieur de l’avant-bras. — (Voir plaie n“ 3.) Sur le bord interne du grand supinateur, si on peut le sentir, ou encore sur le trajet d’une ligne représentant la direction de l’artère et étendue du milieu du pli du coude au côté interne de l’apophyse styloïde du radius , on pratiquera une incision de sept à huit centimètres qui divisera la peau et le tissu cellulaire , en ayant soin d’éviter les veines sous-cutanées. L’aponévrose étant divisée à son tour sur la sonde cannelée, on cherchera au-dessous le bord du muscle grand supinateur. Ce point de repère étant déterminé et le muscle soulevé avec un crochet mousse , on trouvera au-dessous de lui l’artère radiale renfermée dans sa gaine avec ses deux veines satellites , dont il faut l’isoler pour la lier ensuite.

§ 3. Ligature de l'artère cubitale au tiers inférieur de l'avant-bras. — (Voir plaie n” 2.) 1“ Sur le côté externe du tendon du muscle cubital antérieur, ou, si l’on aime mieux, sur le trajet d’une ligne tirée de l’épitrochlée à la saillie de l’os pisiforme , on tracera une incision de cinq à six centimètres qui divisera la peau et le tissu cellulaire ; 2° L’aponévrose étant ensuite incisée sur la sonde cannelee, on trouvera le tendon du cubital qu’il faut déjeter en dedans ; 3" l’artère qui est au-dessous entre ses deux veines satellites sera ensuite dégagée de sa gaine celluleuse, puis soulevée sur la sonde et liée.

§ 4. Ligature de l'artère cubitale à la partie moyenne de l’avant-bras. — (Voir plaie n” 1. ) 1” Sur le trajet de la ligne précédemment in-

diquée, pratiquer une incision de huit à neuf centimètres qui intéressera la peau et le tissu cellulaire sous-cutané ; 2° chercher ensuite le premier interstice musculaire visible en procédant de dedans en dehors; 3" le diviser avec la sonde cannelée , puis écarter en dehors 1e fléchisseur, sublime au-dessous duquel est placée l'artère accompa-i gnée de ses deux veines. Après avoir divisé la gaine d’enveloppe de ces vaisseaux , il sera plus commode, pour passer la ligature, de faire usage de la sonde de Deschamps ou de l’aiguille de Cooper, à cause de la profondeur de la plaie.

LIGATURE DE l’aRTERE HUMERALE.

Fig. 1, ANATOMIE.

AB , artère humérale. — Elle s’étend du bord inférieur de l’aisselle jusqu|à trois centimètres environ au-dessous de l’articulation humérocubitale. Située à la face interne de l'humérus en haut , elle descend en le contournant de dedans en dehors et lui devient antérieure eu

En rapport dans son quart supérieur avec le bord interne du muscle caraco-brachial , C, plus bas elle répond au bord interne du muscle biceps, D, qui la recouvre un peu dans ses deux tiers inférieurs. Chez les sujets amaigris ou peu musculeux , elle n’est recouverte que par l’aponévrose brachiale et la peau. Tout à fait en bas, elle longe le c6té interne du tendon du biceps en s’engageant sous son expansion aponévrotique, a, qui la sépare de la veine médiane basilique, b.

E, le nerf médian, accompagne l’artère dans son trajet, enveloppé avec elle dans nue gaine aponévrotiquc commune. Supérieurement, il lui est externe ; il la croise en avant vers son milieu , et lui devient interne dans son tiers inférieur. Les nerfs cubital et radial sont en rnp port avec l’artère en dedans et en arrière, mais seulement à sa partie supérieure.

F, G, veines humérales. L'interne est plus volumineuse que l'externe. Elles côtoient l’artère qu’elles enlacent par de fréquentes anastomoses.

H, branche superficielle provenant de l’humérale profonde. Elle se porte en arrière , accompagnée par le nerf cubital.

Fig. 2. opebation.

Plaie n° 1 . Ligature de V humérale à sa partie inférieure . — a, incision de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané ; b, division de l’aponévrose antibrachiale ; c , veine médiane basilique , située entre la peau et 1 aponévrose et déjetée en dedans; d, bord interne du muscle biceps; e, nerf médian situé en dedans de l’artère; F, artère dégagée de la gaîne commune et soulevée sur la sonde cannelée.

Plaie n° 2. Ligature de l’humérale à la partie supérieure du bras.

a, incision de la peau et du tissu cellulaire; b, incision de l’aponé- Mose générale d’enveloppe ; c, veine brachiale ; d, nerf médian au côté externe de l’artère; E, artère dégagée et soulevée par la sonde.

PROCÉDÉ OPÉRATOIRE

§ 1. Ligature de V humérale à sa partie inférieure ou au pli du bras. (Voir plaie n“ 1. ) — 1“ Chercher à reconnaître le tendon du biceps et le bord interne de ce muscle.

2° Pratiquer une incision de six centimètres , en suivant le contour inférieur et interne du biceps. Dans cette incision , qui n’intéressera que la peau et le tissu cellulaire , ménager la veine basilique, o, qu’on déjettera, suivant le cas, en dehors ou en dedans de l’incision.

3“ La couche aponévrotique est constituée en ce point par l'expan. sion du biceps ; la diviser sur la sonde cannelée.

4" Au-dessous , on verra l’artère accompagnée de ses veines et côtoyée par le nerf médian en dedans ; soulever avec des pinces la gaine commune des vaisseaux et nerfs , l’inciser en dédolant , isoler l’artère et la lier.

§ 2. Ligature de V humérale à la partie supérieure du bras. (Voir plaie n° 2. ) — 1“ Après avoir bien déterminé le bord interne du biceps, pratiquer dans sa direction une incision de six à sept centimètres de longueur, qui intéressera la peau et le tissu.cellulaire.

2“ Inciser l’aponévrose humérale sur la sonde cannelée.

3“ Chercher le tronc nerveux le plus rapproché du bord interne du biceps ; c’est le nerf médian au-dessous et en dedans duquel se trou, vera l’artère.

4“ Inciser en dédolant la gaine commune des vaisseaux , après l’avoir attirée avec des pinces; puis écarter le nerf médian en dehors, isoler l’artère, et la soulever en faisant passer la sonde au-dessous d’elle de dehors en dedans.

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