KYSTES DE L’ OVAIRE
Les kystes de l’ovaire sont extrêmement variables de volume, de forme, do consistance, dénaturé. Les uns, dits pileux, sont constitués par des amas de matière grasse, au milieu desquels ou rencontre des dents , des poils, des fragments d’os , etc., ce qui fait admettre qu’ils sont le produit de fécondation complète ou incomplète. Quant aux kystes hydropiques, ils renferment des liquides plus ou moins épais. Tantôt ils se présentent sous la forme d’une seule poche considérable, remplissant toute la cavité abdominale ; tantôt ils sont composés de cellules plus ou moins nombreuses, remplies de liquides, et ne. communiquant point entre elles. Les rapports de ces sortes de tumeurs avec les autres organes sont également très-variables. Quelquefois elles contractent dos adhérences avec l'épiploon, le péritoine, etc. ; d’autres fois la tumeur est isolée et
Procédés opératoires. — Ponction. — Seulement applicable aux kystes hydropiques, la ponction ne peut procurer qu’une oure palliative. On peut la pratiquer soit sur le point le plus saillant de la tumeur, soit par le vagin. La ponction abdominale est préférable à la ponction vaginale : elle expose moins à une péritonite, aussi lui accorde-t-on généralement la préférence.
Pour obtenir uno cure radicale, on a proposé d’associer à la pont-
tion la compression et les injections irritantes. Mais l’expérience n’a point encore appris ce qu’on peut attendre de ces procédés mixtes, et il est préférable de se borner à la ponction simple ponr mettre , autant que possible, la malade à l'abri des accidents consécutifs.
V incision, conseillée par Ledran , est surtout applicable aux kystes multiloculaires et contenant des liquides épais. Une incision longitudinale est pratiquée sur la partie la plus déclive de la tumeur, soitTsur la ligne blanche , soit en dehors des muscles droits ; la tumeur est ensuite divisée dans la même direction, et les cloisons détruites quand on peut les atteindre; une mèche de linge est engage dans la plaie , et la suppuration qui s’établit fait le reste.
l’extirpation proposée et décrite par Theden , fut pratiquée par Macflovell.
Procédé de Macdotell. — Une incision pratiquée de haut en bas sur la ligne médiane, depuis l’ombilic jusqu’à vingt-cinq millimètres du pubis, intéresse d’abord la peau et la ligne blanche. Le péritoine est respecté dans ce premier temps de l’opération. On le saisit avec des pinces , et on l’incise soit avec des ciseaux , soit avec le bistouri dans une très-petite étendue- Cette première incision permettra dépasser sous la membrane une sonde cannelée, afin d’isoler le péritoine des parties sous-jacentes et de faciliter une incision proportionnée à l’incision des téguments.
On peut alors explorer la tumeur, constater si elle a ou non des adhérences. Quand les adhérences sont peu considérables et offrent peu de résistance, on les divise pour aller plus facilement à la recherche de la base de la tumeur; mais quand elles sont nombreuses et fortes , il faut renoncer à l’extirpation , et se borner à inciser le kyste.
Le pédicule, une fois mis à nu , sera contourné par une forte ligature s’il est étroit; s’il est large, on le traversera avec une aiguille armée d’un fil double , et plusieurs ligatures seront ainsi facilement appliquées ; puis on coupera la tumeur à deux centimètres
L’opération terminée, on réunit la plaie extérieure par quelques points de suture entrecoupée qui n’intéresseront point le péritoine.
L’incision pratiquée depuis l’ombilic jusqu’au pubis est quelquefois insuffisante ; le volume de la tumeur peut nécessiter une incision étendue de l’appendice xiphoïde au pubis*