PROCEDES GENERAUX POUR OPERER LA LIGATURE DES ARTERE
Pour découvrir une artère qu’on veut lier il faut ;
1° Chercher d’ahord à déterminer la direction du vaisseau , tant par les connaissances anatomiques qu'on possède que par les Latte ments artériels , si c’est sur le vivant qu’on opère.
2° La peau étant convenablement tendue, avec un bistouri convexe, tenu en troisième position , faire , suivant le trajet de l’artère ,• une incision qui sera d’autant plus grande qu’elle est située plus profon dément. Cette première incision devra toujours comprendre la peau et le tissu cellulaire.
3° On divisera, à l’aide de la sonde cannelée, l’aponévrose générale d’enveloppe et on écartera les muscles pour chercher le paquet vas eulo-nerveux composé de l’artère entourée par une gaine commune avec ses veines et ses nerfs satellites
4° Après avoir soulevé cette membrane commune au moyen des , pinces à disséquer, on la divise avec précaution et en dédolant.
5° Alors on quitte le bistouri, et saisissant la sonde cannelée comme une plume à écrire , on s’en sert pour isoler l’artère à droite et à gauche, après quoi on cherche à la dégager et à la soulever en faisant passer la sonde au-dessous. Il y a deux précautions à garder dans ce temps opératoire ; la première , c’est de ne pas dénuder l’artère dans une trop grande étendue; la seconde , est d’introduire la sonde entre l’artère et son organe satellite le plus important, afin de ne pas s’exposer à blesser ce dernier avec le bec de la sonde.
6° Une fois l’artère dénudée et soulevée sur la sonde , on s’assure de ses battements et on passe la ligature au-dessous avec un stylet aiguillé muni d’un fil. Quand l’artère est profondément située on fait usage de la sonde de Deschamps ou de l’aiguille de Cooper.
7° Enfin l’artère étant bien reconnue on doit l étreindre par un premier nœud. Si le vaisseau est profond , on devra introduire l’extrémité des deux doigts indicateurs dans la plaie de façon à ce qu’ils forment au fil qui serre, comme deux espèces de poulies de renvoi , et qu’ils préviennent ainsi le soulèvement et le trop grand tiraillement de l’artère. On opère ensuite un second nœud , et on coupe un des chefs du fil tandis qu’on place l’autre dans l’angle le plus déclive de la plaie.
LIGATURE DES ARTERES CUBITALE ET RADIALE*
Fig. 1. ANATOMIE.
A, artère humérale côtoyée en dedans par le nerf médian, b.
c, , veine médiane basilique , croisant la direction de l'artère humérale et du nerf médian, dont elle est séparée par l’expansion aponévrotique, d, du tendon du biceps.
E, origine commune des artères cubitale et radiale.
f, nerf médian , croisant l’artère cubitale près de son origine.
EG, moitié supérieure de l’artère cubitale couchée sur le fléchisseur profond;, elle est recouverte par les muscles rond pronateur, grand palmaire et fléchisseur superficiel, dont la section permet de voir la direction de l’artère qui, dans ce trajet, est accompagnée seulement de ses deux veines satellites. Le nerf cubital est plus en dedans.
GK , moitié inférieure de l’artère cubitale plus superficiellement située que la moitié supérieure, également accompagnée par ses veines satellites. Elle est en rapport en dedans avec le nerf cubital, h, et le tendon du cubital antérieur, i; en dehors avec les tendons j, du fléchisseur superficiel.
L , artère cubitale donnant naissance à l’arcade palmaire superficielle.
EP, moitié supérieure de l’artère radiale accompagnée par ses deux veines satellites , et en rapport en dedans avec les bords externes des muscles coupés rond pronateur, n, et grand palmaire, o ; en dedans avec le bord interne du muscle long supinateur, m, qui la recouvre un peu dans une partie de son trajet. Le nerf radial est plus en dehors.
PT, moitié inférieure de l’artère radiale , presque sous-cutanée, accompagnée de ses deux veines satellites , et en rapport en dehors avec le tendon du long supinateur, q, et le nerf radial, r ; en dedans avec le tendon du grand palmaire, s, son muscle satellite,
Fig. 2. opération.
Plaie n° 1. Ligature de l’artère cubitale dans son tiers supérieur. — a. division de la peau ; b, division de l’aponévrose ; c, division dansla partie intermusculaire du cubital et du fléchisseur superficiel ; d, nerf cubital ; A , artère cubitale sur l’aiguille de Cooper.
Plaie n° 2. Ligature de l'artcre cubitale dans son tiers inférieur. — ^
a, division de la peau , b, division de l’aponévrose; c, nerf cubital ; d, tendon des muscles fléchisseurs superficiels ; A , artère sur la sonde.
Plaie n° 3. Ligature de l’artère radiale dans son tiers supérieur. — a , division de la peau ; b, division de l’aponévrose; c, nerf radial ; d , bord interne du long supinateur ; A, artère radiale sur la sonde.
Plaie n° 4. Ligature de l’artère radiale dans sa partie inférieure. — a, division de la peau; b, division de l’aponévrose; c; nerf radial; A , artère radiale sur la sonde.
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§ 1. Ligature de l'artère radiale à la partie inférieure de l’avant-bras. — (Voir plaie n" 4.) 1° Pratiquer sur le côté externe du tendon du grand palmaire, qu’il est toujours facile de sentir, une incision de quatre à cinq centimètres qui divisera la peau et le tissu cellulaire ; 2° diviser l’aponévrose antibrachiale en conduisant le bistouri sur la sonde cannelée ; 3° chercher, isoler et lier l’artère qui se trouve placée au côté externe du tendon du grand palmaire toujours reconnaissable à son aspect nacré.
§ 2. Ligature de l’artère radiale au tiers supérieur de l'avant-bras. — (Voir plaie n° 3.) Sur le bord interne du grand supinateur, si on peut le sentir, ou encore sur le trajet d’une ligne représentant la direction de l’artère et étendue du milieu du pli du coude au côté interne de l’apophyse styloïde du radius , on pratiquera une incision de sept à huit centimètres qui divisera la peau et le tissu cellulaire , en ayant soin d’éviter les veines sous- cutanées. L’aponévrose étant divisée à son tour sur la sonde cannelée, on cherchera au-dessous le bord du muscle grand supinateur. Ce point de repère étant déterminé et le muscle soulevé avec un crochet mousse, on trouvera au-dessous de lui l’artère radiale renfermée dans sa gaine avec ses deux veines satellites, dont il faut l’isoler pour la lier ensuite.
§ 3. Ligature de l’artère cubitale au tiers inférieur de l’avant-bras. — (Voir plaie n° 2.). 1° Sur le côté externe du tendon du muscle eu bital antérieur, ou, si l’on aime mieux, sur le trajet d’une ligne tirée de l’épitrochlée à la saillie de l’os pisiforme , on tracera une incision de cinq à six centimètres qui divisera la peau et le tissu cellulaire ; 2° L’aponévrose étant ensuite incisée sur la sonde cannelée, on trouvera Je tendon du cubital qu’il faut déjeter en dedans ; 3° l’arfère qui est au-dessous entre ses deux veines satellites sera ensuite dégagée de sa gaine celluleuse, puis soulevée sur la sonde et liée
§ 4. Ligature de l’artère cubitale à la partie moyenne de l'avant-bras.
(Voir plaie n° 1. ) 1° Sur le trajet de la ligne précédemment in-
diquée, pratiquer une incision de huit à neuf centimètres qui intéressera la peau et le tissu cellulaire sous-cutané ; 2° chercher ensuite le premier interstice musculaire visible en procédant de dedans en dehors ; 3° le diviser avec la sonde cannelée , puis écarter en dehors le fléchisseur sublime au-dessous duquel est placée l’artère accompagnée de ses deux veines. Après avoir divisé la gaîne d’enveloppe de ces vaisseaux , il sera plus commode, pour passer la ligature, de faire usage de la sonde de Deschamps ou de l’aiguille de Gooper, à cause de la profondeur de la plaie.
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