‹ Précis iconographique des maladies de la peauChapitre 16 sur 120 · DERMATITE PUSTULEUSE CHRONIQUE EN FOYERS A PROGRESSION EXCENTRIQUE · texte numérisé non relu

DERMATITE PUSTULEUSE CHRONIQUE EN FOYERS A PROGRESSION EXCENTRIQUE

d'H. Hallopiîau

« Ce type morbide, dit H. Hallopeau, est caractérisé par la production successive et ininterrompue de foyers de suppuration qui débutent, soit isolément, dans des parties jusque-là indemnes, soit au pourtour d'anciens foyers, par des vésico-pustules miliaires, s'accroissent excenti'iquement, s'accompagnent de tuméfaction avec rougeur des téguments et d'un prurit intense, prennent une forme circulaire en plaques polycycliques, s'éteignent au centre tout en s'agrandissant progressivement et ne laissant généralement d'autres traces que les macules pigmentées; ils occupent plus particulièrement les régions recouvertes de poils, le cuir chevelu, les aisselles, le pourtour de la vulve, mais on les observe également sur des parties glabres, telles que les mains, le tronc et les cuisses. Ils ne sont pas limités à la peau; la muqueuse buccale présente les mêmes éruptions. Les lésions peuvent également gagner en profondeur ; nous les avons vues à plusieurs reprises s'étendre au tissu cellulaire sous-cutané et se compliquer ainsi de phlegmon.

Ces suppurations ne s'accompagnent pas de troubles prononcés dans la nutrition générale : c'est à peine si, dans les moments où les désordres locaux ont été le plus accentués, la température s'est momentanément élevée un peu

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au-dessus de la normale (37°, 9). Jamais nous n'avons vu survenir les accès intermittents de la pyémie.

Les foyers se régénèrent le plus souvent au niveau de plaques anciennes : sans aucun doute, des agents infectieux y séjournent à l'état latent et reprennent, après une période d'incubation plus ou moins longue, une nouvelle activité, comme le font les foyers de syphilis et de tuberculose.

L'examen bactériologique, pratiqué à quatre reprises différentes par M. L. WiCKHAai, interne du service, a dénoté presque constamment la présence de staphylocoques et particulièrement de l'albus. Des recherches réitérées n'ont pu faire découvrir d'autres éléments parasitaires.

La marche de la maladie, les récidives au niveau et au voisinage des anciens foyers, les auto-inoculations ne permettent guère de douter qu'il ne s'agisse là d'une affection parasitaire. »

Le diagnostic de l'affection n'est pas sans présenter de sérieuses difficultés; elle ressemble à certaines syphilides vésiciilo-piistuletises annulaires, impétigineuses^ pustidocrustacées.

Quelles que soient les ressemblances objectives, l'inutilité du traitement spécifique éclairera le diagnostic.

La dermatite herpétiforme de Duhring, dans sa forme pustuleuse, en diffère par sa marche toute spéciale et la polymorphie des lésions comparées à la lésion toujours vésico-pustuleuse de la dermatite d'HALLOPEAu.

Enfin, Y impétigo herpétiforme de Hebra ressemble beaucoup à cette dermatite qui en diffère par « sa durée, ses récidives incessantes, les altérations profondes que subit la muqueuse buccale, l'extension au tissu cellulaire des suppurations, l'épaississementet l'induration du derme qu'elles entraînent à leur suite, la perte de substance qu'elles

DERMATOLYMPHANGIOMES.

peuvent provoquer, l'absence de troubles de la nutrition générale, enfin sa bénignité. « (H. Hallopeau.)

DERMATOLYMPHANGIOMES

« Les dermatolymphangiomes [angiomes bpnphatiques de la peau), disent E. Besnier et A. Doyon, représentent des néoformations du système lymphatique, des aberrations formatives, ayant leur origine et leur principe dans la constitution du tissu qui en est le siège — constitutionnelles — innées, bien que leur évolution ou leur apparition puissent être postérieures à la naissance.

Les varices lymphatiques, simples ou parasitaires (filariose), les lésions des lymphatiques dans l'éléphantiasis, les tumeurs diverses, ne sont pas des lymphangiomes ; ce sont des lymphangiectasies » (voir ce mot).

D'après Wegner, les lymphangiomes reconnaissent trois formes :

1° Le lymphangiome simple;

2° Le lymphangiome caverneux ;

3° Le lymphangiome cystoïde (kystique).

Voici, d'après E. Besnier et A. Doyon, les principaux caractères de chacune de ces trois formes :

4° Lymphangiome simple :

S'observe sur tous les points du corps; sa localisation, sa limitation, son caractère circonscrit, le distinguent assez aisément de la pachydermie éléphantiasique simple avec laquelle il peut être et il a été confondu, particulièrement dans les cas que l'on a rapportés à une pachydermie congénitale [éléphantiasis congénital) .

DERMATOLYMP H ANGIOMES.

lOo

Aux lèvres, il constitue la macrochilie congénitale^ et, à la langue, une variété de macroglossie.

2° Lymphangiome cavernkux [lymphangiome circonscrit de Malcom Morris, lymphangiectodes) :

S'observe sur des régions variables mais limitées ; il est constitué par des groupes d'éléments miliaires, rarement pisiformes, jaune rougeâtre ou rougeâtres, dont la base est plus ou moins opaque et le sommet transparent, parfois translucides, dysidrosoïdes, dans certains cas hématiques; ils forment des amas mûriformes, de petits conglomérats verruciformes, papuliformes, avec des télangiectasies veineuses, et prennent dans les parties déclives un aspect gélatiniforme, phlycténoïde ; autour du groupe central, on rencontre toujours des îlots détachés et des éléments isolés.

La piqûre ou la rupture de tous ces éléments laisse écouler un liquide clair, séreux, chargé de cellules lymphatiques et dépourvues d'hématies s'il n'y a pas de vaisseaux sanguins intéressés dans le traumatisme.

La partie épidermique et sus-dermique (épiderme et étage papillaire du derme de la région atteinte) est constituée par un agglomérat de lymphatiques papillaires et sous-papillaires considérablement ectasiés.

Le lymphangiome peut être observé en tous pays ; on l'observe surtout dans les pays chauds avec la filariose, l'éléphantiasis endémique, etc.

Ce sei'aient des cas de ce genre qu'ont décrit Jonathan HuTCHiNsoN sous le nom de lupus lymphaticus lymph-lupus et RiNDFLEiscH SOUS le nom pachydermie lymphangiectasique.

3° Lymphangiome cystoïde :

Cette forme est constituée par des tumeurs parfois volumineuses, « kystes séreux multiloculaires congénitaux »,

DERMATOLYSIE.

rencontrées surtout au cou, mais pouvant s'observer sur toutes les régions du corps.

DERMATOLYSIE (Alibert)

Synonymie. — Chalazodermie. — Cutis pendula. — Cutis lapsus. — Cutis laxa. — Molluscum pendulum. — Nœvus mollusciforme.

Définition. — Symptomatologie. — Ce nom désigne un état spécial du tégument caractérisé par une extension considérable de la peau qui arrive à former des plis plus ou moins profonds sans altération des tissus qui conservent à peu près leurs caractères normaux.

C'est une difformité soit congénitale, soit acquise, quelquefois généralisée, ordinairement partielle : dermatolysie palpé b^rde, faciale, cervicale, ventrale, génitale (tablier des Hottentotes).

Elle est complètement indolente, sauf en cas de complications ducs à l'adossement des replis cutanés (intertrigo, exulcérations).

Tout récemment chez un malade de Kaposi dont la peau du iront et du cou étaient assez flasques pour recouvrir, la première toute la partie supérieure du visage, et la seconde le visage entier, SeifFert a excisé un fragment de peau et a constaté qu'il y avait une absence complète de tissu conjonctif fibrillaire; le tégument n'étant constitué que par du tissu muqueux.

DERMATONEUROSES.

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