‹ Précis iconographique des maladies de la peauChapitre 57 sur 120 · KÉRATODERMIE SYMÉTRIQUE DES EXTRÉMITÉS · texte numérisé non relu

KÉRATODERMIE SYMÉTRIQUE DES EXTRÉMITÉS

Synonymie. — Kératodermies palmaires et plantaires.

E. Bksnier et A.Doyon décrivent sous ce nom une affection caractérisée par des amas épidermiques plus ou moins considérables siégeant symétriquement aux régions palmaires et plantaires, et indépendantes d'une autre affection cutanée : eczéma, psoriasis, syphilis, etc.

Ces auteurs en reconnaissent quatre espèces :

1° La kératodermie des extrémités congénitale et héréditaire, dans laquelle la kératose occupe toute la face palmaire et une partie de la face dorsale des secondes et des troisièmes phalanges; la peau, dont les plis sont exagérés, offre une coloration variable, jaune, brune, etc. ; aux pieds, la lésion occupe les points soumis à la pression qui sont limités par une bordure érythémateuse; les dents et les ongles sont sains ;

2° La kératodermie commune symétrique des extrémités qui se développe dans la seconde enfance, érythémateuse, irritable, peut-être en rapport avec quelque névrose centrale; dans cette forme, les lésions, pei^anentes, s'accentuent en hiver; elles sont disposées par îlots à la face palmaire de tous les doigts, au devant de l'extrémité inférieure des métacai'piens, aux éminences thénar et hypotliénar, aux faces plantaires des orteils au niveau des métatarsiens

KËRATODERMIE SYMÉTRIQUE.

marginaux et aux talons; outre l'épaississement du tissu, on constate une hypertrophie papillaire manifeste ; les lésions sont séparées de la peau saine par une zone érythémateuse; les ongles sont incarnés et les phalangettes aplaties latéralement; la sensibilité et les sécrétions sont normales ; les mouvements sont difficiles par suite de l'épaisseur de la couche cornée, parfois douloureux quand cette dernière est fissurée ;

3° La kératodermie .des extrémités en foyers se développant en îlots isolés et multiples, en dehors de toute proportion avec le degré des pressions supportées;

4° La kératodermie accidentelle des extrémités se produisant atout âge sous l'influence dépressions inusitées, partielle et curable.

Les trois premières formes de kératodermie sont trophonévrotiques à origine centrale.

Traitement. — On a donné à l'intérieur l'arséniate de soude.

Localement, il faut ramollir les couches épidermiques à l'aide de bains prolongés, de lavages répétés avec l'eau tiède et les savons d'ichthyol, de naphtol, de l'enveloppement dans le caoutchouc ou les compresses humides, de cataplasmes; les enlever avec la curette ou la rugine ; on alterne ces moyens avec l'application de savon noir.

Quand le tégument est bien décapé, on applique une pommade dans le genre de celle-ci conseillée par L. Brocq :

aa 1 irramme.

Acide taririque

Acide salicyiique

Acide pliénique Oer^bO centigr.

Résorcine 1s'',50 —

Lanoline 18 grammes.

Vaseline 7 —

KÉRATOSE PILAIRE.

KÉRATOSES

Synonymie. — Kératomes.

On désigne actuellement avec Lebert sous le nom de kératoses toutes les affections de la peau qui consistent en un développement considérable de l'épiderme.

Suivant que les papilles participent beaucoup ou non au processus hypertrophique, on divise les kératoses en deux grandes classes : les kératoses pitres ou kératoses sans hijpertrophie papillaire et les kératoses avec hypertrophie des papilles.

Les premières comprennent les callosités, cors, durillons, etc. (Voir ces mots.)

On range dans les secondes les verrues, végétations, papillomes, etc. (Voir ces mots.)

KÉRATOSE PILAIRE (L. Brocq)

Synonymie. — Lichen pilaire vulgaire. — Cutis anserina. — Lichen pilaire par hypertrophie papillaire de Bazin. — Lichen pilaire dififus. — Kératose folliculaire. — Pityriasis pilaire et ichthyose cornée de Hardy. — Dystrophie des follicules (cacotrophia folliculorum). — Follicular malnutrition de Tilbury Fox. — Folliculite rouge (foUiculitis rubra d'ERASMUS Wilson). — Xérodermie pilaire érythémateuse ou congestive ou ichthyose rouge d'E. Be.snier. — Ichthyose ansérine des scrofuleux de Lemoine. — Ulérythème ophryogène de Taenzer. — Ichthyoses localisées.

Définition. — La kératose pilaire est plutôt une difformité analogue à l'ichthyose qu'une maladie de la peau, mais c'est une difformité à évolution.

KÉRATOSE PILAIRE.

Formes. — Cette difl'ormité qui consiste principalement en petites saillies de couleur blanche ou rouge, à localisations bien spéciales, comprend deux formes distinctes suivant que les lésions siègent sur les membres ou au visage.

Symptomatologie. — Dans la première forme [kératose pilaire des membres, xérodermie pilaire simple, xérodermie erythémateuse, xérodermie pilaire commune d'E. Besnier), la lésion élémentaire consiste en une papule miliaire, blanche ou grisâtre dans le premier degré [kératose pilaire blanche), rose ou rouge dans un second degré plus accentué [kératose pilaire rouge), dure, d'un volume égal à celui d'une petite tète d'épingle ou le dépassant un peu; cette papule isolée, distincte, de forme assez régulière, porte à son sommet une squame qui, par le grattage, laisse à dé-' couvert un poil visible sous forme d'un petit point noir quand il est cassé au niveau de la peau, ou se déroulant, lorsqu'il n'est qu'emprisonné à l'intérieur de la papule; ce poil présente presque toujours des caractères athrepsiques, il est parfois complètement détruit.

La région atteinte donne au toucher une sensation de rudesse râpeuse caractéristique.

Dans certains cas, la papule est remplacée par une petite tache érythémateuse au centre de laquelle on aperçoit le follicule pileux; dans d'autres cas, celui-ci n'est plus indiqué que par de petites squames épidermiques au-dessous desquelles existe une légère dépression atrophiquc ou cicatricielle; lorsque les éléments papuleux sont confluents, ils donnent au tégument une coloration s'effaçant sous la pression du doigt et variant avec celle des éléments eux-mêmes, tantôt grise et livide et tantôt d'un rouge plus ou moins foncé, s'éteignant peu à peu pour se confondre avec la peau saine [lichen pilaire diffus).'èm- cette colo-

KÉRATOSE PILAIRE.

ration qui paraît d'autant plus intense que la lésion est plus ancienne et partant plus accentuée, se détachent souvent, dans les cas les plus graves, de petits points blancs cicatriciels dus à l'atrophie des follicules pileux.

Toutes ces variétés sont fréquemment visibles à la fois chez le même sujet.

Celui-ci ne ressent en général aucune sensation subjective.

Siège. — Les localisations des lésions sont typiques; elles siègent à la face postéro-externe des bras et des avant-bras, à la face externe et postérieure des cuisses, aux mollets, aux jambes, aux genoux, aux coudes, respectant comme dans l'ichthyose les régions lubrifiées par la sueur et la matière sébacée : aisselles, plis inguinaux, région ano-génitale, plis de flexion des articulations ainsi que les faces antérieure et postérieure du tronc.

Deuxième forme. {Xérodermie érythémateuse 'progressive cicatricielle dépilante des régions velues d'E. Besnier, kératose pilaire faciale de L. Brocq.) — Au visage, en raison de la petitesse et de la confluence des éléments papuleux, la lésion change d'aspect; elle consiste surtout en nappes ou plaques grenues, irrégulières, dont la coloration varie du rose au rouge suivant l'intensité et l'ancienneté de l'affection (plaques marbrées) ; cette coloration, qui disparait d'ailleurs sous la pression du doigt, est souvent surchargée de véritables télangiectasies.

Ce qui distingue surtout cette forme de la kératose pilaire des membres, ce sont les lésions d'atrophie cicatricielle qui envahissent le système pileux, pouvant dénuder la barbe presque entièrement, mais s'attaquant plus particulièrement aux sourcils, dans leur tiers externe presque toujours. (Voir la planche XXII.)

KÉRATOSE PILAIRE.

Siège. — L. Brocq indique dans l'ordre suivant les localisations faciales de la kératose pilaire : front, sourcils, espace intersourcilier, parties latérales des joues et surtout la région du maxillaire inférieur.

On a noté dans le cuir chevelu des sujets atteints de kératose pilaire des lésions de séborrhée sèche et des recherches récentes semblent vouloir rapprocher de la kératose pilaire certaines lésions cicatricielles du cuir chevelu encore innominées.

Marche. — Les saillies de la kératose pilaire qui débute chez les jeunes sujets diminuent à mesure que l'individu qui en est atteint avance en âge, en ce sens que les atrophies folliculaires deviennent de plus en plus fréquentes, pouvant ainsi laisser, surtout à la face, des lésions irréparables.

Pronostic. — Le pronostic est nul dans les cas légers; dans les cas plus graves avec alopécie, la kératose pilaire constitue une difformité et, grâce à la sécheresse de la peau, prédispose à certaines dermatoses.

Diagnostic. — La kératose pilaire faciale, qui par certains de ses caractères pourrait faire songer à la syphilis (alopécie du tiers externe des sourcils), à la couperose (télangiectasies), au lupus érythémateux (érythème), s'en distinguera dans la plupart des cas par l'existence sur d'autres régions du corps de lésions kératosiques.

Le pityriasis pilaire, qui ressemble à la kératose pilaire par ses cônes épidermiques, en diffère par ses grands placards rouges squameux, ses altérations unguéales et l'absence d'épaississement du derme.

KÉRATOSE PILAIRE.

Étiologie. — Très fréquente, surtout chez la femme et chez les lymphatiques, la kératose pilaire est aussi héréditaire.

Anatomie pathologique. — Il s'agit ici de poussées inflammatoires du follicule pileux, de folliculite chronique, aboutissant à l'atrophie.

Traitement. — On a conseillé au point de vue général l'usage interne de l'arsenic et de l'huile de foie de morue, du fer. Gomme traitement externe, il faut employer les bains, les frictions savonneuses, les onctions grasses.

Pour le corps, E. Besnier et A. Doyon recommandent les frictions de savon ponce, de savon mou de potasse, associé au soufre, à l'acide salicylique, à la résorcine, au naphtol camphré.

Nous avons, dans un cas, obtenu un résultat remarquable par les badigeonnages répétés d'ichthyol pur, en même temps que nous usions des scarifications linéaires contre l'élément télangiectasique.

Dans tous les cas, l'irritation produite par la médication comportera l'indication de cesser momentanément tout traitement irritant et de le remplacer par une pommade indifférente. Enfin, l'électropuncture pourra toujours faire disparaître par la destruction complète du bulbe pileux les saillies rouges circumpilaires.

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Pl. XXIII. - Lentigo.

LENTIGO

(Voir la planche XXIII.)

Synonymie. — Panne lenticulaire (Alibert). — Taches pigmentaires spontanées. — Lentigines. — Ephélides lentigineuses de Thibierge. — Lentilles. — Tache.s de rousseur [vulgù).

Définition. — On doit désigner sous ce nom des taches pigmentaires, petites, arrondies ou ovalaires, siégeant sur les parties découvertes.

Symptomatologie. — Ces taches, non saillantes, sont habituellement petites, atteignant au plus la dimension d'une lentille de forme circulaire, de couleur grise, jaunâtre, brunâtre, noirâtre même parfois [lentigines nigrœ) disséminées çà et là ou groupées.

Elles ne donnent lieu à aucun symptôme subjectif.

Siège. — On les rencontre parliculièrement à la face (ailes du nez, paupières, tempes, pommettes), qui en est parfois comme criblée, au cou, à la face dorsale des mains et des avant-bras.

Marche. — Le lentigo, rarement congénital, se montre habituellement dans la seconde enfance avec des alternatives d'intensité pendant l'été, disparaissant parfois com-

LEPOTHRIX.

plètemcnt pendant l'hiver. C'est une hyperchromie acquise spoîitanée.

Étiologie. — Le soleil semble donc avoir une action bien nette sur le développement des lentigines qui sont plus fréquentes chez les sujets lymphatiques, les roux principalement.

Traitement. — (Voir l'article Chloasma.)

LEPOTHRIX (Erasmus Wilson)

Synonymie. — Trichomycose noueuse de Patteson. — Idrolricliose rouge granulée d'E. Besnier et A. Doyon.

Définition. — Erasmus Wilson a désigné sous ce nom une maladie des poils caractérisée par des granulations rouges ou noirâtres (L. Brocq), attachées à leur tige.

Symptomatologie. — Les petites masses granuleuses, suspendues aux poils, comme les leutes des poux aux cheveux, sonttrès abondantes, tantôt en groupes isolés (forme nodulaire), tantôt recouvrant le poil dans toute sa longueur (forme diffuse).

Pathogénie. — Ces nodosités seraient dues à des amas de parasites : « micrococci, érythromicrococci, micrococcus prodigiosus de l'hostie sanglante, ronds ou elliptiques, colorés en brun jaune ou rouge, enveloppés de leur glaire

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