‹ Précis iconographique des maladies de la peauChapitre 60 sur 120 · LÈPRE TUBERCULEUSE · texte numérisé non relu

LÈPRE TUBERCULEUSE

primitivement (léprome hypodermique), soit par suite de leur développement (léprome dermique profond).

Siège. — La face est le siège de prédilection des nodosités lépreuses ; on les trouve au front au-dessus des sourcils où elles forment des bourrelets étendus transversalement, sur les sourcils eux-mêmes (bord externe) qui deviennent alopéciques ; sur le nez, rappelant l'aspect du rhinophyraa ; sur les lèvres, proéminentes, léontiasiques ; sur le menton, les joues, [les oreilles dont le lobule, quoique libre, est infiltré en masse et bosselé [oreille lépreuse).

Le cuir chevelu est souvent remarquable par la conservation de l'état normal.

iVux membres, les mains sont épaissies et infiltrées, douloureuses, les doigts sont augmentés de volume, en boudins ; lapeau est d'une couleur gris bronze ou tachetée ; les ongles sont secs et décolorés ou décollés en partie [onyxis et j)érionyxis lépreuse d'E. Besnier) ; les pieds sont devenus pachydermiqucs [éléphant iasis lépreux d'E. Beskier).

Sur les muqueuses, on a rencontré des tubercules sur la conjonctive, la langue, le larynx, d'où modifications fonctionnelles diverses et en particulier une extinction de voix toute spéciale [voix lépreuse) qu'E. Besnier signale comme un des signes précoces de la lèpre.

Marche. — Période ulcérative. — L'évolution du léprome arrivé à son entier développement est variable ; il peut rétrocéder en tout ou en partie, s'affaisser, se résorber et disparaître, laissant à sa place une tache déprimée et pigmentée plus ou moins; il peut aussi s'ulcérer [ulcérations lépreuses).

LÈPRE AXESTHÉSIQUE.

Ces ulcérations, ordinairement petites, pins ou moins profondes, indolentes, ont des bords indurés, déchiquetés, festonnés, taillés à pic; elles se cicatrisent et se reproduisent à plusieurs reprises.

Lorsque ces ulcérations partent de la profondeur des tissus elles détruisent toutes les parties soiis-jacentes : muscles, tendons, os [lèpre nuililante).

La marche de la maladie est rarement aiguë; elle est plus souvent lente, durant des années, en moyenne huit ou dix ans ; elle procède par poussées aiguës de lièvre et d'éruptions diverses suivies de périodes de calme.

Peu à peu, l'état général s'altère et la mort survient dans le marasme ou amenée par une complication viscérale intercurrente (pneumonie, pleurésie, etc.).

LÈPRE ANESTHÉSIQUE (Voir la planche XXV.)

Symptomatologie. ■ — Cette forme débute après la période prodromique déjà décrite, par des bulles [lèpre bidle^ise, pemphigus lépreux), ou des taches [lèpre maculeu.se).

Les bulles que l'on rencontre surtout à la plante des pieds et à la paume des mains, sont ordinairement peu nombreuses et laissent à leur suite soit une simple macule pigmentaire, soit une surface blanche, cicatricielle, ou encore une ulcération superficielle ou profonde.

Les taches ressemblent à celles de la lèpre tuberculeuse ; elles sont érythémateuses , hyperchromiques, achromiques, pigmentaircs ; cette pigmentation plus ou moins

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