‹ Précis iconographique des maladies de la peauChapitre 61 sur 120 · LÈPRE ANESTHÉSIQUE · texte numérisé non relu

LÈPRE ANESTHÉSIQUE

foncée peut se présenter sous la forme de points, de raies, de placards, d'où un aspect tacheté tout spécial ; elles sont toujours lisses et brillantes, atrophiées et décolorées au centre, tandis que leurs bords, colorés en rouge, en brun, en noir, plus ou moins nets, s'étendent progressivement.

En même temps, se montrent les troubles de la sensibilité qui consistent surtout en une anesthésie, parfois en une hyperesthésie qui précède l'anesthésie. Celle-ci peut exister non seulement au niveau des taches, surtout sur les points décolorés, mais aussi sur les régions qui semblent saines ; elle est profonde : les piqûres, les brûlures ne sont ressenties en aucune façon ; le sens musculaire, le tact sont abolis. Toutefois, on voit parfois se produire de violentes douleurs spontanées, certains nerfs (cubital, plexus cervical, brachial, de préférence) sont augmentés de volume et douloureux à la pression.

L'hyperesthésie se généralise plus ou moins ; les extrémités sont le siège de fourmillements qui cèdent lorsque à l'hyperesthésie succèdent l'anesthésie, et, plus tard, l'atrophie de la peau [aspect sénile) et des muscles (en particulier ceux des éminences thénar et hypothénar), la paralysie de certains groupes musculaires [mains en griffes), des troubles trophiques divers : desquamation épidermique, chute des ongles, des dents, des poils, ulcérations du nez, des gencives, des mains, gangrène des doigts, des mains et des pieds [lèpre mutilante).

En même temps, la santé générale se perd, le malade devient comme inconscient et succombe peu à peu dans le marasme ou à l'albuminurie, à la diarrhée ou encore à une complication viscérale quelconque (pleurésie, pneumonie, pyémie).

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