LICH.EN SIMPLEX CHRONIQUE
L. Brocq sur l'iodure de sodium qu'il donne aux arthritiques avérés, à des doses variant de 30 centigrammes à 1 gramme par jour et l'iodure de potassium à des doses variant de 10 centigrammes à 1 gramme par jour, combinés à l'arséniate de soude, au carbonate et au benzoate de lithine et à l'extrait de gentiane.
Comme eaux minérales, on emploie, suivant les cas, les eaux de Plombières, la Bourboiile, Saint-Gervais, Néris, Royat.
Localement, il est indiqué de calmer les démangeaisons avec des lotions vinaigrées, phéniquées, de sublimé; puis on fait une onction avec le glycéré tartrique d'E. Vidal :
Acide tartrique 1 gramme.
Glycéré d'amidon à la glycérine neutre . , 20 —
ou la pommade suivante
Acide salicyiique. .
Acide tartrique. . .
Oxyde de zinc. . . .
Poudre d'amidon. .
Lanoline ,
Vaseline
S'il y a lieu, on peut employer la pommade au tanin et calomel d'E. Vidal (voir page 237) ; les badigeonnages avec la teinture d'iode, le mélange de Lailler :
Savon noir \
Soufre précipité > aa parties égales.
Huile de cade )
le nitrate d'argent, en solutions variant de 1/50 à 1/10.
Actuellement, il existe une grande tendance à remplacer toutes ces préparations par des emplâtres de même nature : les deux qui nous ont le mieux réussi sont l'emplâtre rouge et l'épithème adhésif à l'ichthyol.
aa 0=',50 centigr.
aa 3 grammes.
LUPUS ÉRYTHÉMATEUX.
Dans le cas où, soit antérieurement, soit ultérieurement au traitement, le lichen est irrité, il faut employer une médication émolliente : bains, compresses, cataplasmes, pommades calmantes, etc.
LUPUS ÉRYTHÉMATEUX
On désigne actuellement sous ce nom une série d'affections cutanées décrites autrefois sous des noms divers, caractérisées en général objectivement par des rougeurs, des squames ou des croûtelles, évoluant différemment suivant les formes, de cause encore discutée, mais constituant en somme « une espèce particulière de dégénérescence et d'atrophie cutanée ». (Kaposi.)
Pour faciliter l'étude, dans un même cadre, de ces dermatoses, on a proposé plusieurs classements dont les plus rationnels nous semblent être ceux de L. Brocq et. d'E. Besnier et A. Doyon.
Le premier de ces auteurs désigne sous le nom de lupus érythémateux symétrique aberrant, ou mieux cri/thème centrifuge symétrique , la forme caractérisée « par sa localisation très spéciale aux deux joues, en particulier aux pommettes, à la face dorsale du nez, aux oreilles, par sa symétrie absolue, par sa superficialité, par ses tendances congestives, par son évolution des plus capricieuses, par son extension rapide, par ses alternatives d'amélioration ou même de disparition, puis d'aggravation ».
L'autre forme qu'il appelle lupus érythémateux fixe ou simplement lupus érythémateux est caractérisée « par sa
284 • LUPUS ÉRYTHÉMÂTEUX SIMPLE.
localisation en un point quelconque de la face, par son unilatéralité ou par un défaut de symétrie quand il est ] bilatéral, par sa profondeur (1), par sa fixité, par une évo- ' lution assez lente ; il est peut-être comme le lupus vulgaire une tuberculose locale ». i
« Entre ces deux formes, ajoute L. Brocq, existent d'ail- | leurs tous les intermédiaires. »
C'est pour cette raison que nous préférons la division d'E. Besînier et Doyon en lupus érythémateux du type j vasculaire ou érythémateux et en lupus du type follicu- | laire « selon que les altérations prédominent dans le sys- ! tème vasculaire du derme vague, ou, au contraire, qu'elles se limitent particulièrement aux appareils différenciés » , division qui permet une étude méthodique plus facile des ' diverses variétés du lupus érythémateux. !
Dans la forme vasculaire, E. Besïsier et A. Doyon dis- j tinguent trois types : j
i" Le LUPUS ÉRYTHÉMATEUX SIMPLE; !
2° Le lupus érythémateux exanthématoïde ; î 3° Le LUPUS érythémateux livide. :
LUPUS érythémateux simple
(Voir la planche XXIX.) i
Synonymie. — Érytlième centrifuge de Biett. — Séborrhée congestive de Hriîra. — Scrofulide érythémateuse de Hardy. — Lupus de Cazenave, d'E. Besnier. — Ërythème centrifuge symétrique de L. Brocq. — Ery- | thema atrophicans de Malcolm Morris.
Cette variété débute par des taches de dimension et de forme variables : ponctuées, larges comme une pièce de monnaie ou irrégulières, légèrement surélevées, parfois
(1) Lupus érythémateux profond. I
LUPUS ÉRYTHÉMATEUX EXANTHÉMATOIDE. 28o
véritablement saillantes {lupus énjthémateux hypertrophique); elles sont rouges, roses, livides, ne disparaissant pas complètement, mais sensibles sous la pression du doigt, accompagnées de télangiectasies; elles évoluent plus ou moins vite, toujours excentriquement : les bords des plaques, d'une couleur rouge plus vive, s'étendent extérieurement pendant que le centre, lisse ou couvert d'une croûtelle séborrhéique ou d'un enduit huileux de même nature [séborrhée congestiveàe Hebra, Iujjus séborrhéique ou séborriiagique), ou desquamant plus ou moins [lupus éry thémato- squameux , scrofulide érxjthémato- squameuse de Hardy, lupus énjthémateux psoriasif orme, lupus énjthémateux pityriasi forme), se déprime souvent et prend un aspect soit cicatriciel, soit tout à fait normal dans la forme érythémateuse pure.
Cette variété a un siège assez spécial, envahissant symétriquement la face dorsale du nez et les pommettes et constituant ainsi une vaste tache rappelant l'aspect d'une chauve-souris, à ailes étendues [lupus vespertilio),
LUPUS ÉRYTHÉMATEUX EXANTHÉMATOIDE
Le lupus érythémateux exanthématoïde, lupus exanthématique (E. Besnier et A. Doyon), est caractérisé par sa symétrie, très prononcée, sa marche subaiguë, son caractère plus ou moins résolutif.
11 est localisé à la face, au nez, aux oreilles, ou généralisé, envahissant outre ces régions le cou, les mains, plus rarement les membres supérieurs, le tronc, etc., et dans ce cas, ou bénin [lupus-engelure des jeunes sujets) ou grave avec complications viscérales.
LUPUS ERYTHEMATEUX LIVIDE.
Une des variétés de cette forme est particulièrement remarquable par son aspect iris {lupus iris).
LUPUS ÉRYTHÉMATEUX LIVIDE
Lupus chilblain d'HuTCHiNSON.
Le lupus érythémateux, asphyxique^ permo (E. Besnier et A. Doyon), est remarquable à sa période d'état par sa teinte livide, violacée et ses points de nécrose superficielle ou profonde.
Il siège à la tête : oreilles, nez, régions malaires ; aux mains et aux doigts.
La forme folliculaire comprend le :
LUPUS ACNÉIQUE
Le LUPUS AC?jÉiQUE ou FOLLICULAIRE [hevpès cvétacé de Devergie, acné atrophique de Chausit, scrofulide cornée ou acnéique de Hardy) est constitué par des placards plus ou moins nombreux, plus ou moins irréguliers, couverts d'une couche d'éléments grisâtres, rugueux, secs, plus ou moins saillants, auxquels succèdent des cicatrices déprimées.
Il siège surtout à la figure et aux oreilles.
Les formes vasculaire ou érythémateuse et folliculaire peuvent se combiner entre elles, donnant ainsi naissance à la forme mixte ou érythémato-folliculaire (E. Besnier et A. Doyon).