‹ Précis iconographique des maladies de la peauChapitre 98 sur 120 · Lassar conseille la lotion suivante · texte numérisé non relu

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Acétate de plomli.

Sulfate de zine. .

aa 2 ararames.

Eau distillée 300 —

PITYRIASIS RUBRA DE HEBRA.

PITYRIASIS RUBRA DE HEBRA

Synonymie. — Pityriasis rouge de Hardy.

Définition. — Hebra a décrit, le premier, une dermatose spéciale, très rare et caractérisée pendant toute sa durée par une rougeur inflammatoire, uniforme du tégument, accompagnée d'une desquamation généralement furfuracée, continue, sans jamais présenter aucune autre lésion élémentaire : papules, vésicules, bulles, pustules.

Symptomatologie. — La maladie paraît débuter au niveau des plis articulaires, par des placards squameux, secs, de couleur rouge vif. Ces plaques augmentent peu à peu en étendue et en nombre, de telle sorte qu'au bout d'une ou deux années, la totalité du tégument est envahie.

La peau est alors uniformément d'un rouge vif pâlissant à la pression du doigt ou d'un rouge livide dans les régions déclives ; elle est sèche, desquamant finement ou en minces lamelles un peu plus larges ; les régions palmaires et plantaires sont pâles et recouvertes d'un dépôt épidermique épais et brillant.

La peau reste toujours sèche et présente une température plus élevée qu'à l'état normal.

Les malades se plaignent cependant continuellement de frissons. Ils accusent aussi un prurit très modéré surtout au début, devenant parfois d'une intensité considérable. Au bout d'un certain temps, deux ou trois ans en moyenne, le tégument s'épaissit, devient tendu, œdématié; la peau,

PITYRIASIS RUBRA DE HEBRA.

unie, brillante, prend une teinte cyanosée et se rétracte, fléchissant les doigts, amenant les paupières inférieures en ectropion, empêchant le patient d'ouvrir complètement la bouche.

Le système pileux (cheveux et poils) devient grêle et est détruit peu à peu; les ongles deviennent minces, fragiles, vitreux, cassants ou épaissis et friables.

Sur certains points, l'épidermesefissure, le derme s'ulcère soit spontanément soit par suite d'un décubitus prolongé.

Bientôt le malade, complètement cachectisé, tombe dans le marasme et meurt, emporté souvent encore par une complication quelconque : pneumonie, tuberculose, diarrhée.

Pronostic. — Le pronostic du pityriasis rubra de Hebra était jusqu'à présent toujours donné comme très grave; actuellement il semblerait y avoir des cas moins funestes (Kaposi, L. Brocq, E. Vidal).

Diagnostic. — Le diagnostic est très difficile, en raison de la multiplicité des affections rouges squameuses [Erythrodermies exfoliantes d'E. Besnier et A. Doyon) qui peuvent simuler le pityriasis rubra. Il y a lieu surtout de le différencier avec le psoriasis, le lichen ruber et le pemphigus foliacé.

Dans le psoriasis, existent des papules et une infiltration du derme qui manquent dans le pityriasis rubra ; en outre la généralisation de l'éruption est toujours plus évidente dans cette dernière maladie.

Les mêmes caractères séparent le pityriasis rubra du lichen ruber généralisé, dans lequel, d'ailleurs, la desquamation est beaucoup moins abondante.

Enfin, àansle pemphigus, la peau, toujours un peu suin-

PITYRIASIS RUBRA BÉNIN.

tante, contraste avec la peau sèche du pityriasis rubra de Hebra.

Étiologie- — On ignore la cause de cette maladie qui jusqu'à présent n'a été observée que chez des sujets du sexe masculin.

Anatomie pathologique. — Dans deux cas, Hans Hebra a trouvé des lésions inflammatoires du derme, surtout autour des vaisseaux; plus tard, une atrophie du réseau de Malpighi, disparition des papilles, sclérose du tissu conjonctif et hypertrophie du tissu élastique.

PITYRIASIS RUBRA BÉNIN

E. Vidal et L. Brocq pensent qu'il existe des formes bénignes du pityriasis rubra de Hebra ; l'une, le pityriasis rubra subaigu bénin « caractérisé par une éruption prurigineuse généralisée, rouge, desquamant en fines lamelles pityriasiques, par une légère élévation de la température à la période d'invasion et d'état, par l'intégrité des phanères et par une terminaison par la guérison complète au bout de six à sept mois )> ; l'autre, le pityriasis rubra chronique bénin, caractérisé « par une éruption d'une multitude de petits éléments rouges, quasi papuleux, mais ne faisant pas de saillies bien notables, variant comme grosseur de celle d'une petite tête d'épingle à celle d'une lentille et plus, squameuses, d'abord isolées, puis confluentes et formant alors des nappes rouges ; elles ressemblent à des éléments anormaux de psoriasis; on les voit surtout au cou, aux

PITYRIASIS RUBRA BËMN.

parties latérales du tronc, aux avant-bras, à la partie externe des membres inférieurs.

En certains autres points, surtout au devant de la poitrine, l'éruption revêt la forme d'une rougeur diffuse avec des sortes de craquelures rappelant un eczéma avorté.

Les squames sont fines, furfuracées, blanches, comme micacées, adhérentes, psoriasiformes, surtout au niveau des papules ; mais on ne peut en ces points obtenir par le grattage la surface rouge, lisse, luisante, avec piqueté hémorrhagique du psoriasis.

L'éruption est prurigineuse ; elle évolue fort lentement, met plusieurs mois ou un an à se généraliser, et encore, au bout de ce laps de temps, certains points du corps comme le visage sont-ils peu atteints.

Au bout de plusieurs années (dix-neuf ans chez le deuxième malade que j'ai vu) la rougeur se fonce davantage, devient violacée et comme purpurique en certains points : en même temps les téguments s'amincissent et se plissent. Mais même à cette période avancée l'état général est satisfaisant, on retrouve encore des vestiges d'éléments quasi papuleux, et çà et là surtout au visage et au devant de la poiti'ine, quelques minuscules lambeaux de peau presque indemne, particularités des plus importantes qui ne permettent pas de confondre ce type avec le pityriasis riibra ordinaire, mais qui en font une forme intermédiaire au lichen riiber, au psoriasis, au pityriasis rubra pilaris et au yTdl pityriasis rubra. » (L. Brocq.)

Traitement. — De l'avis unanime de tous les dermatologistes il n'existe actuellement aucun traitement rationnel du pityriasis rubra.

Le traitement externe se rapproche de celui des pem-

PITYRIASIS KUBUA PILAIRE.

phigus : poudres sèches ou applications humides ou huileuses, bains continus, etc.

PITYRIASIS RUBRA PILAIRE OU FOLLICULAIRE (d E. Besnier)

(Voir la planche XXXIX.) Synonymie. — Pityriasis pilaris de Devergie et Richaud.

Définition. — « C'est une dermatose, disent E, Besnier et A. DovoN, dont l'élément essentiel est une anomalie accidentelle de lakératinisation de l'épiderme, le phénomène objectif primordial, une hyperkératose exfoliante à petits lambeaux ayant pourfoyer d'origine, pour siège fondamental, la paroi de l'infundibulum folliculaire, les glandes sébacées annexes et le lit unguéal, c'est-à-dire les points où l'évolution physiologique de l'épiderme est particulièrement active.

La multiplicité de ses lésions élémentaires — aspérités des orifices folliculaires, kératolyses de types variés, rougeur avec exagération des plis superficiels de la peau — non moins que la multiformité et le caractère protéiforme des eftlorescences selon les diverses phases de l'évolution ou les différentes localisations anatomo-topographiques, lesquelles reproduisent successivement ou simultanément les apparences du psoriasis, de l'ichthyose ansérine, du « lichen pilaire », delaxérodermie pilaire simple ou érythémateuse, du « lichen ruber », du « pityriasis rubra » etc., l'avaient

Pl. XXXIX. — Pityriasis rubra pilaire.

PITYRIASIS RUlîRA PILAIRE.

fait confondre, et la font encore aujourd'hui confondre, par beaucoup d'observateurs avec l'une ou l'autre de ces diverses affections. »

D'après E. Besmer et A. Doyon, auxquels nous empruntons souvent textuellement les détails de cet article, le tableau clinique dermatographique du pityriasis rubra pilaire comprend trois éléments principaux :

a. Les aspérités des orifices folliculaires;

b. La desquamation;

c. La rougeur avec exagération des plis de surface de la peau.

a. Les aspérités des orifices folliculaires (cônes cornés, cônes épidermiques, circumpilaires: comédons pilaires, papules cornées, etc.) sont des aspérités de forme variable, coniques, filiformes, rondes, ombiliquées, déformées, etc.; discrètes ou cohérentes, assez petites parfois pour n'être vues qu'à la loupe ou hautes de plusieurs millimètres; elles desquament dès le début et sont d'un blanc grisâtre, grisâtres, plâtreuses, argentées, mates, ternes, plus rarement d'un rouge pâle ou rouge brun, rouges ou d'un rose jaunâtre, brillantes, redevenant opaques ou desquamant par le grattage. Le sommet est plein et fermé, mousse ou inégal ou au contraire tronqué et donnant issue â un poil cassé à peu de distance du tégument engainé ou non d'un étui sébacéo-squameux d'un aspect variable suivant la prédominance de l'élément pilaire ou de l'anneau épidermique mais caractéristique de l'affection dans un lieu d'élection, la face dorsale des phalanges. Par suite de la coalescence de plusieurs éléments, se forme « une petite plaque squameuse, que l'on reconnaît à la loupe ou à un examen très attentif, composée d'éléments montrant encore le point central et conservant à la face profonde les cônes pilaires inférieurs associés ». Ces petites plaques, en devenant elles-

PITYRIASIS RUBRA PILAlRli.

mêmes coniluentes, constituent des placards granités à aspect différent suivant la région, striés de lignes parallèles, disposées en quadrillés, en losange, ou en mosaïque plus ou moins irrégulière, desquamant uniformément et ressemblant à l'eczéma chronique lichénoïde, au psoriasis, au lichen planus, etc.

b. Desquamation, exfoliation, élimination de la couclie cornée de V épidémie et des phanères. — Cette exfoliation est essentielle, idiopathique, elle est souvent, principalement au cuir chevelu ou au visage, un des premiers symptômes de la maladie. La desquamation est surtout pityriasique, exagérant les plis de la peau qui est sèche, dure, rugueuse, rappelant l'aspect de la peau ansérine, de la xérodermie, de l'ichthyose ; parfois elle est lamelleuse, (faces palmaires et plantaires) , formant des couches épaisses et adhérentes, grasses comme dans la séborrhée (visage) ou sèches et micacées comme dans le psoriasis (coudes et genoux).

Les cheveux et la bai'be sont en général peu atteints; les autres poils peuvent rester sains, croître avec exubérance d'une façon généralisée ou partiellement, ou, au contraire, tomber et même présenter chez un môme sujet tous ces caractères réunis.

Les ongles sont plus ou moins altérés; ordinairement, dès le début de la maladie, ils sont grisâtres, opaques, striés longitudinalement ou transversalement, ponctués et « choses plus caractéiMstiques, régulièrement dans sa moitié ou dans son tiersinférieurs, l'ongle s'épaissit, change de consistance, prend l'aspect du tissu « moelle de jonc », est rejeté en arrière par l'hyperplasie du lit qui se tuméfie, devient visible, faisant au-dessus et en arrière de la pulpe un bourrelet exfoliant dont le dos est indistinct de la face adhérente de la lame cornée ; tout cela avec l'intégrité

PITYRIASIS RUBRA PILAIRE.

typique de la région matriciale, sans décollement ni chute ».

En même temps l'ongle devient douloureux soit spontanément, soit au contact des corps étrangers.

c, Rougeur; exagération des plis de surface de la ■peau. Hyperhémie etinfdlration de la couche papillaire du derme.

La rougeur se montre après les aspérités soit à leur pourtour, soit dans leurs intervalles; elle est constante, parfois masquée par la desquamation pityriasique mais de teinte variable : rose pâle, rouge, jaunâtre, orangée, chamois, etc., disparaissant en partie sous la pression du doigt. Quand l'afTection est à sa période d'état, les plaques, en se réunissant, donnent naissance à des îlots soit isolés, soit se réunissant eux-mêmes pour former de vastes nappes au niveau desquelles la rougeur, l'infiltration légère de la couche papillaire du derme, l'exagération des plis de surface de la peau, la desquamation « constituent définitivement l'état de pityriasis rouge ».

L'état général n'est jamais altéré, en dehors d'un certain degré d'amaigrissement qui n'est d'ailleurs que passager.

Jl y a des malades, chez lesquels on constate pendant l'état érythémateux et desquamatif une élévation de température manifeste surtout le soir, la sensibilité au froid, des frissons, quelques troubles nerveux ou digestifs. Chez d'autres existent des sensations de prurit plus ou moins localisé, des sensations de picotement, de brûlure, etc. plus ou moins intenses.

Marche. — Durée. — Le pityriasis rubra pilaire a, en luimême, unemarchetoujours lente, mais le début est brusque; raffection cutanée, précédée ou non de troubles de la sensibilité, envahit rapidement (en deux mois par exemple) une grande partie de la surface tégumentaire. Ce sont les parties découvertes (face, mains, plus rarement le cou, le

PITYRIASIS HUBRA PILAIRE.

tronc, l'abdomen, les membres) que les lésions atteignent d'abord, variables dans leurs manifestations selon les régions observées ; à la face, on constate une rougeur plus ou moins vive, une desquamation plus ou moins abondante; aux mains et aux pieds, c'est une desquamation lamelleuse avec ou sans érythème; au tronc et sur les membres, on remarque soit de la sécheresse, de la desquamation, de la rougeur, soit des saillies miliaires, rouges, papuliformes.

L'affection peut en rester là pendant longtemps et ne se généraliser en prenant les caractères plus ou moins typiques que bien longtemps après.

Dans sa généralisation, elle procède, en principe, de haut en bas, mais avec des rémissions, des pseudo-guérisons plus ou moins accentuées.

Au total, la maladie a une durée indéfinie en raison des récidives qui sont fatales.

Pronostic. — C'est donc, quoique ne compromettant pas l'existence, une affection grave à pronostic réservé.

Diagnostic. — « Dans les cas réguliers et complets observés à une époque déjà avancée du processus, le pityriasis rubra pilaire réunit un ensemble de caractères propres qui l'individualisent au plus haut degré comme type morbide et qui ne permettraient à aucun observateur informé de le méconnaître, alors même qu'il le rencontrerait pour la première fois.

L'enveloppement épais, gras et pityriasique du cuir chevelu, la rougeur desquamative de la face avec tension de la peau et ectropion léger, ou son ensevelissement uniforme sous une couche plâtreuse, sèche et adhérente, les saillies ponctuées xérodermiques, blanches, grises ou rouges, squameuses, centrées par les poils et manifestes

PITYRIASIS RUBRA PILAIRE.

sur le dos des phalanges comme lieu d'élection, les lésions exfoliantes symétriques des faces palmaires et plantaires, les altérations en moelle de jonc du segment inférieur des ongles et du lit unguéal, la rougeur pityriasique avec exagération élégante et fine des plis superficiels de la peau, la marche subaiguë, lente ou chronique, l'absence de phénomènes généraux graves, etc., etc., font de cette affection ainsi développée, l'une des plus aisées à reconnaître et des plus caractéristiques.

De même encore dans les cas moins avancés ou moins complets, la réunion de deux ou de plusieurs phénomènes qui sont propres au pityriasis pilaire, par exemple les groupes pilaires du dos des phalanges, la desquamation spéciale du cuir chevelu, ou de la face, les lésions unguéales, la desquamation localisée des faces palmaires et plantaires, etc., individualisent encore à ce point la maladie que l'apprentissage de son diagnostic est des plus courts et des plus aisés. » (E. Besnier et A. Doyon.)

Toutefois, il y a lieu d'établir le diagnostic différentiel entre le pityriasis rubra pilaire et Vichthyose, le lichen riiber, Xa pityriasis rubra de Hebra, le psoriasis.

iJichthyose, à l'encontre du pityriasis rubra pilaire, est héréditaire et débute toujours dans les premiers temps de la vie, respecte régulièrement les plis articulaires, le cuir chevelu et le col toujours atteints à l'excès dans le pityriasis pilaire, enfin n'offre ni la rougeur caractéristique, ni les altérations unguéales, ni les lésions exfoliantes des faces palmaires et plantaires, ni les périodes de guérison du pityriasis rubra pilaire.

Dans la xérodermie pilaire érythémateuse ou la xérodermie ichthyosiqiie commune, le début a lieu dans la seconde enfance, la lésion évolue dans des proportions restreintes, sur des territoires déterminés et manque de

PITYRIASIS RUBRA PILAIRE.

toutes les altérations palmaires, plantaires, unguéales, etc. du pityriasis rubra pilaire.

pityriasis rubra de Hebra^ maladie le plus habituellement pernicieuse, ne revenant jamais en arrière, caractérisée surtout négativement et par élimination des autres érythrodermies connues, diffère du pityriasis pilaire dont il n'a ni les localisations folliculaires, ni les lésions imguéales, ni même les lésions palmaires et plantaires du même type.

Ces mêmes lésions, jointes aux altérations de la face et du cuir chevelu constatées ici, distinguent suffisamment le lichen ruher de Wilson avec ses papules vraies, vernissées, polygonales, ses disques pigmentés, etc., du pityriasis rubra pilaire que sa bénignité sépare encore des lichens riiber pur de Heisra et acmniné de Kaposi, affections si graves.

Enfin \q: psoriasis a été souvent confondu avec certaines formes du pityriasis rubra pilaire dont les aspérités kératosiques, les plaques granitées des sommets articulaires, les lésions unguéales peuvent rappeler les points initiaux du psoriasis, ses placards et ses lésions unguéales, mais le cône corné du pityriasis ne s'exfolie pas comme le point psoriasique, saigne rarement; le psoriasis offre au cuir chevelu des disques montagneux tout spéciaux, etc.

Étiologie. — Le pityriasis rubra pilaire apparaît atout âge, le plus ordinairement dans l'enfance ou pendant la jeunesse ; il a été observé plus fréquemment chez les hommes que chez les femmes, chez les descendants de nerveux, les lymphatiques, les scrofulo-tuberculeux, les rhumatisants.

L'affection apparaît d'ordinaire sans cause déterminante bien nette.

PITYRIASIS SIMPLEX OU BLANC

Nature. — Pathogénie. — « La nature intime et la pathogénie sont aussi profondément obscures que celles du psoriasis et de l'ichthyose. » (E. Besnier et A. Doyon.)

Traitement. — Aucun traitement interne n'a donné jusqu'à présent de résultat indiscutable.

Localement, on emploie des pommades énergiques à l'huile de cade, à l'acide pyrogallique, les emplâtres irritants mercuriels, de Vigo, rouge, à l'acide salicylique, etc., remplacés, s'il survient des phénomènes d'irritation, par des cataplasmes émollients, des enveloppements humides, etc., etc.

PITYRIASIS SIMPLEX OU BLANC

Synonymie. — Herpès furfureux volatil (Alibert). — Pityriasis capitis. — Forrigo furfurans de Bateman.

Définition. — Le nom de pityriasis, sans qualificatif, s'applique à toute desquamation épidermique sous forme de poussières semblables à celles du son, furfuracée ou lamelleuse. On désigne sous le nom de pityriasis blanc ou simple, ce symptôme envisagé comme espèce nosologique distincte.

Symptomatologie. — La symptomatologie du pityriasis simplex varie suivant qu'il^existe à la tête ou sur d'autres régions du corps, en particulier la face.

Au cuir chevelu, il est constitué par une poussière formée de squames épidermiques, minces, fines ou lamelleuses

PITYRIASIS SIMPLEX OU BLANC

{pityriasis lamelleux) de couleur blanche ou grise, plus ou moins adhérentes, visibles sur les cheveux eux-mêmes et sur le col et les épaules des vêtements.

En même temps, existent une démangeaison plus ou moins intense et une chute des cheveux plus ou moins accentuée, d'oij une alopécie transitoire ou parfois même définitive.

A la face, le pityriasis blanc est constitué par des taches ou des plaques [dartres volantes farineuses) plus ovi moins grandes, arrondies ou ovalaires, abord flou, d'une couleur blanche, grise ou rosée, fort peu saillantes et desquamant finement, soit spontanément, soit sous l'influence de la démangeaison légère qu'elles provoquent.

Pronostic. — D'un pronostic bénin, eu égard au peu de gravité des lésions, sauf en ce qui concerne le cuir chevelu, le pityriasis simplex, ordinairement tenace, récidive avec facilité.

Étiologie. — Les plaques du visage s'observent surtout chez les enfants à l'époque delà dentition et chez les jeunes femmes.

(Voir l'article Séborrhée.)

Traitement. — Le traitement interne s'appliquera particulièrement à l'état général du malade (alcalins, arsenicaux, sulfureux, anti-strumeux, etc.).

Localement, il faut, à la face, éviter tout irritant (vent, froid, soleil) ; laver le visage avec de l'eau salée, faire une onction avec une pommade comme celle-ci :

Oxyde de zinc I gramme.

Vaseline 20 —

Teint, de benjoin X gouttes.

PITYRIASIS VERSICOLOK.

OU la suivante :

Cold-cream frais 30 grammes.

Bicarbonate de soude 2 —

Térébenthine de Chio 3 —

Teinture de vanille )

! aa ~ — Teinture d'ambre )

(MONIN.)

OU les pommades soufrées ou mercurielles :

Soufre )

, , , aa 2 {irammes.

Ichthyol ) "

Vaseline ) ,„

V aa 20 — Lanoline \

OU

Turbith minéral Ur,.")0

Beurre de cacao 10 grammes.

Huile de ricin oO —

Beurre du Pérou 1 —

(Malassf.z.

PITYRIASIS VERSICOLOR OU PARASITAIRE

(Voir la planche XL.)

Synonymie. — Chloasmade Wilson. — Crasse parasitaire. — Mycosis microsjjorina. — Pityriasis (I'Eichstedt. — Tinea versicolor. — Taches hépatiques {vulgo).

Définition. — Le pityriasis versicolor est une atïection produite par un champignon parasite végétal, le Microsporôn furfur, découvert par Eichstedt en 1846, et distinguée cliniquement par sa couleur spéciale, en général café au

PITYRIASIS VERSICOLOR.

lait, mais toutefois variable, plus ou moins claire, rosée, etc. (versicolor).

Symptomatologie. — La coloration particulière des taches qui tranchent sur la peau saine d'où un aspect bigarré qui a aussi valu à cette atîection le nom qu'elle porte est souvent caractéristique.

C'est une couleur ordinairement café au lait [pityriasis lutea de Hardy) mais qui peut aller jusqu'au jaune brunâtre et même atteindre un ton complètement noirâtre [pityriasis nigra de Willa^- et Bateman, Hardy). Les taches sont tantôt lisses et brillantes, tantôt mates et squameuses, légèrement saillantes; elles sont assez adhérentes, mais l'ongle peut toujours facilement en détacher des lambeaux, ce qui constitue le signe dit « du coup d'ongle » important pour le diagnostic ; leur forme et leur étendue sont extrêmement variables, elles sont en général sinueuses, irrégulières, sans cette circination nette que l'on observe dans la plupart des affections parasitaires, elles se présentent tantôt sous forme de points, tantôt sous l'aspect de taches arrondies ou irréguiières de dimension plus ou moins grande, d'anneaux, de disques d'une largeur variant de celle d'une pièce de cinquante centimes à celle de la paume de la main, tantôt encore sous forme de vastes placards recouvrant le thorax presque tout entier; tantôt enfin, l'affection envahit progressivement et complètement le tronc et une partie des membres.

Les symptômes subjectifs, en général nuls ou peu accentués, ne consistent qu'en démangeaisons d'intensité variable.

Siège. — Néanmoins, c'est surtout à la partie supérieure du ti-onc et au cou que le pityriasis versicolor siège le plus

PITYRIASIS VERSICOLOR.

souvent; on peut d'ailleurs le rencontrer partout sauf aux mains et aux pieds.

Pronostic. — Leplus souventdisparaissant avecfacilité, le pityriasis versicolor récidive très fréquemment et, dans certains cas, peut résister très longtemps au traitement.

Diagnostic. — Le diagnostic est presque toujours très simple, grâce à la coloration spéciale de l'affection et au signe du coup d'ongle; néanmoins, le pityriasis versicolor a été confondu parfois avec le chloasma, masque des femmes enceintes (Bazin, Hardy), les éphélides et les syphilides pigmentaires primitive ou secondaire qui n'offrent ni desquamation, ni démangeaison, et avec le vililigo quand, au premier abord, on prend la partie malade pour la partie saine et réciproquement.

Dans les cas tant soit peu douteux, l'examen microscopique résoudra immédiatement la question de diagnostic.

Parasite. — Le parasite, microsporon furfur, qui siège toujours dans l'épiderme, est caractérisé par ses spores arrondies, groupées en amas au milieu des tubes de mycélium courts, ramifiés et entre-croisés en tous sens, formant, comme dit L. Bkocq, une sorte de feutrage.

Étiologie. — Le pityriasis versicolor, dont la nature contagieuse était encore douteuse pour Hardy, en 1886, paraît plus fréquent au printemps et pendant l'été ; il se rencontre surtout chez les individus débilités ou malpropres; il paraît avoir besoin, pour se développer, d'une peau formant un terrain de culture approprié (arthritiques et phtisiques) on ne le voit ni chez les tout j eunes enfants , ni chez les vieillards.

Traitement. — - Presque exclusivement local, le traitement a pour but de détruire les couches superficielles de

PITYRIASIS VERSICOLOR.

l'épiderme, seules envahies par le pai'asite. Tous les moyens capables de produire ce résultat sont bons : le plus simple consiste, quand les plaques ne sont pas trop étendues, en badigeonnages iodés, et, lorsqu'une grande partie du corps est envahie, en frictions quotidiennes avec le savon noir, le savon de pierre ponce, les savons au goudron, aunaphthol, à l'ichthyol et en bains sulfureux pris à deux ou trois jours d'intervalle.

LaiSgdon obtiendrait en trois jours la disparition des placards au moyen de la benzine.

Les badigeonnages avec l'ichthyol pur et les bains de sublimé (10 grammes pour un bain ordinaire) nous ont souvent réussi.

On obtiendrait encore de bons effets des bains au goudron (Saafeld de Berlin).

Il y a lieu de songer aussi à la désinfection des vêtements contaminés.

Dans les cas rebelles, on a conseillé un traitement tonique et l'envoi des malades à Barèges, à Bagnères-de- Luchon, à Ax, à Aix-la-Chapelle, etc.

Enfin dans ces derniers temps, MM. de Molènes et Cosï[LiîES, ayant observé ce fait que le pityriasis versicolor se développe plus particulièrement sur la peau des dyspeptiques atteints de séborrhée, conseillent, outre le traitement local, d'instituer un traitement général antidyspeptique ainsi conçu :

Aider aux évacuations intestinales par les moyens ordinaires, l'hydrothérapie, le massage, etc.

2" Donner avant chaque repas un des cachets suivants :

Bicarbonate de soude . . . . \

Salol I aa 10 grammes.

Magnésie )

(Pour 30 cachets.)

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