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RADIO

plus, vous entendrez nasiller le même air par un autre poste dont vous approchez à votre insu. Et, de decrescendo en crescendo, vous pourrez entendre l’intégralité de l’émission qui règne sur votre banlieue et s’épanche, par les fenêtres ouvertes, sur les jardins où l’on n’entendait jadis que le chant des oiseaux.

Dès lors, si vous avez un récepteur chez vous et si vous avez eu la curiosité de connaître le « genre » de chaque poste émetteur français, de vous habituer à la voix des différents speakers, vous saurez vite qu’à Hakon-Ies-Bruyères tout le monde, ou presque, prend le Poste Parisien, tandis qu’à Château-Laffitte on en tient pour Radio-Cité,

Car les choses se passent ainsi : le nouvel auditeur qui vient d’acquérir un poste s’amuse à tourner le bouton sans arrêt et prend tous les postes, sans en écouter aucun jusqu’au bout d’un morceau, pendant huit jours. Puis, son enthousiasme éteint, il renonce à faire joujou avec son récepteur. Alors, s’il a rencontré — et ça finit par arriver — quelque chose qui remballe, il décide qu’il n’y a que ce poste d’intéressant. A moins que son beau-frère, qui s’y connaît, le lui ait recommandé. Alors, après les huit jours de tour d’Europe-à grande vitesse, on prend le matin, et chaque matin une fois pour toutes, le poste devenu « de prédilection », qui règne en maître jusqu’au soir sur les bruits de la maison.

On peut déceler ainsi que les postes les moins intéressants, ceux qui diffusent les émissions les plus bêtes ou les moins travaillées, sont justement ceux qui accaparent la plus grande masse d’auditeurs.

Ce qui permet à certains postes régionaux (Normandie, Montpellier, etc.) de jouer à peu près le rôle des grands régionaux de province, c’est que beaucoup d’auditeurs de province se contentent toujours de leur premier crincrin, incapable de capter une émission à quelque distance. Sinon (nous indiquons ici les noms des postes d’avant 1940, puisque actuellement (41-42) la radio est en suspens) les postes émetteurs se classeraient ainsi : champ national, Poste Parisien, Radio-Toulouse, Radio-Luxembourg ; champ régional, Radio-Cité et Ile-de-France (pour la région de Paris), les autres postes de province correspondant à leur région.

LES MÉDIA

La l’éceptivité des postes est assez difficile à classer. Jusqu’à ce jour, aucun (nous entendons ceux qui véhiculent de la publicité) n’a tenté de se siiécialiser et d’accaparer une clientèle donnée. Elle correspond donc sensiblement à celle du grand public, des journaux dits d’information, à grand tirage.

Les heures d’émission ont des valeurs publicitaires variables. Les postes l’ont si bien compris que leurs tarifs sont, établis en cdinséquence, non pas seulement d’après la quantité de publicité achetée, mais aussi selon les heures d’émission. Les trente secondes sont beaucoup plus chères à 20 heures qu’à 8 ou à 12. Car il est évident que le nombre d’auditeurs est plus important au dîner, où la famille est généralement au complet, que le matin ou à midi.

Il y aurait lieu de tenir compte de la valeur des jours. Si, à la ville, le cinéma est quotidien et concurrence la radio également tous les jours, en banlieue et dans nombre de localités de province, le cinéma n’exerce son industrie que les vendredi, samedi et dimanche. De ce fait, il enlève plus spécialement des auditeurs à la radio ces trois jours-là. De plus, le samedi et le dimanche sont souvent, à la belle saison, jours de déplacements à la campagne pour les citadins. Ce qui nous fait estimer que les jours ayant le maximum d’auditeurs à la radio sont les mardi, mercredi, jeudi, puis le lundi.

II sera bon de tenir compte de ces éléments pour fixer son choix sur les media qu’offre la radio.

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