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CHAPITRE III

i. — CONGESTION AIGUË DU POUMON

Fréquente à tous les âges, la congestion aiguë du poumon Test particnlièremenl chez Tenfant. Tantôt elle est secondaire à une autre affection, tantôt elle évolue comme une maladie primitive [congestion-maladie de Woillez).

A. — Congestion secondaire.

Elle se rencontre souvent dans les maladies de Vappareil respiratoire, dans la bronchite aiguë, la broncho-pneumonie, la pneumonie, la pleurésie, la tuberculose pulmonaire, etc. Dans la bronchite aiguë des enfants, même légère, les phénomènes congestifs sont fré(juents (Cadet de Gassicourl) ; je ne reviens pas sur leur description, qui a été faite à propos de cette affection (j). 30:2). Dans la broncho-pneumonie, il existe également des poussées congestives (Legendre et Bailly, Cadet de Gassicourl), courtes et mobiles, qui augmentent la dyspnée et la fièvre pendant un on deux jours.

La congestion j)ulmonaire s'observe encore dans les infections (lièvre typhoïde, rhumatisme articulaire aigu, etc.) et les intoxilatlons aif/nrs, dans rertaines cardiopallties, etc.

CONGESTION AIGUË DL' POUMON 3:il

B. — Congestion-maladie (Woillez).

Celle forme de eoiigeslion rcolae comme une maladie primilive idiopalhique. On lui a (lécrit des types cliniques divers. Les uns simulent plus ou moins la pneumonie : c'est la congestion pulmonaire aiguë primilive^ étudiée chez Tenfant par Cadet de Gassicourt, ou pneumonie congeslive de Polain. Les autres se rapprochent par leurs sym|ilômes de la pleurésie avec épanchement, soit quil y ait du liquide eu quantité ajjpréciable dans la [dèvre (congestion pleuro-pulmonaire de Polain, Dullocq et Serrant), soit que la jdèvre reste sèche [spléno-pneumonie de Grancher, maladie de Grancher [Queyrat]).

1° Congestion pulmonauœ a forme de pneumonie. — Je n'insisterai pas sur sa description, car cliniquement cette forme de congestion ressend)le à la pneumonie ahortive (p. 3:28). Pour Hénoch, d'Espiue, etc., ce ne serait (Tailleurs qu'une imoumonie ahorlive ou rudimeutaire. Quand on pratique l'examen bactériologique, on trouve souvent du pneumocoque.

lL° Congestion pleuro-pilmonauie (type Polain). — Le début, généralement progressif, est marqué par des frissons, un i)oint de côté, de la toux, de la fièvre. On constate à l'une des bases de la matité, de l'abolition des vibrations, un souffle doux, étalé, des crépitations [)leurales, de la broncho-égophonie. Ce sont donc des signes de pleurésie, mais à caiaclères anormaux, qui sont dus a la coexistence d'une congestion pulmonaire et d'une mince couche de liquide. Celui-ci d'ailleurs peut manquer et en tout cas sa présence ne peut être affirmée que par la ponction exidoralrice.

3" Spléno-pneumonie, mai^auie de Grancher. — Cette forme, décrite par Grancher en 1883 chez l'adulte, n'est pas rare chez l'enfant. Chez ce dernier, elle a été étudiée spécialement par Mlle Brandhendler (1890) et i»ar Queyrat.

Elle débute par des frissons, de la fièvre, un point de côté, de la toux. 11 n'y a pas d'expectoration, même chez les grands enfants. L'examen de la i)oitrine décèle à une des bases la plupart des signes d'un épanchement pleural : immobilité du thorax, matité, abolition des vibrations thoraciques, souffle expiraloire aigu, égoplionie, pectoriloquie ajjhone: la pointe du cœur est déplacée, quand l'affection siège à gauche. Cependant il n'y a pas, comme dans la pleurésie, de diminution de l'espace de Traube, de dévia-

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tion slernale; de plus les vibrations réapiiaiaissent graduellement vers la limite supérieure, régophonie est moins nette et il y a des crépitations fines vers la base; enfin la ponction du tliorax ne relire pas île liquide.

La" sj)léno-pneunionie a une évolution aigui' en 8 à 15 jours, ou siihaii/ur. Elle guérit toujours.

Diagnostic — Le diagnostic a été fait cliemin faisant, pour chacune des formes cliniques, avec la ptieunionie, si tant est qu'il doive èlri; fait, et avec la plem'csie.

Traitement. — On fera de la révulsion liioracique avec des cataplasmes sinapisés, des ventouses sèches ou scarifiées. Au besoin on donnera un purgatif, un vomitif, de la quinine. Si la fièvre ou la dyspnée sont marquées, on prescrira des enveloppements frais du thorax, des bains chauds ou tièdes.

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