‹ Précis médecine infantileChapitre 111 sur 266 · II. — Emphysème interstitiel · texte numérisé non relu

II. — Emphysème interstitiel

L'emphysème interstitiel est rare, moins cependant chez l'enfant que chez l'adulte. C'est chez le i)remier qu'il a été surtout étudié, notamment par Ménière (1829), Baillv (1843), Natalis Guillot (1853). Roger (1853 et 1862), etc.

Il se rencontre surtout au-dessous de 7 ans.

On peut l'observer accidentellement après un effort chez un enfant bien portant : quelquofnis après la trachéotomie ou dans une

affection ulcéreuse de la trachée ; plus habituellement dans les broncho-pneumonies, notamment dans celles de la coqueluche, de la rougeole, au cours de la tuberculose pulmonaire, etc.

11 est en pareil cas consécutif à la rupture d'une vésicule pulmonaire atteinte demphysf'ino aigu soit sous la plèvre ou dans le tissu inlerldliulaire, soit dans le tissu cellulaire du médiastin, s'il y a des adhérences pleurales préalables. A Tautopsie, on voit sous la plèvre ou dans les espaces conjonctifs du poumon des vésicules remplies d'air, qui communiquent avec les alvéoles voisins. L'air chemine de proche en proche, atteint le médiastin, de là s'étend le long de l'œsophage et de la trachée vers le sommet du thorax, et peut ainsi se généraliser au tissu cellulaire souscutané du cou, de la face, des aisselles, du thorax, des membres supérieurs, rarement des inférieurs [emphysème sous-cutané).

L'emphysème interstitiel, qui sur\ienl au cours d'une des affections signalées plus haut, peut rester latent ou augmenter la dyspnée et la cyanose. 11 ne peut être diagnostiqué qu'après l'apparition de l'emphysème sous-cutané. Celui-ci débute au niveau de la région sus-sternale sous forme d'une tuméfaction molle, qui s'étend rapidement et atteint son maximum en 24 à 48 heures. L'enfant paraît atteint d'anasarque, ressemble à un enfant en baudruche (Grancher^ ; les parties distendues sont le siège d'une crépitation gazeuse caractéristique.

La mort est la terminaison la plus fréquente, en 24 ou 48 heures. Cependant assez souvent la guérison se fait, et lair se résorbe en 8 à 20 jours. C'est surtout la gravité de l'affection causale qui règle le pronostic.

Traitement de l'emphysème pulmonaire. — ^emphysème vésiculaire aigu ne comporte pas dindications thérapeutiques.

Vemp/iysème vésiculaire chronique comporte : l'' un traitement étiologique variable suivant la cause; 2° un traitement palliatif ou curatif : vie à l'air pur et dans un climat tempéré, bains dair comprimé, médication iodurée et arsenicale, notamment par l'iodure d'arsenic (Rousseau Saint-Philippe), traitement hydrominéral au Mont-Dore, à la Bourboule, etc.; 3° un traitement symptomatique de la toux, de la dysj>née (inhalations de pyridine, injection de morphine au cas de nécessité), de la bronchite, etc.

Dans Vemphysc7ne interstitiel il n'y a pas de traitement spécial ; dans Vemphysème sous-cutané on fera de la compression, des frictions légères et au besoin des ponctions capillaires.

Page 1