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V. — NEPHRITES AIGUËS

Les néphrites aigu'^s sont aussi fréquentes chez lenfant que chez l'adulte et prêtent aux mêmes considérations générales. Je ne rappellerai donc [»as les nombreuses discussions relatives aux distinctions entre alltuminuries fébriles et albuminuries de néjihrites, ou encore à la localisation des lésions; les albuminuries fébriles sont liées à des altérations rénales, et celles-ci sont diffuses, portant, à des degrés variables, sur les glomérules, les épithéliums, le tissu interstitiel.

Étiologie. — Les néphrites aiguJ^s peuvent être primitives ou secondaires.

Les néphrites aigui's primitives, décrites chez les enfants par Letzerich (1883), Mircoli (1887), Baginsky (1889), etc., ne sont primitives qu'en ap|iarence. Longtemps, elles ont été attribuées au refroidissement (néphrites a fri(/ore). En réalité elles sont liées à une infection locale légère, ayant passé inaperçue, le plus souvent à une infection pharyngée facilitée habituellement par rinpertrnphie chronique du tissu lymphoïde du pharynx (Comb^ , Dupeu et Pallegoix). Elles s'observent j)rincipalement après cinq ans et ne se rencontrent <iue rarement chez les nourrissons.

Les néphrites air/uës secondaires ajjparaissent au cours des maladies infectieuses et dans les intoxications aigui'S.

Toutes les infections aiguës jieuvent s'accompagner de néphrite, mais avec une fréquence variable. On la rencontre dans la fièvre typhoïde, le choléra, la diphtéi'ie, le rhumatisme articulaire aigu, la tuberculose aigui-, la pneumonie et les pneumococcies, Térysipèle, les streptococcies, les staphylococcies (abcès, furoncles, anthrax), la scarlatine, la rougeole, la variole, la varicelle, la syphilis, la grippe, les oreillons, etc. Pour le rôle j)lus précis de ces maladies dans Tétiologie des néphrites, je renvoie à chacune d'elles.

En dehois de ces maladies interviennent encore les angines aigui"s, les rliiuo-phai\ ugites, les infections gastro-intestinales, les infections broncho-pulmonaires, les pleurésies, les angiocholiles, certaines dermato.ses (eczéma, impétigo, gale), (jui agissent par l'auto-intoxicalion, jiar l'infection cnlanéi'. <|uelquefois par

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uue intoxication médicamenteuse, le scorltut infantile, les jmrpiiras, le surmenage physique, les brûlures étendues.

Enfin les agents d'intoxication exogène, la cantharide, le jdios- |)hore.l "arsenic, ii' chlorate de potasse, le chloroforme, Téther, etc., causent i|iii'li|ues cas de néidirites.

Pathogénie. Anatomie pathologique. — Les facteurs éliologiques, que nous venons de j»asser en revue, sont donc d'ordre infectieux et dordre toxique. Il n'y a d'ailleuis pas de limite tranchée entre les uns et les autres, les infections agissant soit directement par le jiassage des microbes à travers le rein, soit indirectement par l'élimination de toxines sécrétées en un autre |)oint de l'organisme. Dans la diphtérie, le tétanos, le clioléra, il s'agit d'une néphrite toxinique. Dans les autres infections, la j»art à faire entre le microhe et sa toxine n'est pas toujours facile à «Hahlir; dans nombre de cas, mais pas toujours, on a retrouvé dans l'urine ou dans le rein les miciobes de l'infection [iremière ou t\e< microbes d'infection secondaire : pneumocoques, bacilles d'Eberth, streptocoques, staphylocoques, colibacilles, etc. L'expérimentation a contriltué à élucider ces questions de pathogénie, sur lesipielles je ne puis insister et que l'on trouve discutées tout au long dans les traités de médecine générale.

Les altérations réalisées dans les reins par ces agents infectieux et toxirpies varient suivant l'intensité et la durée de leui- action. Les reins sont gios, lourds, lisses, comme biidés dans la capsule, de coloration variable, rouges ou pâles. (|uel<]uefois ecciiymoliques. Les lésions histologiqucs sont diffuses et jjortent sur les glomérules, les épithéliums. principalement sur ceux des tubes contournés, le tissu conjonclif. Chacune de ces parties constituantes peut être atteinte à un degré différent, ce qui permet de distinguer les formes anatomiques suivantes (Cornil et Braull) : l" néphrite congeslive caractérisée par un gros rein hyperhémique ou hémorragi<pie, |iar la dilatation et quelquefois parla rupture des capillaires glomérulaires et intertubulaires; i" nrphritc avec prédominance des phénomènes de diapédèse, dans laquelle le rein est gros, pâle, bigarré et présente de l'infiltration leucocylique marquée : 3° npphriie avec prédominance des lésions dégénératives, où le rein est gros, grisâtre ou jaunâtre et a ses lésions prédominaiites sur les épithéliums des tubes contournés. .\ucHne de ces formes n'est si)éciale à un agent pathogène; tous peuvent réaliser les différents types; quchpics-uns ceitendaut

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créent i)lus sitécialement certains denlre eux : par exemj)le, la première variété est surtout caractéristique dans la pneumonie, la deuxième dans l'érysipèle, la troisième dans la dijthtérie, la lièvre typhoïde, le choléra infantile; la scarlatine détermine jinucijialement les deux premières.

Symptômes. — Dans la plupart des cas le seul symptôme de la néphrite aigui' est Valbuminwie {albuminurie fébrile). Au cours dune maladie infectieuse, alors que les urines sont le plus souvent diminuées de volume et plus ou moins colorées, l'examen décèle la présence d'albumine, généralement en petite quantité (serine et globuline), rétractile ou non. Il n'y a ni hématurie, ni œdèmes, ni phénomènes urémiques. Le hleu de méthylène et le chlorure de sodium s'éliminent normalement. L'albuminurie disparaît plus ou moins rapidement suivant révolution de la maladie causale ; souvent elle ne dure qu'un jour ou deux.

Plus rarement la néphrite aiguë a une symptomalologie caractéristique, qu'il s'agisse soit d'une néphrite secondaire infectieuse {forme rénale des infections) ou toxique, soit d'une néphrite dite primitive. Le début est insidieux ou marqué par des symptômes plus ou moins saillants : diminution des urines ou même anurie, malaise général, céphalalgie, agitation, douleurs lombaires, nausées, vomissements, œdèmes localisés à la face, aux extrémités ou généralisés, attaque convulsive.

A la période d'état, il y a ou non des œdèmes; généralement peu importants, ils constituent .parfois une anasarque généralisée avec ou sans hydrothorax, hydropéritoine, hydropéricarde. Les urines sont rares (1/2 litre, 1/4 de litre), troubles, brunâtres, rappelant la bière forte, le bouillon de bœuf, parfois franchement hématuriques surtout dans les néphrites pneumoniques, grippales, scarlalineuses, naso-pharyngées (Fontanié) ; elles contiennent de l'albumine (0 gr. 50, 1 gr., 5 gr. par litre); le dépôt est formé i>ar des cvlindres granuleux, hyalins, hématiques, par des globules rouges et quelques globules blancs. Les éliminations nrinaires ont été insuflisamment étudiées : dans un cas de néphrite post-scarlatineuse, j'ai constaté avec Darré (1903) que le bleu de méthylène et le chlorure de sodium s'éliminaient normaleuient, tandis que l'urée était retenue en partie dans l'organisme. Le cœur peut se dilater, le bruit de galoj) apparaître et la pression artérielle s'élever, comme nous l'avons noté dans ce cas : mais souvent il n'y a pas de modiricalions appréciables de l'appareil cardio-vasculaire.

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L'évolulioD est variable. Tantôt les symptùnies s'ameudent rapidement et la néphrite guérit. Tantôt au contraire apparaissent des phénomènes urémi<iues (p. 472), notamment des convulsions, qui peuvent entraîner la mort. Tantôt enlni Taffection passe à Tétat subaigu ou chronique (p. 454).

Pronostic. — 1° Pkonosïic immédiat. — L'albuininurie passa- (jère des firvres disparaît avec la maladie et n'a guère de gravité, même quand elle est abondante.

Les formes rénales des maladies infectieuses ont au contraire un pronostic plus grave ; mais, même avec des symptômes sérieux, elles ne sont pas fatalement mortelles. Leur [ironostic varie avec la maladie causale.

Quant aux néphrites aiguës dites jjrimitives^ qui se présentent quelquefois avec des symptômes graves, elles se terminent habituellement par la guérison en 3, 4, 5 semaines. Comby, l)upeu, Job, Pallegoix ont insisté sur leur bénignité.

2'^ Pronostic éi-oigm>. — Q'iantl une néphrite aiguë s'est terminée parla guérison, celle-ci (»eut être complète et définitive, ou Lien nôtre qu'apparente; certaines néphrites subaiguës ou chroniques, qui ne se révéleront ([wa longtemps après (p. 4o5), certaines albuminuries intermittentes (p. 441 ) peuvent en être la conséquence.

Dans quelques cas, Falbuminurie ne disparait pas et la maladie continue d'évoluer à l'état subaigu.

Enfin, quand le rein a été touché au cours d'une infection, il reste plus sensible à l'intluence des actions nocives auxquelles l'enfant sera exposé ultérieurement.

Diagnostic. — Le diagnostic de néphrite aiguë se fait par l'examen des urines, qui doit être pratiqué systématiquement au cours des infections et des intoxications; l'attention peut d'ailleurs être attirée sur le rein par les modifications apparentes des urines, les œdèmes, etc.

La cause de la néphrite, évidente dans les cas de néphrite manifestement secondaire, est souvent cachée dans les néphrites dites primitives. Il faudra en pareil cas penser principalement aux infections naso-pharyngées et éliminer la possibilité d'une scarlatine fruste.

Enfin on devra se préoccuper de l'état antérieur du rein, quoiqu'il soit beaucoup plus rare que chez l'adulte de trouver les signes d'une néphrite chronique ignorée.

Traitement. — Le malade sera mis au régime lacté et aux

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tisanes diurétiques (queue de cerises, chiendent, etc.): dans certains cas même, où Télimination de Turée est imiiariaite, on prescrira la diète aqueuse. 11 sera maintenu au lit et à une tenii>érature modérée.

On appliquera au besoin des sangsues, des ventouses sèches ou scarifiées sur les régions lombaires, ou ou feia une saignée génélale. Ou prescrira des purgatifs.

Si Foligurie est marquée, on ordonnera la théobronùne.

Au cas danurie persistante, on sera autonsé à intervenir cliirurgicalement (incision de la capsule, néphrotomie .

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