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VI. — NÉPHRITES SUBAIGUËS ET CHRONIQUES

Sans discuter la question si complexe de la classilication des néphrites chroniques, on peut en admettre deux variétés principales (Brault. Chauffart, etc.) : 1° les nép/iriles suùaiguës et chrnniqxies diffuses : 1L° les néphrites interstitielles ou atrophiques lentes.

Les néphrites atrophiques lentes, conséquences d intoxications prolongées (saturnisme, goutte), sont exceptionnelles dans Tenfance. à cause de la rareté de ces intoxications et. en tout cas. de leur durée d'action trop courte. Il est possible cependant «pie certains faits, observés chez des adolescents ou des adultes jeunes, aient débuté dans le jeune âge et reconnaissent pour cause des infections telles que la scarlatine, la syphilis, le paludisme.

Les néphrites suhaigités ou chroniques diffuses, les seub's dont je m'occuperai, sont [lai- contre assez fré<juentes. Elles sont généralement consécutives à des infections. Tantôt elles succèdent à des néphrites aiguPs et reconnaissent les mêmes causes, notamment la scailatine et les infections }»liaryngées. Tantôt elles sont chroniques d'emblée et relèvent de l'action du froid humide prolongé (?), des infections jiharyngées chroniques liées à Ihypertrophie du tissu lymphoïde du pharynx (P. Gallois), des dyspepsies ft to\i-infections digestives chronitjues. de l'héiédo-syphilis, de la tuberculose. Dune façon générale elles s'observent surtout aj)rès 3 à 4 ans. Dans certains cas on note une prédisposition héréditaire.

Anatomie pathologique. — Les lésions des néphrites suliaigni's Mil cliidiiiqiii's diU'iisi's sont analogues à celles décrites chez l'adulte.

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Le ]ilus souvent, uolaininent dans les néphrites seailatineiises et a frigore, ou tiouve le gros rein blanc, qui (•aracl(''rise une néiihrite sul)aiguë à évoluliou relativement rapide, de (juelques mois à 1 au ^Brault). A l'examen liistologique, on note de la glomérulite (glomérules gros; épaississement de la caj)sule de Bo>vmann, l'ormé par des couches concentriques de cellules ; ohlilëiation des capillaires; souvent déhut d'intiltratiou amyloïde) ; — des altérations marquées de répithélium des tuhes contournés ; — de rœdèine et <le rinfdtration eni])ryonnaire du tissu conjonctif intertuhulaire; — des cylindres hyalins, granuleux, granulo-graisseux dans les tuhes collecteurs.

Plus rarement, quand révolution a été plus lente (1 à 2 aus), le reiu est lilauc, higarré, de volume et de poids à peu près normaux, ou, quand la durée a été encore plus longue, il y a un petit rein blanc granuleux. Dans ces cas, les glomérules sont atrophiés (symphyse glomérulo-capsulaire avec ohhtération des vaisseaux ou transformation fihreuse), Tépithélium des tuhes contournés est très altéré, le tissu conjonctif est épaissi et scléreux, les artères sont atteintes d'endo-périartérite.

Symptômes. — Les néphrites suhaiguës ou chroniques diffuses tantôt succèdent sans transition à une néphrite aiguë, tantôt déhutent insidieusement, qu'il y ail eu ou non une phase aiguë antérieure. Dans ce dernier cas, l'alhuininurie est découverte par hasard ou bien à l'occasion de trouhles de l'état général, de pollakiurie ou d'incontinence nocturne des urines, de l'apparition d'œdèmes.

Une albuminurie minime, parfois intermittente, peut être longtemps le seul symj)tôme de néphrite. Cepenilant le plus souvent l'enfant est pâle, amaigri, facilement essoufflé, inapte au travail, sujet aux céphalalgies; il a de la polyurie et de la poUakiurie nocturne. Il conviendrait d'étudier les fonctions rénales et l'appareil cardio-vasculaire, ce qui n'a pas encore été fait de façon suffisante; dans quelques faits, que nous avons observés, la pression artérielle n'était pas augmentée et il n'y avait pas de bruit de galop. Ces néphrites peuvent rester longtemps stationnaires.

Dans d'autres cas, on observe des œdèmes d'abord fugaces, localisés à la face et aux malléoles, puis de plus en plus marqués et aboutissant à l'anasarque. Il y a de la céphalalgie, des vertiges, de l'essoufflement, de l'anorexie, parfois des vomissements, de la diarrhée. Les urines sont peu abondantes, troubles, très albumi-

neuses: elles contiennent des leucocytes, des cylindres granuleux ou hyalins; il existe de la rétention chlorurée (Nobécourt et Vitry). Le cœur est dilaté, avec ou sans bruit de galop.

Chez ces malades, TafTection évolue par poussées avec rémissions et aggravations successives. Finalement elle aboutit à la mort par cachexie, jiar urémie cérébrale ou respiratoire, par complications infectieuses, telles que pneumonie, bronclio-]»neumonie,péricardite suppurée à streptocoques (Nobécourt et Vitry). La survie ne dépasse pas un an dans les 4/o des cas (J. Renault).

Diagnostic. — (Juand à lalbuminurie persistante s'associent dautres symptômes de néphrite, le diagnostic s'impose. Quand l'albuminurie existe seule et surtout quand elle est intermittente, il convient d'explorer attentivement les fonctions rénales pour savoir si elle est liée à une lésion rénale, néphrite ou infiltration amyloïde, ou si elle est simplement fonctionnelle (p. 441).

Pronostic. — L'existence d'une néphrite chronique comporte toujours un pronostic sérieux. Cependant ce pronostic varie suivant les cas ; on a rapporté des faits de longue évolution sans que la maladie ait abouti a des accidents graves et même des faits de guérison. Mais le pronostic n'en doit pas moins être réservé pour un avenir plus ou moins lointain.

Traitement. — Le traitement comporte les mêmes règles générales qu'à tous les âges.

Si la lésion rénale ne se traduit que par lalbuminurie, les fonctions rénales étant suffisantes, on prescrira un régime mixte en rapport avec 1 âge de l'enfant et qui comprendia du lait, des potages au lait, des viandes de volaille et de boucherie bouillies, grillées ou rôties, des poissons à chair blanche très frais, des œufs, des purées, des légumes frais (à rexcejition des choux, des asperges, des épinards, de l'oseille), des fruits cuits, des fromages frais, des pâtisseries sèches, des crèmes, du pain. L'important sera de se rendre compte du [)Ouvoir d'élimination des reins pour le chlorure de sodium et de fixer la quantité de sel permise (Widal et Javal). On conseillera la vie dans des climats tempérés et un exercice modéré; on ordonnera des frictions sèches ou alcooliques, des bains tièdes. Si l'anémie est maïquée. on pourra donner le sirop iodo-lannique. les piéparations ferrugineuses, l'arsenic.

Quand les œdèmes apparaîtront, on fera garder la chambre et même le lit, on prescrira le régime lacté ou le régime déchloruré

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<le Widal et, s'il est nécessaire, des pur^falifs el des diurétiques (lactose, théobromine, digitale).

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